Aujourd'hui : Mercredi, 19 juin 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Turquie/Azerbaïdjan : L'Arménie s'exprime devant l'APCE
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Honteusement, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a renoncé lundi 23 janvier à Strasbourg à tenir un débat d’urgence sur la Turquie, suite aux pressions du gouvernement turc sur plusieurs pays pour qu’un débat sur "le fonctionnement des institutions démocratiques en Turquie" n’ait pas lieu. À cette occasion, le Collectif VAN publie ici les déclarations des déléguées de l'Arménie devant l'APCE, concernant l'assassinat du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink, et les lourdes menaces qui pèsent sur Garo Paylan, député arménien en Turquie du parti d'opposition HDP, sanctionné et menacé pour avoir parlé du génocide arménien au sein du Parlement turc. Les déléguées arméniennes évoquent également l’arrestation au Bélarus du blogueur Alexandre Lapchine, de double nationalité russe et israélienne, et de son extradition, demandée par l’Azerbaïdjan pour avoir visité la République du Haut-Karabakh en 2011 et 2012.


NAM

CONSEIL DE LÂ’EUROPE

Naira Karapetyan parle de Hrant Dink et Garo Palyan lors de la session de lÂ’APCE

Des débats sur les attaques contre les journalistes et la liberté des médias en Europe, sur les défis et les responsabilités des médias en ligne et du journalisme, et sur la nécessité de mettre fin à la cyberdiscrimination et aux propos haineux en ligne sont au centre de la Session plénière d’hiver de l’APCE, qui se tient à Strasbourg du 23 au 27 janvier 2017.

Voici les interventions des déléguées arméniennes

Mme KARAPETYAN
(Arménie) - La question des attaques contre les journalistes est au cœur des débats de cette partie de session. Je voudrais exprimer ma très profonde préoccupation à l’égard des tentatives visant à empêcher les journalistes de faire leur travail. Le dur labeur qu’ils accomplissent doit être respecté, car les journalistes sont des éléments clés permettant d’aboutir réellement au pluralisme et à la démocratie. La liberté d’expression est une valeur dont nous devons être fiers.

J’aimerais appeler votre attention sur le fait que le 19 janvier dernier marquait le dixième anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink, un éminent intellectuel turc d’origine arménienne, rédacteur en chef du journal Agos. Il avait été assassiné à Istanbul en 2007 par un nationaliste turc âgé de 17 ans, très peu de temps après la diffusion d’un documentaire dans lequel il était interviewé au sujet de la négation par les autorités turques du génocide arménien.

Le procès de son assassin n’a pas permis d’identifier les commanditaires et de les traduire en justice. En dépit de longues années d’enquête, on a l’impression que toute la lumière n’a pas été faite et que l’on n’a pas réellement essayé de connaître très exactement les causes de ce qui s’était passé. L’affaire reste en suspens. On sait que Hrant Dink avait été la cible d’attaques répétées en raison de sa position sur le génocide arménien.

Malheureusement, la volonté d’empêcher la justice d’être rendue et la vérité d’émerger persiste en Turquie 10 ans après ce meurtre. Le fait que M. Garo Paylan, parlementaire, soit suspendu pour avoir fait référence aux persécutions ayant, dans le passé, visé certains groupes religieux, en constitue un exemple très récent. Des rapports nous informent que certains partis politiques essaient même d’intenter un procès à Garo Paylan pour avoir évoqué le génocide arménien.

Je suis fermement convaincue que l’échec des poursuites visant à réprimer les assassinats de journalistes et de dirigeants des différentes communautés crée un climat d’impunité qui encourage l’intolérance à l’égard de toute idée contraire aux récits officiels.

Certains parlementaires souhaitaient que l’on aborde cette semaine la question de la Turquie dans le cadre d’un débat d’urgence. En repoussant un tel débat à plus tard, on ne fait que donner plus de temps à ceux qui souhaitent commettre de nouvelles violations. Un État membre du Conseil de l’Europe doit respecter ses obligations. Le fait de harceler les journalistes, les parlementaires et, plus largement, tous ceux qui ont un point de vue opposé à celui du gouvernement ne peut être accepté“.

Mme NAGHDALYAN (Arménie) - Chers collègues, ces dernières années ont été marquées par une évolution dynamique et remarquable de la situation politique en Arménie. Nous avons accéléré le processus de réforme constitutionnelle adopté par référendum en décembre 2015. C’est ainsi que sont intervenues des réformes essentielles dans la mesure où elles constituent des conditions préalables indispensables à la création d’un système plus stable et plus démocratique comme à l’amélioration des mécanismes constitutionnels, soucieux du bon équilibre des pouvoirs et à la prééminence du droit.

