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Turquie : les minorités religieuses sous une double pression
Publié le : 14-09-2018

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Dans un article récent, j’ai parlé du rapport annuel du Département d’État sur la liberté religieuse internationale, qui déclarait que « Tous les groupes religieux qui ne sont pas musulmans sunnites souffrent de discrimination et de persécution en Turquie. (…) Erdogan a immédiatement ordonné à ses assistants d’orchestrer une déclaration conjointe signée par tous les leaders non musulmans en Turquie, affirmant que leurs droits religieux n’étaient absolument pas violés. Étant donné que les responsables non musulmans sont des otages en Turquie, ils n’ont pas eu d’autre choix que de signer la pétition qui a été préparée pour eux par le gouvernement turc. (…) Si cette déclaration conjointe était censée dissimuler les nombreuses difficultés que subissent les institutions non musulmanes en Turquie, cette ruse a fait long feu car les participants se sont plaints à Ibrahim Kalin [porte-parole du président Erdogan] des multiples violations de leurs droits religieux. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 9 août 2018.


La Turquie fait pression sur les leaders non musulmans pour qu’ils déclarent ne pas subir de pression !


De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 9 août 2018

Dans un article récent, j’ai parlé du rapport annuel du Département d’État sur la liberté religieuse internationale, qui déclarait que « Tous les groupes religieux qui ne sont pas musulmans sunnites souffrent de discrimination et de persécution en Turquie… Les minorités religieuses ont dit qu’elles continuaient à avoir des difficultés à obtenir des exemptions pour les cours obligatoires de religion [islamique] dans les écoles publiques, à maintenir ou à ouvrir des lieux de culte, et dans les conflits concernant les propriétés et les terres. Le gouvernement a restreint les initiatives des groupes religieux minoritaires pour former leur clergé... »

Immédiatement après la publication de ce rapport, le ministère turc des Affaires étrangères l’a rejeté, en qualifiant les violations documentées des droits religieux de « répétitions de certaines affirmations infondées. »

Le président turc Rejep Tayyip Erdogan a cherché à réfuter plus fortement les accusations contre la Turquie, alors que normalement il ignore toutes les plaintes concernant les violations flagrantes des droits humains de ses propres citoyens turcs, ainsi que celles de ses minorités, et même d’Américains, tel que le pasteur Andrew Brunson. Erdogan a immédiatement ordonné à ses assistants d’orchestrer une déclaration conjointe signée par tous les leaders non musulmans en Turquie, affirmant que leurs droits religieux n’étaient absolument pas violés. Étant donné que les responsables non musulmans sont des otages en Turquie, ils n’ont pas eu d’autre choix que de signer la pétition qui a été préparée pour eux par le gouvernement turc.

S’il est facile pour nous de critiquer les leaders de ces minorités qui font de fausses déclarations sur les violations dont ils font l’objet, cet argument doit être mis en balance avec le fait qu’ils vivent sous un régime brutal qui n’a aucun scrupule à emprisonner ou à torturer, non seulement les responsables religieux, mais également les membres de leur communauté. Nous devrions aussi être en quelque sorte heureux que le président Erdogan, en dépit de sa nature despotique, ait fait montre d’une rare sensibilité au sujet des accusations à l’encontre de son pays, et qu’il ait accordé une certaine valeur à la déclaration publiée par les leaders non musulmans, pensant que cela aiderait la Turquie à être mieux vue de la communauté internationale.

Comme l’a exigé le président Erdogan, les représentants des 18 minorités non musulmanes de Turquie ont docilement signé la déclaration conjointe le 31 juillet 2018, affirmant que leurs droits n’étaient pas violés par le gouvernement turc.

La déclaration indique à tort : « En tant que représentants et directeurs de fondations des anciennes communautés de différentes religions et de groupes de croyants vivant dans ce pays depuis des siècles, nous exerçons nos croyances librement et nous célébrons nos cultes librement selon nos traditions. Toute déclaration affirmant ou insinuant qu’il y a une répression est complètement fausse. Des solutions ont été trouvées avec le temps pour les divers problèmes et les périodes de victimisation survenus dans le passé. Nous communiquons constamment avec nos institutions publiques qui répondent aux questions que nous souhaitons faire évoluer, avec de bonnes intentions et le désir de trouver des solutions. Nous faisons cette déclaration conjointe consciemment, car nous avons la responsabilité d’informer correctement l’opinion publique. »

