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Azerbaïdjan : Culte de la personnalité et corruption à la mode Aliyev
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le culte de l'ancien président de l'Azerbaïdjan, Heydar Aliyev, est tellement exagéré, qu’en visitant Bakou et Ganja, un blogueur allemand, Andreas Moser, a vu partout où il allait, des monuments et bâtiments du « grand leader ». Moser a écrit sur son blog un article satirique : « Que vous le vouliez ou non, Heydar Aliyev sera votre guide et votre compagnon constant en Azerbaïdjan. Quand vous allez à Bakou en avion, vous atterrissez à l’aéroport Heydar Aliyev. Si vous arrivez par le train, vous voyagez à bord du Heydar Aliyev Express, vous descendez à la gare Heydar Aliyev et vous marchez le long du large boulevard Heydar Aliyev, vous passez devant des Fondations Heydar Aliyev, des écoles Heydar Aliyev et des Instituts Heydar Aliyev. (…) Heydar Aliyev faisait partie du cercle de Brejnev – un groupe qui se distinguait par sa corruption profonde. Ainsi, il n’est pas surprenant de voir la famille Aliyev au complet apparaître dans les Panama Papers [comptes secrets off-shore]. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 2 août 2018.


Le culte de la personnalité en Azerbaïdjan : idolâtrer l’ancien président Heydar Aliyev

De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 2 août 2018

Le culte de l'ancien président de l'Azerbaïdjan, Heydar Aliyev, est tellement exagéré, qu’en visitant Bakou et Ganja, un blogueur allemand, Andreas Moser, a vu partout où il allait, des monuments et bâtiments du « grand leader ». Moser a écrit sur son blog un article satirique, dont des extraits sont cités ci-dessous pour le plus grand amusement des lecteurs.

Moser débute son article sarcastique comme suit : « Avant d’aller en Azerbaïdjan, j’étais comme vous : je ne connaissais pas Heydar Aliyev. Mais dès le deuxième jour, j’en avais plus qu’assez de lui… Que vous le vouliez ou non, Heydar Aliyev sera votre guide et votre compagnon constant en Azerbaïdjan. Quand vous allez à Bakou en avion, vous atterrissez à l’aéroport Heydar Aliyev. Si vous arrivez par le train, vous voyagez à bord du Heydar Aliyev Express, vous descendez à la gare Heydar Aliyev et vous marchez le long du large boulevard Heydar Aliyev, vous passez devant des Fondations Heydar Aliyev, des écoles Heydar Aliyev et des Instituts Heydar Aliyev. Si vous voulez faire une pause avec Heydar Aliyev et que vous décidez de traverser l’Azerbaïdjan en voiture, vous verrez quand même la photo de l’ancien président à chaque carrefour, chaque virage et chaque rond-point. »

Moser a débuté son voyage en allant visiter un parc, bien évidemment nommé Parc Heydar Aliyev, « plus grand que certains États indépendants… Une fois que vous avez traversé la plus large avenue du monde [12 voies] après dix minutes de marche, vous atteignez le parking qui ressemble à celui qui se trouve devant le stade olympique. Il a été conçu de façon à ce que tous les véhicules d’Azerbaïdjan puissent s’y garer simultanément. Mais il est vide. Les places publiques de la ville sont déjà surdimensionnées, mais ici, la mégalomanie atteint le niveau nord-coréen… Après être passé sous l’Arc de Triomphe (aussi grand que celui de Paris, mais afin d’éviter toute confusion, il est paré du nom de Heydar Aliyev), qui est l’entrée réelle, vous devez encore parcourir plus d’un kilomètre pour atteindre le musée Heydar Aliyev. Tout comme les gens qui devaient parcourir une longue salle du palais royal avant de pouvoir rencontrer le roi.

