Aujourd'hui : Jeudi, 20 février 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Clemenceau : quand le Tigre écrivait sur les massacres d’Arménie de 1896
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L'Assemblée nationale consacre une exposition à Georges Clemenceau, le « Père la Victoire » de la Première Guerre mondiale, à l'occasion du centenaire de la fin de la guerre. Les réseaux sociaux relayent abondamment en ce moment le seul film sonore connu à ce jour de Georges Clemenceau, tourné dans les années 1920, et retrouvé par hasard. Pour notre part, nous rappellerons plutôt qu'en 1896, Clemenceau avait pris la plume pour narrer la violence extrême des massacres d’Arménie perpétrés sur ordre du sultan turc Abdul Hamid II. Ces massacres causèrent de 200.000 à 300.000 morts entre 1894 et 1896 : "En 1896, dans une préface devenue mythique, Clemenceau ose écrire les cris et le sang. Comme si, face au déni d’humanité, seule la mise en mots du massacre de masse pouvait prévenir ses contemporains et les générations à venir". "Dans ces quatorze pages, il emploie, dès les premières lignes, le terme alors en vigueur de « massacre » mais, en le qualifiant de « méthodique », il annonce le terme contemporain de génocide, forgé par Raphaël Lemkin". En 1915, le gouvernement "progressiste" des Jeunes-Turcs parachève - sous la houlette de Talaat Pacha, ministre turc de l'Intérieur - l'anéantissement du peuple arménien sur ses terres historiques. "Le journal de Clemenceau, L’Homme enchaîné, consacre alors 34 articles au génocide" qui fit 1.500.000 victimes arméniennes, auxquelles il faut ajouter les centaines de milliers de chrétiens assyro-chaldéens et grecs pontiques. Le Collectif VAN reproduit ci-dessous un long extrait d'un article de Sylvie Brodziak, paru en 2016 dans la revue Études arméniennes contemporaines de la Bibliothèque Nubar de l’UGAB.



Sylvie Brodziak, « De la Commune aux massacres d’Arménie », Études arméniennes contemporaines [En ligne], 8 | 2016, mis en ligne le 30 mai 2017 - Bibliothèque Nubar de l’UGAB.

Une préface contre les massacres d’Arménie

Ce traumatisme originel étrangle à tout jamais l’expression littéraire de la violence chez l’écrivain Clemenceau. Pourtant, à partir de 1895, les massacres perpétrés contre les Arméniens dans l’Empire ottoman lui font reprendre la plume pour narrer des atrocités, dans un exercice d’écriture bien spécifique : la préface. En 1896, Clemenceau a quitté la scène politique et connaît sa « traversée du désert ». Battu aux élections législatives de 1893, son activité est essentiellement journalistique et littéraire. De toute évidence, son engagement pour l’Arménie est issu de sa peur et de son horreur des violences extrêmes. Sa réticence à les écrire confirme cette hypothèse.

En effet, depuis 1894, dans son propre journal La Justice, seul le chroniqueur radical-socialiste Paul Degouy couvre la question arménienne. Indigné, il le fait sans langue de bois, avec l’assentiment de son « patron » : « Des horreurs qui dépassent l’imagination : des prisonniers torturés, jetés tous nus dans la glace ou recouverts de charbons ardents ; des hommes, sans défense, fusillés à bout portant ; des femmes outragées et éventrées ; des jeunes filles enlevées et conduites au Harem ; des enfants massacrés ; des villages mis à sac puis incendiés ; des églises pillées ; des prêtres mis à mort après de longs supplices… ; Vous avez maintenant une idée des massacres d’Arménie19. » Clemenceau, lui, ne rédige son premier article qu’après avoir donné la parole à Séverine, arménophile convaincue et active. Ainsi, le 15 novembre 1895 paraît un remarquable article intitulé « Le martyre arménien », véritable appel au secours et à l’intervention politique. Séverine a très peu écrit dans le journal du Tigre et lui donner une telle tribune n’est pas un hasard. L’accueillir dans les colonnes de La Justice revient, de la part de son directeur, à lui déléguer sa révolte et son indignation. Le silence de Clemenceau tout au long de l’année 1895 – alors que dès le 3 février, Séverine a publié, dans La Libre Parole, un article intitulé Les Massacres d’Arménie — ne peut être uniquement expliqué par sa prise de conscience tardive et les liens distendus ou encore inexistants entre lui, Séverine, Quillard, Rochefort, amis du poète Archag Tchobanian, premiers écrivains à défendre la cause arménienne dans la presse. Sa grande difficulté à écrire la violence en est aussi une des raisons. Pour preuve, son premier article, le 16 janvier 1896 dans la Dépêche et repris le 19 janvier dans la Justice, sobrement titré « En Arménie », est un article éminemment politique, fort loin de celui de sa consœur surnommée bêtement par ses confrères masculins, « Notre Dame de la Larme à l’œil ». Dans celui-ci, Clemenceau, pourtant loin des affaires, parle en expert des relations internationales. Sans pathos mais avec compassion, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, Clemenceau appelle les puissances européennes à manifester leur intérêt et leur énergie sans intervenir expressément dans le conflit. Il sait combien est illusoire l’idée de vouloir imposer à l’Empire ottoman un régime de faveur pour l’un de ses sujets. Sa réserve lucide et son détachement de journaliste sont relayés, six mois plus tard, par une virulente préface aux Massacres d’Arménie, témoignages des victimes, publié anonymement par le poète Tchobanian, qui manifeste avec force son indignation et son sincère soutien au peuple arménien.

