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Israël : Le président Rivlin à la conférence sur le génocide arménien
Publié le : 12-11-2015

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "La semaine dernière, lors de la première conférence sur le génocide arménien qui s’est tenue en Israël, j’ai fait une allocution au patriarcat arménien de Jérusalem et rencontré le président d’Israël, Reuven Rivlin. Le président Rivlin a été un ardent défenseur de la reconnaissance du génocide arménien quand il était président de la Knesset (le Parlement). En tant que président d’Israël, il est aujourd’hui plus circonspect et ne souhaite pas contredire le silence répréhensible de son gouvernement sur le génocide arménien. Toutefois, pendant son entrevue avec les chercheurs qui assistaient à la conférence la semaine dernière, le président Rivlin n’a laissé aucun doute possible quant à sa position sur le génocide arménien. Il a même utilisé le terme « génocide arménien » pendant la rencontre." Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 12 novembre 2015.


Rencontre avec le président d’Israël et allocution à la conférence sur le génocide arménien

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 12 novembre 2015

La semaine dernière, lors de la première conférence sur le génocide arménien qui s’est tenue en Israël, j’ai fait une allocution au patriarcat arménien de Jérusalem et rencontré le président d’Israël, Reuven Rivlin.

Le président Rivlin a été un ardent défenseur de la reconnaissance du génocide arménien quand il était président de la Knesset (le Parlement). En tant que président d’Israël, il est aujourd’hui plus circonspect et ne souhaite pas contredire le silence répréhensible de son gouvernement sur le génocide arménien. Toutefois, pendant son entrevue avec les chercheurs qui assistaient à la conférence la semaine dernière, le président Rivlin n’a laissé aucun doute possible quant à sa position sur le génocide arménien. Il a même utilisé le terme « génocide arménien » pendant la rencontre. Il a également rappelé son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies en début d’année, dans lequel il avait fait spécifiquement référence au génocide arménien.

J’ai rappelé au président Rivlin que plus de deux dizaines de pays ont déjà reconnu le génocide et qu’Israël devrait également le reconnaître, tout simplement car c’est la bonne chose à faire ! J’ai exprimé l’espoir que grâce à son soutien continu, Israël viendra compléter la « page manquante » de mon livre qui énumère les pays ayant déjà reconnu le génocide arménien.

J’ai ensuite remis au président Rivlin mon livre intitulé : Le génocide arménien, le monde parle : 1915-2015, documents & déclarations, une copie du discours que j’ai fait lors de la conférence et mon journal The California Courier.

La conférence sur le génocide arménien a été organisée par le professeur Yair Auron et le département de sociologie, science politique et communication de l’Université ouverte d’Israël. Parmi les conférenciers de renom se trouvaient : Jacob Metzer, président de l’Université ouverte d’Israël ; le professeur Yair Auron ; le professeur Israel Charny ; le professeur Elihu Richter ; le professeur Dina Porat, historien en chef de Yad Vashem ; le Dr. Stefan Ihrig, auteur de Atatürk dans l’imaginaire nazi ; Ragip Zarakolu, un activiste des droits de l’homme de renom en Turquie ; le professeur Ayhan Aktar de l’université Bilgi d’Istanbul ; Ya’akov Ahimeir, journaliste et éditeur de Israel Broadcasting Authority’s weekly international news survey sur Channel 1; Benny Ziffer, éditeur de la section littéraire et culturelle du journal Haaretz ; et George Hintlian de la communauté arménienne de Jérusalem.

Lors de ma présentation, j’ai exprimé le regret qu’Israël n’ait toujours pas reconnu le génocide arménien. Voici quelques extraits de mon allocution :

« Tout d’abord, je dois souligner la distinction importante entre la position du gouvernement israélien et celle du peuple israélien et des juifs du monde entier qui ont été parmi certaines des voix importantes ayant attiré l’attention sur le génocide arménien et sa reconnaissance :

