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Mon premier 24 avril à Paris
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Lilith Stépanian, Représentante du Collectif VAN à Erevan (Arménie), est venue pour la première fois en France, passer la période des Commémorations du Génocide arménien. Voici le récit touchant de cette jeune arménienne francophone de 22 ans, qui a participé à toutes les célébrations parisiennes et a été confrontée à un phénomène qu’elle ne connaissait pas : le négationnisme exporté par l’Etat turc en Europe.


Les Arméniens du monde entier commémoraient cette année le 92ème anniversaire du génocide arménien de 1915. Plusieurs cérémonies étaient organisées en France aussi : pour la première fois de ma vie, j’allais participer à toutes ces cérémonies avec les représentants de la diaspora arménienne, dans un pays étranger.

Au départ, j’étais un peu triste de ne pas avoir, cette année, la possibilité d’aller le 24 avril, comme chaque année, au Mémorial du Dzidzernakaberd. Pour la première fois je n’allais pas participer aux différentes actions organisées dans mon pays, en Arménie. Et surtout je n’avais aucune idée de tout ce qui devait se dérouler en France, à Paris.

La première action qui m’a impressionnée a été celle du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] intitulée “D’un génocide à l’autre: 1915 mains pour la Darfour” et qui a eu lieu les 21 et 22 avril 2007 de 12 h 00 à 19 h 00. Les stèles du Collectif VAN, la stèle en hommage à Hrant Dink ainsi qu’une immense toile tendue sur un cube, ont été dressées sur le Parvis de Notre Dame.

Les Arméniens, les Français, les touristes et les passants de manière général, ont eu la possibilité de témoigner leur solidarité aux Darfouris en y apposant l’empreinte de leurs mains. J’ai ouvert la marche : j’ai mis l’empreinte de ma main sur la toile en signe de solidarité avec les citoyens du Darfour.

Le génocide qui se passe aujourd’hui au Darfour avec la mort d’enfants, de femmes, de personnes âgées, me touche énormément. Il est triste de voir l’indifférence des grandes puissances qui n’ont pas l’intention de faire quelque chose pour arrêter ce crime inacceptable.

J’ai été impressionnée par la réaction et l’intérêt des gens qui voyaient les stèles et la toile du Collectif VAN, : ils s’agglutinaient autour du stand pour poser des questions sur les deux génocides, étaient prêts à poser l’empreinte de leurs mains sur la toile, signer la pétition pour dire stop au génocide qui a déjà causé la mort de 400 000 Darfouris, ainsi qu’une deuxième pétition pour demander la loi pénalisant la négation du génocide arménien en France.

Je regardais les parents qui expliquaient à leurs enfants pourquoi il fallait poser l’empreinte de la main et signer les pétitions, et les enfants qui écoutaient leurs parents avec un air soucieux… Et à la fin ils voulaient participer et faire ce geste consistant à tendre la main aux enfants Darfouris. C’était très touchant.

J’ai rencontré des gens qui avaient déjà entendu parler de ces deux génocides et condamnaient ces crimes. Mais nombreux étaient ceux qui n’étaient pas au courant du génocide en cours au Darfour. Et ils remerciaient les organisateurs pour cette action de sensibilisation.

Par ailleurs, pour la première fois, j’ai rencontré des Turcs. Des touristes et des jeunes français issus de l’immigration turque. Dans les deux cas, ils ont critiqué avec véhémence l’action du Collectif VAN.
Les militants du Collectif VAN ont patiemment répondu à tous leurs mauvais arguments. Mais aucun d’entre eux n’a voulu poser l’empreinte de sa main pour le Darfour, ni signer l’Europétition d’Urgence Darfour… Tous regardaient les stèles concernant le génocide arménien et la toile dédiée au Darfour, et quittaient le parvis visiblement irrités.

Le négationnisme continue...

A ce moment là je me suis rendue compte qu’il était vraiment difficile pour les Arméniens de la diaspora de vivre dans une société comptant nombre de négationnistes qui continuent encore à nier l’évidence, à falsifier l’histoire...

Le 22 avril 2007 à 15 h 00, j’ai profité de notre présence sur le Parvis pour assister à la Messe de Requiem du génocide arménien, qui se tenait en la Cathédrale Notre Dame de Paris, en la présence de son Eminence le Cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque émérite de Paris.
A la sortie de la messe, beaucoup d’Arméniens sont venus nous rendre visite au stand. La télévision d’Arménie, Hayasdan 1, nous a interviewés. Edouard Nalbandian, Ambassadeur d’Arménie en France, ainsi que Nelly Tardivier, la Commissaire de l’Année de l’Arménie en France, ont visité l’exposition des stèles.

Le 23 avril 2007 à 18 h 00, j’ai assisté au ravivage de la flamme au Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, avec les représentants de différentes associations arméniennes de France et de l’Ambassade d’Arménie en France.

Le 24 avril 2007 à 11 h 00 la Communauté arménienne était invitée à l’Hôtel de Ville de Paris : Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de Paris, a rendu hommage aux victimes du génocide arménien de 1915. M.Delanoë a condamné le crime de génocide et le négationnisme. Il a commencé son discours en disant: “Paris se souvient, Paris s’engage, Paris partage. Il faut demander que justice soit faite pour que le peuple arménien ait le droit à la vérité. Il s’agit d’un génocide et ce n’est pas acceptable”. M. Delanoë a promis : “Une place, qui portera le nom de Hrant Dink, sera inaugurée à Paris”. La soeur de Hrant Dink était présente à la cérémonie. Pour la première fois, j’écoutais, impressionnée, le discours d’un non-arménien, qui n’avait donc pas vécu le génocide, mais qui pourtant se tenait toujours aux côtés des Arméniens et parlait de l’amitié franco-arménienne avec beaucoup d’intérêt.

Ensuite Alexis Govciyan, Président du CCAF, et Edouard Nalbandian, Ambassadeur d’Arménie en France, ont pris la parole. Ils ont parlé de l’amitié qui existe entre la France et l’Arménie, ont remercié le maire pour cet acte généreux, pour toutes ses promesses qu’il a tenues, et pour cette attitude attentionnée.

Après la messe qui a eu lieu à l’Eglise arménienne de Paris, nous nous sommes tous rassemblés à 18h devant la statue de Komitas. Plusieurs intervenants, dont Patrick Devedjian, Jacky Mamou, Président du Collectif Urgence Darfour, le Président du CCAF et encore d’autres personnalités, se sont exprimées pour la reconnaissance du génocide arménien par l’Etat turc, et pour la loi pénalisant le négationnisme.

Après les prises de paroles, la foule des manifestants s’est dirigée vers l'annexe touristique de l’Ambassade de Turquie, avenue des Champs Elysées, avec les affiches de Hrant Dink et des banderoles condamnant le négationnisme. J’étais au premier rang derrière les jeunes scouts. C’était très émouvant de voir et d’écouter ces gens qui criaient et demandaient la reconnaissance du génocide arménien par l’Etat turc.

Je les regardais et je me disais: nous, les Arméniens d’Arménie, nous aussi nous avons la même douleur dans nos coeurs, nous aussi nous avons un combat à mener, mais nous sommes au moins sur notre sol, sur le sol arménien. Nous ne sommes pas obligés de rencontrer chaque jour des négationnistes, de voir des mémoriaux profanés...

Chers Arméniens, continuons le combat et, je suis sûre qu’un jour nous allons récolter les fruits de notre action, la reconnaissance du génocide arménien.

Lilith Stépanian
Collectif VAN - Erevan





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