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La fin des protocoles arméno-turcs : une leçon pour les dirigeants arméniens?
Publié le :

































Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "La semaine dernière, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, le président arménien a finalement déclaré nuls et non-avenus les tristement célèbres protocoles arméno-turcs. (...) Le long texte des protocoles appelait à l’ouverture des frontières entre l’Arménie et la Turquie et à l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Les protocoles contenaient aussi beaucoup d’autres sujets sans rapport, tels que la reconnaissance de la frontière arméno-turque actuelle et la création d’une commission historique chargée d’examiner les problèmes entre les deux pays, c’est-à-dire le génocide arménien. (...) Suite à cela, il y a eu un tollé mondial contre l’adoption des protocoles avec des protestations en Arménie et dans les communautés de la diaspora." Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 8 mars 2018.

Légende photo : Edvard Nalbandian, le ministre des Affaires étrangères arménien, et Ahmet Davutoglu, son homologue turc, échangent une poignée de main après la signature de l'accord, Zurich (Suisse), 10 octobre 2009

Le bandeau #FreeOsmanKavala
, situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017.


La fin des protocoles arméno-turcs devrait être une leçon pour les dirigeants arméniens

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 8 mars 2018

La semaine dernière, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, le président arménien a finalement déclaré nuls et non-avenus les tristement célèbres protocoles arméno-turcs. Depuis 2009, le président Sarkissian a plusieurs fois prévenu qu’il enlèverait les protocoles de l’agenda du Parlement, sauf si la Turquie les ratifiait rapidement. L’avertissement le plus récent du président Sarkissian a été fait en septembre dernier pendant son allocution à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il a affirmé qu’il déclarerait les protocoles nuls et non-avenus avant le printemps 2018.

Les protocoles ont été signés par le ministre des Affaires étrangères de l’Arménie, Edouard Nalbandian, et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, le 10 octobre 2009, à Zurich en Suisse. Les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la France, de la Suisse, la secrétaire d’État américaine et des officiels de haut rang de l’Union européenne étaient également présents à la cérémonie de signature.

Le long texte des protocoles appelait à l’ouverture des frontières entre l’Arménie et la Turquie et à l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Les protocoles contenaient aussi beaucoup d’autres sujets sans rapport, tels que la reconnaissance de la frontière arméno-turque actuelle et la création d’une commission historique chargée d’examiner les problèmes entre les deux pays, c’est-à-dire le génocide arménien.

Suite à cela, il y a eu un tollé mondial contre l’adoption des protocoles avec des protestations en Arménie et dans les communautés de la diaspora. Peu avant la signature des protocoles le 10 octobre 2009, le président Sarkissian a entamé une tournée mondiale des plus grandes communautés arméniennes, à Paris, New York, Los Angeles, Beyrouth et Rostov-sur-le-Don (Russie) pour soi-disant écouter leurs préoccupations concernant les protocoles. Toutefois, à entendre ses commentaires pendant ces réunions, il était clair qu’il avait déjà pris sa décision d’aller de l’avant avec les protocoles, et que le but de la tournée était de persuader les Arméniens de la diaspora de renoncer à leurs objections. Pendant ses visites à l’étranger, le président Sarkissian a été accueilli par de vives protestations et des confrontations, ce qui a fait de sa tournée de propagande un échec.

Lors du passage du président Sarkissian à Los Angeles le 4 octobre 2009, il a rencontré les responsables de 60 organisations arméniennes : une grande majorité d’entre elles ont critiqué les protocoles, tandis que des milliers d’Arméniens manifestaient devant l’hôtel où la réunion avait lieu.

Dans mes remarques pendant la réunion, j’ai mis en garde le président Sarkissian, car Ilham Aliyev, le président de l’Azerbaïdjan, en s’opposant aux protocoles, bloquerait leur éventuelle ratification par la Turquie. Ironiquement, ce résultat signifierait que ce serait le président de l’Azerbaïdjan, et non le président arménien, qui défendrait sans le vouloir les intérêts de l’Arménie.

