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Patrimoine architectural arménien : « L’archéologie ne convient pas aux Turcs »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Un article implacable paru dans l’hebodomadaire turc Nokta du 1er au 7 mars 2007, et repris le 9 mars dans Agos, le journal arménien de Turquie dont Hrant Dink, assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul, était le rédacteur en chef. Umit Bayazoglu y décrit le sort terrible réservé à Ani, ancienne capitale arménienne, la cité aux 1001 églises qui vit son Golgotha aux mains des « archéologues » et des « historiens » turcs. Une critique sans concessions de la politique de turquification des gouvernements turcs successifs. Ce constat destiné à alerter l’opinion sur le sort réservé au patrimoine architectural arménien est en même temps un hommage rendu aux Arméniens, éminents architectes mis au service des Seldjoukides et des Ottomans.




Ani assiégée par ces Turcs fous


Umit Bayazoglu
Nokta : 1-7 Mars 2007

L’état de siège d’Ani par ces Turcs fous continue. Nous vous avions récemment informés que par une imagination ‘créative’ le nom d’Ani, la ville ayant un passé millénaire, allait être transformé en ANI (Nota CVAN : le « I » sans le point, change le sens du mot ; ANI veut dire ‘souvenir’ en turc). Nous avons appris par la suite que ce n’était pas la seule incongruité. Ils n’essayent pas seulement de changer son nom mais aussi son histoire. Ils sont en train de creuser, détruire et démolir, enfin ils sont en train de changer son histoire. Les travaux de destruction ont été confiés à l’Université de Hacettepe d’Ankara et les dates des travaux ont été modifiées par de Grands - Grands professeurs.

Avant de vous présenter les preuves de ces affirmations, pour les lecteurs qui ne connaissent pas Ani, nous voulons expliquer pourquoi Ani est une ville si « patibulaire ». Ani est une ville placée près de la frontière entre la Turquie et l’Arménie, à 42 km Est de Kars et sur une hauteur de 1500 mètres. Alors qu’elle était une ville abandonnée depuis trois siècles, sans aucune habitation, elle a été clôturée, au début de la République turque, par des fils de fer barbelés et des mines. Elle est devenue ainsi « une ville interdite ». Jusqu’au début des années 90, visiter Ani ou bien faire des recherches sur ces lieux était impossible. Après l’effondrement de l’URSS, cette interdiction avait perdu son sens. Ensuite les relations avec l’Union Européenne ont relativement fait assouplir les conditions. Dorénavant, à condition d’avoir une autorisation, sous la surveillance de policiers, on peut la visiter (au moins une partie).

Grâce à cette liberté relative, nous pouvons nous tenir au courant de ce qui se passe à Ani. Les nouvelles sont tellement mauvaises qu’on a envie de dire « les interdictions auraient dû continuer ». Nous découvrons qu’en réalité, ces interdictions protégeaient Ani, la ville qui est aussi importante pour l’histoire mondiale que les villes antiques Ephèse ou Troie. Même si on n’y allait pas, même si on ne la voyait pas, elle était là, toute seule mais intacte, grâce aux interdictions. Alors que maintenant… Le destin d’Ani est entre les mains des promoteurs. En 1995, une affaire de restauration imaginaire a été commencée dans la précipitation. Grâce à cette excuse, le destin d’Ani est abandonné entre les mains des entrepreneurs. ‘Par une décision précipitée’, car la Turquie n’a aucune raison valable d’effectuer des fouilles archéologiques à Ani.

