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Le "Palais de l'Elysée" turc appartenait aux Arméniens
Publié le : 06-04-2007

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Un article paru en turc dans le quotidien Hurriyet le 16 mars 2007 et la réponse d'un lecteur, apportent un témoignage intéressant sur les propriétés dont les familles arméniennes ont été dépouillées durant le génocide de 1915. En l'occurrence, il s'agit là du
bâtiment qui sert de résidence au Président de la République turque : ce que les Turcs nomment le "Cankaya Köskü" est l'équivalent du Palais de l'Elysée à Ankara. L'Etat turc, jusque dans ses symboles les plus "nationaux", s'est enrichi des biens du peuple arménien. Quand donc rendra-t-il des comptes ?

Quelques infos que l'on nous a transmises "off" :

Cette maison était connue comme étant la maison des Kasapyan et elle avait été construite par un riche commerçant.

Ce riche joaillier aurait, en quittant la ville, vendu cette maison avec tous ses meubles, aux Bulgurluzade, une des familles les plus connues d’Ankara.

Le directeur du Mudafaa-i Hukuk Cemiyeti (Association de la Défense du droit), Mustafa (Borekci) Efendi, Mufti d’Ankara (Nota CVAN : titre religieux islamique), avait acheté la maison de Bulgurluzade Tefik Efendi pour 4500 lires turques avec l’argent qu’il avait collecté des habitants. Il avait ensuite offert la maison à Mustafa Kemal.

Les familles Kasapyan et Becidyan étaient très proches à Istanbul. Le grand père Becidyan racontait que le Cankaya Kosku (Nota CVAN : le Palais de l’Elysée de Turquie) appartenait à la famille Kasapyan. Lui-même avait entendu l’histoire du petit-fils aîné de Mr Kasapyan. Il racontait que sa famille avait été déportée d’Ankara en 1915 et qu’ils avaient été obligés de quitter leur propriété et qu’ils n’ont pas été autorisés à y retourner. Il disait aussi que l’église catholique arménienne, qui avait été offerte à la communauté par la famille Kasapyan, avait été brûlée à cette époque.

La famille Kasapyan a donc été déportée, la maison a été confisquée par Bulgurluzade, probablement un habitant turc de la région, et il a emménagé dans cette maison sans payer un sou. C’était le résultat de la fameuse loi promulguée en 1915 « Emyal-I metruke » (Nota CVAN : légalisation de l’occupation des propriétés ‘abandonnées’ : la notion d’abandon est bien entendu relative !). Cette loi était toujours en vigueur au début de la République turque fondée par Mustafa Kemal.


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Soner YALÇIN sonery@hurriyet.com.tr

Le premier propriétaire du Cankaya Köskü était Arménien

HURRIYET
Date: 16 Mai 1921

Le journaliste Rusen Esref (Ünaydin) a invité Mustafa Kemal sur les collines de Çankaya pour une promenade à cheval.

Lors de la promenade, Mustafa Kemal a vu et beaucoup aimé une maison de vignoble, à deux étages. Le lieu était connu sous le nom de ‘Maison des Kasapyan’ et il allait se transformer au fil de temps en ‘Cankaya Kosku’, le symbole de la Republique turque. Voici l’histoire de l’architecture du Cankaya Kosku…

C’était le 13 mai 1921. Mustafa Kemal s’est réveillé de bonne heure. Alors qu’il venait juste de se coucher, le bruit l’avait réveillé.

Il a ouvert les fenêtres et s’est mis à observer ceux qui faisaient du bruit. Le bâtiment mitoyen à la gare d’Ankara, était utilisé comme bureau de travail

La gare était le lieu de transferts de munitions de ces derniers temps..

Sa cousine Fikriye a entendu ses pas et préparé son café comme chaque jour et l’a porté dans sa chambre. Sergent Ali, qui était au service de Mustafa Kemal depuis Sivas, a apporté son journal.
Aujourd’hui ses invités du journal ‘Millet-i Hakimiye’ (le peuple maître) allaient venir. Ils allaient l’interviewer sur la victoire d’Inonu et l’état de l’armée turque.

Peu après, Rusen Esref (Unaydin) et les autres journalistes sont arrivés.
Ils ont bu leur café et effectué leur interview.

Rusen Efendi a constaté la fatigue de Mustafa Kemal. Il avait travaillé tard et dormi dans son bureau où il avait été réveillé par le bruit de la gare. D’après Rusen Efendi, le ‘Bey’ qui organisait la guerre de libération devait se reposer. Mais il était difficile de trouver une maison à Ankara.

…..

Ankara était une ville de 20 000 personnes et ne répondait pas aux besoins…

….

LA MAISON DU VIGNOBLE DES KASAPYAN

La colline sur laquelle se trouvaient les vignes et les vergers dominait la ville.
On observait des maisons de campagne à un étage aux milieux des vignes.
Rusen Esref a suggéré qu’il séjourne dans une de ces maisons au moins durant l’été. Mustafa Kemal l’a accepté
Et montré la maison qu’il a aimé. C’était une maison à deux étages.


