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Australie : Une organisation négationniste, partenaire d'une campagne anti-raciste...
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Commissaire à la discrimination raciale du Comité Australien des Droits de l’Homme (AHRC), a choisi d'accueillir l'ATAA (Australian Turkish Advocacy Alliance) comme partenaire officiel de la campagne "Le Racisme ne passera pas par moi". Problème : l'ATAA est connue pour ses campagnes et actions agressives promouvant le négationnisme du génocide arménien de 1915 ! L'organisme australien de lobbying pro-turc ne se prive pas de faire l’éloge du Comité Talaat Pacha qui tire son nom de celui du "Hitler" turc, principal responsable de l'extermination des populations chrétiennes de Turquie, au cours de massacres de masse perpétrés sur la base de critères ethniques et religieux... On peut conclure de cette affaire affligeante, qu'il suffit donc qu'une association prétende sur son site combattre le racisme (ce que l'ATAA affirme sans vergogne) pour être adoubée partenaire d'une campagne anti-raciste. Ce mécanisme pervers est aussi à l'oeuvre en France où les statuts du Collectif VAN ont été copiés par une association qui nie le génocide arménien. Notons aussi que l'article que nous reproduisons ci-dessous a donné lieu à des commentaires antisémites sur le site australien qui l'avait publié à l'origine (voir notre Nota CVAN en fin d'article). Le Collectif VAN vous propose un article de Meher Grigorian, publié en anglais sur le site New Matilda, et traduit en français par Gilbert Béguian pour le site des Nouvelles d'Arménie Magazine le 12 mars 2016.


New Matilda

Meher Grigorian

9 février 2016

AUSTRALIE

La commission australienne des Droits de l’Homme se range du côté des négationnistes du génocide

L’instance dirigeante des Droits de l’homme a recruté un négationniste de génocide déclaré pour sa campagne Racism Stops With Me [le Racisme ne passera pas par moi], a écrit Meher Grigorian.

La légende olympique Dawn Fraser avait manifesté son intolérance en suggérant que le joueur de tennis Nick Kyrgios s’en retourne dans le pays d’où ses parents étaient venus. La référence à Clarence Thomas que le sénateur Eric Abetz avait faite devant la Cour suprême de justice des USA, usant de l’expression “le nègre“, était une offense.

Couvrir l’assassinat d’une nation entière, tout en accusant ceux qui travaillent pour qu’on ne l’oublie pas de ne rechercher que des gains matériels - cela, par contre, ne crée aucun problème.

Telle est en tous cas la position de Tim Soutphommasane, Commissaire à la discrimination raciale du Comité Australien des Droits de l’Homme (AHRC), qui accueille l’Australian Turkish Advocacy Alliance, ATAA (Alliance pour la Défense Turque Australienne) comme partenaire officiel dans sa campagne le Racisme ne passera pas par moi.

L’ATAA est une organisation négationniste avec agressivité du Génocide des Arméniens, un acte d’extermination systématique par le gouvernement ottoman de ses sujets les Arméniens, une campagne qui s’est déroulée de 1915 à 1923 dans laquelle près d’un million et demi d’Arméniens perdirent la vie, et qui atteignit aussi les populations assyriennes et grecques de cet empire.

La position de la Commission australienne des droits de l’homme gêne les Turcs de plus en plus nombreux qui reconnaissent le Génocide des Arméniens, au rang desquels se trouvent le lauréat du Prix Nobel Orhan Pamuk, le co-président du parti des Verts allemand Cem Ozdemir, l’Association turque des droits de l’homme et le Congrès démocratique du peuple de Turquie, dont l’aile politique est le quatrième parti le plus nombreux au parlement turc.

En présentant faussement le Génocide des Arméniens comme ’un débat’ entre Arméniens et Turcs, l’ATAA ignore délibérément la personne de Raphael Lemkin (qui créa le mot “génocide“ et mena le combat à l’ONU pour qu’il soit qualifié de crime), la Sous-commission des Nations-Unies pour la prévention des discriminations et la protection des minorités, l’Association internationale des Chercheurs sur le Génocide, et 29 parlements nationaux, dont ceux des pays alliés de la Turquie lors de la Première guerre mondiale, l’Allemagne et l’Autriche.

L’ATAA a organisé les tournées oratoires de négationnistes notoires du Génocide des Arméniens. Elle n’a cessé de faire l’éloge du Comité Talaat Pacha, une organisation portant le nom de l’un des pires auteurs de massacres du vingtième siècle et considéré “xénophobe et raciste“ par le Parlement européen.

Elle accuse également les Arméniens d’Australie de motiver sans scrupules leurs demandes par le génocide - tendant de façon infondée à obtenir des terres - alors que c’est le génocide même qui explique la présence des Arméniens en Australie.

Rien de tout cela n’a empêché Soutphommasane de promouvoir l’ATAA comme une organisation engagée dans une croisade antiraciste. Son soutien est d’autant plus étrange qu’on se rappelle sa condamnation sans équivoque, par le passé, du Génocide des Arméniens et que parmi les dirigeants actuels du Comité Australien des Droits de l’Homme (AHRC) figurent Tim Wilson, Sev Ozdowski, Marcus Einfeld et Brian Burdekin.

