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Discrimination anti-arménienne au Los Angeles Times
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet la traduction de l'éditorial de Harut Sassounian qui sera publié en anglais dans The California Courier le 26 avril 2007. Douglas Frantz, le directeur de rédaction du Los Angeles Times a fait bloquer la publication d’un article sur le génocide arménien, écrit par Mark Arax, un éminent journaliste d’origine arménienne. Hasard ou coincidence ? Frantz a été en poste plusieurs années en Turquie : il est même prévu qu'il soit modérateur d’une table ronde lors de la conférence qui aura lieu à Istanbul, du 12 au 15 mai 2007, intitulée "Turquie: Partager l’expérience démocratique" et à laquelle participera Andrew Mangoun, négationniste notoire du génocide arménien.







Le Los Angeles Times doit renvoyer le directeur de rédaction Douglas Frantz


Photo : Douglas Frantz, le directeur de rédaction du Los Angeles Times


De Harut Sassounian
Publié par : The California Courier
26 avril 2007

Lorsqu’une compagnie fait de la discrimination envers un(e) employé(e) en raison de son origine ethnique, cela constitue une violation du Chapitre VII du Civil Rights Act de 1964, qui interdit "toute discrimination d’emploi basée sur la race, la couleur, la religion, le sexe et l’origine nationale." Il semble qu’une telle infraction à la loi a été commise, lorsque Douglas Frantz, le directeur de rédaction du Los Angeles Times, a fait bloquer la publication d’un article sur le génocide arménien, écrit par Mark Arax, un éminent journaliste d’origine arménienne qui travaille au Times depuis 20 ans.

Le 11 avril 2007, dans un email à Arax, Frantz l’a accusé d’avoir "un conflit d’intérêt qui vous exclut d’écrire sur le génocide arménien, et en particulier sur un débat en cours au Congrès à ce sujet. … Votre position personnelle sur la question, à mon avis, vous empêche d’écrire objectivement." Pour justifier son action discriminatoire, Frantz a invoqué le prétexte qu’Arax et cinq autres reporters du Times avait signé une lettre conjointe en septembre 2005, rappelant aux rédacteurs que le journal ne se conformait pas à sa propre politique qui est de qualifier le génocide arménien, de génocide. Les rédacteurs, à l’époque, n’avaient pas eu de problème avec la lettre. Au contraire, ils avaient remercié les reporters -- cinq Arméniens-américains et un Juif-américain -- pour ce rappel, et ils s’étaient engagés à se conformer à la politique du journal sur la question.

De surcroît, dans son email, Frantz s’est incorrectement référé à la lettre ci-dessus mentionnée comme étant une "pétition," et sur cette base, il a accusé Arax de prendre "position" sur le génocide arménien. Il a ainsi donné à entendre que les six auteurs de la lettre- -- Mark Arax, Ralph Vartabedian, Robin Abcarian, Greg Krikorian, Chuck Philips et Henry Weinstein -- étaient des activistes politiques plutôt que des journalistes indépendants. En "interdisant" à Arax d’écrire sur la question du génocide, Frantz, par insinuation, empêchait également les cinq autres journalistes, parmi eux un lauréat du Prix Pulitzer, d’écrire sur le sujet. En d’autres mots, Frantz ne bloquait pas simplement un article en particulier et son auteur, mais tous les articles futurs sur le génocide arménien qui auraient pu être rédigés par l’un de ces six journalistes : il a donc pratiquement émis un ordre de bâillonnement qui fait taire tous les Arméniens-américains travaillant au Times.

Dans la même logique, Frantz sous-entend que les Latinos ne pourront pas écrire sur les immigrants illégaux, les journalistes Africains-américains sur les droits civiques, les reporters Juifs-américains sur l’Holocauste, et les Asiatiques-américains sur les thèmes spécifiques à leur communauté. Malheureusement, la présentation erronée de la lettre conjointe, par Frantz, comme étant une "pétition", a, à l’origine, aidé à convaincre d’autres éditeurs du Times, qu’Arax avait un parti pris ethnique, et il s’est ainsi gagné leur soutien quant à sa décision de ne pas faire publier cet article. Ce n’est que quelques jours plus tard que ces éditeurs ont pris la peine de se renseigner et qu’ils ont découvert qu’ils avaient été trompés par Frantz. Jim O’Shea, l’éminent éditeur du Los Angeles Times, lors d’un meeting avec ses auteurs la semaine dernière, a déclaré que la lettre signée par les six journalistes n’était pas du tout une “pétition”, et qu’il n’y avait rien d’impropre à son sujet.

