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Turquie : Le lobbying d’Erdogan contré dans The New York Times
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Pendant des années, le gouvernement turc a engagé de nombreuses entreprises américaines à Washington, D.C., pour faire du lobbying et mener un travail de relations publiques de sa part. (…) Etant donné la récente crise relationnelle entre les États-Unis et la Turquie, l’une des compagnies de RP recrutée par le gouvernement turc a probablement été chargée de rédiger un article d’opinion au nom du président turc Recep Tayyip Erdogan et a utilisé ses contacts pour qu’il soit publié dans The New York Times. (…) The New York Times a fini par publier un article typique et ampoulé, reflétant la position dictatoriale et pompeuse d’Erdogan ! Ayant rejeté le texte plus diplomatique de l’agence de RP, l’article d’Erdogan n’a eu aucun effet positif sur l’opinion publique et le gouvernement américain. (…) Fait intéressant, The New York Times a publié un éditorial le même jour que l’article d’Erdogan, condamnant le « comportement sans scrupules » du dirigeant turc. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 16 août 2018.


Contrer la propagande dÂ’Erdogan dans The New York Times

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 16 août 2018

Pendant des années, le gouvernement turc a engagé de nombreuses entreprises américaines à Washington, D.C., pour faire du lobbying et mener un travail de relations publiques de sa part.

L’embauche de telles entreprises est très onéreuse et la plupart du temps, c’est une perte d’argent, car elles produisent plus de paperasserie que de résultats concrets. Mais de temps en temps, elles peuvent rédiger et aider à la publication d’articles d’opinion (op-eds) dans des journaux américains au nom des responsables turcs et organiser leurs visites et réunions aux États-Unis.

Le gouvernement turc est obligé de dépenser d’importantes sommes d’argent pour les services de ces entreprises, car il ne peut pas compter sur la communauté turco-américaine pour faire du lobbying ou du travail de RP en son nom, quels que soient les fonds alloués par Ankara. La même situation s’applique au gouvernement azerbaïdjanais et à la communauté azérie-américaine. Ni la communauté turque ni la communauté azérie ne sont très actives dans la politique américaine et elles n’existent pas aux États-Unis depuis aussi longtemps que la communauté arménienne. C’est la raison pour laquelle la Turquie et l’Azerbaïdjan s’appuient sur des lobbyistes rémunérés pour promouvoir leurs intérêts aux USA.

Etant donné la récente crise relationnelle entre les États-Unis et la Turquie, l’une des compagnies de RP recrutée par le gouvernement turc a probablement été chargée de rédiger un article d’opinion au nom du président turc Recep Tayyip Erdogan et a utilisé ses contacts pour qu’il soit publié dans The New York Times.

Bien sûr, l’article devait refléter les idées d’Erdogan plutôt que celles de la compagnie de RP. Il aurait été intéressant de comparer la première version proposée par l’entreprise américaine et la version finale revue par l’équipe d’Erdogan.

Si l’on se base sur le contenu de l’article d’Erdogan, on peut dire que le texte proposé par l’agence de RP, écrit avec tact et professionnalisme, n’a pas été accepté par Ankara. Au lieu de cela, ce que The New York Times a fini par publier est un article typique et ampoulé, reflétant la position dictatoriale et pompeuse d’Erdogan ! Ayant rejeté le texte plus diplomatique de l’agence de RP, l’article d’Erdogan n’a eu aucun effet positif sur l’opinion publique et le gouvernement américain.

Le titre de l’article critique d’Erdogan du 10 août 2018 était : Comment la Turquie voit la crise avec les USA, avec comme sous-titre : Les actions unilatérales des USA contre la Turquie saperont les intérêts américains et obligeront la Turquie à rechercher d’autres alliés et amis.

Le titre de l’article, son ton conflictuel, son langage menaçant et inadapté à la résolution de tout différend, n’incitent absolument pas le lecteur à le lire. Voici quelques exemples des opinions douteuses d’Erdogan, exprimées dans son article portant à la controverse :

-- « …Les États-Unis, à maintes reprises et constamment, n’ont pas compris ni respecté les inquiétudes du peuple turc. »

Mais qu’en est-il du besoin du dirigeant turc de comprendre et de respecter les inquiétudes du peuple américain ? C’est le monde à l’envers ! Erdogan ne comprend pas que la Turquie a plus besoin des États-Unis que les États-Unis de la Turquie. Pendant bien trop longtemps, en raison d’une gouvernance faible à Washington, le comportement inapproprié du gouvernement turc en tant que membre de l’OTAN et allié des États-Unis est resté impuni. Plus les dirigeants américains ont fermé les yeux sur les écarts de conduite turcs, plus l’antagonisme a augmenté. Si les États-Unis avaient remis la Turquie à sa place il y a des décennies, celle-ci aurait appris à se comporter comme un petit partenaire des USA et non comme un tyran !

-- Erdogan a prévenu : « Si les États-Unis ne se mettent à respecter la souveraineté de la Turquie et ne prouvent pas qu’ils comprennent les dangers auxquels notre nation est confrontée, notre partenariat pourrait être compromis… La Turquie a des alternatives. Si cette tendance à l’unilatéralisme et au manque de respect n’est pas inversée, nous serons obligés de rechercher de nouveaux amis et alliés. »

C’est une menace vide. La Turquie est libre de se tourner vers la Russie ou la Chine et de perdre le soutien des États-Unis et de l’Europe de l’Ouest. Il est grand temps que l’OTAN envisage d’expulser la Turquie de cette alliance. Bon vent !

-- Erdogan a également accusé les États-Unis d’avoir armé en Syrie les combattants Kurdes qui ont utilisé ces armes contre la Turquie « en Syrie, en Irak et en Turquie même. »

Premièrement, c’est un mensonge de dire que les armes américaines ont été utilisées par les Kurdes en Turquie. Deuxièmement, les forces turques n’avaient pas à envahir la Syrie et l’Irak, violant ainsi leur souveraineté nationale.

Erdogan a poursuivi en contrant la demande du président Trump de libérer le pasteur américain Andrew Brunson injustement détenu en Turquie, en demandant aux États-Unis de respecter le « processus judiciaire » de la Turquie. Quel est le processus judiciaire sous le régime dictatorial d’Erdogan ? Des milliers de Turcs ont été emprisonné sans application de la loi et sans la moindre culpabilité. Si Erdogan avait deux sous de bon sens, il aurait ordonné la libération du pasteur Brunson il y a longtemps, évitant ainsi un conflit inutile avec les États-Unis. Mais Erdogan et son petit frère le président Ilham Aliyev sont tellement déséquilibrés, qu’ils ont généré une publicité négative contre la Turquie et l’Azerbaïdjan qu’aucune agence de RP ne pourra jamais effacer, quelle que soit la somme qu’ils paieront.

Fait intéressant, The New York Times a publié un éditorial le même jour que l’article d’Erdogan, condamnant le « comportement sans scrupules » du dirigeant turc qui retient le pasteur Brunson sur « de fausses accusations » et demande : « Est-ce que la Turquie est toujours un allié des États-Unis ? »

Ironiquement, l’éditorial du New York Times a détruit tous les bénéfices qu’Erdogan aurait pu espérer grâce à la publication de son article de propagande, gaspillant ainsi les fortes sommes d’argent que la Turquie dépense en relations publiques.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 16 août 2018 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

Erdogan: How Turkey Sees the Crisis With the U.S.





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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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