Il avait choisi cette maison car il y avait trois autres maisons sur le terrain. Cela pouvait convenir pour les gardes et les serviteurs.


La maison était connue sous le nom de ‘Maison du vignoble des Kasapyan’. Elle avait été construite par un commerçant arménien aisé d’Ankara.

Le riche joaillier durant la guerre, lorsqu’il avait quitté la ville, avait vendu la maison avec ses meubles à l’une des familles connues d’Ankara, les Bulgurzade.

Le directeur du Mudafaa-i Hukuk Cemiyeti (Association de la Défense du droit), Mustafa (Borekci) Efendi, Mufti d’Ankara (Nota CVAN : titre religieux islamique), avait acheté la maison de Bulgurluzade Tefik Efendi pour 4500 lires turques avec l’argent qu’il avait collecté des habitants. Il avait ensuite offert la maison à Mustafa Kemal.

M.Kemal a accepté le cadeau à une condition : faire une donation aux Forces Armées Turques.
Ainsi la maison des Kasapyan est devenue la propriété du ‘soldat turc’ et Mustafa Kemal en était son locataire. Après quelques travaux il s’est installé dans la maison avec Fikriye et ses serviteurs.

Le pavillon a été décoré par Madame Fikriye. Elle a été la 1ère « first Lady » du « Cankaya Kosku ».

LES MEUBLES DE PSALDI

26 Août 1922.

La grande attaque avait commencé.

L’armée est entrée à Izmir.

Cinq jours après Mustafa Kemal a fait la connaissance d’une femme peu ordinaire : Latifé

Ils se sont mariés le 29 Janvier 1923.

Madame Latife est arrivée à Ankara le 20 Février.

Latifé était la fille d’une des familles aisées d’Izmir, elle avait étudié en Europe et avait l’habitude de vivre dans des demeures luxueuses. Alors que là, les routes étaient boueuses et ils utilisaient de l’eau du puit. Cette maison de vignoble, abîmée, froide et dépourvue de confort l’avait beaucoup étonnée. Elle n’a pas pu croire que la stratégie de libération nationale avait été décidée dans cette maison.

Elle s’est mise au travail pour rendre cette maison plus conviviale et en priorité il fallait l’agrandir.

La mission a été confiée à l’achitecte Vedad (Tek).
Mustafa Kemal et Latife Hanim, sont provisoirement partis à Izmir.
Mr Vedad a ajouté une partie au sud de la maison.


Les chambres, les salons les salles de bains ont été conçues à nouveau. Une tour a été ajoutée et le rez-de- chaussée a été divisé en deux ; un fumoir et une salle de radio. Le premier étage est devenu le bureau.
….

Des nouveaux meubles de style néo-baroque ont été achetés à Istanbul chez Psaldi.

A la fin des traveaux, Latife Hanim (madame) a présenté la maison à Mstafa Kemal.
Elle était déçue car Mustafa Kemal n’a pas apprécié les changements. Elle avait jeté tout ce que Fikriyé Hanim avait fait et elle avait fait couper les arbres.

En réalité, il était très satisfait de sa nouvelle maison. Il invitait ses amis à dîner tous les soirs.
Latife Hanim a introduit les premières règles de protocole dans le pavillon.



Après leur divorce le pavillon est resté sans maîtresse....

Mustafa Kemal vivait dans la maison avec ses quatre filles adoptives et leur enseignante Madam Baver, une Suissesse.
Des problèmes architecturaux ont nécessité des interventions dans le bâtiment.
Les experts de la société allemande, Holzman, qui avait réalisé également la construction de la gare d’Haydarpasa (Nota CVAN : La gare se trouve à Istanbul coté Anatolie) ont été invités à Ankara.



Lors d’une série de restaurations, le système de chauffage central a été ajouté.
Les travaux ont coûté 8 milles Lires turques. Mais d’autres problèmes ont apparu par la suite. Mustafa Kemal en avait assez. Il a décidé de faire construire un autre bâtiment.

Le Prof. Dr. Clemens Holzmeister allait construire cette maison...

C’était en 1930...

LE PALAIS DE CANKAYA A ETE CONSTRUIT PAR UN ARCHITECTE ECHAPPE DES NAZIS

Clemens Holzmeister était un architecte mondialement connu.

Son domaine d’expertise était l’architecture des églises. Il avait construit les églises de Crimée, de Dornback, de Vogelweidplatz et la cathédrale de Belo Horizonte au Brésil.

On peut supposer que cela soit la raison pour laquelle le palais s’appelle ‘çan-kaya’ (Nota CVAN : çan = cloche, kaya = Roche). Comme les milieux intégristes qui n’aimaient pas l’Occident n’avaient fait qu’un jeu de mots… peut-être pas…

Clemens Holzmeister n’était pas un simple architecte il faisait de la peinture et de la sculpture. En 1929 la statue de Sehlageter a été détruite par Adolf Hitler. La Turquie avait ouvert ses portes aux scientifiques qui fuyaient les Nazis.