En juin 1896, sidéré par la lecture des témoignages rassemblés dans l’ouvrage, Georges Clemenceau se fait violence et n’hésite pas à écrire la cruauté. En conséquence, le style de cette préface « généreuse » selon Anatole France, est en totale rupture avec celui de l’article qui l’a précédée. Le journaliste politique est rejoint par l’écrivain, qui, pour susciter l’empathie et la solidarité, connaît et utilise le rôle des émotions. Grand admirateur de l’œuvre de Zola, Clemenceau a essayé l’année précédente d’imiter son style pour narrer la violence ouvrière dans son unique roman social, Les Plus forts. L’ouvrage a connu un succès d’estime et a surtout révélé son incapacité à bien écrire la colère et les souffrances. Malgré cet échec, conscient de ses maladresses et de ses insuffisances littéraires, face à l’urgence, il n’hésite pas à récidiver pour mobiliser les esprits et les cœurs. Dans ces quatorze pages, il emploie, dès les premières lignes, le terme alors en vigueur de « massacre » mais, en le qualifiant de « méthodique », il annonce le terme contemporain de génocide, forgé par Raphaël Lemkin pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour dénoncer « l’universelle lâcheté », il bannit les euphémismes, utilise le lexique de la violence à l’état brut et procède à l’inventaire clinique des faits : « atrocités – plus noire barbarie – effroyable spectacle – pillage – assassinat en masse – viol – incendie – supplices – horreurs – abominables forfaits – haines de races. » Dans une longue phrase au rythme qui s’emballe, il accumule les exemples. Cette succession d’horreurs, séparées les unes des autres par de simples virgules, reflète le trouble de l’écrivain. Georges Clemenceau a visiblement souffert en formulant ce qui est inacceptable et indicible. La terrible parenthèse : « (on a vu ouvrir le ventre des femmes grosses pour écraser l’enfant sur le pavé) » exprime la stupéfaction de l’homme, incapable de concevoir une telle barbarie. Ses contemporains, lecteurs de son œuvre, ont compris l’effort scriptural accompli par Clemenceau pour nommer et résumer « le terrifiant martyrologe. » En conséquence, ils ne ménagent pas leurs compliments à l’instar de Pierre Quillard : « En 1896, [Tchobanian] publia, sans même le signer, le recueil des Massacres d’Arménie pour lequel M. Georges Clemenceau écrivit une admirable préface et qui contribua singulièrement à secouer la torpeur française. » ou encore Lucien Descaves, qui, dans L’Écho de Paris du 13 septembre 1896, mentionne « l’éloquente préface de Georges Clemenceau. »