Ne demandez pas pourquoi elle n’en a pas, c’est une longue histoire. C’est pour cette raison que les fouilles commencées à Ani sont des fouilles ‘politiques’ et non ‘archéologiques’. Regardez ce qui s’est passée à Ani lors de ces travaux imaginaires, gérés et financés par le Ministère de la Culture : les pieds des remparts ont été creusés de trois mètres. Les éléments sorties de ces fosses ont été enlevées par camions et déversées dans les rivières. A ce moment là, il n’y avait pas d’archéologues et personne n’a étudié les matières trouvées. Les ouvriers ont partagé entre eux les monnaies romaines découvertes. Les fouilles ont été effectuées en utilisant des tracteurs, des excavateurs. Après avoir détruit, ils ont commencé à reconstruire. Cette destruction et ce pillage ont duré environ trois ans, jusqu’en 1998. Beaucoup d’entrepreneurs et de politiciens ont tiré leur bénéfice de ces fouilles…

En 1999, les destructions ont recommencé et ont continué d’une façon plus importante. L’entreprise de « détruire et reconstruire » a échoué lamentablement à cause des travaux minitieux indispensables. Au lieu de réaliser des ornements authentiques, ils ont fait des trucs irréels. Pendant ce temps, les pierres ornées ont été triées une par une. Et elles ont été utilisées pour les constructions des demeures des chefs mafieux. Comme si Ani était devenue une carrière. Soi-disant, les fouilles étaient sous la surveillance de l’Université de Hacettepe. La destruction a perduré malgré cela, sous leurs regards.

On ne peut pas dire que personne n’ait réagi à cette situation dégradante. Mais c’était très faible. Tandis que les Turcs disaient : « après tout ce n’est qu’un site de ‘Gavur’et pire encore un site d’Arménien » (Nota CVAN : ‘Gavur’ est l’insulte qui qualifie le monde chrétien, signifiant ‘l’infidèle qui ne croit pas en Dieu’), la plupart des archéologues étrangers sont restés silencieux, car ils avaient peur que les précieuses autorisations qu’ils avaient, leur soient enlevées. Malgré tout ce que vous faites, malgré toutes ces destructions, malgré tout ce que vous enterrez, vous ne pouvez pas changer les vérités historiques, vous ne pouvez pas les cacher. Laissons de côté les recherches scientifiques : un tremblement de terre, même un petit orage, suffit pour démasquer toutes vos tricheries. L’archéologie ne convient pas aux Turcs. Parce que, plus nous creusons, plus nous nous éloignons de ce pays. Mustafa Kemal était le premier à connaître cette vérité. Il est très significatif de constater que les premières fouilles archéologiques qu’il a initiées, concernaient les civilisations que personne ne s'approprie (comme les Eti, les Sumériens etc…).

Tandis que les destructions d’Ani sont en marche, ils essayent de changer l’histoire d’Ani dans certains livres édités. Bien entendu les académiciens payés par le Ministère de la Culture ne restent pas les bras croisés : ils transforment le nom d’Ani en ANI. On peut citer comme exemple, l’article du Professeur Docteur Hamza Gundogdu, intitulé « Les traces de culture dans Ani Oren » paru dans le livre de « Kars » chez l’édition Yapi Kredi. L’article est la synthèse de l’Islam et les Turcs, d’après l’auteur « Ani est en réalité une ville Seljoukide ». Que voulez-vous qu’il dise le pauvre bonhomme, il ne pouvait pas dire « Non, Ani étant le capital religieux des Arméniens, elle constitue une école supérieure de l’architecture mondiale ». Que c’est difficile d’être un homme scientifique dans un pays comme le nôtre ; le reste d’un Empire, des terres partagées par des guerres… Il ne peut pas contredire l’histoire officielle. Au contraire, son devoir est de renforcer la version officielle. Le rôle de l’archéologue est encore plus difficile. Car il est obligé de prouver que tout ce qu’on trouve sous les terres est d’origine turque ou d’origine islamique. Dans le cas contraire il faut qu’il oublie ses rêves de carrière !

