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L'Intervention du président de la République au dîner annuel du CCAF
Publié le :


























Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous présente ici la vidéo du discours du Président de la République Emmanuel Macron devant le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) publiée sur le site de la Présidence de la République française – Élysée.fr le 31 Janvier 2018.


Légende photo : Le bandeau #FreeOsmanKavala , situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017.


Présidence de la République française – Élysée.fr

Publié le 31 Janvier 2018

Discours du Président de la République Emmanuel Macron au Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF)



http://dai.ly/x6dyuhd

L'Intervention du président de la République

Merci beaucoup Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le député, Madame la Maire de Paris, Madame la présidente de la région Ile-de-France, Messieurs les coprésidents, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Le 24 avril dernier, vous l’avez rappelé, nous nous tenions ensemble dans le recueillement devant la statue de Komitas. Nous avons honoré la mémoire d’un homme, mort en France, après une vie de souffrance et qui toute sa vie n’eut qu’une obsession, créer un lien entre le passé et l’avenir, certain qu’il n’ait pas d’avenir sans fidélité et sans racines. Et les derniers mots, qu’il a prononcés, sont sans doute la plus haute expression de ce que fut sa vie. « Prenez soin des enfants ».

Komitas avait raison, c’est pourquoi nous ne devons jamais cesser de nous souvenir. Nous souvenir du 24 avril 1915 à Constantinople, où 600 intellectuels Arméniens furent assassinés, le début du premier génocide du XXe siècle. Vous en avez rappelé les chiffres, vous en avez rappelé toutes les atrocités.

Nous souvenir que le meurtre contre la culture annonce toujours celui contre l’humanité. Nous souvenir de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, morts de faim, de froid et d’épuisement sur les routes de la déportation. Nous souvenir enfin des survivants que furent vos parents, vos grands-parents. Débarqués à Marseille après être passés par le Liban, l’Egypte où la Grèce, ils sont arrivés dans une France qui avait nourri leur éducation et leur imagination, une France qui, par la voix de Georges Clémenceau, d’Anatole France, de Jean Jaurès, dénonçait les massacres des Arméniens dans l’Empire ottoman qualifiant le génocide dès le 25 mai 1915, avec le Royaume-Uni et la Russie, de crimes contre l’humanité et contre la civilisation.

Au sortir de la Grande Guerre pourtant, les Français ne comprirent pas toujours la tragédie arménienne. Estampillés comme apatride parce que leur pays avait disparu, les Arméniens ont pour beaucoup connu les camps, les logements précaires d’une France exsangue qui les fit attendre parfois des dizaines d’années, jusque dans les années 1950, avant qu’ils n’obtiennent la nationalité française, alors qu’ils avaient déjà tant apporté au pays.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Arméniens d evenus français ou restés apatrides avaient nombreux rejoint la Résistance. Ils connaissaient le prix de la liberté, ils mesuraient les menaces dont était porteur le régime nazi. Certains avez lu les 40 jours du Musa Dagh de Franz Werfel publié en 1933 pour alerter le monde qu’un génocide, celui des Arméniens avait eu lieu et qu’un autre était imminent. Et en évoquant la figure de Missak Manouchian, Arménien réfugié en France, poète et résistants. Paul Eluard disait dans Légion, « Ces étrangers, comme on les nommait encore, avaient dans leur sang, le sang de leurs semblables et savaient quelle était leur patrie ».

Tous au fond ont pu se reconnaître dans la chanson de Charles Aznavour sur les émigrants, bâtissant un temple à temps perdu, ils ont tenu, déterminés pour leurs enfants à faire un monde diffèrent. Ils ont reconnu leur parcours de vie et leurs espoirs dans ses chansons. Dans les films d’Henri Verneuil, que vous citiez tout à l’heure, rester au plus profond de lui-même, Verneuil ou Manouchian, ce petit réfugié ne parlant pas français débarquant à 4 ans sur le quai de la Joliette.

