Aujourd'hui : Mardi, 17 octobre 2017
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Site officiel du Centenaire du génocide arménien de 1915
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Elie Barnavi, critique du négationnisme ou promotion de sa libre expression ?
Publié le : 27-05-2016

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org Nous publions ici la suite de notre compte-rendu dont la première partie était intitulée :Elie Barnavi - "La seule communauté que l'on peut massacrer, ce sont les chrétiens"














Elie Barnavi, critique du négationnisme ou promotion de sa libre expression ?

Invité des Rencontres des Nouvelles d'Arménie Magazine (NAM) organisées en partenariat avec l'UGAB et animées par le journaliste Gaïdz Minassian, Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, historien et militant de toujours de la paix israélo­-palestinienne, a réitéré inlassablement au cours de la soirée du vendredi 20 mai 2016, sa critique du négationnisme d'État d'Israël à l'encontre du génocide arménien. Le Collectif VAN salue les propos forts de cet humaniste israélien tout en s'interrogeant sur ses engagements réels sur la scène publique.

Elie Barnavi avait dit en préambule de son intervention : "Je suis un ami non pas de l'Arménie que je ne connais pas mais des Arméniens que je connais bien." Et effectivement, il a prononcé au cours de sa conférence-débat parisienne quelques phrases-choc qui font écho à l'interview magistrale qu'il a accordée à Nouvelles d'Arménie Magazine (NAM) ce mois-ci, et qui ont conquis son auditoire :

- "La non-reconnaissance du génocide arménien par Israël est un scandale moral";
- "La raison d'État est souvent la déraison d'État";
- "Nous faisons du négationnisme, c'est une honte";
- "Il y a des intérêts pétroliers avec l'Azerbaïdjan. Notre [nouveau] ministre de la Défense y a des intérêts personnels, mais Israël ne devrait pas vendre [des armes] à l'Azerbaïdjan comme à d'autres pays qui ne sont pas recommandables";
- "Israël fait des tas de choses qu'il ne devrait pas faire. Ce n'est pas parce que nous sommes un État juif que nous ne sommes pas un État avec les tares des États";
- "Ne pas reconnaître le génocide arménien, c'est marcher sur la tête des victimes arméniennes, mais c'est aussi marcher sur la tête des victimes juives";
- "Israël a fait d'autres choses immorales, son alliance avec le régime d'apartheid en Afrique du sud par exemple";
- "Je me suis exprimé sur la reconnaissance du génocide arménien quand j'étais nommé à Paris. Mais le véritable courage sera celui qui le dira en tant qu'homme politique";
-"Même s'il y a quelque chose à perdre, qu'y a-t-il de plus important que l'âme d'un peuple? Israël a été créé pour ça".

Par ces paroles fortes, Elie Barnavi rejoint donc les intellectuels et hommes politiques israéliens (tels Israel Charny, Yair Auron, le ministre de l'Éducation Yossi Sarid, aujourd'hui décédé, ou la députée Zehava Gal-On du parti Meretz, qui appellent Israël à respecter l'éthique que l'on est en droit d'attendre d'un État représentant le peuple juif, héritier de la Shoah.
Ces femmes et hommes d'honneur s'exposent en exprimant - en dépit de la Realpolitik de leur pays - leur solidarité envers un peuple victime d'un génocide perpétré par la Turquie, et toujours sous la menace d'un possible génocide, de la part de l'Azerbaïdjan et de son allié turc.
Rappelons que 126 chercheurs, spécialistes de la Shoah, dont Elie Wiesel, avaient par ailleurs publié une pétition dans le New-York Times le 9 juin 2000, affirmant sans contestation possible la qualification de génocide pour le cas arménien et que l'IAGS - regroupant de nombreux chercheurs juifs américains - réaffirme constamment cette qualification.

Confus de ne pas avoir suivi ni relayé durant toutes ces années les prises de position sans concession d'Elie Barnavi sur la nécessaire reconnaissance du génocide arménien par son pays, nous avons, au retour de la rencontre passionnante du 20 mai, cherché sur internet ses articles ou interventions publiques sur le sujet.

Or, il apparaît - du moins selon ce qui est référencé sur le web - qu'Elie Barnavi ne s'est non seulement jamais exprimé sur cette question dans un cadre non-arménien, mais qu'il a également été l'un des signataires de la pétition de "Liberté pour l'Histoire", lancée en 2008 de manière tonitruante par Pierre Nora, afin de faire obstacle à la loi pénalisant la négation du génocide arménien. Cet engagement - qui, notons-le, ne comportait pas d'arrières-pensées négationnistes de la part d'Elie Barnavi - avait d'ailleurs fait l'objet d'une brève sur le site de NAM et d'une réaction orale d'Ara Toranian, comme on le découvre dans un article daté du 9 avril 2009 [voir Pièce 1].