Il est essentiel pour nous que les amendements proposés aient été jugés conformes aux avis de la Commission de Venise et aux normes européennes reconnues. Quasiment toutes les recommandations de la Commission de Venise ont été acceptées par les autorités arméniennes.

Après le référendum, nous nous sommes engagés dans un vaste processus de changement pour ajuster le système juridique aux nouvelles réalités. Des changements ont donc été apportés à des centaines de textes de loi. C’est ainsi que de nouvelles lois constitutionnelles ont été adoptées, y compris une loi sur le médiateur, une loi sur l’autonomie et une autre sur le règlement intérieur du Parlement. Un important train de mesures législatives est également prévu en 2017, toujours en étroite collaboration avec la Commission de Venise et d’autres parties prenantes internationales.

Le Code électoral est sans doute le document qui a suscité le plus de débats. Il convient de noter que son élaboration est intervenue dans un esprit de coopération entre toutes les forces politiques intéressées et dans un contexte exceptionnel de coopération, sur la base d’une participation égale des autorités, de l’opposition et de la société civile. Ce nouveau Code électoral constitue une base fiable en vue des élections parlementaires à venir. Le fait de tenir des élections justes, équitables et libres est notre priorité absolue.

En tant que représentante de la coalition de pouvoir, je tiens à vous assurer que la conformité des procédures et la légitimité comptent bien davantage pour nous que les résultats. Nous voulons absolument tenir des élections transparentes et démocratiques fondées sur des idées et des programmes qui puissent librement être mis en concurrence.

Le peuple arménien a choisi la voie de la démocratie et aucun obstacle extérieur ne saurait le faire dévier de sa route.

Mesdames, Messieurs, en dépit des provocations permanentes et de l’agression qui a eu lieu en avril dernier sur la ligne de contact avec le Haut-Karabakh, en dépit de la récente incursion militaire sur la frontière avec l’Arménie, condamnée par la communauté internationale, nous ne devons pas nous écarter de la voie démocratique que nous avons choisie. Restons engagés dans le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh.

En dépit de la situation dans la région, nous ne sommes pas ébranlés dans notre détermination à mettre en œuvre, en pleine conformité avec nos obligations internationales, une large palette de réformes dans les domaines de la justice, des droits de l’homme et d’autres encore, car de telles réformes sont essentielles.

Notre engagement, en matière de droits de l’homme, de démocratie et de prééminence du droit ne sera jamais subordonné à des facteurs extérieurs de nature géopolitique, économique ou autres.

Mme ZOHRABYAN (Arménie) - Alors que cette session est consacrée à la protection des journalistes et autres acteurs des médias, nous devons débattre d’un cas sans précédent, l’arrestation au Bélarus du blogueur Alexandre Lapchine, de double nationalité russe et israélienne, et de son extradition, demandée par l’Azerbaïdjan pour avoir visité la République du Haut-Karabakh en 2011 et 2012.

Nous avons affaire, une nouvelle fois, aux listes supposées « noires » de l’Azerbaïdjan, qui recensent aujourd’hui plus de 600 personnes. Parmi ces persona non grata figurent quelque 180 journalistes qui se sont rendus au Haut-Karabakh pour exercer leur profession.

Chers collègues, une question s’impose : combien de milliers de personnes seront encore fichées sur ces « listes noires » de la honte ? Combien d’autres journalistes et de représentants des médias seront recherchés par Interpol pour avoir exercé leur profession, en contradiction avec la liberté de la presse ? Quand notre Organisation se réveillera-t-elle enfin de sa léthargie pour réagir à ces pratiques scandaleuses, au nom de la protection des journalistes et des acteurs des médias ? La plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe, qui alerte sur les violations des droits des journalistes, se tait, elle aussi, de façon inacceptable, sur le cas d’Alexandre Lapchine.

La liberté d’expression et la liberté de la presse sont des valeurs absolues que nous nous sommes engagés à protéger, convaincus que personne n’a le droit d’interdire à un journaliste ou à un blogueur d’exercer sa profession.

J’appelle notre assemblée et le Commissaire aux droits de l’Homme à faire part aux autorités de Bélarus de notre profonde préoccupation et de notre désaccord, afin de suspendre l’extradition en Azerbaïdjan du blogueur Lapchine.

mardi 24 janvier 2017,
Stéphane ©armenews.com


---------------------------------

Lire aussi:

De Nor Zartonk à Garo Paylan, l’héritage de Hrant Dink

Turquie : Garo Paylan lâché par le président des Fondations arméniennes



Retour à la rubrique


Source/Lien : NAM



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org