Ils étaient tous des fils et des filles de France qui lui ont tant apporté chacun sa manière comme vous le faites aujourd’hui. Ils étaient où sont vos parents, vos grands-parents. Alors oui, vous pouvez être fiers d’eux et la France leur est reconnaissante parce que ces réfugiés nous ont appris à mieux regarder l’histoire, la leur, mais surtout la nôtre, car nous avons compris quelles espérances la France pouvait nourrir chez les exilés et nous avons compris le surcroît de force que des exilés peuvent apporter à la France.

Nous avons ainsi reçu une grande leçon d’humanité, une grande leçon aussi de fidélité en ne se contentant pas de se souvenir mais, en revendiquant comme Serge et Beate Klarsfeld l’ont fait sur la mémoire de la Shoah, en faisant, selon leurs propres mots, ce qui leur semblait juste, sur le long chemin vers la protection morale de l’humanité, avec les moyens du droit, de l’éducation et de la connaissance.

Ce combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat à tous. Nous le menons par la mémoire en soutenant l’inscription au calendrier républicain d’une journée de commémoration du génocide, c’est un engagement que j’ai pris lors que j’étais candidat et que je confirme devant vous aujourd’hui.

Nous le menons par le droit, comme ce fut fait en 2 001, en inscrivant dans la loi la vérité historique du génocide arménien, nous le menons en luttant contre le négationnisme comme vous l’avez fait avec le Parlement français, dans la même démarche que celle du Parlement allemand en 2016, pour la pénalisation de la négation du génocide. Et il est essentiel en effet que la représentation nationale se ressaisisse dans les prochains mois de ce sujet et à nouveau le porte...

Et ces combats, vous l’avait parfaitement rappelé tout à l’heure, dans votre propos introductif, n’épuisent pas le rapport à l’histoire qui lui continuera, mais ces liens de la mémoire, du droit et de l’histoire sont constants et la reconnaissance et la place que chacune et chacun prend dans la République, et qu’elle doit à toutes ces vies minuscules et majuscules, toutes ces vies de Républicains.

Tous les combats que nous menons avec vous ne sont pas purement rétrospectifs, par votre action, vous nous obligez à regarder en face notre présent et à ouvrir les yeux sur les tragédies de notre temps. Vous les avez aussi évoquées, que cela soit le nettoyage ethnique en Birmanie, la traite des être humains en Libye et la persécution des minorités au Moyen-Orient, les millions de réfugiés qui fuient depuis tant d’années, les crimes contre l’humanité commis en Syrie, les leçons de la tragédie arménienne restent vivaces pour la France aujourd’hui.

Comme elle a accueilli hier les Arméniens, fuyant le génocide, c’est l’honneur de la France d’accueillir les réfugiés et de se donner le moyen de le faire avec dignité. Je sais tous les débats qui parcourent aujourd’hui notre pays, parce que ce sujet n’est pas simple, parce que lorsqu’on parle de migrants avec ce mot générique qui recouvre tant de réalité, on parle en effet de femmes et d’hommes, qui fuyant comme vos parents ou vos grands-parents, puis la menace politique, le risque, la déstabilisation. On parle aussi d’autres formes de migration économiques, diverses et je sais la tension éthique permanente quand il nous faut distinguer cela. Je sais aussi que la nation qui est la nôtre ne peut pas ne pas distinguer ces réalités, qu’elle doit les regarder en face dans leur vérité historique et contemporaine et qu’elle doit tout à la fois tenir ce qui fait notre nation, préserver un droit et des frontières, des règles et être à la hauteur de son devoir d’humanité, comme je m’y suis toujours engagé pour accueillir celles et ceux qui fuient dans leur pays, la menace politique, le génocide, la violence ethnique, religieuse ou tout autres.

C’est pour cela, par ce bon usage de la mémoire, que nous avons décidé de prendre aussi toutes les dispositions pour le faire. Il est du devoir de la France d’aller chercher les réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, au Niger, au Tchad, en les évacuant de Libye pour leur éviter le chemin de la mort, ceux même que vous rappeliez tout à l’heure avec ce trait d’humour, évoquant la montagne, qui fait que cette montagne, votre grand-mère, c’est aujourd’hui le Sahel et le Sahara, la Libye ou la Méditerranée pour tant d’autres.

