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De la violence d’État en Turquie et de son expansion à l'étranger
Publié le : 30-11-2017

























Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Le président turc est une « bénédiction » pour tous ceux qui s’opposent à la gouvernance autocratique turque et à ses nombreuses violations des droits humains. Il ne se passe pas un jour sans que le gouvernement turc se comporte brutalement avec des chercheurs, des militants des droits humains, des ONG, des journalistes et des opposants politiques. Erdogan a fait plus de mal à l’image de la Turquie dans le monde que quiconque depuis la mise en œuvre du génocide des Arméniens en 1915 par les Turcs ottomans." Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 30 novembre 2017.


Légende photo : Le bandeau #FreeOsmanKavala , situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017.


Erdogan continue d’isoler tout le monde, y compris d’éminents chercheurs étrangers

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 30 novembre 2017

Le président turc est une « bénédiction » pour tous ceux qui s’opposent à la gouvernance autocratique turque et à ses nombreuses violations des droits humains. Il ne se passe pas un jour sans que le gouvernement turc se comporte brutalement avec des chercheurs, des militants des droits humains, des ONG, des journalistes et des opposants politiques. Erdogan a fait plus de mal à l’image de la Turquie dans le monde que quiconque depuis la mise en œuvre du génocide des Arméniens en 1915 par les Turcs ottomans.

La dernière manifestation de l’intolérance turque vis-à-vis de la liberté d’expression et de la recherche universitaire s’est révélée lorsque l’Atelier de la recherche arméno-turque (WATS) de l’université du Michigan a décidé d’organiser une conférence à l’Académie européenne à Berlin, en Allemagne, du 15 au 18 septembre 2017. La conférence était co-organisée par l’université du Michigan, l’Institut USC Dornsife des études arméniennes et la Lepsiushaus de Potsdam, sous les auspices du Dr. Martina Münch, la ministre de la Science, de la recherche et de la culture du land du Brandebourg en Allemagne.

Des chercheurs internationaux renommés, y compris des chercheurs turcs, ont été invités à participer à cette conférence importante. Cependant, le Conseil turc de l’éducation supérieure a empêché les éminents professeurs de Turquie de se rendre à la conférence portant sur Le passé dans le présent : les approches européennes du génocide arménien.

Le professeur Beth Baron, président de l’Association des études sur le Moyen-Orient (MESA), a envoyé une lettre très critique au président Erdogan et au Premier ministre Yildirim au mois de septembre, au nom des 3 000 membres de la MESA dans le monde, qualifiant l’initiative turque contre cette conférence « d’agression contre la liberté universitaire des chercheurs en Turquie et de nouvel exemple troublant d’une tendance plus vaste visant à freiner la recherche sur des sujets estimés tabous par votre gouvernement… Les événements entourant la conférence du WATS à Berlin représente un autre exemple déprimant de l’échec de votre gouvernement à respecter les protections fondamentales des droits humains selon la loi turque et en dépit des obligations internationales claires de la Turquie. »

L’homme politique radical Dogü Perinçek a annoncé que la conférence allait « servir l’impérialisme et les intérêts du Kurdistan » et a qualifié les participants turcs de traîtres. D’autres nationalistes d’extrême-droite et des médias pro-gouvernementaux en Turquie ont également dénoncé la conférence.

Le président de la MESA a envoyé des copies de sa lettre critique aux personnes suivantes : le président du Parlement turc ; le ministre turc de la Justice ; le président du Conseil de l’éducation supérieure en Turquie ; le président et le vice-président du sous-comité des droits humains du Parlement européen ; le haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique sécuritaire ; le commissaire à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage ; le commissaire pour les droits humains du Conseil de l’Europe ; le comité des affaires étrangères du Parlement européen ; le Rapporteur spécial des Nations Unies pour la promotion et la protection du droit de la liberté d’opinion et d’expression ; le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’éducation ; l’ambassadeur turc aux États-Unis ; et l’ambassadeur américain en Turquie.

Sans surprise, plusieurs semaines plus tard, ni le président Erdogan ni le Premier ministre n’avaient répondu à la lettre de la MESA !