Pour de nombreux Arméniens, tant en Arménie qu’en dehors, il était clair que la Turquie n’avait pas l’intention d’ouvrir sa frontière commune. Les protocoles étaient une ruse turque pour faire pression sur l’Arménie afin de la pousser à faire des concessions territoriales à l’Azerbaïdjan sur le Karabagh (Artsakh).

De fait, la cérémonie de signature en 2009 a été retardée de plusieurs heures, quand on a appris que dans son discours, le ministre turc des Affaires étrangères allait relier le sujet sans rapport du conflit du Karabagh aux protocoles. L’intervention de dernière minute de la secrétaire d’État Hillary Clinton a temporairement résolu la dispute et les deux parties ont signé les protocoles.

Cependant, dans les années qui ont suivi la cérémonie, les responsables turcs ont déclaré plusieurs fois qu’ils n’avaient pas l’intention de ratifier les protocoles à moins que l’Arménie fasse des concessions sur le Karabagh. De fait, l’Azerbaïdjan avait fortement protesté contre la signature des protocoles et averti la Turquie de ne pas les ratifier. En maintenant fermée la frontière entre l’Arménie et la Turquie, l’Azerbaïdjan voulait faire pression sur l’Arménie pour qu’elle fasse des concessions territoriales sur le Karabagh.

Les responsables arméniens ont permis à de grandes puissances étrangères d’exercer des pressions sur eux, pour qu’ils prennent une décision allant à l’encontre des intérêts du peuple arménien. L’Arménie étant un petit pays, on peut comprendre qu’elle ne peut pas agir comme son voisin turc, plus grand et plus puissant, qui fait sans cesse fi des souhaits de la communauté internationale. Toutefois, les dirigeants arméniens pourraient au moins faire un effort pour maintenir les interventions étrangères à un niveau minimum.

Une autre leçon que les dirigeants de l’Arménie doivent retenir de la débâcle des protocoles est qu’avant de s’engager dans des initiatives qui affectent les intérêts arméniens dans le monde entier, ils devraient organiser des consultations sérieuses pour s’assurer que la majorité des Arméniens en Arménie et dans la diaspora sont d’accord avec leurs décisions. Naturellement, les affaires internes touchant ceux qui vivent en Arménie sont leurs prérogatives ; cependant, les questions affectant tous les Arméniens, tel que le génocide arménien, les demandes territoriales à la Turquie et la résolution finale du conflit de l’Artsakh sont des préoccupations majeures pour tous les Arméniens. Bien avant de signer tout document sur ces sujets, la gouvernance arménienne devrait s’assurer que la plupart des Arméniens sont d’accord. Sinon, nous allons assister à la répétition d’horribles confrontations en Arménie et dans la diaspora avec les autorités arméniennes.

J’évoque ces préoccupations en réponse aux deux déclarations du président Sarkissian de la semaine dernière :

1) « Quand nous entamons un processus de négociations, nous prévoyons naturellement deux résultats -- positif ou négatif. »

2) « Si nous avons de nouvelles propositions demain, ou le jour d’après, nous serons prêts à discuter avec eux. »

Les déclarations du président Sarkissian indiquent que les leaders arméniens n’ont pas compris leur approche erronée des problèmes arméno-turcs. Il est faux de dire que l’Arménie n’a rien perdu. La Turquie a manipulé les protocoles pour s’assurer qu’aucun pays étranger ne se mêlerait du problème du génocide arménien. D’ailleurs, le président Obama a également exploité les protocoles en s’abstenant d’utiliser le terme génocide arménien dans sa déclaration du 24 avril 2009 et les sept années suivantes.

De plus, les déclarations du président Sarkissian montrent que l’Arménie est apte à faire la même erreur. Pendant des années, il a déclaré que l’Arménie serait prête à ratifier les protocoles le jour même où la Turquie les ratifierait. Heureusement, la Turquie ne les a jamais ratifiés, empêchant ainsi l’Arménie d’agir contre ses propres intérêts nationaux !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 8 mars 2018 – www.collectifvan.org




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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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