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Arménie : Les oligarques, les injustices sociales et les médias
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction du compte-rendu en anglais en ligne sur Armenian Weekly et se faisant l'écho des trois conférences données dans le cadre du Symposium-Débat "Les Arméniens et la Gauche" qui s'est tenu à New-York le 31 mars 2007. Voici le Panel I dont le sujet est : "Les oligarques, les injustices sociales et les médias en Arménie".


Les Arméniens et la Gauche, le symposium débat des questions urgentes en Arménie et en Turquie



De Andy Turpin - The Armenian Weekly www.armenianweekly.com

14 avril 2007 - CAMBRIDGE, Mass. (A.W.)

Le 31 mars, moins d’un an après la conférence couronnée d’un grand succès « Les Arméniens et la Gauche » (AATL) à New York, de nombreux activistes, étudiants et intellectuels de tout le Nord-Est, ont convergé vers l’université d’Harvard pour un symposium d’une journée organisé par AATL. Co-sponsorisé par le Centre de Recherches sur le Moyen Orient de Harvard, le symposium a réuni d’éminents journalistes et critiques arméniens, des activistes écologistes qui travaillent en Arménie aujourd’hui, et des partisans au franc-parler du dialogue arméno-turc. Les participants ont critiqué les élites dirigeantes oligarchiques et les ploutocrates - en Arménie, dont la complicité dans la corruption endémique a créé d’immenses inégalités qui font courir des risques à l’Arménie elle-même. Ils ont aussi visé l’État turc qui crée un environnement d’impunité, comme on l’a vu avec le récent assassinat du journal d’origine arménienne à Istanbul, Hrant Dink. Des membres de l’audience se sont engagés dans un dialogue actif, posant des questions brûlantes, et ces discussions étaient aussi substantielles que les présentations. Conçues par la FRA de la Région Est des USA, les séries de forums publics et de conférences organisées par les Arméniens et la Gauche, se sont efforcées de présenter les thèmes arméniens dans un contexte global et progressiste. Ces conférences désirent en appeler à tous ceux - Arméniens et non-Arméniens - qui font preuve d’un esprit engagé et qui ont une opinion sur les problèmes communs aux peuples dépossédés, et que les menaces qui pèsent sur le monde et les peuples inquiètent.

Panel I : Les oligarques, les injustices sociales et les médias en Arménie

Les participants au panel sur “les médias et les injustices sociales en Arménie,” animé par Antranig Kasbarian, étaient : le plus éminent journaliste arménien d’investigation, Edik Baghdasaryan de Hetq (www.hetq.am), Khatchig Mouradian du journal Armenian Weekly, la professeure Gayane Torosyan de l’Université de New York et Steve Kurkjian du Boston Globe. Le Dr. Gayane Torosyan, assistante dans le Département de Communication de l’Université de New York-Oneonta, a pris la parole.

”La prétendue sphère publique en Arménie est fortement dominée par divers partis politiques et groupes d’intérêt, au lieu d’être une réelle place publique ouverte aux débats de société, a-t-elle déclaré. Torosyan dit que le facteur principal était le monopole que détient le milieu des affaires sur les médias. “Au lieu de payer pour de la publicité à la télévision, à la radio ou dans le journaux, les hommes d’affaires choisissent d’acheter, de corrompre ou d’influencer les médias, pour en faire leurs porte-paroles.” Un homme d’affaire arménien prospère, continua-t-elle, pourrait acheter tous les médias arméniens plusieurs fois pour un prix bien plus bas que ce que coûterait une page de pub pour le Super-Bowl. Torosyan a cité un rapport récent publié par le Centre Européen de Journalisme aux Pays-Bas, qui a évalué la situation critique des journalistes arméniens ; il dit “que le plus grand ennemi des journalistes en Arménie est l’abaissement des standards professionnels.”

Elle a ajouté, “La confiance du public envers les médias est dure à obtenir et facile à perdre, et cette confiance diminue jour après jour.” Torosyan a ensuite expliqué comment le journalisme avait dû subir une transition et évoluer depuis la chute de l’Union soviétique, principalement par le biais de méthodes de formation professionnelles en provenance des U.S.A et d’Europe. “Le coeur de cette transition de ces nouvelles méthodes était le concept d’objectivité,” a-t-elle dit, ajoutant qu’il pouvait être difficile de briser les tendances culturelles toujours enracinées et datant de l’ère soviétique. Sur le ton de la boutade : “Un média arménien est-il démocratique? En principe, oui, mais la notion d’objectivité doit être prise comme la pierre d’angle des interventions dans les médias post-communistes.”