En fait, il a admis que la lettre confirmait la politique existante du L.A.Times. Étonnamment, même après avoir découvert la vérité, plutôt que de faire marche arrière et de publier l’article d’Arax, les éditeurs de The Times ont continué à appuyer la censure de Frantz et ont aggravé la discrimination. Ils l’ont fait en assignant un de leurs reporters de Washington, Richard Simon, soi-disant pour mettre à jour l’article d’Arax. Et cependant, dans son email du 11 avril, Franz a dit à Arax qu’il ne se posait "aucune question" quant à "ses capacités de reporter et d’auteur," il a utilisé l’excuse qu’Arax et l’éditeur de Washington, Bob Ourlian, avait contourné le "système établi pour l’assignation et la publication d’articles." Manifestement, c’était un nuage de fumée. Les éditeurs dans la chaîne directoriale tant à Washington qu’à Los Angeles avaient eu connaissance de l’article d’Arax et pas un d’entre eux n’a émis de questions ou de plaintes sur la procédure ou le contenu.

De fait, pas même Frantz lui-même n’a parlé d’un seul fait ou d’un problème de parti pris dans l’article. L’unique problème qu’il a soulevé était qu’Arax avait pris une position “personnelle” sur le génocide arménien, ce qui, prétendument, l’avait mené à un “conflit d’intérêt,” sans doute en raison de son héritage arménien. Arax a écrit un nombre infini d’articles importants au cours des vingt années passées au Los Angeles Times, dont plusieurs sur le génocide arménien, et jamais un seul d’entre eux n’a été “liquidé” par un éditeur. Mais c’était avant que Frantz ne fasse son apparition, déménageant d’Istanbul à Los Angeles pour devenir le directeur du journal en novembre 2005. La portée de l’article d’Arax ne portait pas uniquement sur le clash entre Turcs et Arméniens au sujet de la résolution du Congrès sur le génocide arménien, mais également sur la scission dans la communauté juive entre ceux qui compatissent avec les victimes du génocide arménien et ceux qui mettent l’accent sur l’alliance stratégique entre Israël et la Turquie. Richard Simon, d’un autre côté, a écrit un article complètement différent qui a été publié dans le Times le 21 avril. Son article couvre les pressions politiques conflictuelles qui affectent l’adoption de la résolution sur le génocide arménien par le Congrès et ses chances “incertaines” d’adoption.

Il n’y avait aucune raison de tuer l’article d’Arax pour publier celui de Simon. Les deux articles auraient pu être publiés, en complément l’un de l’autre. Pour tenter vainement d’apaiser Arax et de désamorcer une controverse menaçante qui va certainement mettre en colère la communauté arménienne forte d’un demi million de personnes en Californie du sud, quelques paragraphes de l’article d’Arax ont été incorporés à l’article de Simon. Les éditeurs ont dit à ce dernier qu’ils étaient consternés du fait qu’Arax ait refusé de voir son nom apparaître avec celui de Simon en bas de l’article de ce dernier. Et cependant, en dépit des protestations justifiées d’Arax, les éditeurs ont ajouté une ligne en bas de page, déclarant qu’Arax "avait contribué à cet article." Une enquête sur le sujet au cours des deux dernières semaines ont mené votre auteur à croire que, plutôt qu’un parti pris ethnique provenant de Mark Arax, c’est Douglas Frantz lui-même qui semble être la source du problème. Sur la base de discussions avec des personnes habituées aux différents aspects de cette controverse, de conversations et de réunions avec des cadres du Times, ainsi qu’un appel téléphonique houleux avec Frantz lui-même, qu’il avait d’ailleurs initié, il apparaît qu’il a fortement mis en avant ses vues personnelles concernant les questions arméno-turques, et qu’elles ont obscurci son jugement professionnel, le poussant à agir de façon incorrecte et probablement illégale:

1) Dans son email discriminatoire, Frantz a faussement accusé Mark Arax et cinq autres reporters du Times d’avoir signé une "pétition" sur le génocide arménien. Cette accusation a été utilisée comme prétexte pour bloquer la parution de l’article d’Arax sur le génocide arménien.

2) Frantz aurait fait des commentaires à au moins un de ses collègues du Times, affirmant qu’il était personnellement opposé à la résolution en attente de vote au Congrès sur le génocide arménien. Il a également dit qu’il croyait que les Arméniens s’étaient rebellés contre les Turcs, un argument utilisé par les négationnistes turcs pour justifier le génocide.

