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Génocide arménien : Trump ne se risque pas à affronter la Turquie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Cette année, bien des gens étaient curieux de savoir si le président Trump ferait ou non une déclaration le 24 avril et s’il utiliserait le terme génocide arménien. La déclaration du président Trump mentionne les faits de base du génocide, décrivant les tueries de masse des Arméniens comme « l’une des pires atrocités de masse du 20e siècle. Au début de l’année 1915, un million et demi d’Arméniens a été déporté, massacré ou envoyé dans des marches de la mort, au cours des dernières années de l’Empire ottoman. » Lorsqu’on a demandé à Sean Spicer, le porte-parole de Trump, pourquoi la Maison Blanche avait omis le terme de génocide dans sa déclaration du 24 avril, il a répondu avec cynisme : « C’est parfaitement conforme au langage utilisé constamment [par les présidents précédents]. » Le président Trump rejoint désormais la longue liste des présidents tant démocrates que républicains qui ne sont pas disposés à affronter la Turquie et, en refusant de le faire, il a encore fois impliqué les États-Unis dans sa campagne négationniste." Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 27 avril 2017.


Le président Trump cède aux pressions turques en ne reconnaissant pas le génocide arménien

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 27 avril 2017

Partout dans le monde et comme chaque année, les Arméniens et les Turcs ont retenu leur souffle pour voir si le président des États-Unis utiliserait le mot génocide dans sa déclaration annuelle du 24 avril, pour qualifier les massacres de masse des Arméniens.

Les Arméniens et les Turcs semblent oublier que les États-Unis ont non seulement reconnu le génocide arménien, mais ils l’ont aussi fait plusieurs fois à de hauts niveaux : la Chambre des Représentants a reconnu deux fois le génocide arménien en 1974 et en 1984. Le président Reagan l’a aussi reconnu dans sa Proclamation présidentielle 4838, du 22 avril 1981. Plus important encore, le gouvernement des États-Unis a officiellement reconnu le génocide arménien dans un rapport déposé à la Cour internationale de Justice (Cour mondiale) en 1951.

Par conséquent, après toutes ses reconnaissances, et comme je l’ai dit à plusieurs reprises dans mes articles, les Arméniens n’ont plus besoin d’en avoir davantage de la part du président des États-Unis ou du Congrès américain.

Cette année, bien des gens étaient curieux de savoir si le président Trump ferait ou non une déclaration le 24 avril et s’il utiliserait le terme génocide arménien. Après que 84 membres du Congrès ont écrit une lettre commune au président Trump et que des particuliers, tel que Mike Sarian, ont contacté de hauts responsables de l’Administration Trump exhortant le président à reconnaître le génocide arménien, la Maison Blanche a fait une déclaration le 24 avril, refusant de le qualifier de génocide.

La bonne nouvelle c’est qu’étant donné que le président Trump connaît mal les questions arméniennes et qu’il n’a fait aucune promesse à la communauté arménienne pendant sa campagne, l’Administration Trump n’a pas complètement ignoré l’anniversaire du génocide arménien et a marqué ce jour spécial en faisant une déclaration, comme l’avaient fait plusieurs présidents précédents. La déclaration du président Trump mentionne les faits de base du génocide, décrivant les tueries de masse des Arméniens comme « l’une des pires atrocités de masse du 20e siècle. Au début de l’année 1915, un million et demi d’Arméniens a été déporté, massacré ou envoyé dans des marches de la mort, au cours des dernières années de l’Empire ottoman. »

Si les Arméniens sont déçus parce que le président Trump a évité d’utiliser le terme de génocide arménien, les Turcs n’ont aucune raison de se réjouir. Au contraire, ils devraient avoir honte que les président des États-Unis accuse leurs ancêtres d’avoir commis « l’une des pires atrocités du 20e siècle » et fasse référence au 1,5 million de morts arméniens, ce que le gouvernement turc nie toujours à ce jour !