Voici le dilemme des intellectuels turcs ; d’un côté la carrière, la réputation, le titre et le salaire, de l’autre côté l’honneur, la science, la dignité humaine. Dans son article, le Prof. Dr. Gundogdu décrit les bâtiments sur le site d’Ani Oren. Malheureusement pour lui tous les bâtiments décrits sont des églises, et en plus des églises arméniennes ! Une situation sans issue… Il y a la suite ; lors de la détermination des frontières de la République turque, Ani n’a pas pu être départagée, elle a été sujet de négociations ; elle est devenue tantôt arménienne tantôt turque. Aucune entente n’avait été trouvée. Entre 1915 et 1920, les nationalistes arméniens avaient créé ici une république symbolique. Durant la première guerre mondiale, Ani avait été témoin de nombreuses scènes sanglantes. Bien entendu lorsque le Prof. Dr. Gundogdu racontait l’histoire d’Ani, il a complètement omis cette période. Par exemple, d’après lui les seuls responsables des destructions sont les tremblements de terre, plus particulièrement le tremblement de terre de Varto en 1966.

La seule préoccupation de ce grand professeur est de pouvoir déclarer Ani comme une ville ‘multiculturelle, multi religieuse et multilingue’. Ainsi tout le monde sera content. On aurait vraiment souhaité qu’une telle ville soit une réalité. Mais la réalité est qu’Ani est une ville purement Arménienne. De plus elle a été fondée mille ans avant que les Turcs arrivent sur ces terres. Les Arméniens anatoliens ont fait connaissance avec les Turcs lorsque les Seljoukides ont conquit Ani en l’an 1064. Cette rencontre a été très fructueuse pour les Turcs. Car les Seljoukides avaient rencontré et reconnu ici, le génie architectural des Arméniens et plus tard les Ottomans ont confié toutes les constructions entreprises, aux maîtres arméniens.

De maître Sinan jusqu’à la famille Balyan au 19ème siècle, cet état de fait a perduré ainsi… (Nota CVAN-1 : Maître Sinan a vécu au 16ème siecle. Il était le fils d’une famille arménienne de Kayseri, charpentier de fils en père depuis plusieurs générations. Il a été pris dans le corps des ‘Dévchirmé=convertis’. Il est devenu le chef architecte de l’Empire. Il a orné tout le territoire de l’Empire par des ponts, des mosquées, des usines, des écoles, des viaducs, des caravansérails, etc… 477 oeuvres au total. Nota CVAN-2 : Les neuf membres de la famille Balyan ont servi l’Empereur ottoman de 1760 jusqu’à 1900. Les chef-d’oeuvres qu’ils ont créés sont indénombrables ; des palais, des églises, des mosquées, des écoles, des barrages, des usines…. Il suffit de faire une balade au bord du Bosphore pour découvrir les joyaux architecturaux sur les deux rives, on peut citer parmi eux ‘Le palais de Ciragan’, le palais de Dolmabahcé’, ‘l’école militaire de Kuleli’.)

Les Seldjoukides n’ont jamais vécu à Ani. Ils ont continué leur chemin vers le coeur de l’Empire byzantin et ils ont vendu Ani à un chef féodal (Bey) Kurde (Seddadoglu Emir Manucehr). Le Bey Kurde a ajouté un minaret à l’église où Alp Aslan avait prié et il l’a transformée ainsi en mosquée. Ses fils ont continué à ajouter des minarets à d’autres églises, mais cela ne pouvait pas être suffisant pour convertir Ani à l’Islam. Aux époques suivantes, Ani a été attaquée et conquise souvent par les Russes et les Géorgiens. En conclusion, Ani n’a jamais été turque.

Le maître Gundogdu se sert des motifs des animaux et des plantes pour tenter de faire un lien avec l’Islam et les Turcs. Des dragons, des aigles à deux têtes, des paons, des croix, des ornement de plantes rampantes. D’après les calculs du Maître, les Arméniens avaient copié tout cela, soit des Seljoukides, soit des Turcs d’Asie centrale.

© Traduction du turc: S.C. pour le Collectif VAN (2007)




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