ONU : génocides arménien et tutsi, même combat
Publié le : 12-04-2007
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet cette traduction d'un article paru en anglais dans New-York Times du 10 avril 2007. La Turquie, grande donneuse de leçons concernant la liberté d'expression, vient de montrer une fois de plus son vrai visage : une exposition sur le génocide tutsi au Rwanda, qui devait se tenir dans le cadre des Nations-Unies à New-York, a été ajournée, la mission turque et l'ambassadeur de Turquie ayant exprimé leur "malaise devant le fait que le texte faisait référence à la question arménienne et dressait des parallèles avec le génocide au Rwanda". On ne peut que saluer le courage des Nations-Unies qui ont dit "que la phrase devrait être éliminée ou l'exposition serait annulée". Le Darfour peut attendre : avec cette diplomatie au rabais, la vie des hommes ne vaudra jamais plus chère que la RealPolitik.
Des objections conduisent les Nations Unies à ajourner une exposition sur les génocides
New-York Times
10 Avril 2007
Par Warren Hoge
Nations Unies, 9 avril – Les Nations Unies ont demonté une exposition sur le génocide rwandais et repoussé son inauguration par le Secrétaire général Ban Ki-Moon programmée pour lundi, après que la mission turque a émis des objections face aux reférences au génocide arménien en Turquie au cours de la première guerre mondiale.
Les panneaux de graphiques, photos et textes avaient été installés jeudi dans le hall des visiteurs par le groupe Aegis Trust basé en Angleterre. L'association fait campagne pour la prévention des génocides et dirige un centre à Kigali, la capitale rwandaise, en souvenir des 500 000 victimes des massacres qui s'y sont produits il y a 13 ans.
Plusieurs heures après le montage de l'exposition, pourtant, un diplomate turc a repéré des mots offensants dans une section intitulée « Qu'est-ce qu'un génocide? » et a émis des objections.
Le passage disait que « à la suite de la première guerre mondiale, pendant laquelle un million d'Arméniens ont été massacrés en Turquie », Raphaël Lemkin, un juriste polonais à qui on attribue l'invention du terme génocide, « a poussé la Société des Nations à reconnaître les crimes de barbaries comme crimes internationaux ».
James Smith, le directeur exécutif de Aegis, a dit que les Nations-Unies lui ont dit jeudi que la phrase devrait être éliminée ou l'exposition serait annulée.
Armen Martyrosyan, l'ambassadeur arménien, a dit qu'il avait cherché Kiyotaka Akasaka, le sous-secrétaire général des Nations Unies pour l'information publique, et pensait qu'il était parvenu à un accord consistant à laisser l'exposition continuer en omettant les mots « en Turquie ».
Mais M. Akasaka a dit « Ce n'était qu'une suggestion et j'ai seulement accepté de la prendre en compte dans la recherche de la formulation définitive ».
Baki Ikin, l'ambassadeur de Turquie a dit « Nous avons seulement exprimé notre malaise devant le fait que le texte faisait référence à la question arménienne et dressait des parallèles avec le génocide au Rwanda ».
Il y a eu pendant plusieurs années des tueries répandues d'Arméniens par les Turcs Ottomans, qui ont commencé en 1915, et dans lesquelles environ 1,5 millions sont morts, mais la Turquie a toujours énergiquement nié les accusations de génocide.
M. Smith a dit qu'il était « très déçu parce que cela était censé parler des leçons tirées du Rwanda et signaler que ce qui se passait au Darfour était le coût de l'inaction ».
© Traduction Collectif VAN (2007)
Photo : Baki Ikin, Ambassadeur de Turquie aux USA
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Source/Lien : The New York Times
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