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La diplomatie du caviar de l'Azerbaïdjan est payante auprès de certains politiques
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Il semblerait que la diplomatie du caviar de l’Azerbaïdjan soit payante dans certains cercles politiques. D’aucuns sont payés par le gouvernement de Bakou pour se taire et d’autres pour parler et répandre la propagande azérie. Faisant référence à l’histoire de Khodjaly [février 1992], dans le magazine Novoye Vermya, Ayaz Mutalibov [président azéri en 1992] a redit dix ans après que « le massacre des habitants de Khodjaly a été organisé par quelqu’un pour faire un coup d’État en Azerbaïdjan. » Mais qui est ce « quelqu’un » ? Certainement une personne qui a bénéficié du résultat de la situation. C’était Heydar Aliyev qui attendait son heure pour établir la pétro-dynastie Aliyev dans le pays. L’agence Bilik Dunyasi a rapporté qu’en 1992, Heydar Aliyev, feu le père du président azéri actuel, Ilham Aliyev, avait fait cette remarque cynique : « Le bain de sang nous sera profitable. Nous ne devons pas interférer dans le cours des événements. Il est ironique de voir que le clan Aliyev, qui a fini par bénéficier de l’incident de Khodjaly, a inversé l’histoire pour faire porter le blâme aux forces arméniennes. L’Azerbaïdjan investit ses ressources pour marquer des points politiques dans sa lutte contre l’Arménie. Erevan ne peut certes pas égaler sa diplomatie du caviar, mais les dirigeants de la nation doivent sortir leur tête du sable et affronter la réalité." Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article paru sur le site The Armenian Mirror-Spectator le 2 mars 2017.


The Armenian Mirror-Spectator

Est-ce que la diplomatie du caviar est payante ?

Éditorial du 2 mars 2017

DÂ’Edmond Y. Azadian

Il semblerait que la diplomatie du caviar de l’Azerbaïdjan soit payante dans certains cercles politiques. Le gouvernement azéri a toujours été désireux de répandre le sang arménien. Le monde a été témoin du pardon accordé par le gouvernement azéri au soldat Ramil Safarov et à sa promotion, après qu’il a tué un soldat arménien pendant son sommeil, Gurgen Margaryan, à Budapest en 2006, alors que tous deux participaient à un programme d’entraînement de l’OTAN.

En 1920, trente mille Arméniens ont été massacrés de sang froid par la milice azérie et la foule menées par Jahanshir Bahbut Khan, qui a été ensuite assassiné par Missak Torlakian à Istanbul.

Lors de l’effondrement de l’empire soviétique, les responsables azéris ont profité du chaos qui a suivi pour organiser des pogroms d’Arméniens à Sumgaït, Bakou, Kirovabad et Khanlar du 26 au 29 février 1988. Les autorités azéries, avec la complicité des forces soviétiques, ont organisé des carnages dans les quartiers arméniens de Sumgaït ; c’était l’Opération Ring qui a consisté à massacrer sauvagement des Arméniens.

Par ailleurs, les Arméniens en Azerbaïdjan faisaient parties des classes les plus aisées, car ils excellaient dans les domaines de l’éducation, de la science, de l’industrie et des arts. En quelques mois, plus de 400 000 personnes ont été expulsées du pays, laissant derrière elles leurs maisons, leurs institutions et leurs églises qui ont été pillées par la foule.

Pour couvrir ces atrocités et contrer la publicité négative, le gouvernement de l’Azerbaïdjan a proclamé qu’il y avait eu le « génocide de Khodjaly » en 1992. Au départ, le nombre des victimes de Khodjaly s’élevait à un peu plus de 100, mais la propagande s’amplifiant, le nombre est passé à 600. Cet événement a été politisé et l’Azerbaïdjan ne rate jamais une occasion de l’utiliser contre l’Arménie.

Certains pays et hommes d’État sont tombés dans le piège et ont cru à cette histoire inventée. Par exemple, le gouverneur de l’État de l’Indiana, Eric J. Holcomb, a signé une proclamation sur le massacre « commis par les forces arméniennes les 25 et 26 février. »

Les Azerbaïdjanais de Séoul, en Corée, ainsi que l’Assemblée nationale de Corée ont organisé une conférence le 14 février pour marquer le jubilée des relations bilatérales entre les deux nations, ainsi que pour commémorer le massacre de Khodjaly.

En Italie, le sénateur Aldo Di Biagio a critiqué sa collègue, la sénatrice Maria Rizzotti, qui a fait un discours devant le Parlement, commémorant le Jour du Souvenir du génocide de Khodjaly.

Pourquoi ces gens tombent-ils dans le piège tendu par l’Azerbaïdjan et commémorent-ils une tragédie qui ne s’est jamais passée ? Pour l’argent. De fait, un juge de Milan a récemment décidé de poursuivre Luca Volonté, l’ancien président du Parti européen du peuple au Conseil de l’Europe, lorsque la diplomatie du caviar de l’Azerbaïdjan a fait taire le Conseil de l’Europe en 2012, faisant échouer une résolution critique sur l’Azerbaïdjan. Suite à cela, il y a eu deux versements sur le compte en banque de Volonté, l’un de 220 000 euros et l’autre de 180 000 euros.

