Aujourd'hui : Samedi, 21 septembre 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Génocide arménien/Turquie : un discours négationniste systématiquement propagé
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction du compte-rendu en anglais en ligne sur Armenian Weekly et se faisant l'écho des trois conférences données dans le cadre du Symposium-Débat "Les Arméniens et la Gauche" qui s'est tenu à New-York le 31 mars 2007. Nous commençons la mise en ligne par le Panell III qui traite de la controverse portant sur la manière dont les Arméniens et les Turcs peuvent traiter l’héritage du génocide arménien, et la violente campagne de la Turquie qui le nie.








Panel III : Asymétrie du pouvoir, politique de reconnaissance et construction d’une coalition


De Andy Turpin - The Armenian Weekly www.armenianweekly.com

14 avril 2007 - CAMBRIDGE, Mass. (A.W.)

Le 31 mars, moins d’un an après la conférence couronnée d’un grand succès « Les Arméniens et la Gauche » (AATL) à New York, de nombreux activistes, étudiants et intellectuels de tout le Nord-Est, ont convergé vers l’université d’Harvard pour un symposium d’une journée organisé par AATL. Co-sponsorisé par le Centre de Recherches sur le Moyen Orient de Harvard, le symposium a réuni d’éminents journalistes et critiques arméniens, des activistes écologistes qui travaillent en Arménie aujourd’hui, et des partisans au franc-parler du dialogue arméno-turc. Les participants ont critiqué les élites dirigeantes oligarchiques et les ploutocrates - en Arménie, dont la complicité dans la corruption endémique a créé d’immenses inégalités qui font courir des risques à l’Arménie elle-même. Ils ont aussi visé l’État turc qui crée un environnement d’impunité, comme on l’a vu avec le récent assassinat du journal d’origine arménienne à Istanbul, Hrant Dink. Des membres de l’audience se sont engagés dans un dialogue actif, posant des questions brûlantes, et ces discussions étaient aussi substantielles que les présentations. Conçues par la FRA de la Région Est des USA, les séries de forums publics et de conférences organisées par les Arméniens et la Gauche, se sont efforcées de présenter les thèmes arméniens dans un contexte global et progressiste. Ces conférences désirent en appeler à tous ceux - Arméniens et non-Arméniens - qui font preuve d’un esprit engagé et qui ont une opinion sur les problèmes communs aux peuples dépossédés, et que les menaces qui pèsent sur le monde et les peuples inquiètent.

Lors de la session plénière finale, animée par Dikran Kaligian, les professeurs Peter Balakian, Université Colgate, Halil Berktay, Université de Sabanci en Turquie et Henry Theriault, Worcester State College, ont exploré la controverse portant sur la manière dont les Arméniens et les Turcs pouvaient honnêtement traiter l’héritage du génocide arménien, et la violente campagne de la Turquie qui le nie.

En hommage à Hrant Dink, un clip basé sur un poème intitulé “Lettre à Hrant,” écrit par Khatchig Mouradian, a été diffusé. Henry Theriault, directeur du Centre des Droits Humains à Worcester State College, a pris la parole en premier, sur le sujet de la dynamique des relations arméno-turques, dont on ne parle pas assez. Theriault a dit tout d’abord, que la réconciliation ne pouvait pas être le but du dialogue arméno-turc, car cela présuppose une relation qui aurait été auparavant équilibrée et équitable, alors que les Turcs, jusqu’à ce jour, ont conservé une attitude dominante.

Theriault a aussi averti que permettre la reconnaissance du génocide arménien était une condition primordiale pour réformer la société turque contemporaine. Si le but est important, il fait remarquer qu’il ne peut supplanter le besoin plus profond de restitution et de réparation pour le groupe victime. “Rien, à mon avis, ne pourra faire en sorte que nous nous sentions bien en notre âme et conscience vis-à-vis du génocide arménien,” dit-il “Nous pouvons mieux traiter ce sujet, mais c’est un chapitre de l’histoire qu’il nous faut accepter. Cela est vrai dans une perspective arménienne et turque.”

Il continue : “Cela ne veut pas dire qu’ils [les Turcs] ne progresseront pas, et cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de changements sociaux positifs, qui assureront que cela ne se reproduira plus, et qu’ils ne commenceront pas à réparer les dommages portés à leur relation avec les Arméniens, mais cela sera quand même difficile. Et je pense qu’il en sera ainsi. C’est ce qui nous garde conscient de l’horreur du génocide. Vous ne pouvez pas vraiment surmonter cela. Il n’est pas question de dire, je suis désolé, car il n’y a pas de solution.”