Précédemment, Elie Barnavi avait co-signé aux mêmes fins - avec 19 intellectuels, dont Rony Brauman, invité des prochaines rencontres de NAM... - une lettre adressée en 2006 à Jean-Louis Debré, alors Président de l'Assemblée nationale. Cette démarche et la conclusion de ce courrier demandant de l'aide pour "garantir les droits de l’homme" afin que le Parlement français ne légifère pas "pour le compte de « fractions du peuple »" étaient tout sauf... amicales [voir Pièce 2].

Entre amis, on devrait pouvoir tout se dire, pourtant les prises de position d'Elie Barnavi n'ont été rappelées, ni lors de sa conférence du vendredi 20 mai - où il aurait pu défendre ses opinions devant ces "fractions [arméniennes] du peuple" si nocives pour la République et la souveraineté nationale - ni dans sa longue et magistrale interview accordée ce mois-ci à Nouvelles d'Arménie Magazine.

Certes, de l'eau a coulé sous les ponts depuis lors, mais Elie Barnavi - observateur averti de la Turquie et de sa violence intrinsèque comme il nous l'a prouvé vendredi dernier - n'est jamais revenu officiellement sur son soutien à l'association Liberté pour l'Histoire dont les argumentations entrent pourtant étrangement en résonance avec la doxa d'Ankara sur le génocide arménien, qu'il condamne.

En décembre 2011 et janvier 2012, Pierre Nora et son association LPH étaient de nouveau intervenus avec virulence pour s'opposer à la "funeste" loi Boyer, avant de s'activer avec l'éminent Robert Badinter et feu Jean-Claude Colliard (alors Président de Paris 1 Sorbonne) pour éviter ce "désastre" et obtenir en février 2012 l'invalidation de la loi par le Conseil Constitutionnel présidé à l'époque par... Jean-Louis Debré.

Faut-il aussi rappeler les déclarations calamiteuses de Pierre Nora sur France-Inter, comparant implicitement 1,5 million de victimes arméniennes à "trois mouches" que l'on écrase, puis s'opposant en juin 2015 devant le Sénat à l'enseignement du génocide arménien en France (on est bien loin, ici, de la prétendue volonté de LPH d'empêcher les politiques de légiférer sur l'Histoire), et enfin se réjouissant fin 2015 du vote de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) en faveur de la liberté d'expression de Dogü Perinçek, créateur du sinistre Comité Talaat Pacha, équivalent d'un Comité Adolf Hitler... [Pièces 3] ?

Chacun est bien évidemment libre de s'opposer à ce qui est qualifié à tort de "lois mémorielles". Mais lorsque l'on tend à désigner des citoyens - qui portent en France la mémoire du génocide arménien - comme un plus grand danger pour nos libertés et les droits de l'homme que le lobbying négationniste arrogant et forcené, mené dans toutes les instances européennes et internationales par un puissant État étranger, régulièrement brocardé par Reporters sans frontières (RSF) pour sa répression des médias, force est de constater que l'on dépasse le débat philosophique pour s'engager dans un combat d'une autre nature.

Car le moins que l'on puisse dire c'est que nous n'avons pas eu écho des interventions de Pierre Nora, de LPH et des 20 signataires du courrier susmentionné, auprès des plus hauts dignitaires de l'État français pour les alerter des atteintes aux droits de l'homme en Turquie, comme tentent de le faire les universitaires regroupés au sein du GIT.

Pas plus que nous n'avons eu vent des actions publiques de LPH visant à défendre les universitaires et membres associatifs français ou américains, victimes de poursuites pénales diligentées par les relais officieux de l'État turc à l'étranger ou des admirateurs de sa détestable politique.

Quant aux courageux militants turcs qui - au péril de leur vie - se sont prononcés en faveur de la loi pénalisant le déni du génocide arménien au motif que cette négation-là (qui vise un génocide impuni et qui est fomentée par l'État héritier du crime) porte en elle la légitimation de tous les futurs passages à l'acte - comme on l'a vu avec les assassinats de Hrant Dink et de Sevag Balikci en 2007 et 2011 - ils ont été tout bonnement abandonnés en rase-campagne par les ardents partisans de la liberté de nier ce génocide, et uniquement celui-là.

