Aujourd'hui : Mercredi, 21 novembre 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
La malédiction du génocide arménien hante la société turque
Publié le : 18-01-2018































Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Le 30 décembre 2017, Cengiz Aktar, un éminent politologue, journaliste et écrivain turc a publié un article sincère et plein de compassion sur le génocide arménien. L’article d’Aktar, intitulé Affronter la violence du passé avec plus de violence, est posté sur Ahvalnews.com, un site indépendant basé à l’étranger, hors de portée du régime répressif turc. (...) Le professeur Aktar pense que la négation du génocide arménien par le gouvernement turc est la racine de tous les événements ignobles qui ont eu lieu en Turquie depuis 1915." Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 18 janvier 2018, veille de la date anniversaire de l'assassinat du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink, tué le 19 janvier 2007 à Istanbul par un jeune ultra-nationaliste turc.


Légende photo : Commémoration de l'assassinat de Hrant Dink le 19 janvier 2015 à Istanbul. Les manifestants portent une banderole :"De 1915 à Hrant, le génocide continue".
Photo AFP/Ozan Kose

Le bandeau #FreeOsmanKavala
, situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017.


Un professeur turc juste condamne la négation du génocide arménien par la Turquie

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 18 janvier 2018

Le 30 décembre 2017, Cengiz Aktar, un éminent politologue, journaliste et écrivain turc a publié un article sincère et plein de compassion sur le génocide arménien. L’article d’Aktar, intitulé Affronter la violence du passé avec plus de violence, est posté sur Ahvalnews.com, un site indépendant basé à l’étranger, hors de portée du régime répressif turc.

Le professeur Aktar commence son article en lançant un avertissement sévère aux négationnistes turcs : « Si en tant que société, nous ne nous confrontons pas à un crime aussi important que le génocide arménien de 1915 et ne nous engageons pas à réparer ce qui est dû aux descendants des victimes innocentes, l'impunité nous hantera et davantage de mal s’ensuivra. Ceci est une situation éthique difficile, vieille d’un siècle, avec des racines incroyablement profondes. » Aktar ne demande pas uniquement la reconnaissance du génocide arménien, mais plus important encore, des « réparations ».

Le professeur Aktar pense que la négation du génocide arménien par le gouvernement turc est la racine de tous les événements ignobles qui ont eu lieu en Turquie depuis 1915 : « Considérant qu’un génocide est un crime de masse substantiel, plus que des infractions publiques, individuelles ou collectives, ou que les maux d’aujourd’hui, si la conscience publique peut tolérer le génocide, alors elle peut tolérer toute illégalité. Par conséquent, le mal engendre le mal. En tant que société, nous avons constamment refusé d’évoquer les événements de 1915 en raison de l’intensité des transgressions qui ont suivi – directement liées à l’impunité du génocide – ainsi que de la démence volontaire ou forcée. »

De fait, la violence et l’injustice sont devenues la routine en Turquie en raison de la réticence à affronter les crimes de masse du génocide arménien : « …La démence collective, la violence collective et la dépravation collective imposées après les transgressions de 1915 sont devenues notre style de vie. À présent, nous avons partout une violence et une dépravation sans limites, chez nous, dans les casernes, les lieux de travail, les hôpitaux – dans chaque sphère, de la politique aux médias – contre tout, des humains aux animaux, en passant par la nature, les villes et la culture. Mais l’illégalité, l’impunité, l’injustice et l’indifférence sont partout aussi. »

Aktar décrit la négation du génocide arménien comme une « malédiction » permanente pour la Turquie, qui a mené aux nombreux maux existant dans la société turque d’aujourd’hui. « Une sorte de schizophrénie qui oblige immédiatement quelqu’un à oublier et à essayer de convaincre les autres d’oublier la violence qu’elle vient d’infliger. C’est une maladie collective qui transgresse les illusions de la politique banale quotidienne. Toutefois, les souvenirs effacés de la violence du passé restent vivants dans le subconscient public en créant plus de violence, en testant les limites de notre démence. À un point tel, qu’en essayant d’oublier un mal, nous en engendrons un autre ! C’est peut-être la malédiction d’une société qui refuse d’affronter volontairement sa violence passée par le biais d’une confrontation involontaire avec la violence quotidienne et toutes ses conséquences sinistres. »

À la fin de son article humaniste, Aktar republie un autre article fort qu’il avait écrit juste avant 2015, pour le centenaire du génocide arménien, dans le journal Taraf, mais qui a été effacé du site par les autorités turques.

Dans ce précédent article, le professeur Aktar rejetait la responsabilité de tous les maux qui surviennent aujourd’hui en Turquie sur la malédiction infligée à la société turque par les victimes du génocide arménien : « Qui sait, tout le mal qui nous hante, ces tueries de masse sans fin, et notre inaptitude à nous remettre des afflictions, est peut-être dû à une malédiction d’un siècle et à un mensonge d’un siècle. Qu’en pensez-vous ? C’est peut-être la malédiction prononcée par les Arméniens, les enfants, les femmes et les hommes qui sont morts en gémissant, enterrés sans cercueil. C’est peut-être les tempêtes créées dans nos âmes par les spectres encore agonisants de tous nos citoyens frappés par un destin tragique, y compris les Grecs et les Syriaques et ensuite les Alevis et les Kurdes. Peut-être que les massacres comptabilisés depuis 1915 et les frais restés impayés sont maintenant repayés dans différents endroits par les petits-enfants. Les malédictions prononcées en échange des vies prises, des vies volées, des maisons pillées, des églises détruites, des écoles confisquées et des propriétés extorquées… ‘Que Dieu vous le fasse payer pour tous vos descendants’… Est-ce que nous sommes en train de repayer le prix de toute l’injustice commise jusqu’à ce jour ? Est-ce que ce remboursement se manifeste sous la forme de l’audace de ne pas être capable d’affronter nos péchés passés ou sous la forme de l’indécence qui est devenue notre habitude, en raison de l’indulgence chronique pour l’iniquité ? On dirait que notre société a pourri pendant un siècle, suppurant tout autour. »

Quand les dirigeants turcs admettront les crimes de masse commis par leurs ancêtres et feront amende honorable, comme le suggère le professeur Aktar, c’est-à-dire quand l’Arménie et la Turquie rétabliront des relations diplomatiques normales, c’est uniquement à ce moment-là qu’ils pourront laisser le passé derrière eux. Puisse Allah bénir ce Turc juste et sa quête de justice divine !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 18 janvier 2018 – www.collectifvan.org

Lire aussi :

Confronting past violence with more violence | Ahval




Retour à la rubrique


Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org