De plus, le Comité d’organisation du WATS a publié une déclaration le 18 septembre 2017, décrivant le refus d’Ankara d’autoriser les chercheurs turcs à participer à la conférence à Berlin « d’attaque contre la liberté d’expression et la liberté universitaire, et de fait, d’étendre la répression intellectuelle au-delà des frontières de la Turquie. Nous partageons l’inquiétude de la MESA, car de tels agissements nuisent gravement et scandaleusement à la recherche et au libre échange des connaissances.»

Le WATS a indiqué que la conférence « avait subi une attaque des cercles politiques ultranationalistes en Turquie et en Allemagne. Les négationnistes de longue date du génocide arménien sur la scène internationale ont déclaré que la conférence ‘servirait l’impérialisme et les intérêts du Kurdistan’ et ont défini la question kurde comme formant ‘le second Israël’, clairement une insulte antisémite. »

Le WATS a aussi déclaré que « la Turquie a été touchée par l’atmosphère actuelle d’intimidations et de menaces, comme le prouve la façon dont sont traités les chercheurs qui souhaitaient participer à la conférence du WATS à Berlin… Nous… appelons le gouvernement turc à restaurer les libertés universitaires qui ont été et sont violées en Turquie. Nous exigeons également que l’État turc cesse d’interférer dans les échanges intellectuels et ce que l’on exprime en dehors de la Turquie… Ces interférences violent l’ordre démocratique en Turquie et dans les pays hôtes. Les événements entourant la conférence du WATS à Berlin montrent une nouvelle instance du refus de l’État turc de respecter la protection des droits humains fondamentaux tant en vertu de la loi turque que des obligations internationales claires de la Turquie. »

Finalement, le Dr. Fatma Muge Goçek, professeure à l’université du Michigan (originaire de Turquie) et co-organisatrice de la conférence à Berlin, a écrit un commentaire sur le site turc Ahvalnews.com, basé à Washington, le 10 novembre 2017, intitulé : Le harcèlement des chercheurs turcs en Occident doit cesser.

La professeure Goçek a écrit : « J’ai été constamment harcelée par l’État turc en raison de mon travail. Ce harcèlement a revêtu la forme de campagnes de calomnies en ligne, de menaces anonymes en provenance de Turquie et de personnes assistant à mes conférences, envoyées par l’État turc, essayant de me mettre au défi et de me dévaloriser. J’ai subi ce harcèlement aux États-Unis et en Europe, en dépit du fait que j’aie fait des conférences dans des universités uniquement. Une fois, le FBI a dû être appelé pour enquêter sur une menace personnelle que j’avais reçue. Cette situation, qui était déjà terrible et contraire à la liberté d’opinion et d’expression, a empiré cette année. »

La professeure Goçek a poursuivi en déclarant que les manifestants turcs étaient venus à la conférence à Berlin « non seulement pour chahuter les participants et les filmer, mais ils ont aussi essayé de pénétrer dans la salle. Finalement, les journaux turcs ont rapporté nos activités comme étant une conspiration bizarre pour tenter de contrôler la Turquie et y créer un second Israël. »

La professeure Goçek a terminé son commentaire critique en appelant les pays occidentaux à prendre des mesures contre la Turquie : « Ce que je trouve le plus perturbant, ce n’est pas uniquement la persistance de la violence d’État en Turquie, mais son expansion en dehors du pays, comme j’ai pu en faire l’expérience en Europe et aux États-Unis. Il est temps que l’Occident adopte une position ferme contre ce harcèlement qui va croissant sur son propre sol. Je crois que ce genre de harcèlement diffère de la violence terroriste de quelques degrés seulement, car les deux visent à défier, saper et déstabiliser les normes et les valeurs occidentales. Ce n’est qu’en adoptant une position ferme contre le harcèlement d’un État étranger, que l’Occident sera capable de maîtriser le manque de responsabilité pour la violence qui existe au sein de pays autoritaires tels que la Turquie. »

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 30 novembre 2017 – www.collectifvan.org





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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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