Si Elie Barnavi s'interroge toujours sur l'efficacité de la Loi Gayssot qui pénalise la négation de la Shoah, il ne mène pas pour autant - et c'est heureux - de croisade blessante pour son abrogation, comme réclamée initialement en décembre 2005.
Le moins que l'on puisse dire est que - depuis bien longtemps - seule la loi pénalisant la négation du génocide arménien est la cible du courroux des signataires de Liberté pour l'Histoire. Pourtant, au vu de son expérience de diplomate, Elie Barnavi est bien placé pour savoir que les réseaux lobbyistes de l'État turc - qui œuvrent pour imposer une historiographie falsifiée en Europe, aux États-Unis et en Israël - dépassent largement le cadre de ce que Pierre Vidal-Naquet appelait la « petite troupe abjecte » des négationnistes.

C'est ce qu'ont bien compris toutes les personnalités et organisations issues du monde juif dont nous publions régulièrement les discours, dossiers et articles sur la question. Il en est ainsi de Serge Klarsfeld, Meïr Waintrater, Bernard-Henri Levy, de l'Union des Étudiants Juifs de France, l'association Memorial98 animée par Albert Herszkozwicz, de Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour, de la Licra et son président Alain Jakubowicz, du Mémorial de la Shoah, de Benjamin Abtan, ancien président de l'UEJF, qui emmène à Istanbul chaque 24 avril depuis 2013 les délégations antiracistes européennes de l'EGAM (réunissant entre autres SOS Racisme et l'Union des Étudiants Juifs de France) pour commémorer sur les lieux du Crime le déclenchement du génocide arménien, sans oublier l'apport de Gilles Karmasyn qui, sur son site PHDN, et dans une étude publiée parallèlement en 2003 dans la Revue d'Histoire de la Shoah, a été l'un des premiers à souligner la virulence du négationnisme du génocide arménien sur internet et la nécessité de lui opposer une loi.

Nombre d'entre eux, partenaires et amis du Collectif VAN, avaient signé en décembre 2013 notre tribune contre la décision de la CEDH en faveur de Dogü Perinçek, leader du sinistre Comité Talaat Pacha.

Quand bien même Elie Barnavi n'aurait pas changé d'avis sur la nécessité d'une loi, il est particulièrement bien placé pour savoir - en tant qu'ancien diplomate et ardent militant de la paix - que ses propos sur la nécessaire reconnaissance du génocide arménien par Israël ne pèseront que s'il les exprime en-dehors du cadre restreint de ses amis de la communauté arménienne.

"La négation du génocide, c'est le double-meurtre" : comment ne pas se remémorer aujourd'hui cette condamnation du négationnisme de la Turquie, exprimée avec force par Elie Wiesel ? Une chose est sûre : le discours clair d'Elie Barnavi sur la critique du négationnisme d'État mérite de ne pas être oblitéré par son adhésion aux principes de la libre expression de celui-ci.


Collectif VAN
[Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
contact@collectifvan.org - www.collectifvan.org



Biographie :
Spécialiste du XVIe siècle français et européen, notamment des guerres de religions, Elie Barnavi est professeur émérite d’histoire de l’Occident moderne à l’université de Tel-Aviv. Il est aussi directeur scientifique du Forum de Paris, et Président du Comité scientifique du Musée de l’Europe à Bruxelles. Connaisseur averti du conflit israélo-arabe, Elie Barnavi a été ambassadeur d’Israël en France, de 2000 à 2002. Militant de toujours de la paix israélo­-palestinienne, il a participé aux négociations parallèles qui ont suivi les accords d’Oslo.

-----

Pièce 1 :

Armenews

Un ancien ambassadeur d’Israël critique Gilles Veinstein pour sa négation du génocide arménien


jeudi 9 avril 2009, par Stéphane/armenews 

Lors d’un débat organisé par la Licra dimanche à la Mairie du 6e arrondissement de Paris, Eli Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France a déclaré que Gilles Veinstein, ce professeur au Collège de France qui avait défrayé la chronique dans les années 90 en niant le caractère génocidaire de l’extermination des Arméniens « avait eu tort », et que « c’était bien d’un génocide ». 

Ces propos ont été tenus dans le cadre d’un débat sur les « lois mémorielles » présidé par Laurent Joffrin, directeur de Libération, auxquels ont également participé Dominique Jeannenay, historien, et Marek Halter, écrivain. 