3) Frantz a été en poste plusieurs années en Turquie, travaillant tout d’abord pour le New York Times à Istanbul - Bureau principal- et ensuite pour le Los Angeles Times, années durant lesquelles il a sans doute développé des relations amicales très naturelles avec des personnes et des officiels turcs.

4) Le Consul général turc à Los Angeles se serait vanté de son lien d’amitié étroite avec Douglas Frantz et a dit qu’il se tournait vers lui lorsqu’il avait un problème quelconque avec le Times.

5) L’éditeur du Times, Jim O’Shea, a dit à votre auteur, car il connaît Frantz depuis de longues années, à l’époque où ils étaient ensemble au Chicago Tribune, que Frantz avait une personnalité très abrasive. Il n’est pas surprenant qu’il ait été coléreux et abrupt lors de la conversation téléphonique qu’il avait initiée, accusant faussement votre auteur de le menacer, alors qu’on lui disait simplement que la controverse au sujet de l’article d’Arax pourrait indisposer la communauté arménienne, s’il s’avérait que l’article avait été bloqué en raison de l’origine arménienne du journaliste.

6) Il est prévu que Frantz soit modérateur d’une table ronde lors de la conférence qui aura lieu à Istanbul, du 12 au 15 mai, intitulée "Turquie: Partager l’expérience démocratique." Les intervenants devront discourir de: "Est-ce que l’expérience turque peut faire des émules dans d’autres pays dans la région et au-delà?" Parmi les orateurs à la conférence, on trouve le Président, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de Turquie. Un des participants à la table ronde présidée par Frantz, n’est pas moins qu’Andrew Mangoun, négationniste notoire du génocide. Bien que sponsorisée par the International Press Institute, la conférence ne couvre pas le manque de liberté d’expression en Turquie, l’emprisonnement et l’assassinat de journalistes tels que Hrant Dink, et les lois draconiennes sur "l’insulte à la turcité." O'Shea a dit à votre auteur que le Los Angeles Times paierait le prix du billet d’avion de Frantz pour qu’il participe à cette conférence. Est-ce que le Times paierait pour le voyage de Frantz, s’il était modérateur d’une table ronde qui comprendrait David Irving, l’infâme révisionniste du génocide juif? Arax a porté plainte pour discrimination contre Frantz ainsi que le Times. Il envisage un procès à la cour fédérale pour un possible violation de ses droits civiques. On attend la décision des cadres du Times cette semaine, sur l’action, s’ils agissent, qu’ils entreprendraient contre Frantz.

Le propriétaire du Times, David Hiller, et l’éditeur, Jim O’Shea, ont réassuré votre auteur la semaine dernière, qu'ils ne tolèreront pas que tout cadre ayant un parti pris contre le génocide arménien fasse de la discrimination envers les employés Arméniens-américains. Lorsque l’enquête interne sera achevée, on s’attend à ce que la direction du Times fasse ce qu’il faut et trouve un moyen adéquat pour éliminer l’environnement professionnel hostile créé par Douglas Frantz dans le plus important journal de la nation. Il est difficile d’imaginer comment Frantz pourra continuer à travailler dans un journal, dans une communauté où réside plus d’un demi million d’arméniens, étant donné ses actions inopportunes contre ses collègues Arméniens-Américains et ses vues négatives sur le génocide arménien.

La communauté arménienne accorde une grande valeur à la relation spéciale qu’elle a développée ces derniers mois avec le propriétaire et les autres cadres du Los Angeles Times. L’article d’opinion écrit par Matt Welch, l’assistant éditorial du Times, publié, dimanche 22 avril, est une autre indication de la position solide du journal concernant les faits sur le génocide arménien. L’épisode Frantz est une aberration et doit être traitée comme telle. S’il devait continuer à être présent dans les plus hauts échelons de ce vénérable journal, cela ne pourra qu’éveiller l’antagonisme de la communauté arménienne et de tous ceux qui sont préoccupés par l’observation de la loi sur l’égalité des droits pour tous les employés, quelque soit leur race, leur couleur, leur religion, leur sexe et leur origine nationale. Les lecteurs peuvent communiquer leurs points de vue sur Douglas Frantz et le mauvais traitement qu’il a infligé à Mark Arax, en envoyant leurs emails à: Publisher David Hiller: David.Hiller@latimes.com et à James O’Shea: James.oshea@latimes.com.


© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org





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