Elle a expliqué que quelques journalistes arméniens un peu plus téméraires, tentaient d’adopter un style occidental et d’agir en tant que chiens de garde, mais la peur de représailles existe. “Les plus timides respectent simplement l’autorité qu’ils utilisent comme leur excuse,” a-t-elle dit. “Le peu d’estime que les journalistes arméniens ont pour eux-mêmes ne peut être améliorée que par une affirmation de soi, de l’honnêteté et de la patience, pour éviter qu’ils ne se vendent au plus offrant, pour finalement devenir une institution à part.” Khatchig Mouradian, éditeur du Armenian Weekly, ancien éditeur du journal libano-arménien Aztag Daily, a ensuite pris la parole. Comme avant-propos à son intervention intitulée “Libres, mais pas indépendants”, il a raconté une anecdote sur des auteurs arméniens négligents, qui avaient publié le célèbre livre de Peter Balakian Le tigre en flammes, sous le titre erroné de La tigresse en flammes. “Je voulais donner cet exemple suite aux remarques du professeur sur la manière d’agir de façon consciencieuse lorsque l’on traite l’actualité, essayer d’être objectif et de réunir le plus grand nombre d’informations possible,” a-t-il expliqué. “Ou du moins d’essayer de traiter l’information décemment.”

Lors de la période soviétique, dit-il, “il y avait un manque d’intérêt pour la vérité empirique et aucun espace pour le journalisme d’investigation. Dans les années 80 et au début des années 90, cependant, nous parlons toujours de l’âge d’or du journalisme arménien et des médias. Cela s’est reflété dans d’autres pays de l’ancien bloc soviétique.” Et pourtant, ce qui a contribué au déclin des médias, juste après l’indépendance, ce fut l’incapacité progressive des journaux, des chaînes de télévision et de radio à se maintenir seuls. “Ils sont d’abords tombés sous l’influence de l’État, puis sous celle de l’État et des oligarchies.” “Les véritables journalistes d’investigation en Arménie ce sont les lecteurs,” dit-il, “[qui] comprennent qu’ils ne peuvent pas faire confiance aux médias, et que ce qu’ils doivent faire, c’est lire différentes sources d’information pour ensuite essayer d’en tirer des conclusions” sur ce qu’il se passe vraiment. Relatant la remarque d’un autre éditeur arménien sur la question, Mouradian l’a cité : “La somme d’argent que je reçois pour imprimer un article sur un dirigeant particulier en Arménie, est bien plus élevée que si je multipliais par 200 le nombre de mes abonnés.”

“Je ne veux pas donner l’impression que les médias sont entièrement contrôlés comme dans certains pays totalitaires,” a-t-il clarifié. “Le problème principal est qu’il existe différentes formes de pressions ainsi que différents moyens de s’autocensurer pour faire des bénéfices personnels.” Il a défini le problème sous-jacent parmi les journalistes arméniens. “Ils sont libres de déclarer ce qu’ils veulent, mais ils ne sont pas indépendants et ils ne sont absolument pas responsables socialement. Pour eux, être libre, cela signifie être libre de toute obligation morale et de toute responsabilité sociale.” En faisant une rapide comparaison avec les journaux de la diaspora, Mouradian a fait remarquer qu’ils “sont contrôlés par les partis politiques, les églises et les organisations culturelles.

Il y a très peu de critiques et beaucoup de silence collectif.” Il a ensuite discuté des options qui pourraient renverser ces tendances, en insistant sur les blogs et les publications en ligne comme Hetq. “Le nombre de blogs qui traitent de sujet sociaux, politiques et économiques en Arménie, est en augmentation constante. Ils ont réussi à créer ce petit espace vital au sein duquel les gens peuvent interagir, obtenir des informations qui ne sont pas sponsorisées par tel ou tel leader. Ce sont des alternatives pour les lecteurs.” Le dernier participant au panel était le journaliste arménien Edik Baghdasaryan, éditeur de HETQ Online et directeur de l’ONG Journalistes d’Investigation en Arménie. L’animateur du panel, Antranig Kasbarian, a traduit ses remarques de l’arménien en anglais.