Theriault a comparé l’assassinat du journaliste turco-arménien Hrant Dink à ceux des leaders des mouvements pour les Droits Civiques en Amérique. “Nous devons comprendre qu’il ne s’est pas levé pour se dresser contre la société turque. Il s’est levé pour être sur un pied d’égalité. Pour être traité comme un être humain qui aurait le droit de dire ce qu’il veut dire...”

La présentation du Prof. Theriault s’est centrée sur les manières par lesquelles l’échec de la reconnaissance de l’inégalité des forces dans les relations arméno-turques a sapé les efforts de dialogue, tout en maintenant une domination turque sur la relation même avec les Arméniens. Les efforts de dialogue entre Arméniens et Turcs, au cours de cette dernière décennie, ont pris diverses formes, allant de discussions informelles par email à des conférences universitaires. Et pourtant, ils ont tous en commun la même hypothèse structurelle : les participants Arméniens et Turcs, pris comme des représentants de leurs communautés respectives, sont traités comme des parties égales dans une structure équilibrée.

Theriault fait remarquer que ce postulat ignore la nature de base des relations arméno-turques, qui a été et qui reste une relation de domination. Il argue du fait que le changement positif et significatif des relations arméno-turques ne surviendra que lorsque cette question de domination prendra une place centrale. “Les Arméniens et les Turcs d’aujourd’hui vivent dans une relation de domination”.

Cette relation prend racine dans le système des vilayets établi dans l’Empire ottoman, système qui faisait des Arméniens des citoyens de seconde classe. “Cela a donné naissance à une période d’hyper domination qui a culminé avec le génocide arménien, par lequel ce n’était pas simplement le contrôle et le pouvoir qui étaient en jeu, c’était la domination totale des Arméniens, au point qu’ils en sont arrivés à éliminer les Arméniens de leur terre.”

La période post génocide, dit-il, a servi à consolider cette hiérarchie d’hyper domination, mise en évidence avec le génocide. “Le génocide n’a jamais été traité dans cette optique, ce qui est peut-être la raison de ce mouvement vers le dialogue, étudier comment le génocide a transformé la relation entre Turcs et Arméniens.” Il fait remarquer que la Turquie et les Turcs doivent être conscients de leur attitude de supériorité préjudiciable envers les Arméniens.

“Dans les génocides, lorsque la tuerie s’achève, la relation de domination envers l’autre ne prend pas fin. De nombreux Turcs progressistes, bien qu’ils désirent avoir une relation constructive avec les Arméniens, conservent toujours ce sentiment de supériorité.”

Theriault dit que les deux camps doivent être vigilants, non seulement pour entretenir de bonnes relations futures, mais aussi pour avoir conscience de la dynamique de la relation. “Lorsque la question du génocide arménien devient un sujet qui ne concerne que la société turque [et sa démocratisation] et non les victimes de la communauté victime, les Arméniens sont instrumentalisés dans un autre processus. C’est s’engager sur une voie dangereuse.”

Peter Balakian, professeur en Science Humaines à l’Université Colgate, également auteur de l’ouvrage Le tigre en flammes, prend ensuite la parole. Balakian fait remarquer combien la prévalence du génocide a été importante dans les médias et dans la politique, après des années de marginalisation. “Et pourtant, alors qu’une sorte d’étape a été franchie, il y a aussi eu un violent retour de flammes émanant des forces en Turquie. Cela a créé une impasse, un conflit, un problème qui doit être résolu, à défaut d’être étudié.”

Sur le meurtre de Hrant Dink, il dit : “Il prenait l’idée d’une société démocratique très au sérieux, et c’est pour cela qu’il a été assassiné. Il vivait dans un espace civique fragile, au sein du monde complexe de la Turquie.” Il a ensuite expliqué comment la dynamique du pouvoir motivait toujours tous les aspects du génocide. “Dans ce dialogue en cours, entre Turcs et Arméniens, il semble important que les Turcs admettent la question du pouvoir, et de son asymétrie en 1915, et comment elle perdure entre nos deux cultures.”

“Les Arméniens se sont souvent sentis, et il se sentent encore, coincés dans un syndrome de réactivité, en raison de cette asymétrie inhérente au pouvoir.’’ “Ne pas reconnaître ce fait, revient à décontextualiser l’histoire. Je dois dire que je ne souhaite pas passer le reste de ma vie à réagir au négationnisme turc. J’adorerai un jour pouvoir jouer au golf.”

Eu égard aux efforts du gouvernement turc pour empêcher l’adoption de la résolution sur le génocide au Congrès américain, il a déclaré : “Les sénateurs américains m’ont dit qu’au cours de toutes ces décennies au Capitole, ils n’avaient encore jamais vu un pays étranger venir dans leurs salles, ni un gouvernement, pour intervenir ou tenter d’intervenir sur quelque sujet que ce soit, comme le fait la Turquie à présent.”

