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Turquie : Expression murale chez les Unités spéciales (2)
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose cette analyse d'Etienne Copeaux, chercheur français spécialiste de la Turquie, publiée sur son blog susam-sokak.fr le 30 mai 2018.



Légende photo : Deux tags signés "Esedullah Timi - L'équipe des Lions de Dieu"


susam-sokak.fr

Expression murale chez les Unités spéciales (2)

Publié par Etienne Copeaux

30 Mai 2018, 14:49pm

L'affaire des inscriptions murales analysées précédemment s'inscrit dans un contexte bien précis. La période qui va de l'été 2015 au printemps 2016, et qui précède le « coup d'Etat » du 15 juillet 2016, est un basculement. En janvier 2013 commençait le « processus de paix de Dolmabahçe » pour la recherche d'une solution pacifique au conflit kurde ; il avait ouvert de grands espoirs pour le pays. Mais à la suite de la révolte de Gezi (juin 2013), Erdogan a radicalisé et étendu son pouvoir. Bien qu'élu président en été 2014, il a sans doute senti son pouvoir fléchir lors des élections générales du 7 juin 2015, qui furent un succès pour le parti d'opposition pro-kurde HDP. Pour la première fois, un parti pacifiste pro-kurde passait le seuil de 10 % des suffrages, lui permettant d'obtenir d'obtenir, avec 13 % des voix, 80 sièges au parlement. On pensait qu'une nouvelle ère commençait.

Mais à la suite de l'attentat de Suruç (20 juillet, 33 morts), probablement l’œuvre de Daech avec possible complicité du gouvernement, une période de grande confusion a suivi (attentats, assassinats, opérations de police, raids de l'armée turque en Syrie) qui a abouti à la rupture des pourparlers de Dolmabahçe et à la reprise des hostilités ouvertes entre le PKK et l'Etat turc.

Après le 7 juin, le pouvoir a fait traîner la formation d'un gouvernement reflétant les résultats du scrutin, et a outrepassé le délai fixé par la constitution. Ainsi sous des apparences légales, Erdogan a pu annuler le scrutin de juin et convoquer de nouvelles élections pour le 1er novembre 2015.

Vu la violence perpétrée par les forces gouvernementales et les milices d'extrême-droite (militants et cadres inquiétés voire arrêtés, permanences attaquées...), le HDP n'a pu mener une campagne électorale normale. Ses résultats lors du scrutin de novembre sont en fort retrait par rapport à juin (10,8 % des voix, 59 sièges) : Erdogan a réussi ce qu'on a appelé un « coup d'Etat dans les urnes » (sandık darbesi).

Durant l'été, le PKK avait créé dans les villes des « zones libérées » protégées par des barricades, des fossés, des militants armés, qui tentaient de résister à la violence de l'Etat et à s'affranchir de son contrôle. La guerre de l'automne-hiver 2015-2016 a essentiellement consisté à organiser un siège impitoyable de ces zones tenues par le PKK, puis à raser des quartiers entiers.

Le cÂœur des affrontements semble être la ville de Silvan (60 km à l'est de Diyarbakır), qui a connu sept mesures de couvre-feu au cours de l'automne 2015, et où l'on a compté 20 morts. Début novembre, au neuvième jour d'un couvre-feu de douze jours, le HDP déclarait : « C'est la sixième fois que le couvre-feu est instauré dans cette sous-préfecture. Nous n'avons pas d'informations sur le nombre de morts et de blessés. Par centaines, des maisons et des lieux de travail ont été rendus inhabitables. De nombreux quartiers sont sans eau, sans électricité, sans pain, sans communication avec l'extérieur. Ils sont survolés sans cesse par des hélicoptères ou des drones. Chars et engins blindés des « forces spéciales », de la police et de la gendarmerie acheminent des munitions et installent des tireurs d'élite. Le bombardement des quartiers se poursuit par des blindés installés sur les hauteurs. ».

A Silvan, à Bismil (également à l'est de Diyarbakır), et à Sur (la vieille ville de Diyarbakır), des inscriptions signées « Esedullah Timi – l'Equipe des Lions de Dieu » sont remarquées dès la mi-octobre, dans les ruines laissées par les commandos. La population, qui ne pouvait même pas se montrer aux fenêtres, n'a pas pu observer de visu les membres des commandos ; on prétend alors que ce sont des gens « différents des commandos habituels », barbus et s'exprimant en arabe ou en azéri....


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Source/Lien : susam-sokak.fr



   
 
   
 
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