D’aucuns sont payés par le gouvernement de Bakou pour se taire et d’autres pour parler et répandre la propagande azérie.

Quant aux Turcs, ils font preuve de solidarité avec leurs frères azéris. L’Ambassade azérie à Ankara a également saisi l’occasion de le faire il y a peu, lorsque le Premier ministre Binali Yildirim a fait un discours féroce, qui s’est bien sûr conclu par un appel « aux forces arméniennes d’évacuer 20 pour cent du territoire azéri. » Le président Erdogan a présenté ses condoléances pour les « martyrs de Khodjaly ».

L’incident de Khodjaly n’est en aucun cas comparable aux atrocités commises par les autorités à Bakou et à Sumgaït. Il y a eu des victimes pendant la guerre du 25-26 février, lorsque les forces arméniennes ont fait le siège de Khodjaly, où se trouvait l’aéroport. Les forces azéries, se servant des structures de Khodjaly, tenaient Stepanakert sous leurs armes et avaient paralysé toute la région, menaçant de mort éventuelle toute la population arménienne. Après avoir fait le siège de la ville, les forces arméniennes ont ouvert un corridor humanitaire pour évacuer la population civile azérie. La réticence des forces azéries à arrêter l’évacuation a révélé une intrigue de palais à Bakou. Un complot a été ourdi pour renverser le président azéri, Ayaz Mutalibov, qui, un mois après sa démission, a donné une interview à la journaliste tchèque Dana Mazalova (Nezavisimaya Gazeta) déclarant que « selon les habitants de Khodjaly qui ont fui, tout ceci a été organisé pour me destituer. Une partie des forces a agi dans le but de discréditer le président. Je ne pense pas que les Arméniens, qui agissent de façon très habile et précise dans des situations similaires, auraient pu laisser les Azerbaïdjanais obtenir des documents indiquant qu’ils menaient des actions fascistes… L’argument général est qu’un corridor humanitaire permettant aux gens de fuir a bien été mis en place par les Arméniens. »

Dix ans plus tard, faisant référence à l’histoire de Khodjaly dans le magazine Novoye Vermya, il a redit que « le massacre des habitants de Khodjaly a été organisé par quelqu’un pour faire un coup d’État en Azerbaïdjan. »

Mais qui est ce « quelqu’un » ? Certainement une personne qui a bénéficié du résultat de la situation. C’était Heydar Aliyev qui attendait son heure pour établir la pétro-dynastie Aliyev dans le pays. L’agence Bilik Dunyasi a rapporté qu’en 1992, Heydar Aliyev, feu le père du président azéri actuel, Ilham Aliyev, avait fait cette remarque cynique : « Le bain de sang nous sera profitable. Nous ne devons pas interférer dans le cours des événements.

Il est ironique de voir que le clan Aliyev, qui a fini par bénéficier de l’incident de Khodjaly, a inversé l’histoire pour faire porter le blâme aux forces arméniennes.

L’Azerbaïdjan investit ses ressources pour marquer des points politiques dans sa lutte contre l’Arménie. Erevan ne peut certes pas égaler sa diplomatie du caviar, mais les dirigeants de la nation doivent sortir leur tête du sable et affronter la réalité. Les oligarques, les fonctionnaires et leurs tributaires bénéficient tous des ressources du gouvernement et pourtant ils n’investissent aucun de leurs profits gagnés malhonnêtement pour le bien de leur pays. L’Arménie doit instaurer un système média multilingue efficace pour se faire entendre dans le monde et raconter sa version de l’histoire, surtout pour atteindre les Turcs et les Azéris dans leur langue. Le message doit être aussi constant et convaincant que celui de ses opposants. Les apparatchiks dans le gouvernement ont convaincu leurs supérieurs qu’ils avaient fourni des récits dans les journaux de la diaspora, comme si le Secrétaire général de l’ONU et le président turc Recep Tayyip Erdogan étaient des lecteurs assidus des pauvres publications de la communauté.

Au lieu d’affronter les ennemis à l’extérieur, certains membres du gouvernement ont utilisé leurs ressources pour embaucher des agents du journalisme à sensation, oubliant que ce n’est pas le moment de se battre contre leurs ennemis personnels, mais contre les ennemis mortels de la patrie.

Tout ce que font les Arméniens de la diaspora, c’est d’organiser des manifestations à New York, à Washington, à Los Angeles ou dans diverses capitales du monde.

Bien sûr, certaines mesures sont hors de la portée de la gouvernance arménienne. Le gouvernement ne peut pas rivaliser avec les dépenses azéries, mais il peut utiliser ses ressources avec plus de prudence et d’efficacité.

L’Azerbaïdjan n’a pas le monopole du pragmatisme.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 7 mars 2017 – www.collectifvan.org


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Lire aussi le Dossier du Collectif VAN : L'Azerbaïdjan, une dictature nationaliste et négationniste




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Source/Lien : The Armenian Mirror-Spectator



   
 
   
 
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