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USA/Turquie : pressions contre la résolution arménienne
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article paru dans le International Herald Tribune du 29 mars et qui récapitule les pressions exercées - avec succès - par la Turquie et le gouvernement Bush, à l’encontre du vote de la résolution du génocide arménien, au Congrès US.










Le vote des U.S.A sur la Turquie jette une ombre sur leurs relations


De Sebnem Arsu et Brian Knowlton
Publié le 29 mars 2007

International Herald Tribune

La Turquie nie farouchement que le massacre des Arméniens par l’armée ottomane ait été un génocide. (Lynsey Addario pour The New York Times)


ISTANBUL : Le vote prévu par le Congrès américain, qui qualifierait de génocide les vastes massacres des Arméniens par l’armée ottomane, menace de rendre les relations avec la Turquie très tendues.

La Présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, soutient la résolution et désirait que le vote ait lieu en avril. Mais sous la pression turque, des éléments de l’administration Bush ont fait du lobbying pour que les Démocrates du Congrès abandonnent cette mesure.

La Secrétaire d’État, Condoleezza Rice et le Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates lui ont envoyé de dures lettres de protestations, ainsi qu’à Tom Lantos, le président du Comité des Affaires étrangères de la Chambre, qui n’a pas fixé de date pour le vote.

"Cela a eu un impact," a dit Lynn Weil, la porte-parole de Lantos, se référant aux lettres.

La Turquie nie avec véhémence que la mort de 1.5 million d’Arméniens de 1915 à 1923 ait été un génocide. Elle prétend que cela s’est passé lors du chaos provoqué par la guerre, alors que l’Empire ottoman s’effondrait, et que de nombreux Turcs furent aussi tués lorsque les Arméniens se sont mis du côté des forces russes dans l’espoir de réclamer les territoires de la Turquie orientale.

Mais de nombreux Arméniens mettent un point d’honneur à assurer la reconnaissance du génocide dans les nations du monde entier, et que les morts sont dues à un génocide systématique perpétré par les Ottomans. À ce jour, les parlements de plus de 15 pays ont reconnu le génocide. La France et la Suisse sont même allées plus loin, en pénalisant légalement ceux qui le nient.

Un vote au Congrès serait purement symbolique, mais les Turcs ont prévenu qu’un tel vote serait ressenti comme un coup dur et qu’il pourrait causer une énorme pression publique sur le gouvernement à Ankara, pour geler sa coopération avec Washington. Les États-Unis ont de forts liens militaires avec la Turquie, un membre de l’OTAN.

Dans le but de souligner l’opposition de la Turquie à un vote de la résolution au Congrès, de nombreux officiels turcs importants sont venus à Washington ces derniers mois. L’un deux, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul, pense que les dommages pourraient être très profonds si la résolution était adoptée - une option, a-t-il dit, à laquelle il préfère ne pas penser.

"Il est bien naturel que l’opinion publique turque, qui suit le débat de près, réagisse fortement," a dit Gul. "En tant que gouvernement élu de la Turquie démocratique, il nous serait impossible de rester indifférent. Cependant, je suis certain que le bon sens l’emportera au Congrès."

Gates et Rice dans des lettres identiques, ont parlé avec compassion des "horribles souffrances que les Arméniens ont enduré" et on appelé à davantage d’études sur les événements. Mais ils ont aussi fait remarquer que lorsque l’Assemblée nationale française avait vote la loi l’an dernier, Les militaires turcs avaient répondu en décidant "de couper tout contact avec les militaires français et de mettre au fin aux contrats de défense en cours de négociations."

Une réaction similaire à présent, de la part du gouvernement turc, préviennent Gates et Rice, "pourrait faire du tort aux troupes américaines sur le terrain" et contraindre l’armée américaine en bien des façons.

Gates a choisi un meeting du Conseil américano-turc à Washington pour faire un discours important mardi. Non seulement il a décrit la Turquie comme un allié que "J’ai longtemps sous-estimé et mal apprécié," mais il a en plus insisté et argumenté contre la résolution sur le génocide.
"Nos deux nations devraient s’opposer à des mesures et à la rhétorique qui créent des antagonismes inutiles et destructeurs," a dit Gates jeudi.

Lorsqu’on a demandé à Adam Schiff, Démocrate de Californie, Représentant et l’un des sponsor principaux de la résolution, ce qu’il pensait des avertissements de Rice et Gates, il a dit, "Je ne vois pas comment nous pourrions avoir l’autorité morale de condamner le génocide au Darfour, si nous ne sommes pas désireux de reconnaître les autres génocides qui se sont déroulés."

Des votes similaires au Congrès ont été reportés dans le passé après un intense lobbying. Mais avec le fort soutien de Pelosi pour la résolution et le ressentiment qui persiste au Congrès, dû au refus de la Turquie de laisser les forces américaines utiliser le territoire turc pour envahir l’Irak, les chances de la résolution ont peut-être augmenté.

"Elle a 183 sponsors," a dit Elizabeth Chouldjian de l’ANCA (Armenian National Committee of America). "Il est très probable que si un vote avait lieu maintenant, elle serait adoptée."

Mais les Turcs disent avoir pris des mesures pour se confronter à leur passé. L’an dernier, après divers procès dus à une loi qui fait de la discussion ouverte sur les tueries arméniennes, un crime pénal, les intellectuels turcs ont finalement réussi à se réunir pour discuter de ces événements. La conférence a été vue comme une avancée majeure.

Alimentée en partie par la colère résultant de la guerre en Irak, la popularité américaine en Turquie a plongé de 52 % en 2000 à un niveau record historiquement bas de 12 % l’an dernier, selon un sondage de Pew Global Attitudes publié ce mois-ci.

À Istanbul, Etyen Mahcupyan, un intellectuel d’origine arménienne, qui a succédé au directeur assassiné de l’hebdomadaire Agos, Hrant Dink, a dit que les pressions étrangères sur la Turquie ne feraient que renforcer l’ultranationalisme.

"Le peuple turc commence seulement à comprendre qu’il y a des choses qui n’ont pas été enseignées à l’école, alors nous sommes curieux et désireux de parler non seulement de la question arménienne, mais également d’autres sujets, plus librement." a dit Mahcupyan. "Il n’est pas juste de s’attendre à ce qu’une société accepte les vérités d’autres sociétés, sans avoir la chance d’en discuter d’abord."

D’autres turco-arméniens disent qu’ils sont d’accord.
"Aucune de ces résolutions," a dit Hosyar Koletavitoglu, un business consultant, "ne nous rendra nos grands-parents."
De Brian Knowlton à Washington.

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org



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Source/Lien : International Herald Tribune



   
 
   
 
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