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Ne vous inquiétez pas, il ne s’est rien passé le 24 avril
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article paru en anglais dans Turkish Daily News du 24 avril 2007.

Mardi 24 avril 2007
Apparemment, le fossé, entre la perception de ce problème dans les autres pays et la perception dans ce pays, se creuse de plus en plus. Bien que nous continuions à dire que nous ne l’avons jamais fait, nous continuons, avec des exemples actuels, sur comment nous pouvons le faire.

Cengiz Aktar
Le 24 avril 1915 est le jour où les intellectuels arméniens de la capitale ottomane Istanbul (ndt : la ville s’appelait Constantinople à l’époque ottomane) furent arrêtés. Le 24 avril est en même temps le jour symbolique de l’arménité qui a pris fin en Anatolie. Chaque année, des initiatives visant à faire légalement reconnaître les massacres, sont lancées dans divers pays du monde.

Ces tentatives continuent puisque les guerres et génocides modernes sont toujours jugés dans un esprit de victoire/défaite. Cette année, une sensibilité excessive, probablement déclenchée par le meurtre du journaliste Hrant Dink, a dominé les réactions officielles et non officielles à l’encontre de ces initiatives. Le sentiment, autant que la précipitation à contre réagir, était là, comme si la mort de Hrant pourrait accélérer l’adoption de résolutions sur le génocide. Les réactions, montrées par une Turquie qui danse au sommet de la vague nationaliste, sont directement affectées par cette atmosphère de grande nervosité. La logique est la suivante :

Une guerre déjà perdue :
“La résolution sur le génocide n’est pas passée à la Knesset, donc il n’est rien arrivé aux Arméniens ottomans”. Ou encore, “La résolution sur le génocide ne passera pas au Congrès américain; cela prouvera donc bien que le génocide n’a pas eu lieu.” Cependant, personne ne considère, dans cette logique, que l’on pourrait dire : “Vingt pays et 40 états fédéraux des USA ont reconnu le génocide; donc, il a eu lieu !” Personne ne remarque que tout en étant satisfait de ces décrets parlementaires en faveur de la Turquie, nous légitimons ceux qui sont contre. Qui a dit que les politiciens ne pouvaient pas écrire l’histoire ? L’ex-diplomate américain Morton Abramowitz qui possède une vaste connaissance de la Turquie, a dit aux membres du Parlement turc en visite - aux USA -, et qui faisaient du lobbying contre la résolution : “Vous avez perdu la guerre de l’histoire aux USA.”

De retour en Turquie, une controverse a éclaté : l’avions-nous perdue ou non ? Mais personne n’a pensé à la déclaration faite par Turgut Özal, ancien ambassadeur de Turquie. Apparemment, le fossé, entre la perception de ce problème dans les autres pays et la perception dans ce pays, se creuse de plus en plus.

À part deux ou trois excentriques, personne dans le monde ne dit : “En fait, les Arméniens n’ont jamais été confrontés à quelque chose de pire que les Turcs et les Kurdes,” et personne ne pense de cette façon : “Leur bateau a coulé lors d’une excursion à Trabzon ; ils ont été blessés par une pierre lors d’un safari dans le désert de Syrie ; en 1916, ils sont partis en voyage touristique organisé, en France et en Amérique”. La discussion est plutôt conduite ainsi : “Nous nous demandons si nous ferions plaisir à la Turquie en parlant de cataclysme plutôt que de génocide ?”

‘Nous n’avons jamais fait ça !’
Par exemple, le ministre israélien de la santé, Ben-Yizri, qui parlait au nom du ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, à la Knesset en mars, a dit que cette question devrait être résolue par les parties concernées elles-mêmes, tout en ajoutant, “Les Arméniens ont été sujets à des massacres de masse dans les derniers jours de l’administration ottomane.”

