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Karabagh : L’Azerbaïdjan dénature les résolutions de l’ONU (II)
Publié le :


































Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "La semaine dernière, j’ai décrit la manière dont l'Azerbaïdjan dénaturait deux des quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU adoptées en 1993. Je vais aujourd’hui présenter les deux autres résolutions (...) Les Azéris, qui continuent de déformer les quatre résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, devraient s’abstenir d’accuser l’Arménie de violer ces résolutions quand, de fait, l’Azerbaïdjan est le pays qui ne s’y conforme pas." Harut Sassounian poursuit ici son analyse des distorsions et falsifications de l'Azerbaïdjan concernant les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU de 1993 au sujet du Haut-Karabagh (dénommé Artsakh en arménien). Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 29 mars 2018.

Légende photo : Le bandeau #FreeOsmanKavala, situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017.


Comment l’Azerbaïdjan dénature les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 29 mars 2018

(2e partie)

La semaine dernière, j’ai décrit la manière dont l'Azerbaïdjan dénaturait deux des quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU adoptées en 1993. Je vais aujourd’hui présenter les deux autres résolutions :

Extraits de la résolution 874 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 14 octobre 1993 :

« Demande aux parties concernées de rendre effectif et permanent le cessez-le-feu instauré comme suite aux contacts directs établis avec le concours du Gouvernement de la Fédération de Russie en soutien au Groupe de Minsk de la CSCE. »

« Se déclare convaincu que toutes les autres questions en suspens soulevées par le conflit et non directement visées par le "Calendrier modifié" devraient être réglées sans tarder au moyen de négociations pacifiques dans le cadre du processus de Minsk de la CSCE. »

« Demande que soient immédiatement appliquées les mesures réciproques et urgentes que prévoit le « Calendrier modifié » du Groupe de Minsk de la CSCE, y compris le retrait des forces des territoires récemment occupés et la suppression de tous les obstacles aux communications et aux transports. »

« Demande à toutes les parties de s’abstenir de toute violation du droit international humanitaire, et demande de nouveau, comme il l’a fait dans les résolutions 822 (1993) et 853 (1993), que soit assuré le libre accès des secours humanitaires internationaux dans toutes les zones touchées par le conflit. »

« Prie instamment tous les États de la région de s’abstenir de tout acte d’hostilité et de toute ingérence ou intervention qui auraient pour effet d’élargir le conflit et de porter atteinte à la paix et à la sécurité dans la région. »

L’Azerbaïdjan a violé chacune des clauses ci-dessus. En plus des violations fréquentes des cessez-le-feu conclus, les forces azéries ont attaqué l’Artsakh en avril 2016, causant de graves dommages dans les villes frontalières et tuant des civils. Les forces armées de l’Azerbaïdjan ont commis un acte barbare et un crime de guerre, en coupant les oreilles de vieux villageois arméniens et en décapitant plusieurs soldats arméniens !

Extraits de la résolution 884 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 12 novembre 1993 :

« Demande au Gouvernement arménien d’user de son influence pour amener les Arméniens de la région du Haut-Karabagh de la République azerbaïdjanaise à appliquer les résolutions 822 (1993), 853 (1993) et 874 (1993), et de veiller à ce que les forces impliquées ne reçoivent pas les moyens d’étendre leur campagne militaire. »

En général, les responsables arméniens ne répondent pas aux accusations azéries concernant les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et n’essaient pas non plus de rétablir les faits. La seule exception a été l’allocution du président Serge Sarkissian à l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre 2014.

Le président Sarkissian a déclaré :

« Puisque nous discutons du règlement du conflit du Haut-Karabagh, je me dois d’aborder les quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU adoptées pendant la guerre et qui ont été à maintes reprises utilisées par les autorités azerbaïdjanaises pour justifier leur obstruction politique. »

« Il s’agit de ces quatre résolutions qui avaient exigé sans condition et de manière prioritaire la cessation de toutes les hostilités militaires. L’Azerbaïdjan n’a pas respecté ces résolutions. L’Azerbaïdjan n’a pas respecté les mesures fondamentales qui figurent dans ces résolutions, ce qui a rendu impossible leur pleine mise en œuvre. Les résolutions susmentionnées appellent les parties à cesser les bombardements et les frappes aériennes ciblant la population civile pacifique, à s’abstenir de violer les principes du droit international humanitaire, mais l’Azerbaïdjan a poursuivi ses bombardements aveugles de la population civile. L’Azerbaïdjan n’a épargné ni les enfants, ni les femmes, ni les personnes âgées, bafouant ainsi toutes les normes juridiques et morales du droit international humanitaire. »

« Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan fait référence avec cynisme à ces résolutions, les sortant de leur contexte, et ce pour poser des conditions préalables au règlement du problème. Il n’est pas possible d’interpréter de façon adéquate les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, si l’on ne comprend pas la hiérarchie des demandes figurant dans ces résolutions. »

« Les résolutions exigent, entre autres, le rétablissement des liens économiques, de transport et énergétiques dans la région, (résolution 853 du Conseil de sécurité) ainsi que la suppression de tous les obstacles à la communication et aux transports. Ce n’est pas un secret que l’Azerbaïdjan et la Turquie ont imposé un blocus sur le Haut-Karabagh et la République d’Arménie, et ce depuis le début du conflit. Le président de l’Azerbaïdjan en est fier d’ailleurs ; il le dit dans ses déclarations. Il dit que cela demeurera une priorité de la politique étrangère de l’Azerbaïdjan. »