Celle-ci, reproduite dès le 2 juillet intégralement à la une de La Justice, puis suivie par plusieurs articles, ne déclenche pourtant pas chez son auteur l’envie de creuser littérairement le thème de la grande violence. L’effort ponctuel fut conséquent et l’écrivain se détourne définitivement de l’expression de la violence. Il laisse la place au journaliste et à l’homme politique pour soutenir la lutte arménienne, menée inlassablement par le philarmène Pierre Quillard. Compagnon de la première heure, il poursuit, avec lui, la campagne de dénonciation des boucheries perpétrées par le sultan Abdülhamid entre 1895 et 1897. En 1900, il fait partie du comité de rédaction de la revue Pro Armenia fondée par Pierre Quillard. À ses côtés siègent Jean Jaurès, Anatole France, Francis de Pressensé et Eugène de Roberty. Cette revue, explique la rédaction, est « prête à divulguer tous les attentats du Sultan contre chacun des peuples que la mauvaise fortune fit ses sujets [en s’attachant] plus spécialement aux souffrances arméniennes parce qu’elles excèdent infiniment toutes les autres, parce que c’est pour une race entre toutes intelligente et apte à recevoir la civilisation occidentale, une question de vie ou de mort immédiate ; parce que l’Europe est armée, par le traité de Berlin, pour mettre fin à ces horreurs et préparer ainsi la régénération de la Turquie toute entière. » Dans le premier numéro, le 25 novembre, Clemenceau prend la plume pour écrire un article au titre fort suggestif « La main sanglante ». Ce texte à caractère philosophique est magnifique et appartient parfaitement à la veine des grands écrits politiques de son auteur. Sans minorer les souffrances du peuple arménien, Clemenceau ne décrit pas pour autant les faits insoutenables. Il désigne sans ambiguïté le bourreau et fait de la terreur subie par le peuple arménien l’exemple, à l’échelle universelle, de la brutalité des plus forts, de ceux qui dominent les États, de ceux qui colonisent les terres et réduisent les hommes en esclavage. La conjoncture explique cette modélisation de la catastrophe arménienne. Depuis 1898, Georges Clemenceau est devenu un des dreyfusards les plus convaincus et les plus actifs ; son combat contre les violences coloniales et le racisme s’est élargi en lutte pour le triomphe des Droits de l’Homme. Certes, dès 1888, contre l’ascension du Général Boulanger, un soir de mai, Georges Clemenceau a créé avec des républicains – dont Victor Schœlcher –, la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Mais sa lutte pour le capitaine juif, qui l’amène à rédiger un article quotidien dans L’Aurore, modifie sa perception de la violence exercée par l’État de droit sur l’individu. Enrichie par la réflexion que suscite en lui la catastrophe historique que connaît le peuple arménien, manifestation de la violence de l’Empire ottoman sur un de ses sujets choisi, désarmé et innocent, sa perception des Droits de l’Homme se complexifie et modifie la définition initiale de 1789 qu’il a toujours revendiquée, en bon républicain façonné par Michelet et les idéaux de la Révolution Française. De fait, à partir de 1894, la question arménienne a été le terreau sur lequel Georges Clemenceau a pu faire évoluer sa perception philosophique et politique de la violence. Si elle n’a réussi qu’une seule fois à transformer son écriture littéraire, en revanche, couplée avec l’Affaire Dreyfus, elle le rend encore plus sensible à la grande violence sur une communauté et, définitivement défenseur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et du concept des Droits de l’Homme, puisque « l’affaire d’un seul est l’affaire de tous ».

Dans l’article du 25 novembre 1900, la métaphore audacieuse de « la main sanglante » de l’assassin qui agit en toute impunité permet à Clemenceau non seulement de condamner l’indifférence universelle mais également d’exhorter les puissants à oublier les enjeux géo-économiques et les relations diplomatiques pour privilégier, de tout temps et en tous lieux, le respect de l’humanité. Le citoyen Clemenceau, l’auteur de La Mêlée Sociale et des sept volumes sur l’affaire Dreyfus, le combattant pour l’abolition de la peine de mort, refuse de partager la honte des hommes politiques qui, aveugles et sourds, serrent la « main sanglante » des massacreurs.

C’est dans la paix qu’Abd-ul-Hamid [Abdülhamid II] rougit sa main au sang des enfants égorgés. Une autre différence : les Chrétiens du quinzième siècle ne se ruaient pas au baise-main de leur massacreur. M. Paul Deschanel20, exempt de préjugés, presse dévotement la main sanglante sur son cœur et la plaque diamantée croit cacher la tache rouge. C’est une vieille coutume, dans un certain monde, de porter son opprobre en décoration. M. Deschanel, par sa grâce, rajeunit toutes choses. La Chambre dira prochainement s’il lui convient de prendre part de cette honte.

En 1915, son journal L’Homme enchaîné consacre 34 articles au génocide. Georges Clemenceau n’écrit aucun article de fond sur l’Arménie. En revanche, celle-ci est présente de façon implicite dans bon nombre de ses articles contre les empires centraux. L’article du 9 juillet, titré « Endurer », est celui qui, sous couvert d’une réflexion sur « la fatalité de la guerre qui soulève des questions de vie et de mort pour les peuples les mieux pourvus de ressources et les plus guerriers de la terre civilisée », met en cause la notion de progrès et condamne « les hécatombes » qui en viennent à dépasser toute mesure. Le seul massacreur nommé est l’Allemagne mais l’appel à endurer, l’exhortation au sacrifice comme le font « les vieillards, femmes, enfants debout, silencieux et forts, derrière ceux qui s’offrent à la mort pour ce qu’il y a de plus grand dans l’âme humaine », est une allusion admirative au peuple arménien qui à nouveau souffre et résiste. Par conséquent, si plus tard Clemenceau ne reprend pas la plume pour protester contre l’intolérable violence, les massacres d’Arméniens sont régulièrement mentionnés, et parfois, en première page comme le 23 juillet. Malgré cette constante dénonciation, la question arménienne n’est plus abordée par Clemenceau sous l’angle d’une possible indépendance. Raymond Kévorkian, dans son article « Arménie » du Dictionnaire Clemenceau l’explique ainsi : « L’accession au pouvoir des Jeunes Turcs, en 1908, constitue cependant un tournant dans l’action militante de Jaurès comme de Clemenceau qui les considèrent comme des progressistes ouvrant des perspectives démocratiques pour l’Empire ottoman.» Il s’ensuit que, tout en insistant sur l’atrocité du génocide, L’Homme enchaîné replace progressivement celui-ci dans le cadre de l’alliance germano-turque de façon à condamner la sanglante ennemie qu’est l’Allemagne. Le titre du petit article, en page deux du 28 octobre, en témoigne : « l’Allemagne approuve les massacres d’Arménie. » Le 11 novembre 1915, en qualifiant les insoutenables pratiques d’« atrocités turco-allemandes en Arménie », les ennemis ne font plus qu’un.