Devant un public d’environ deux cent cinquante personnes, Dominique Jeannenay, membre du Collectif Liberté pour l’histoire et hostile à ces lois, avait dans son allocution fait référence à l’affaire Veinstein pour brocarder les débordements communautaires. Il a notamment dénoncé le « mauvais procès » fait à l’époque à ce professeur et le fait qu’on lui avait contesté le droit de postuler au Collège de France au seul motif qu’il avait considéré que « tous les critères n’étaient pas rempli pour qualifier de génocide le massacre de 1915 ». Eli Barnavi, qui est également membre de ce collectif, après avoir critiqué Veinstein, a pour sa part également évoqué les difficultés qu’il avait eues à ne pas employer le terme de génocide à l’égard des événements de 1915, alors qu’il était interpellé en tant qu’ambassadeur par la communauté arménienne. Mais « j’étais tenu par la raison d’Etat » a-t-il déclaré. 

Depuis la salle, Ara Toranian, directeur de Nouvelles d’Arménie, est pour sa part intervenu pour rappeler que le négationnisme n’était pas une opinion, mais une atteinte à la dignité humaine, a rappelé les engagements de la France envers les Arméniens, avant, pendant et après le génocide ainsi que l’implication de l’ensemble de l’humanité dans les crimes contre l’humanité. Une réponse à Dominique Jeannenay, qui avait estimé que la France n’avait pas à légiférer dans « l’histoire des autres ».

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=50652

_____


Pièce 2 :

Contestation du génocide arménien
Jeudi 19 octobre 2006
Contestation du génocide arménien : des intellectuels interpellent Jean-Louis Debré contre les « lois mémorielles », 19 octobre 2006.
Paris, le 19 octobre 2006
Lettre ouverte à Monsieur Jean-Louis DEBRÉ
Président de l’Assemblée nationale
Monsieur le Président,


L’assemblée parlementaire que vous présidez vient d’adopter en première lecture, le jeudi 12 octobre, une proposition de loi tendant à réprimer pénalement la contestation du génocide arménien. Cette initiative de députés français est condamnée par des intellectuels arméniens eux-mêmes, inquiets de voir la France emprunter les méthodes qu’ils dénoncent en Turquie.
Vous avez à plusieurs reprises estimé qu’il n’appartient pas au Parlement de légiférer sur l’histoire et donc manifesté votre opposition à ce qu’il est convenu d’appeler les « lois mémorielles », aussi contraires à l’article 34 de la Constitution définissant la compétence du législateur qu’à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui sacralise les libertés d’opinion et d’expression. Les signataires de cette lettre partagent votre point de vue et l’ont exprimé dans une pétition intitulée « La liberté de débattre », publiée dans le journal Marianne fin décembre 2005, réclamant l’abrogation de toutes les lois instituant des vérités officielles et/ou des délits d’opinion.
Même si le Sénat ne se rallie pas à la position des députés, le gouvernement a la possibilité, en vertu de l’article 45 de la Constitution, de donner le dernier mot à votre assemblée. Au cas où cette malheureuse hypothèse viendrait à se réaliser, nous vous demandons de bien vouloir faire usage des pouvoirs que vous tenez de l’article 61§2 de la Constitution en déférant la loi ainsi adoptée au Conseil constitutionnel, gardien de l’ordre normatif et de nos libertés fondamentales.
En vous remerciant par avance de bien vouloir nous aider à garantir les droits de l’homme et à protéger le rôle du Parlement français, qui est de représenter la nation tout entière et de légiférer dans l’intérêt général et non pour le compte de « fractions du peuple », nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre respectueuse considération

Signataires : Pierre AVRIL, professeur de droit public émérite à l’Université Paris II-Panthéon-Assas — Elie BARNAVI, historien — Alain BOYER, professeur de philosophie à l’université Paris IV-Sorbonne — Rony BRAUMAN, médecin — Jean DANIEL, écrivain — Vincent DESCOMBES, directeur d’études à l’EHESS — Michel FICHANT, professeur de philosophie à l’université Paris IV-Sorbonne — Max GALLO, historien — Marcel GAUCHET, rédacteur en chef de la revue Le Débat — Jean-Claude GUILLEBAUD, essayiste — Philippe de LARA, maître de conférences à l’ENPC — Jean-pierre LE GOFF, sociologue — Anne-Marie LE POURHIET, professeur de droit public à l’université Rennes I — Pierre MANENT, directeur d’études à l’EHESS — Abdelwahab MEDDEB, écrivain — Pierre NORA, historien, directeur de la revue Le Débat — Krzysztof POMIAN, historien — Philippe RAYNAUD, professeur de science politique à l’Université Paris II-Panthéon-Assas — Paul THIBAUD, essayiste — Paul VALADIER, professeur émérite aux Facultés jésuites de Paris.

http://www.lph-asso.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=13%3Acontestation-du-genocide-armenien&Itemid=34&lang=fr

________


Pièces 3 :

Les déclarations désastreuses de Pierre Nora

1. mercredi 12 octobre 2011 sur France-Inter :


