La Turquie et l'opération de camouflage de l'ONU
Publié le : 14-04-2007
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de l'éditorial du New-York Times du 13 avril. Le quotidien newyorkais condamne sans appel le report sine die - dû aux pressions de la Turquie - de l'exposition sur le génocide Tutsi dans l'enceinte de l'ONU, au motif qu'une phrase faisait référence au génocide arménien de 1915.
Vendredi 13 avril 2007
Editorial
New-York Times
Il y a plus de 90 ans, quand la Turquie faisait toujours partie de l'Empire ottoman, des nationalistes turcs y ont lancé une campagne d'extermination qui a tué 1.5 millions d'Arméniens. C'était le premier génocide du 20ème siècle. Le monde l'a remarqué, mais n'a rien fait, en faisant un exemple qui a sûrement encouragé les auteurs de faits postérieurs comme Hitler, les leaders Hutu du Rwanda en 1994 et le président soudanais d'aujourd'hui, Omar Hassan Al-Bashir.
La Turquie a longtemps essayé de nier le génocide arménien. Même dans la république turque moderne, qui n'a pas participé aux massacres, utiliser le mot génocide en référence à ces événements, est poursuivi comme un crime sérieux. Ce qui rend le tout plus honteux encore est que les fonctionnaires des Nations unies se plient aux demandes de la Turquie et bloquent l'ouverture prévue cette semaine d'une exposition commémorant le 13ème anniversaire du génocide Rwandais au siège social de l'ONU parce qu'il mentionne les meurtres de masse des Arméniens.
Ankara a été offensé par une phrase qui expliquait comment le génocide a été reconnu comme un crime dépendant d'une loi internationale : "après la Première guerre mondiale, durant laquelle un million d'Arméniens ont été assassinés en Turquie, l'avocat polonais Raphaël Lemkin a recommandé vivement à la Société des Nations de reconnaître les crimes de barbarie comme crimes internationaux."
L'organisateur de l'exposition, un groupe Antigénocide Britannique, a proposé de supprimer les mots "en Turquie." Mais ce n'était pas assez pour la nouvelle direction lâche de l'ONU et l'exposition a été indéfiniment reportée.
Il est étrange que les leaders de la Turquie n'aient pas réalisé à ce jour que chaque fois qu'ils essayent de censurer la discussion du génocide arménien, ils ne font qu'apporter une attention plus importante au sujet et lient la Turquie démocratique d'aujourd'hui avec ce crime désormais éloigné.
Quant au Secrétaire général Ban Ki-moon et sa nouvelle équipe de direction inexpérimentée, ils ont de nouveau montré combien ils doivent apprendre, s'ils veulent honorablement et efficacement servir les Nations unies, qui sont supposées être l'incarnation de la loi internationale et la principale voix contre le génocide.
© Traduction Collectif VAN (2007)
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Source/Lien : New-York Times
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