-- Henry Morgenthau, l’ambassadeur américain dans l’Empire ottoman pendant le génocide ;
-- Franz Werfel, l’auteur juif australien qui a écrit en 1933 le roman qui s’est vendu à un niveau international Les 40 jours du Musa Dagh. Son livre a été traduit en hébreu en 1934 et a été très lu par les citoyens juifs du monde entier, en particulier dans le ghetto de Varsovie, en tant que source d’inspiration pour la survie et la résistance aux nazis pendant la Shoah ;
-- Raphael Lemkin, l’avocat juif polonais qui a inventé le terme de génocide. Il a révélé lors d’une interview en 1949 dans l’émission de CBS-TV, Face the Nation : « Je me suis intéressé au génocide car c’est arrivé aux Arméniens. »
-- J’ajouterai à ces personnages historiques, le nom de Yossi Beilin, qui a osé parler du génocide arménien le 24 avril 2000, quand il était ministre de la Justice d’Israël, et en tant que vice-ministre des Affaires étrangère en 1994, malgré les fortes pressions et les critiques du gouvernement israélien ;
-- Nous nous souvenons aussi avec affection du ministre de l’Éducation Yossi Sarid, qui a été l’orateur principal à Jérusalem le 24 avril 2000, à l’occasion du 85e anniversaire du génocide arménien. Il a déclaré : « Je suis ici avec vous, en tant qu’être humain, en tant que juif, d’Israélien et de ministre de l’Éducation de l’État d’Israël…. Toute personne qui reste indifférente face à lui [le génocide], ou l’ignore, toute personne qui fait des calculs, toute personne qui reste silencieuse aide les auteurs du crime et non les assassinés. »
-- Je dois également inclure à cette liste de Justes juifs, les professeurs Israel Charny, Yair Auron, Yehuda Bauer, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, et un grand nombre de chercheurs juifs qui ont été des pionniers en écrivant des articles et des livres sur le génocide arménien, et ce même avant les chercheurs arméniens.
-- Je dois également saluer les membres de la Knesset et l’ex-président de la Knesset, Reuven Rivlin – actuel président d’Israël – qui ont soutenu avec force la reconnaissance du génocide arménien, en dépit de l’opposition véhémente du gouvernement.

Comme tout le monde le sait, le génocide arménien a été le ‘prototype’ de la Shoah, eu égard à la complicité allemande dans l’extermination des Arméniens dans l’Empire ottoman. Au cours de cette coopération criminelle, les militaires allemands ont appris de leur allié turc des pratiques diaboliques sur la façon d’organiser et de mettre en œuvre l’élimination de toute une race ! Hitler a été encouragé par le silence du monde au moment où les Arméniens ont été anéantis, et à la veille de son invasion de la Pologne en 1939, il a déclaré avec assurance : « Qui après tout, parle encore aujourd’hui de l’extermination des Arménien ? »

Par conséquent, l’État d’Israël aurait dû être le premier pays, et espérons-le pas le dernier, à reconnaître le génocide arménien ! Qui pourrait éprouver plus d’empathie envers les victimes d’un génocide que ceux qui ont eux-mêmes subi le même destin ?

Ceux qui avancent des raisons de realpolitik pour justifier la réticence d’Israël à reconnaître le génocide arménien, devraient répondre à la question suivante : accepteraient-ils qu’un autre pays nie la Shoah, simplement car c’est dans l’intérêt stratégique du pays en question ?

L’affirmation que ce n’est pas le bon moment de reconnaître le génocide arménien est tout autant illogique ! Quel est le bon moment pour reconnaître un génocide ? 100 ans d’attente, n’est-ce pas suffisant?

De plus, on nous a dit pendant des années que la reconnaissance du génocide arménien détruirait les bonnes relations d’Israël avec la Turquie. Aujourd’hui on nous dit qu’Israël ne peut pas le reconnaître, afin de ne pas envenimer ses mauvaises relations avec la Turquie !

Il serait immoral d’exploiter la reconnaissance du génocide arménien, comme un moyen de marchandage entre la Turquie et Israël. Aucun intérêt politique, économique ou militaire ne devrait l’emporter sur un génocide !

Israël doit reconnaître le génocide arménien pour une seule raison : c’est la bonne chose à faire !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 5 novembre 2015 – www.collectifvan.org


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Lire aussi:

Dossier du Collectif VAN : Israël, la Turquie, les Juifs et le génocide arménien



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