Expliquant à Bernard Guetta sur France-Inter ses réticences à qualifier de génocide le sort des Arméniens de l’Empire ottoman en 1915, Pierre Nora est d’abord revenu sur la Shoah et le génocide des Tutsi, incontestables. Puis, au terme d’une démonstration laborieuse, il a conclu: « Si vous écrasez trois mouches, on peut aussi vous parler d’un génocide ». Comme la question initiale portait sur la qualification de génocide pour les Arméniens, la réponse « en creux » est donc claire. Et glaçante. Quelques minutes auparavant, l’historien avait affirmé: « Que la Turquie fasse tout pour reconnaître éventuellement son passé, encore qu’historiquement, l’affaire est très, très compliquée, je n’en suis pas spécialiste. Mais elle n’est pas univoque ». Puis : « Les Arméniens ont été à la fois les immenses victimes mais pas seulement les immenses victimes ».
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=189863

Lire la réaction du Collectif VAN, publiée à l'époque sur le site de l'Arche [le magazine du Judaïsme français] :
http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=63969
http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=63970


///


2. Pierre Nora le 24 juin 2015 devant le Sénat :

"Choisir de mettre l'accent sur le génocide arménien au sein du programme d'histoire consacré à la Première Guerre mondiale relève d'un choix idéologique et électoraliste."

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=90545


///


3. Soutien de Pierre Nora et de LPH au jugement en faveur de Dogu Perinçek, porte-parole du Comité Talaat Pacha (le "Hitler" turc) :

Affaire Perinçek - Communiqué de Pierre Nora, président de Liberté pour l'histoire

Paris, le 5 novembre 2015
L’association Liberté pour l’histoire a appris avec satisfaction l’arrêt rendu par la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme le 15 octobre 2015 sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Perinçek, condammant le gouvernement suisse pour violation de la liberté d’expression de Dogu Perinçek.
Ce citoyen turc avait, lors d’une conférence tenue en Suisse, nié que les massacres des Arméniens perpétrés en Turquie en 1915 et 1916 puissent être qualifiés de génocide et considérés juridiquement comme tels. Cet arrêt met fin à toute possibilité de nouveau recours.
À titre d’historiens et de citoyens, les membres de Liberté pour l’histoire rappellent qu’il leur paraît parfaitement légitime de qualifier les massacres commis par les Turcs contre les Arméniens de génocide. Ce contre quoi ils se sont toujours insurgés c’est la qualification juridique de génocide, avec toutes les conséquences pénales qu’elle entraîne.
Dans un État libre et démocratique, il n’appartient en effet à aucune autorité politique ou judiciaire de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de recherche er d’expression sous la menace de sanctions pénales.
Cet arrêt d’une cour de justice internationale confirmant les conclusions du Conseil constitutionnel français de 2012 semble mettre un terme aux tentatives d’intervention de l’exécutif ou du législatif en matière de qualification du passé. C’est une victoire de la liberté à laquelle notre association peut se féliciter d’avoir largement contribué.

http://www.lph-asso.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=196%3Aaffaire-perincek-communique-de-pierre-nora-president-de-liberte-pour-lhistoire&catid=5%3Acommuniques&Itemid=15&lang=fr


4. Ses arguments spécieux pour justifier son opposition à la "Loi Boyer" (2011/2012), directement inspirés de la propagande d'Ankara : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/27/lois-memorielles-pour-en-finir-avec-ce-sport-legislatif-purement-francais_1623091_3232.html

______


Lire aussi :

Partie 1 de notre compte-rendu :

Elie Barnavi : "La seule communauté que l'on peut massacrer, ce sont les chrétiens"


Boris Adjemian, « Le débat inachevé des historiens français sur les « lois mémorielles » et la pénalisation du négationnisme : retour sur une décennie de controverse », Revue arménienne des questions contemporaines [En ligne], 15 | 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014.
http://eac.revues.org/416


Le Collectif VAN aux Assises de la lutte contre la haine sur le net

Observatoire du Négationnisme du Collectif VAN

http://www.genocidescholars.org/sites/default/files/document%09[current-page%3A1]/documents/Turkish%20State%20Denial%20Open%20Letter.pdf

http://chgs.umn.edu/histories/turkishArmenian/publicPetitions.html

http://www.ideajournal.com/articles.php?id=27

http://www.genocidescholars.org/sites/default/files/document%09[current-page%3A1]/documents/Scholars%20Denying%20Armenian%20Genocide--.pdf

Israel Charny : The Psychological Satisfaction of Denials of the Holocaust or Other Genocides by Non-Extremists or Bigots, and Even by Known Scholars






Retour à la rubrique



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org