Bien que nous continuions à dire “rien ne s’est passé” et “nous n’avons jamais fait de choses aussi laides,” nous nous plaçons dans l’agenda du monde avec les meurtres du prêtre Santoro, de Hrant Dink et du carnage des missionnaires protestants à Malatya. Bien que nous continuions à dire que nous ne l’avons jamais fait, nous continuons, avec des exemples actuels, sur comment nous pouvons le faire.Des messages de félicitations aux meurtriers ont arrosé les sites Internet, puisque les victimes avaient probablement maudit notre religion et notre nation, ils ont payé pour cela.

Et en dépit du fait que nous aimions parler de nous comme les successeurs des Ottomans quant à l’art de vie intercommunautaire, nous l’avons précisément perdu, avec entre autres, les massacres des Arméniens. En fin de compte, la communauté internationale n’a aucun doute sur ce qui a eu lieu sur ces terres depuis la fin du 19e; cependant, elle ne sait simplement pas comment le dénommer. En d’autres mots, les résolutions sur l’agenda d’aujourd’hui sont tout simplement gênées par les pressions exercées par la realpolitik des gouvernements. Les USA et Israël vont dans la direction de leurs intérêts pour ne pas ennuyer et fâcher la Turquie, puisqu’ils sont alliés.

Plus tendue et introvertie :
Cependant, la gravité de la question repose bien là. Des résolutions sont introduites ici et là à propos des massacres, des événements culturels et historiques sont organisés sur l’arménité, et tandis que cette question reste sans réponse, la Turquie est de plus en plus tendue et introvertie. Toutes les positions de négation nourries par le système éducatif et par certains médias, se reflètent sur toutes les attitudes officielles ou non officielles. La distance, entre la Turquie et les pays qui reconnaissent que les massacres constituent un génocide, est de plus en plus grande, et la Turquie s’isole elle-même progressivement en tout point. Un film sur les génocides passés, “Screamers”, qui a été diffusé sur la BBC, l’exposition des NU sur la commémoration du génocide rwandais, des discussions sur l’Arménie, et l’exposition sur les civilisations anatoliennes, qui s’est tenue en Italie, et toute activité qui fait que les mots “Turc” et “Arménien” sont prononcés, donnent naissance à des réactions officielles féroces en Turquie. En exemple, le cadre de travail de la norme juridique finalement approuvé la semaine dernière par l’UE après de longues discussions.

La Turquie a durement réagi à la norme juridique, ayant à l’esprit qu’elle rendrait criminelle la négation du génocide dans les pays de l’UE, et que cela ouvrirait la voie à sa reconnaissance.

En retour, le ministre de la Justice, Cemil Çiçek, a proféré ces paroles frivoles, “Nous n’abolirons pas l’article 301, alors.” La réaction met la Turquie dans une situation difficile, comme si elle était contre l’esprit de la loi. Cependant, la Turquie aurait dû exiger que cette loi punisse la discrimination de ses propres citoyens et de leurs compatriotes musulmans dans les pays de l’UE. De fait, selon la norme juridique, l’incitation à la haine et à la violence envers toute minorité que ce soit, est définie comme un crime. Aujourd’hui, la Turquie est loin derrière, ne serait-ce que les déclarations d’un certain Kamuran Gürün sur les massacres arméniens, et, bien sûr, l’approche de Mustafa Kemal Atatürk.

La perte de mémoire tourne à la maladie chronique. Ce n’est pas bien. Parce que le nationalisme est chaque jour davantage provoqué, et le dialogue est paralysé à long terme. Finalement, serait-il possible d’infléchir la courbe ascendante du nationalisme en Turquie, si l’administration Bush affirmait que la résolution aux USA ne passerait pas ? Non. Au contraire, une victoire nationale serait gagnée contre les USA. Est-ce que la non adoption de la résolution aux USA, comme le voudrait l’administration Bush, diminuerait le sentiment grandissant anti-américain en Turquie ? Bien sûr que non. Alors, lorsque la proposition faite par le membre du parti de gauche Meretz à la Knesset en Israël, a été rejetée, est-ce que l’antisémitisme en Turquie a diminué ? Extrêmement douteux.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : Turkish daily news



   
 
   
 
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