Nous avons décidé depuis le mois d’août dernier, d’aller chercher ces femmes et ces hommes, celles et ceux qui avaient droit à cette protection de la République, au plus près des théâtres d’opérations, au plus près du risque, de la menace pour leur éviter ces chemins de la mort et leur offrir la protection à laquelle ils ont droit.

C’est le rôle de la France d’affirmer ses priorités à cet égard. Et ce que vous avez vécu dans vos vies interroge légitimement, celui qui aujourd’hui a à décider, il n’y a jamais de choix facile en la matière. Et parfois ce qu’on croit être les bons sentiments ne conduit pas non plus à la bonne politique. Mais c’est cette exigence morale au regard de l’histoire qui est aujourd’hui face à nous, réapparaissant sous d’autres formes.

C’est aussi le rôle de la France d’affirmer ses priorités sur la scène internationale et de se poser en première ligne du combat pour la paix, de regarder le monde tel qu’il est, sans rien céder sur notre exigence de justice et de respect d u droit.

Voilà comment nous respectons en vérité la mémoire de ceux qui ont fait face aux tragédies de l’histoire. Je vous ai entendu à l’instant et dans votre émotion, j’ai senti vos histoires et ellessont légitimes. Mais je veux essayer de vous expliquer quel est le choix que je fais, que je porte notre pays.

Sur la Turquie, j’ai engagé un dialogue régulier et exigeant avec le président Erdogan. Je ne mésestime rien de tout ce que vous avez rappelé.

Je n’ignore rien de tout ce que vous avez rappelé. Je lui ai chaque fois dit à Paris ou ailleurs ce qu’il en était. Nous avons à chaque fois d’ailleurs aussi obtenu des résultats, libérant des journalistes par la pression et ce dialogue constant. Alors je sais que plusieurs d’entre vous doutent de l’utilité, voire du bien-fondé d’un dialogue avec la Turquie, mais j’estime pour ma part que cela condamnerait le message de la France à n’être en quelque sorte qu’une injonction raisonnant dans le vide ou raisonnement dans des salles acquises. Je pourrais vous dire ce soir, tout ce que vous avez rappelé sur la Turquie et qui est vrai, mais quelle serait l’utilité de ces déclarations ? Aucune.

Je sais que ce dialogue exigeant, parfois à l’abri des médias m’a déjà permis d’avoir des résultats concrets, réels, alors vous avez rappelé l’un et l’autre parfaitement la situation. J’en hérite et elle est le fruit de la géographie et d’une série de décisions qui n’appartiennent à personne. Mais elle est là, nous avons besoin de la Turquie, l’Europe, la France n’a pas été motrice à cet égard, elle a suivi une décision poussée par d’autres, l’Europe a décidé que la Turquie serait un de ses alliés pour gérer la crise migratoire. La Turquie à plusieurs millions de réfugiés comme aujourd’hui, le Liban et la Jordanie, mais cette situation fait que pour notre sécurité collective, ce dialogue est nécessaire et la coopération est indispensable. Pour notre sécurité dans une région qui, quoique éloignée de plusieurs milliers de kilomètres, chaque jour et dans notre intimité puisque je vous rappelle que les attentats de novembre 2015 furent fomentés à Harakat, nous avons besoin d’alliés, y compris ceux qui ne partagent pas nos valeurs et nos priorités et je le sais parfaitement.

Mais au-delà de ce sujet, nous avons le combat pour la tolérance, les droits de l’homme à continuer à mener, le combat pour la culture et vous l’avez dit pour la reconnaissance du génocide et ce combat se mène aussi dans ce dialogue exigeant avec la Turquie. En soutenant d’abord les voix courageuse de ceux qui s’élèvent, vous l’avez aussi rappelé. Ne plus rien faire, ne plus rien dire, ne plus parler, condamner pour ne plus jamais avoir à discuter, c’est décidé en quelque sorte de laisser les quelques voix qui s’élèvent et nous en avons ici présents avec nous, cher Garo, comme vous, c’est les laisser seuls, c’est les laisser soit dans l’obligation de quitter le pays pour continuer à s’élever, soit face à un régime qui se refermerait encore davantage sur lui-même. Alors j’assume là aussi ce déséquilibre. J’assume ce choix plus difficultueux peut-être que les propos d’estrade, mais qui consiste à continuer à parler, à dire les choses, à obtenir des résultats.