Les signataires étaient : le patriarche orthodoxe grec Bartholomée 1er, le patriarche adjoint arménien de Turquie, l’archevêque Aram Atechian, le grand rabbin de Turquie, Ishak Haleva, le patriarche adjoint de l’ancienne communauté syriaque, Yusuf Chetin, le leader spirituel des catholiques arméniens de Turquie, l’archevêque Levon Zekiyan, le patriarche adjoint de la communauté chaldéenne, François Yakan, le patriarche général adjoint catholique syriaque, Monseigneur Orhan Chanlı, le pasteur Kirkor Agabaloglu, de l’Église arménienne protestante Gedikpasha et président spirituel de la Fondation Denomination, le président de RUMVADER, Andon Parizyanos, le président de VADIP et de la Fondation hospitalière arménienne Yedikule Sourp Pergich, Bedros Shirinoglu, le président de la Société juive de Turquie et de la Fondation du grand rabbinat turc, Ishak Ibrahimzadeh, le président de la Fondation syriaque de Beyoglu Lady Mary Church, Sait Susin, le président de la Fondation hospitalière catholique arménienne Sourp Agop, le président de la Fondation catholique syriaque d’Istanbul, Zeki Basatemir, le président de la Fondation de l’église catholique chaldéenne, Teoman Onder, le président de la Fondation de l’exarchat orthodoxe bulgare, Vasil Liaze, le président de la Fondation de l’église catholique géorgienne, Paul Zazadza, et le président de la Fondation juive turque Karaite d’Haskoy, Misha Orme. La déclaration conjointe de ces 18 leaders non musulmans a été largement transmise à tous les journaux des minorités de Turquie, à tous les médias turcs et à de nombreuses publications étrangères.

Il est intéressant de noter que le 1er août 2018, un jour après la signature de la déclaration commune, les 18 leaders non musulmans ont été invités à une réception officielle au palais de Dolmabahce à Istanbul pour un déjeuner de quatre heures avec Ibrahim Kalin, le porte-parole du président Erdogan. Initialement, Erdogan devait être présent à cette réunion, mais il a dû annuler au dernier moment.

Si cette déclaration conjointe était censée dissimuler les nombreuses difficultés que subissent les institutions non musulmanes en Turquie, cette ruse a fait long feu car les participants se sont plaints à Ibrahim Kalin des multiples violations de leurs droits religieux.

Par exemple, l’archevêque Atechian a rapporté aux médias locaux que lui-même et Shirinoglu avait parlé à Kalin des propriétés qui devaient être rendues aux fondations arméniennes ces dernières années, sauf que la décision a ensuite été annulée par le maire ou un ministre du gouvernement. Ils se sont également plaints du statut juridique du patriarcat et de son incapacité à percevoir des contributions, par conséquent le patriarcat souffrait de dures difficultés financières. L’archevêque Atechian a suggéré que, soit le gouvernement autorise le patriarcat à recevoir des contributions, soit il lui alloue un budget pour payer ses frais. L’archevêque Atechian a également évoqué la question des élections suspendues des comités exécutifs paroissiens locaux et du retard de l’élection du nouveau patriarche. Les autres participants au déjeuner se sont également plaints à Kalin de leurs difficultés diverses, contredisant ainsi leur propre déclaration indiquant qu’ils n’avaient aucun problème religieux en Turquie. Voilà pourquoi le déjeuner a duré quatre heures !

Kalin, quant à lui, a remercié les signataires au nom du président Erdogan pour leur déclaration conjointe, rendant ainsi manifeste que c’était un grand coup de relations publiques pour la Turquie.

La seule voix discordante de la déclaration conjointe des leaders non musulmans a été celle de Garo Paylan, un membre arménien du Parlement turc, qui a courageusement déclaré : « Ils ne nous permettent pas d’élire notre patriarche, ils ne nous autorisent pas à ouvrir un séminaire, ils ne nous donnent pas le droit d’élire les membres du conseil de nos fondations, et la communauté tremble de peur comme un pigeon ! »

La déclaration commune a clairement été signée sous la contrainte. Paradoxalement, les leaders des minorités affirment qu’ils n’ont pas subi de pression. Ça n’existe qu’en Turquie !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 9 août 2018 – www.collectifvan.org





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Source/Lien : The California Couriert



   
 
   
 
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