Cependant, la mauvaise nouvelle c’est que le président Trump a fait une déclaration qui ne reconnaît pas le génocide arménien en tant que génocide. Les conseillers du président Trump ont simplement recopié les textes du président Obama et avant lui des présidents Bush et Clinton, y compris la référence au terme arménien Medz Yeghern que personne ne comprend sauf les Arméniens, et qui n’a pas le sens juridique du terme génocide en droit international, ou tseghasbanoutioun en arménien. L’utilisation de Medz Yeghern est simplement une astuce habile pour éviter le mot génocide. J’ai exprimé ma position dans le passé, à savoir que si un président ne veut pas reconnaître le génocide, il ne devrait pas insulter la mémoire des victimes arméniennes et l’intelligence des Arméniens américains en parlant de ‘tragédie’ et ‘d’atrocités’. Lorsqu’on a demandé à Sean Spicer, le porte-parole de Trump, pourquoi la Maison Blanche avait omis le terme de génocide dans sa déclaration du 24 avril, il a répondu avec cynisme : « C’est parfaitement conforme au langage utilisé constamment [par les présidents précédents]. » Il est choquant qu’un président tel que Trump, qui est fier de dire ce qu’il pense et qui critique sévèrement les manquements des présidents précédents, est subitement très fier de suivre leur censure inacceptable du génocide arménien ! Le président Trump a irrité beaucoup de gens dans le monde en téléphonant au président Erdogan après le référendum qui a eu lieu ce mois-ci, pour le féliciter de cette élection entachée qui a donné à Erdogan des pouvoirs dictatoriaux ! Le président Trump doit recevoir le président Erdogan à la Maison Blanche au mois de mai !

Je suis tout à fait d’accord avec la réaction du Comité national arménien d’Amérique (ANCA) et de l’Assemblée arménienne d’Amérique (AAA) à la déclaration du président Trump. L’ANCA a déclaré : « Le président Trump a choisi d’appliquer la règle du bâillon d’Ankara contre la condamnation et la commémoration américaines du génocide arménien. En ne marquant pas correctement la date du 24 avril, le président Trump sous-traite de fait la politique américaine de prévention du génocide à Recep Erdogan, un dictateur arrogant et autoritaire qui se délecte manifestement du spectacle public des présidents américains à qui il force la main pour qu’ils passent sous silence les massacres de masse de millions d’Arméniens, de Grecs, d’Assyriens et d’autres chrétiens, commis par la Turquie. » L’AAA a déclaré : « La déclaration du président ne défend pas les doits de l’homme et est incompatible avec les valeurs américaines, et elle représente le même genre de capitulation devant l’autoritarisme turc qui coûtera encore plus de vie. »

Le député Adam Schiff (Dém.-CA), qui soutient depuis longtemps la communauté arménienne, a également fait une déclaration condamnant la non-utilisation du terme génocide par le président Trump : « Aujourd’hui, nous avons encore eu une autre déclaration décevante d’un autre président, qui refuse de reconnaître le massacre de 1,5 million d’Arméniens, entre 1915 et 1923, comme étant ce que c’était : un génocide. Le président Trump rejoint désormais la longue liste des présidents tant démocrates que républicains qui ne sont pas disposés à affronter la Turquie et, en refusant de le faire, il a encore fois impliqué les États-Unis dans sa campagne négationniste. Comment pouvons-nous parler avec la clarté morale requise de la campagne génocidaire menée par Daech contre les minorités religieuses en Syrie et en Irak, si nous ne sommes pas disposés à condamner le premier génocide du siècle dernier ? Si le président ne veut pas s’exprimer, le Congrès doit le faire, et je me joins à mes collègues – démocrates et républicains - pour appeler la Chambre à adopter la résolution sur le génocide arménien. »

Avec tout le respect dû au député Schiff, la communauté arméno-américaine n’a pas besoin d’une autre résolution sur le génocide arménien, en plus des deux précédentes adoptées en 1975 et 1984.

Ce que les Arméniens demandent, c’est la justice – des compensations pour les pertes énormes subies, la restitution de leurs terres et de leurs biens communautaires confisqués et la libération des territoires arméniens occupés. Voilà ce qu’une prochaine résolution à la Chambre devrait exiger, et non plus la reconnaissance du génocide.

Enfin, je suis ravi que WikiLeaks ait tweeté à ses 4,6 millions de followers l’un de mes éditoriaux portant sur le rejet par Hillary Clinton de la proposition de ses assistants de campagne de faire une déclaration sur le génocide arménien, avant les élections présidentielles de l’an dernier.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 27 avril 2017 – www.collectifvan.org




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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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