Il a parlé de l’évolution des deux communautés, comment “les Arméniens devaient toujours être à la recherche de moyens d’apaisement, de progresser et de ne pas s’enliser dans leur rage ou leur rigidité.” Il a ajouté : “Les Arméniens doivent écouter les Turcs parler de leurs problèmes, de leurs angoisses, de leurs traumatismes et de leurs points de vue différents sur le monde.”

Balakian a terminé sur une note universelle et progressiste de solidarité entre la jeunesse arménienne et turque, en disant : “Les Arméniens, tant dans la République d’Arménie que dans la diaspora, doivent se libérer des stéréotypes et des notions essentialistes sur les Turcs. Ils doivent s’ouvrir à la complexité de la société turque. La semaine dernière, plus d’une centaine d’étudiants de l’Université de Bogazici à Istanbul ont manifesté, avec le slogan ‘Contre l’obscurantisme’ et ils ont scandé le nom de Hrant Dink et ont affirmé leur solidarité avec les Arméniens.

Voici les forces auxquelles les Arméniens doivent se joindre, s’ils le peuvent, et avec lesquelles ils doivent travailler.”

Suite aux déclarations de Balakian, Halil Berktay, professeur d’histoire à l’Université Sabanci à Istanbul et chercheur invité à Harvard, a parlé de ses propres expériences et des perspectives des relations arméno-turques. Il a posé les bases de son analyse en révélant son parcours personnel et idéologique.

“J’ai l’impression que, puisque ceci est un panel et un symposium intitulé « Les Arméniens et la Gauche », c’est une partie de mon histoire personnelle, elle a appartenu à la Gauche - ou la Gauche turque, mais, probablement, à une Gauche plus internationale - depuis des temps immémoriaux.’’ “L’histoire de ma famille, depuis mon plus jeune âge, fut celle de la persécution et de la mort. J’avais quatre lorsque mon père fut enlevé à l’époque où le Maccarthisme américain s’appliqua en Turquie, et j’ai passé quelques années de mon enfance en prison.”

Berktay a raconté que dans les années 60 et 70, alors qu’il commençait à s’engager dans l’association des Étudiants pour une Société Démocratique, à l’Université Yale, il a été rapidement entraîné dans le mouvement anti-guerre, et suite à son retour en Turquie en 1969, dans le mouvement de la gauche turque.

Depuis lors, ses idées sur le monde sont plus modérées et analytiques. “J’ai conservé certaines notions de stratégie et de tactiques utiles à la formation d’alliances à des fins pacifiques et démocratiques.” “C’est en instaurant un dialogue, en parlant de nos forces et de nos faiblesses relatives respectives,” continua-t-il, “que nous pourrons peut-être dresser une feuille de route plus sophistiquée et globale qui nous débarrassera de cette pierre [le négationnisme turc d’Etat].

De là, nous obtiendrons une reconnaissance émotionnelle et mentale, et donc un aboutissement pour les Arméniens du monde entier. Pour les Turcs, cela signifie une démocratisation globale et sincère de la société turque.” Berktay a reconnu que certaines de ses opinions étaient souvent opposées à celles de Henry Theriault, et qu’en tant qu’historien turc qui reconnaît le génocide, il parlerait moins de la réalité historique, mais davantage “de la politique de la société civile”, de la reconnaissance et de l’obtention de la reconnaissance.

Pour que ses idées sur le génocide soient bien claires, Berktay s’est expliqué plus en détail : “Si vous voulez poser la question : ‘Est-ce que cela correspond aux définition actuelles et disponibles d’un génocide ?’ [ma réponse serait] bien sûr cela correspond, bien sûr c’est un génocide. Laissons de côté les massacres qui ont suivi etc. Si nous prenons simplement les lois et les ordres de déportation, car il n’y a pas eu de discrimination faite pour savoir si ces Arméniens appartenaient au parti Dashnak ou non, s’ils étaient impliqués dans des activités Henchak, ou quoi ou qu’est-ce, aucune preuve n’a été donnée ou définie, puisqu’ils visaient un groupe ethno-confessionnel dans sa totalité, simplement car ils étaient Arméniens.

Selon les termes de la Convention de 1948 —même s’il n’y avait pas eu un seul mort—cela équivaut à détruire le caractère social et culturel, l’existence de tout un groupe social ou religieux, ou d’une minorité, ou quel que soit le terme dont vous le qualifiez.” Il a ensuite parlé de la formation de l’Organisation Spéciale chargée de l’application de la politique du génocide concoctée par Talaat, Enver et Djemal Pasha, en notant :

“Il est tout à fait évident que [le génocide] est le résultat de deux différentes séries d’ordres donnés par Istanbul” les ordres de déportations et les ordres de massacres. En tant qu’historien émérite, il a reconnu, “Avons-nous des preuves concrètes de ces ordres secrets?