« Les résolutions du Conseil de sécurité susmentionnées appellent l’Azerbaïdjan à établir un contact direct avec le Haut-Karabagh. L’Azerbaïdjan a refusé d’établir tout contact direct avec le Haut-Karabagh, alors que le Haut-Karabagh est une partie juridique légale à l’accord de cessez-le-feu conclu en 1994, ainsi qu’aux autres accords internationaux ; de plus, l’Azerbaïdjan prêche l’idéologie de la haine à l’encontre de personnes et d’individus qu’il prétend vouloir avoir dans son État. »

« Aucune des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU n’identifie l’Arménie comme une partie au conflit. Notre pays est seulement appelé ‘à continuer d’exercer son influence’ sur les Arméniens du Haut-Karabagh (résolutions 853, 884) pour faire cesser le conflit. L’Arménie a respecté pleinement les résolutions et grâce à elle un accord de cessez-le-feu a été conclu en 1994. Toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaissent que le Haut-Karabagh est une partie au conflit. »

« Les autorités azéries n’ont pas mis en œuvre les demandes fondamentales des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, et n’ont pas respecté non plus les normes humanitaires. »

« L’Azerbaïdjan, d’ailleurs, a bafoué ces demandes régulièrement. Le traitement cruel et inhumain par l’Azerbaïdjan des prisonniers de guerre, des civils arméniens, a bien souvent conduit à leur décès. Mais, je pense que nous ne devrions pas être surpris, car ce même État réprime et traite de manière tout aussi inhumaine son propre peuple. Une preuve claire de cela réside dans la décision adoptée par le Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture, qui a décidé de suspendre ses visites en Azerbaïdjan en raison des obstructions auxquelles il s’est heurté dans la conduite de sa mission officielle à Bakou. »

« La coprésidence du groupe de Minsk de la CSCE est la seule structure spécialisée qui est chargée de régler le problème du Haut-Karabagh et ce en vertu du mandat qui lui a été confié par la communauté internationale. L’Azerbaïdjan est conscient du fait qu’il n’est pas possible de tromper ou de désinformer le Groupe de Minsk, qui connaît parfaitement l’origine et l’essence du problème. Cependant, l’Azerbaïdjan essaie tout de même de transposer le règlement du conflit vers d’autres instances en essayant de dépeindre ce conflit comme un conflit territorial, ou en exploitant le facteur de la solidarité religieuse. Cela n’a pas de sens, car l’Arménie entretient des relations très chaleureuses avec les pays musulmans tant dans le monde arabe qu’avec son proche voisin, l’Iran.

J’aimerais résumer mes points clés sur les déformations des quatre résolutions du Conseil de sécurité par l’Azerbaïdjan :

1) Les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ont été adoptées au plus fort de la guerre entre l’Artsakh, l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 1993. Ces résolutions reflètent les conditions sur le terrain à cette époque-là. Depuis lors, la situation a énormément changé.

2) En dépit du cessez-le-feu signé en 1994 entre l’Arménie, l’Artsakh et l’Azerbaïdjan, ce dernier ne cesse de violer tant le cessez-le-feu que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, avec ses attaques fréquentes en Artsakh et en Arménie.

3) L’Azerbaïdjan s’oppose à la participation de l’Artsakh aux négociations, bafouant de ce fait les résolutions de l’ONU.

4) Les coprésidents du Groupe de Minsk, composé des États-Unis, de la France et la Russie, sont les médiateurs officiels du conflit de l’Artsakh, et non pas le Conseil de sécurité de l’ONU ou l’Assemblée générale de l’ONU.

5) De fait, quand l’Azerbaïdjan a soulevé le problème de l’Artsakh à l’Assemblée générale de l’ONU en 2008, les trois coprésidents du Groupe de Minsk ont voté contre. La proposition de l’Azerbaïdjan a été adoptée par un petit nombre d’États. La grande majorité s’est abstenue.

6) En imposant un blocus à l’Artsakh, l’Azerbaïdjan viole les quatre résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

7) Fait très important, dans les résolutions du Conseil de sécurité, l’Arménie est citée non pas en tant que partie au conflit, mais uniquement comme intermédiaire, afin de convaincre les Arméniens de l’Artsakh de se conformer à ces résolutions. Le président de l’Azerbaïdjan, Heydar Aliyev, avait reconnu ce fait lors de son discours au Parlement le 23 février 2001 : « Quatre résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies… Il est écrit dans ces résolutions que l’armée d’occupation devait quitter les territoires occupés en Azerbaïdjan. Mais il n’y a pas le mot « Arménie », c’est-à-dire qu’il n’est pas écrit « les forces armées arméniennes ». Mais dans l’une des résolutions, il est demandé que l’Arménie exerce son influence sur le Karabagh (Haut-Karabagh). En réalité, c’est une guerre arméno-azérie. En réalité, l’Arménie a agressé l’Azerbaïdjan. Cependant, personne ne reconnaît l’Arménie comme un agresseur dans aucun document de toute organisation internationale…. »

Les Azéris, qui continuent de déformer les quatre résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, devraient suivre l’exemple de l’ex-président Heydar Aliyev et s’abstenir d’accuser l’Arménie de violer ces résolutions quand, de fait, l’Azerbaïdjan est le pays qui ne s’y conforme pas.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 29 mars 2018 – www.collectifvan.org


Lire aussi:

Karabagh : L’Azerbaïdjan dénature les résolutions de l’ONU (I)



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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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