La communauté turque est un partenaire valeureux dans notre lutte contre le racisme - les Musulmans australiens sont dans le camp de ceux qui subissent la pire discrimination dans notre société. Mais pourquoi avoir arrêté son choix sur l’ATAA dans ce but ?

Le négationnisme de l’ATAA fait du tort aux membres des communautés arméniennes, assyriennes et grecques d’Australie dont beaucoup sont des descendants de victimes ou de survivants du Génocide. Il leur rend impossible tout processus de guérison. Et il représente ce que le survivant de l’Holocauste et lauréat du prix Nobel Elie Wiesel appelle un “double assassinat“, parce qu’il tend à détruire la mémoire des victimes.

Mais le négationnisme a aussi des conséquences sur les auteurs et leurs descendants. Jusqu’à ce jour, la Turquie est en conflit ouvert avec ses communautés minoritaires - comme par exemple les Kurdes.

Les normes démocratiques sont sujettes en permanence à des tensions. Les dissidents sont menacés de deux ans d’emprisonnement s’ils dénigrent publiquement ’la Nation turque’, son parlement, sa justice, son armée ou ses forces de police.

On a voulu exalter la fierté nationale en réhabilitant les criminels de guerre tels Talaat Pacha (qui bénéficie d’un mémorial officiel à Istanbul et dont le nom été donné à des rues à travers la Turquie) ; les vrais héros de la Turquie de l’époque, ceux qui sont venus en aide aux victimes, ne sont pas célébrés.

Le négationnisme fait du tort également aux tiers. En Australie, concernant le Génocide des Arméniens, notre gouvernement fédéral hésite entre éviter d’en parler et garder le silence pour ne pas déplaire aux Turcs.

Au Mémorial australien de la guerre, rien ne rappelle le génocide subi par les Arméniens ; il est pourtant difficile de ne pas l’évoquer, lorsqu’on s’intéresse au déroulement du débarquement de Gallipoli et que l’on sait que des Anzacs prisonniers de guerre en parlent dans leurs témoignages.
On n’a pas suffisamment dit aux Australiens que leur réflexe de générosité face aux désastres du monde a son origine dans le secours qu’ils ont apporté aux survivants du Génocide des Arméniens. Cette étonnante campagne humanitaire s’est prolongée pendant 25 ans - entre 1915 et 1940 - atteignant un sommet au milieu de l’année 1920. La journée du 3 février 1918 fut même déclarée ’Dimanche de l’Arménie’ pour toute la nation australienne, les diverses églises étant toutes d’accord pour une collecte à cette occasion.

Ces faits et d’autres que l’histoire australienne ne mentionne pas sont le thème du livre à paraître de Vicken Babkenian et Peter Stanley, Armenia, Australia and the Great War [Arménie, Australie et la Grande Guerre], publié par NewSouth Books.

La campagne Le Racisme ne passera pas par Moi compte donc parmi ses partenaires à la fois une organisation niant la réalité d’un génocide (l’ATAA) et une autre qui combat vaillamment le négationnisme de l’Holocauste (le Comité B’ nai B’rith Anti-Defamation).

On ne pourra pas dire que l’AHRC n’est pas attachée à la diversité des opinions.

Traduction Gilbert Béguian

L'article original :

Australian Human Rights Commission Embraces Genocide Deniers


Meher Grigorian est le directeur de l'Institut Australien pour l'Holocauste et la Recherche sur les Génocides (Australian Institute for Holocaust and Genocide Studies), partenaire du Jewish Holocaust Centre http://www.jhc.org.au/education/for-teachers/links-to-other-holocaust-resources.html.


samedi 12 mars 2016,
Stéphane ©armenews.com

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Lire aussi :

Nota CVAN : De nombreux commentaires antisémites et niant l'holocauste ont été postés à la suite de cet article écrit par Meher Grigorian, directeur du Australian Institute for Holocaust and Genocide Studies, (alors que d'ordinaire, sous ce type d'articles dénonçant le négationnisme turc ou azéri, seuls les négateurs du génocide arménien s'expriment...) mais le modérateur du journal les a supprimés, en indiquant qu'aucun négationniste de la Shoah ne pourrait s'exprimer sur le site.
En réponse à ces développements, Nikki Marczak, une chercheuse indépendante travaillant avec the Australian Institute for Holocaust and Genocide Studies, a publié sur J-Wire un article relatant ces faits et stipulant que les mêmes règles devraient prévaloir contre les négationnistes du génocide arménien. Son article a été immédiatement suivi d'un commentaire reprenant la propagande négationniste de l'État turc...

J-Wire

Digital Jewish news daily for Australia and New Zealand
An outbreak of antisemitism highlights important links between denial of the Armenian Genocide and the HolocaustÂ…writes Nikki Marczak
http://www.jwire.com.au/an-outbreak-of-antisemitism-highlights-important-links-between-denial-of-the-armenian-genocide-and-the-holocaust-writes-nikki-marczak/




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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