Après s’être frayé un chemin parmi l’armée de nettoyeurs et de balayeurs du parc, « maniaques de nettoyage », Moser est tombé, devant le musée Heydar Aliyev, sur une gigantesque statue du « grand leader » dont le nom était gravé en lettres d’or. Moser a découvert que « le musée fait trois étages, qu’il y a un dôme en verre, beaucoup de marbre, beaucoup d’or et de fauteuils en cuir blanc. Le kitsch typique du dictateur. Si vous avez déjà rendu visite aux Kadhafi, aux Hussein ou aux Trump, vous connaissez bien. Je suis le seul visiteur, ce qui ébahit tellement l’homme derrière le bureau qu’il arrête sa vidéo YouTube, se lève précipitamment et me suit pas à pas, à quatre ou cinq mètres de moi. Quand je le regarde, il regarde son téléphone. Nous sommes les deux seules personnes dans tout le bâtiment. »

Si le bâtiment massif du musée Heydar Aliyev est très impressionnant, il contient peu de choses, hormis la propagande sur le « grand leader ». Le musée « ne compte que des dizaines de panneaux d'affichage portant sur la vie de Heydar Aliyev, avec des centaines de photos de lui. Quelques livres - sur lui et de lui - sont présentés à l’abri d’une vitrine. Des écrans télé de deux mètres de large sont prêts à diffuser des films biographiques… » Moser a aussi été impressionné par la vaste collection de photos de Heydar Aliyev : « Heydar Aliyev dans un champ avec des fermiers, Heydar Aliyev avec des soldats, Heydar Aliyev avec des enfants, Heydar Aliyev jouant à l’archéologue, Heydar Aliyev avec une pastèque, Heydar Aliyev sur un marché animé. »

Moser a présenté la carrière de Heydar Aliyev en citant le journaliste polonais primé, Ryszard Kapuscinski, qui a écrit : « Heydar Aliyev a d’abord dirigé le KGB en Azerbaïdjan, puis, dans les années soixante-dix, il a été Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de la république. C’était un disciple de Brejnev qui l’a nommé vice-Premier ministre de l’URSS. Gorbatchev l’a renvoyé de ce poste en 1987. Heydar Aliyev faisait partie du cercle de Brejnev – un groupe qui se distinguait par sa corruption profonde, un goût pour toute sorte de luxe et de débauche. Ils affichaient cette corruption de façon ouvertement provocante, sans la moindre honte. »

Moser a déclaré que la description du journaliste polonais « pourrait être la devise du musée, de tout le parc ou même du pays entier. Un Azerbaïdjan indépendant, avec des puits déversant leur pétrole, devait être le rêve par excellence pour quelqu’un qui était déjà célèbre en raison de sa corruption ouverte pendant l’ère communiste. Ainsi, il n’est pas surprenant de voir la famille Aliyev au complet apparaître dans les Panama Papers [comptes secrets off-shore].

Moser a conclu son article humoristique en évoquant d’autres parcs Heydar Aliyev à Podgorica, au Monténégro, à Tbilissi, à Istanbul, à Ankara, à Bucarest, à Kiev « et bientôt dans votre ville peut-être. Il vous suffit d’en parler à votre conseil municipal. L’Azerbaïdjan paiera pour tout. »

Dans sa dernière phrase, Moser a qualifié l’Azerbaïdjan de « pays étrange. Mais au moins, je n’ai plus besoin d’aller visiter la Corée du Nord. »

Outre l’article de Moser, il y a dans Wikipédia* une section entière intitulée Le culte de la personnalité de Heydar Aliyev, qui indique : « Chaque ville d’Azerbaïdjan a une rue nommée Heydar Aliyev, dont l’une des avenues centrales de la capitale, Bakou. Selon des informations officielles, il existe 60 musées et centres Heydar Aliyev en Azerbaïdjan. »

De plus, il y a des statues de Heydar Aliyev dans plus d’une douzaine de pays au monde. Cependant, l’Azerbaïdjan a été terriblement embarrassé lorsque le conseil municipal de la ville de Mexico a décidé d’enlever l’immense statue de Heydar Aliyev d’un parc situé sur l’avenue principale de la ville, dont l’Azerbaïdjan avait financé la rénovation. Selon BBC News, « Des défenseurs des droits de l’homme s’étaient opposés à la statue et avaient souligné le caractère répressif du régime de M. Aliyev ».

Le conseil que je donne aux adorateurs azéris de Heydar Aliyev est de s’inquiéter davantage du sort de l’actuel président Ilham Aliyev que de celui de feu Heydar Aliyev, car la ‘révolution de velours’ de l’Arménie pourrait bientôt s’étendre à l’Azerbaïdjan, et elle pourrait être plus sanglante que veloutée !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 2 août 2018 – www.collectifvan.org


Lire l’article complet d’Andreas Moser à propos de Heydar Aliyev : (en anglais) et (en allemand)


*(en anglais seulement)






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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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