Baghdasaryan a commencé ainsi : “Actuellement, le tirage des journaux arméniens s’élève à 40 000 exemplaires ; la population de l’Arménie est de 3 millions d’habitants. Il y a là un large écart.” Il continue : “95% de ces journaux sont distribués à Érevan et ses environs. Ce qui signifie, de fait, que des centaines de villages en dehors d’Érevan et dans le Karabakh, n’ont pas vu un journal depuis des années.” Baghdasaryan dit que la majorité des Arméniens compte sur la télévision pour avoir des informations et des nouvelles. “La chaîne de télévision publique est considérée comme étant la propriété du Président de la République d’Arménie,” a-t-il ajouté. “Selon certains rapports d’information, tout va très bien en Arménie. Si l’on se base sur les informations données par ces chaînes, chaque jour s’ouvrent de nouvelles usines, chaque jour les présidents d’autres pays vont et viennent, et chaque jour il y a de nouveaux concerts.” Il dit que le fait de donner une image déformée de la réalité affecte grandement le bien-être et le moral des Arméniens. “Dans ces programmes, on dirait qu’il n’existe aucun Arménien en dehors d’Érevan. Les gens se sentent isolés en dehors d’Érevan. Ils sont désespérés. Ils ont l’impression que personne ne reconnaît leur existence même.”

Il explique, “Ce phénomène vaut pour les télévisions aussi bien que pour les journaux. Les habitants de l’Arménie sont dans une situation de blocus de l’information.” Baghdasaryan dit que les médias télévisés en Arménie sont supervisés par le gouvernement. “Il y a des propriétaires privés, mais ils achètent ces réseaux pour le gouvernement. Et le contrôle des médias télévisés devient souvent une affaire précise. L’appareil présidentiel ou administratif décidera à tout niveau de ceux qui seront interviewés dans le gouvernement et combien de temps et d’espace sera alloué à l’opposition.” Il a expliqué en quoi ceci reflète une tendance plus dangereuse, “plus douloureuse” envers ceux qui expriment des opinions différentes. “Les médias perdent progressivement leur influence en Arménie,” dit-il.

“Aux États-Unis, il arrive qu’un scandale éclate dans les médias, forçant certains à démissionner de leur poste. Malheureusement en Arménie, ce genre de publication n’a aucun effet.” Il a invité les journalistes et les citoyens à s’exprimer sur des sujets difficiles et à continuer. “Les articles parlent de la corruption en Arménie en termes généraux. Mais ils n’en parlent pas de façon spécifique avec des preuves. Le problème est que lorsque vous commencez à introduire certaines formes de preuves, le bureau d’état du procureur est obligé de réagir.” Et à ce jour, il n’a pas été disposé à le faire. Une cession très dynamique de questions/réponses a suivi. Baghdasaryan a exprimé sa très grande déception relative aux investissements récents à grande échelle de l’américain-arménien, Gerard Cafesjian, dans le secteur des médias d’Arménie, décriant la nature extrêmement banale de ses programmes qui ne jouent aucun rôle dans le monitoring des centres de pouvoir en Arménie, et que cela ne fait que renforcer la dégradation de la presse et l’apathie croissante du public arménien.

En réponse à une question du Mirror-Spectator arménien, Baghdasaryan a dit, "Personne n’a autant endommagé les médias [en Arménie] que Gerard Cafesjian. Il faut voir ses programmes pour comprendre [ce que je veux dire]." Baghdasaryan a également parlé, en donnant des exemples, de l’importance des pressions de la diaspora dans la lutte contre la corruption. Suite à ce commentaire, Mouradian a fait remarquer que les Arméniens de la diaspora sont activement engagés dans des campagnes d’emails pour obtenir la reconnaissance du génocide ou pour essayer d’infléchir la Turquie sur les sujets de démocratie, de respect des droits de l’homme et des droits des minorités etc. Mais ils s’engagent rarement dans des actions similaires pour la démocratie et la lutte anti-corruption en Arménie. Il a insisté sur le besoin d’efforts coordonnés pour aider l’Arménie, pas seulement financièrement, mais pour qu’elle se démocratise un peu plus.

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org

The Armenian Weekly

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