C’est sans doute un travail de centimiers, c’est peut-être moins glorieux, l’espace d’un soir que des grandes déclarations, mais je pense que c’est plus utile, y compris pour la cause que vous poursuivez.

Je pense que c’est plus utile parce que c’est aussi permettre à ces femmes et ces hommes qui portent la culture, la contestation sur le champ politique, universitaire, dans des ONG, dans le monde culturel, c’est leur permettre de continuer à avoir des gens qui viennent les voir, des voix qui leur permettent de sortir, une reconnaissance sur toutes celles et ceux dont vous avez rappelé la vie aujourd’hui et qui sont en prison en raison de leur combat, nous avons des discussions permanentes, croyez-le bien, qu’ils soient journalistes, président d’ONG, universitaires et, pour certains, je l’ai évoqué publiquement. Pour d’autres soucieux de leur propre sécurité, je l’ai évoqué au moment et à l’en droit où je devais le faire, nous continuerons à nous battre. Parce que des gens comme vous, cher Garo, militant des droits de l’homme ont besoin de ce soutien, ont besoin que nous continuions, étape après étape, à consolider votre rôle et comme vous, je suis soucieux de sa sécurité et comme vous, je suis soucieux que progressivement sa voix puisse porter et l’emporter.

Le 23 novembre dernier, j’ai remis le prix de la Fondation Chirac à l’épouse de Hrant Dink, héros de la liberté, lucidement et réellement engagé dans la promotion du dialogue entre les Arméniens et les Turcs, mais aussi au sein de la société turque pour y renforcer la culture du débat démocratique. Il a payé son combat de sa vie, il le savait. Il connaissait le risque. Son épouse perpétue ce combat par une fondation qui porte la voix du pluralisme, elle sait aussi cette part de risque. C’est un combat pour la paix et c’est un combat aux côtés duquel nous continuerons à œuvrer.

J’ai une pensée ce soir aussi pour Osman Kavala qui a joué un rôle essentiel dans cette fondation, cet infatigable défenseur des libertés publiques et des droits des minorités en Turquie et je continuerai à soutenir toutes les initiatives en faveur de ce dialogue si essentiel, entre les sociétés civiles turques et arméniennes, entre toutes nos sociétés civiles, académiques, culturelles parce que c’est ce qui permettra de faire non seulement avancer le devoir universel de mémoire et cet autre nécessaire pour que la reconnaissance mutuelle et le pardon possible, mais parce que c’est aussi la chance laissée à celles et ceux qui se battent.

Je vous ai entendu aussi m’interpeller sur le Haut-Karabakh, je ne mésestime rien de cela, je vais être à nouveau vous décevoir mais, je ne vous accompagnerais pas. Non. Mais vous pourriez, je pourrais vous dire, c’est tellement facile, on a tellement fait, je pourrais vous dire ce soir ce que vous voulez entendre, non pas que je pense que votre combat en quoi que ce soit est illégitime, je pense qu’il est essentiel, mais je pense aussi au rôle que la France doit jouer, de la même façon, quel est notre rôle utile ? De construire le compromis indispensable, de permettre une solution. Si je vais avec vous dans ce geste de générosité que vous me proposez, à la seconde même je perds ce que la France a d’utile dans ce conflit, celle d’être un médiateur, celle de pouvoir être entendue aujourd’hui des deux parties, celle lorsque le président arménien se rend à Paris la semaine dernière et que je parle de compromis, de pouvoir être entendu de part et d’autre de la frontière et de faire bouger certains.

Mais quelle est l’utilité du président de la République française ? D’aller vous accompagner dans un voyage qui vous ferait sans de plaisir, et moi aussi, ou d’essayer d’œuvrer à ce compromis, de prendre la part de notre responsabilité en tant que coprésident du groupe de Minsk, c’est ce que j’ai dit au président Sarkissian la semaine dernière. C’est ce rôle que nous continuerons à jouer, parce que c’est l’utilité de la France dans la région, dans ce conflit.

