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L'appel commun des organisateurs de la soirée d'hommage à Hrant Dink
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La soirée d'hommage à Hrant Dink s'est tenue le vendredi 30 mars 2007 à Bruxelles avec la participation des parents du journaliste assassiné et d'un public puriculturel. Présent à la soirée, le Ministre d'Etat M. François-Xavier de Donnea (MR) a exprimé son indignation face à l'assassinat de Hrant Dink et le soutien de son parti aux défenseurs de la liberté d'expression. Dans son message à la soirée, la Secrétaire d'état de la région bruxelloise Mme Brigitte Grouwels (CD&V) a elle aussi partagé les sentiments de la famille et des amis de Hrant Dink et s'est déclarée solidaire avec eux.

Les co-organisateurs de la soirée, l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, les Associations des Assyriens de Belgique, le Comité de Défense de la Cause Arménienne-Belgique, F.R.A Dachnaktsoutioun-Belgique, l'Institut kurde de Bruxelles, la Fondation Info-Türk et le Service Social Arménien, ont, à cette occasion, lancé le suivant appel commun:
Le journaliste arménien Hrant Dink, défenseur des droits de l'Homme et des peuples, a été assassiné le 19 janvier 2007 devant son journal Agos à Istanbul.

Juste après son assassinat, en tant qu'organisations issues de l'émigration politique en provenance de Turquie, nous disions: "Une colombe de paix vient de tomber martyre dans les rues d’Istanbul… Notre ami Hrant Dink a été lâchement assassiné par des forces occultes. Qui que soit le tueur, nous sommes sûrs que derrière ce crime se trouvent l’ultranationalisme et le militarisme turcs coupables et impunis pour le génocide commis contre les peuples arméniens et assyriens."

Plus de deux mois après l’assassinat de Hrant Dink, les larmes de crocodile des autorités et des médias turcs ont séchées et les déclarations, en apparence généreuses, ont laissé la place à l’amertume et à l’immobilisme.

L’enquête, lancée à grand bruit, reste dans l’impasse car ne pouvant ou ne voulant pas aller au-delà du cercle des simples exécutants. Même des changements cosmétiques proposés à l’Article 301 sont trop pour l’Etat Profond, qui détient les véritables pouvoirs en Turquie.

Le sursaut populaire qui a suivi l’assassinat de Hrant n’a été que de courte durée, la machinerie de l’état turc a repris les choses en main.

Les forces de l'Etat Profond sont si audacieuses que juste après son arrestation, le meurtrier de Hrant Dink a été photographié  par les policiers et les gendarmes comme un héros national. Sur des photos publiées par les médias, on le voit déployant un drapeau turc flanqué de deux agents de sécurité décontractés devant un calendrier sur lequel figure la citation suivante d'Atatürk: "la terre de la mère-patrie est sacrée. Elle ne peut être abandonnée à son sort".

Peu de temps après le meurtre de Dink, certains groupes nationalistes se mettaient à porter le même béret blanc que l’assassin au moment du tir fatal. Ces “bérets blancs” visaient à effrayer les démocrates de Turquie qui, comme Dink, s’intéressent à la construction de ponts de dialogue. Les nationalistes grossiers dans les stades de football, hurlaient des slogans à la gloire de l’assassin de Dink.

Malgré la mise en examen de 11 personnes et la révélation d'une vingtaine de messages de la police de Trabzon à celle d'Istanbul indiquant le projet de meurtre, l'enquête n'a toujours pas permis d'élucider les circonstances précises du crime.

C'est la raison pour laquelle les avocats de la famille de Hrant Dink réclament aujourd'hui  l'ouverture de poursuites judiciaires contre des responsables de la police impliqués dans le meurtre.

"Nous pensons que si les responsabilités restent imputées à quelques enfants de familles pauvres de Trabzon, la dimension politique de ce crime sera passée sous silence. Nous pensons qu'il s'agit du travail d'une organisation bien structurée (...) voulant nuire au fonctionnement démocratique de la Turquie", crient-ils.

Malheureusement, non seulement les forces occultes de l'Etat Profond, mais l'Etat officiel lui-même avec son gouvernement, ses forces armées et sa justice a accéléré sa campagne négationniste et renforcé la pression sur les défenseurs des droits de l'Homme.

Tout récemment,  le 29 mars 2007, l'inauguration de l'église arménienne d'Aghtamar à Van en tant que "musée" est devenue un véritable show ultranationaliste. 
Avant le génocide, on recensait plus de 2350 églises, monastères et monuments religieux arméniens sur le territoire qu’occupe la république turque. Aujourd’hui, presque tous ont été détruits ou confisqués et convertis à des usages non religieux, voire parfois dégradants comme des étables ou des dépotoirs.

Quant à l'Eglise d’ Aghtamar, sa restauration en supprimant la croix au sommet s’inscrit pleinement dans l’opération de propagande qui vise à contrer l’adoption de la Résolution sur la reconnaissance du génocide arménien par le Congrès américain.

A l’instar de la plupart des responsables d’Arménie et de la diaspora, le catholicos Karekin II a refusé de prendre part à cette mascarade.

Rappelons que le 4 mars dernier, un homme armé a tiré en l'air dans la cour de l'Eglise patriarcale arménienne à Istanbul où une messe à la mémoire de Hrant Dink venait d'être célébrée. Il a avoué lors des enquêtes qu'il visait le patriarche arménien Mesrob II.