Non, nous n’en avons pas. Ce qui revient à dire, nous n’avons pas un seul télégramme que nous pourrions montrer qui prouverait que des fonctionnaires ont reçu des ordres pour massacrer tel ou tel groupe d’Arméniens. Mais nous possédons une quantité énorme de preuves directes ou indirectes, et des preuves factuelles, et que les choses soient dans l’illégalité ou hors de la légalité, ce qu’il s’est passé est très clair.

Nous avons, ce que selon l’expression américaine, l’on pourrait qualifier de preuve flagrante (smoking gun).” Il estime que les massacres de 100 000 à 150 000 Grecs par les Turcs à Mamara, en 1913-14, étaient “une répétition” du génocide arménien. Berktay a ensuite établi une chronique de l’histoire du négationnisme et du révisionnisme historique turc concernant le génocide.

“Un aspect intéressant du négationnisme nationaliste turc de cette fin de 20e siècle, début du 21e, est que ses porte-paroles ou ses partisans ont, semble-t-il, cessé de lire ou ont oublié tous les mémoires et les reportages des journaux publiés dans les années 1920 et 1930. Dans les années 30, le négationnisme n’existait pas. Dans la société turque à la fin des années 1920 et dans les années 1930, le fait que les Arméniens de l’Empire ottoman avaient été déracinés, exterminés ou annihilés, n’était pas remis en cause. Il y avait deux opinions : est-ce que ce fut bien ou mal ? Mais il n’y avait aucune remise en cause de ce qu’il s’était passé. Ces sources sont facilement accessibles aujourd’hui. Ce ne sont pas les documents d’archives dont nous parlons.”

Pourquoi le négationnisme prévaut tellement dans la société turque aujourd’hui, Berktay explique : “L’appareil national éducatif et les médias étant quasiment aux mains de l’État-Nation, vous pouvez observer comment une amnésie complète peut se développer en une génération ou une génération et demie. De plus, c’est depuis la fin des années 1960 et en 1970 qu’un discours négationniste global a été forgé et systématiquement propagé. Il a été, au moins en partie, lié - à l’époque - aux tentatives d’assassinat des diplomates turcs.”

Berktay a décrit le statu quo de l’État turc, en disant : “Ce discours négationniste est devenu de plus en plus établi, absolu, allant bien au-delà de ses objectifs stratégiques. Passé un certain point, je voudrais dire que la classe politique turque a fini par s’en convaincre. Plus on l’assénait, plus il devenait une sorte de ligne nationale, et il était politiquement impossible de s’en dégager.”

Il continue : “La plus grande faiblesse de la Turquie est l’énorme écart qui s’est creusé entre la connaissance nationale et la connaissance mondiale, qui a permis à l’État d’affirmer constamment que ces déclarations étaient fausses et non fondées et imposées aux Turcs par des pays étrangers. Nous devons continuer de nous battre pour que la société turque soit informée et éduquée. Je ne dis pas qu’il faille convaincre chacun des 80 millions de Turcs que c’était un génocide, mais qu’au moins nous soyons capables de démocratiser et de normaliser la discussion à l’intérieur de la société turque.”

Berktay a affirmé qu’il existe un grand nombre de Turcs libéraux ou proches des libéraux, ou des dissidents qu’il faudrait approcher car, “La société turque est grande et donc hétérogène. Elle est bien plus hétérogène que les Arméniens ou les Grecs se l’imaginent. Ceci ne s’applique pas uniquement en terme de différences régionales, mais en terme de différences politiques et éducatives.”

Enfin, il a remercié la diaspora arménienne pour sa vaste production de mémoires et d’œuvres littéraires sur le génocide et il lui a recommandé de continuer. Mais il a prévenu, “Ne prenez pas de raccourcis et ne réduisez pas tout au seul mot de génocide, car il deviendrait un mot galvaudé, un cliché qui résumerait tout ce qui a précédé, et qui en serait un substitut, devenant ainsi une sorte de mot crypté, difficile à déchiffrer pour les non initiés.”

(Sevag Arzoumanian et Doug Geogerian ont contribué à cet article)

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org


Photo : Le Professeur Halil Berktay, Université de Sabanci en Turquie

Arménie : Les oligarques, les injustices sociales et les médias


Arménie : Politique environnementale et besoins énergétiques





Retour Ă  la rubrique


Source/Lien : The Armenian Weekly



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org