Alors j’entends votre indignation, je sais l’histoire je sais la morsure de l’histoire sur celles et ceux qui vivent dans cette région, et cette morsure qui aussi se porte dans vos mémoires et dans vos vies, je sais le rôle utile que la France peut jouer, et que j’entends jouer dans cette situation. Alors je vais vous répondre différemment, j’espère venir avec vous le jour où nous auront réglé tout cela, parce que nous aurons été utiles.

Parce que le statu quo n’est pas une option, là aussi, et qu’au moment où les négociations reprennent ou la fin de l’année dernière nous a laissé quelque espoir, la détermination de la France est entière pour permettre avec la Russie et les Etats-Unis d’œuvrer à une solution négociée, je pense que c’est aujourd’hui possible, il y a eu des premiers gestes faits depuis le mois d’octobre, ce sont ceux-là que nous devons encourager, et c’est là que je mettrai l’énergie de la France.

Cela supposera de la part de tous un sens du compromis, une réelle volonté de réconciliation, et nous sommes prêts à jouer notre rôle, à cet égard. De mon échange de grande qualité avec le président Sarkissian, je retiens un message essentiel, que je voulais aussi ce soir vous adresser : nous avons besoin de la diaspora arménienne de France pour donner un éclat nouveau à notre relation. Nous avons un avenir commun à écrire, à construire.

De sa fidélité à ses origines, la diaspora arménien a fait une force, vous l’avez parfaitement rappelée et parfaitement illustrée, celle d’avancer et de construire. L’autre source de cette force, c’est la République française qui lui a donné au fil du temps toute sa place et toute sa dignité. Ce lien entre deux fidélités est précieux, parce qu’aucune de ces fidélités ne retranche quoi que ce soit à l’autre, ce lien est précieux pour préparer un avenir meilleur, et l’année qui vient offrira maintes occasions de le célébrer.

En mai, l’Arménie célébrera le centenaire de sa première indépendance, auquel se rendra Jean-Yves Le Drian pour montrer que nous sommes toujours là aux côtés de l’Arménie face aux défis qu’elle doit relever pour son développement et sa sécurité dans une région troublée. En octobre, Erevan célèbrera ses 2800 ans, elle nourrit avec Paris une amitié éternelle, madame la Maire l’a rappelée. Ces deux villes apprennent sans cesse l’une de l’autre, et je salue l’annonce faite par Anne Hidalgo, la semaine dernière, en présence du président, de l’ouverture d’une école TUMO du numérique qui permettra à des jeunes de se former à la programmation et au code, de cette inspiration que vous avez évoquée tout à l’heure.

Et au-delà même de l’utilité profonde, c’est un symbole, comme vous l’avez souligné, Madame la Maire, il y a quelques jours, de l’esprit qui nous anime, ne rien oublier du passé et trouver dans l’exemple de la force, qu’ont eue les survivants, l’élan pour avancer vers l’avenir, vers l’innovation. Et je salue également l’ouverture annoncée à Paris d’un centre de la culture et de la mémoire arménienne, auquel j’apporterai également mon soutien.

Viendra ensuite la visite d’Etat que j’effectuerai en Arménie, juste avant le sommet de la Francophonie. En octobre, l’Arménie accueillera le plus grand événement jamais organisé depuis son indépendance dans une région qui n’appartient pas à la Francophonie historique, mais où elle n’aspire qu’à se développer, et j’appelle chacun d’entre vous à participer au succès de ce grand moment, parce que vous avez un rôle particulier à jouer pour la préparation et la réussite de cet événement, pour que, au-delà de l’organisation de ce sommet, l’Arménie joue tout son rôle au sein de la Francophonie, pour la rebâtir dans l’intimité du pays, de ses projets de son avenir.

Ce doit être pour nous l’occasion de promouvoir la langue française en Arménie, qui a reculé au cours des dernières années, nous pouvons nous appuyer sur l’université française en Arménie, qui forme avec l’université Lyon III, en soutien, cher Georges, la future élite francophone du pays, dont la majorité des diplômés sont des femmes. Je salue aussi l’ouverture à la rentrée prochaine, en partenariat avec l’université Paul Paul-Sabatier de Toulouse, de la nouvelle filière mathématiques et informatiques de l’université française, qui permettra d’accompagner l’essor des nouvelles technologies en Arménie.