Le jeudi 22 mars une commémoration de la mémoire de Hrant Dink à l'Université Bogazici d'Istanbul a été attaquée par la police. Malgré cette attaque, les étudiants ont continué à manifester en criant  "Vive la Vie malgré le Fascisme, Vive Hrant malgré le Fascisme", "Vive la Fraternité des Peuples", "le Meurtrier de Hrant est l'État Profond", "Nous sommes tous des Hrant, Nous sommes tous des Arméniens."

Après la célébration de la mémoire de Talat Pacha en mars 2006, les milieux ultranationalistes lancent le "Grand Projet Turquie" prévoyant l’élimination du problème arménien par la prise de contrôle de l’Arménie. Diffusée par e-mails depuis le début de février, cette version 2007 du Pantouranisme  annonce également l’occupation totale de l’île de Chypre, la prise de Mossoul et de Kirkuk, la conquête de la Crête, des îles grecques de la Mer Egée, ainsi que de Salonique, et enfin, cerise sur le gâteau, la bonne "leçon" donnée à la Syrie par la reconquête des territoires anciennement ottomans.

Le Comité Talat Pacha, sous la présidence du Chypriote turc Rauf Denktas avec la participation des anciens généraux et des politiciens ultranationalistes, organise sans cesse des rassemblements et conférences négationnistes partout en Europe, et notamment en Belgique avec la complicité ou le soutien de certains élus des partis traditionnels belges comme le PS, le MR ou le CDH.

Ce qui est le plus étonnant, les négationnistes notoires au service du lobby du régime d'Ankara, malgré toutes les critiques et les protestations, figurent toujours sur les listes électrorales de ces partis, les représentent aux assemblées communales, régionales et même fédérales.

Plusieurs intellectuels contestataires sont incessamment menacés par téléphone, par SMS et e-mails. Le prix Nobel Orhan Pamuk a dû quitter le pays le 1er février en toute discrétion pour les États-Unis. La photo de l’écrivain est apparue sur Internet à côté de la dépouille du journaliste, dans une vidéo signée des « Brigades turques de la vengeance », avec une mise en garde : « D’autres vont mourir. »

Le cas de Pamuk est l’arbre qui cache la forêt : les intellectuels opposants et les personnalités kurdes font l’objet d’une véritable traque. Les articles 301 et 216 du code pénal font partie de l’arsenal utilisé contre les partisans de l’ouverture démocratique. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été poursuivis, notamment à l’initiative d’un groupe d’avocats d’extrême droite.

Le peuple kurde subit toujours la répression interminable du régime négationniste. La justice turque ne cesse poursuivre les dirigeants et membres du parti pro-kurde DTP et les généraux de l'Armée répètent chaque jour leurs menaces non seulement contre le mouvement national kurde de Turquie mais également contre le Kurdistan irakien. Le président du parti Ahmet Türk et plusieurs dirigeants provinciaux ou maires appartenant à ce parti sont inculpés et condamnés sous prétexte de faire éloges au leader kurde Öcalan.  Cette offensive s'est fort durcie notamment après les célébrations massives du nouvel an Newroz  par le peuple kurde.
.........
Dans son dernier article d’Agos, Hrant Dink avait parlé des menaces qu’il avait reçues. Les nationalistes avaient vandalisé la salle du tribunal à son procès et avaient manifesté devant Agos. Il a admis être impressionné. “Il est malheureux que je sois maintenant plus connu que je ne l’étais avant,” écrivait-il. “Je ressens davantage le coup d’oeil que me jettent les gens, et qui signifie: ‘Oh regarde, ce ne serait pas le gars arménien ?’ Et je commence à me torturer moi-même. L’un des aspects de cette torture est la curiosité, un autre, l’inconfort.... Je suis comme un oiseau, obsédé par ce qui se passe à ma gauche, puis à ma droite, devant moi et derrière moi.”

Sa seule consolation dans cet état d’anxiété était sa foi, que les oiseaux pouvaient vivre librement dans des centres urbains surpeuplés, même dans la peur. Il pensait que les oiseaux ne seraient pas attaqués.
Mais le lâche assassinat de Hrant Dink démontre que le chauvinisme turc tue aussi les oiseaux.
 
Aujourd'hui, la famille et les collègues de Hrant Dink doivent supporter le poids de son héritage politique qui a encore grandi en raison de son assassinat. Non seulement le journal Agos, qui était cofinancé en partie par Hrant Dink, doit être soutenu mais la famille devra également canaliser de nombreuses initiatives qui souhaitent maintenir en vie les idées de Hrant Dink via des fondations et diverses activités culturelles et politiques, ce qui n’est pas simple à organiser.
Le journal Agos, sa plate-forme politique et culturelle, a montré lors de l’organisation de la manifestation que la vingtaine de personnes qui travaillent pour ce journal sont capables de continuer à assurer la réussite d’Agos.
Ce soir, tout en commémorant la mémoire de Hrant Dink, nous lançons appel à toutes les organisations, tous les démocrates et défenseurs des droits de l'Homme pour qu'ils soutiennent l'oeuvre de Hrant Dink.

Si Agos cessait de paraître un jour, cela serait une grande perte et défaite non seulement pour la communauté arménienne mais aussi pour toute l'humanité.

L’Association des Arméniens Démocrates de Belgique

Les Associations des Assyriens de Belgique

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne-Belgique

F.R.A Dachnaktsoutioun-Belgique

LÂ’Institut kurde de Bruxelles

La Fondation Info-Türk

Le Service Social Arménien



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Source/Lien : Info-Turk



   
 
   
 
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