La fille de Clemens Holzmeister, Judith Holzmeister une actrice connue, est l’une des rares personnes sorties vivantes des camps nazis.


LA CONSTRUCTION A DURE 1.5 AN


Le projet mariait le mode de vie traditionnel turc et le style occidental.
Les matériels ont été emmenés d’Autriche. La décoration intérieure a été conçue par l’Académie des Beaux Arts d’Autriche. La construction a débuté au début de 1931 et elle a été terminée au mois de juin en 1932. Elle a été peinte de la couleur préférée d’Ataturk, le rose. Pour cette raison, on l’a appelée ‘Pembe Kosk’ (Nota CVAN : Pavilon Rose).




Le bâtiment ancien a été transformé en musée.

PAVILLON VERT POUR SA SŒUR

Avec le temps Cankaya Kosku a été agrandi ; 438 pièces.


Atatürk a fait construire un pavillon pour sa sœur Makbule Atadan.
Le bâtiment construit en 1936 est utilisé pour accueillir les invités étrangers.


Le grand sauveur Ataturk est décédé le 10 Novembre 1938. Le nouveau locataire du pavillon est devenu Ismet Inonu.

INONU N’A PAS VOULU Y HABITER

Sa femme Mevhibe Hanim et Inonu n’ont pas vraiment envisagé d’y habiter.
Mais pour des raisons pratiques ils ont été obligés de s’y installer.


Inönü a fait construire des refuges en 1940, les années de guerre obligent !



D’autres présidents et leurs familles ont vécu dans ce palais et d’autres constructions ont suivi.

Dernièrement, le 29 Octobre 1999 la salle de conférence "Piramit Salon" a été inaugurée.

Voyons ce que le Président qui sera élu par les votes des électeurs AKP (Nota CVAN : le parti d’Erdogan) fera construire ?

(Nota CVAN : Soner Yalcin sous-entend que ce sera sûrement la construction d’une mosquée).

© Traduction S.C. pour le Collectif VAN (2007)

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Réponse d'un lecteur

Le premier propriétaire du Cankaya Köskü' était Arménien.


Monsieur Soner ,

J’ai lu attentivement votre article de Hurriyet aujourd’hui et je l’ai trouvé très intéressant.

J’aurais voulu apporter les explications suivantes :

1. Le nom (et prénom) de jeune fille de ma mère est : Roz Kasapyan. Lieu de naissance 1896- 2001 Ankara

Le nom de son père (donc mon grand père) : Ohaness Kasapyan. Lieu de naissance : 1857 – 1944 Ankara

2. La famille Kasapyan n’a vendu à personne le pavillon Cankaya. Le gouvernement de l’époque avait confisqué non seulement cette maison mais aussi tous les biens de la famille et avait envoyé en déportation tous les membres de la famille.

Mon père (né à Ankara 1887-1930) travaillait à cette époque dans une société qui était propriétaire des compagnies de chemin de fer. Grâce à cela il avait réussi à sauver la famille. En passant par Konya il les a emmenés à Istanbul (Nota CVAN : Konya n’est pas sur le trajet entre Istanbul et Ankara. Konya était plutôt dans la direction de la déportation vers le désert…)

3. D’autre part, parmi les propriétés de la famille on pouvait compter également la maison de vignoble à Kecioren. Cette maison a été récupérée par la famille Koc. (Nota CVAN : Vehbi Koc est l’un des plus riches hommes de Turquie). Quelques années auparavant (15 ans ou plus) dans un des journaux d’Istanbul la photo de cette maison avait parue (cette maison a été transformée en musée par Mr Vehbi) et ma mère avait écrit une lettre à Mr Vehbi. Lui en retour avait envoyé à ma mère une photo en couleur de la maison. Ma mère avait grandi dans cette maison et elle nous en parlait souvent.

4. Entre autre la famille de mon grand père et ses frères avait construit une église (Arménienne Catholique) avec leur propre argent. Il parait que cette église a été brûlée.

5. La famille de mon grand père exportait en Angleterre la laine de chèvre d’Ankara (ANGORA WOOL). Un de ses frères était installé à Bradford et avait réussi à commercialiser la laine de chèvre d’Ankara en Angleterre.

Moi, j’ai terminé mes études d’architecture à l’ITU (Université de Technologie d’Istanbul) en 1954. Après avoir accompli mon service militaire en tant qu’officier je me suis marié. En 1957 nous avons immigré avec ma femme au Canada.

‘Hamdolsun’ (Nota CVAN : une expression en vieux turc, mot d’origine arabe qui signifie ‘Dieu soit loué’. Une certaine ironie perce sous cette expression…), je suis l’un des architectes les plus renommés d’Ottawa. www.cuhaci.com

Avec mes respects.

Edward J. Cuhaci OAA OAQ MRAIC

171 Slater Street

Ottawa ON.

Canada K1P 5H7

© Traduction du turc: S.C. pour le Collectif VAN (2007)




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Source/Lien : Hurriyet



   
 
   
 
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