Et j’ai noté l’engagement de la présidente de la région Ile-de-France d’œuvrer à cette construction bilatérale dans les mois qui viennent avec les grandes universités de la région. Je souhaite que cette université se développe et s’internationalise pour ce qui est justement de notre université française en Arménie, en accueillant des étudiants de toute la région, comme je souhaite que se développe notre école française afin que l’Arménie dispose enfin d’une offre éducative complète en langue française, de la maternelle à l’université. Je vous sais, Messieurs, les Ambassadeurs, pleinement engagés dans ce combat, nous prendrons les décisions en conséquence pour que ce combat ait les résultats auxquels je me suis engagé.

J’ai demandé aussi au président Sarkissian son concours pour que nos établissements trouvent de nouvelles implantations qui leur permettent de se développer et de contribuer à l’ancrage de l’Arménie dans la Francophonie. Je souhaite aussi que ce sommet soit l’occasion de doter Erevan de la présence culturelle française qui lui manque. Le centre Charles Aznavour, qui ouvrira prochainement ses portes, pourra devenir la maison à partir de laquelle rayonnera la culture française en Arménie, en liaison avec nos opérateurs culturels et en lien, là aussi, avec vous tous.

Et je souhaite que dès l’automne prochain, nous puissions y apporter la démonstration concrète d’une présence renforcée et renouvelée. Enfin, je vous invite à devenir les acteurs du développement des relations économiques entre la France et l’Arménie, car nos échanges ne sont pas à la hauteur aujourd’hui de notre relation politique, dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de la santé, des nouvelles technologies, nous devons faire plus en Arménie, d’autant que ce pays dispose d’un accès direct à l’espace économique eurasiatique, à l’Iran, et vient de signer un accord de partenariat renforcé avec l’Union européenne.

Nous avons décidé avec le président d’organiser à l’occasion du sommet un forum économique qui permettra de créer un réseau mondial d’entrepreneurs francophones. Autour de ces projets, ce que nous préparons, c’est un nouveau départ concret pour l’Arménie avec toutes celles et ceux qui œuvrent pour la relation bilatérale et pour le développement culturel, économique de la Francophonie dans ce pays.

Quand je regarde l’assemblée de ce soir, je reconnais des entrepreneurs, des médecins, des universitaires, des professeurs, des architectes, des journalistes, des artistes, des acteurs de la vie politique, économique et intellectuelle de notre pays, je vois autant de forces vives prêtes à se mobiliser pour que la France réussisse sa relation avec l’Arménie et qu’elle le fasse, comme le dit l’artiste qui nous manque, parce qu’il est à nouveau en tournée ce soir, dans la langue de Molière, je sais que beaucoup d’entre vous, à l’instar du président du groupe d’amitié France-Arménie à l’Assemblée, présent lors de cette visite bilatérale de la semaine dernière, je sais que beaucoup d’entre vous pensent dans ces moments-là à leurs parents, à leurs grands- parents, à leur famille.

Je sais que beaucoup se disent qu’il leur revient aujourd’hui de maintenir ce fil en s’engageant à leur tour dans l’histoire des relations franco-arméniennes. C’est un engagement intime, et comme toujours depuis le début, c’est aussi un engagement pour la France. Alors à tous, je veux dire que oui, nous serons fidèles au message de Komitas, ne prendront soin des enfants, des enfants d’Arménie pour qu’ils construisent un avenir fécond avec la France, des enfants de France en construisant un pays fort, confiant en lui, ouvert sur le monde et ami de l’Arménie, des enfants du monde, en nous battant ensemble pour que chacun ait accès à l’éducation, l’emploi, à une place.

Toutes les violences et les tragédies qui ont jalonné l’histoire de l’Arménie comme l’histoire de la France ont eu leurs sources communes dans le déni d’humanité, notre parcours commun nous a appris tout ce qu’il est possible de construire, dans le respect et la confiance, c’est de cela que le monde a besoin, et c’est pour cela que l’amitié entre la France et l’Arménie ne cessera jamais.

Je vous remercie.


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Source/Lien : Présidence de la République française – Élysée.fr



   
 
   
 
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