*
Dans la géographie littéraire de Georges Clemenceau, l’Arménie est la terre qui lui a permis de réussir un exercice littéraire qu’il a peu pratiqué : la préface. Dans la dizaine de préfaces qu’il a écrite, celle aux Massacres d’Arménie est celle qui a visiblement demandé le plus d’effort et le plus de travail. En effet, non destinée à présenter l’auteur qui n’est pas nommé, elle doit attirer l’attention sur une région inconnue et sur un sujet peu séduisant, voire répulsif pour le lecteur. Inviter à lire la grande violence que subit un peuple éloigné est un véritable tour de force. Si Georges Clemenceau l’accomplit avec brio, ce n’est pas parce que, ancien médecin, il est depuis toujours attentif à la souffrance mais parce qu’il découvre une réalité qu’il ne pouvait imaginer : l’éradication, dont le but est « d’éliminer d’un territoire particulier un “autre” présenté comme étranger ou dangereux », par son anéantissement ou en créant « un climat de terreur destiné à provoquer la fuite du territoire de tous les membres du groupe visé », selon la définition donnée par l’historien Jacques Semelin23. Foudroyé par le déni d’humanité, soupçonné lors de sa découverte du racisme aux États-Unis, Clemenceau se contraint et accepte d’écrire la grande violence qu’il n’arrive pas, depuis la Commune, à mettre en mots. Face à l’urgence, il lui faut décrire sans toutefois agresser le lecteur, libre de fermer le livre. L’écrivain Georges Clemenceau relève le défi en distinguant sans ambiguïté la victime et le bourreau, en établissant clairement la responsabilité et en prenant parti avec vigueur pour les Arméniens. Ainsi, malgré les terribles descriptions, il transmet son indignation au lecteur horrifié et attentif. Le but de la préface n’est pas de faire naître de la compassion pour les victimes mais de faire comprendre à l’opinion publique qu’elle doit demander des comptes à ses gouvernants face à une situation de barbarie inédite. La préface de Clemenceau réclame l’action politique au nom « du droit et de la justice sans distinction de race ni de confession religieuse. » En revendiquant la lutte contre « les scènes déshonorantes » au nom de « l’humanité de son temps », ces quinze pages témoignent de l’importance de l’Arménie dans son idée de la guerre. Le martyre du peuple arménien l’a fait évoluer en faisant exploser les frontières symboliques de la violence extrême. Les massacres d’Arménie ont transformé la culture de la guerre civile sur un territoire national et délimité – culture acquise par Clemenceau jeune homme – à une culture de paix pour l’Humanité, au sens anthropologique et philosophique du terme. Cet élargissement des « Droits de l’homme et du citoyen » aux Droits de l’Homme, Droits humains – tels qu’on les nomme de nos jours – est clairement annoncé dans un article que Georges Clemenceau rédige, dans La Justice, le 8 mars 1896, trois mois avant l’écriture de la préface désormais fameuse pour comprendre les liens existants entre Clemenceau et la communauté arménienne. Intitulé « Musulmans et chrétiens : des hommes », il termine ainsi son puissant appel à la France : « Maintenant qui peut donc accomplir tel office dans le monde ? À qui peut-il appartenir de porter la parole d’émancipation, de justice, de paix heureuse aux nations troublées par ce gouvernement absolu d’un seul, dont l’Europe est à peine délivrée ? Qui parlera d’humanité au peuple souffrant de gouvernements inhumains ? Qui proclamera la nécessité d’un ordre solidaire entre les hommes et lui donnera pour fondement le respect du droit, la justice ? Qui sera le peuple affranchisseur, le peuple humain24 par le verbe et par l’acte ? À quel pays cet honneur ? Au siècle dernier, tous les hommes, d’une voix unanime, eussent désigné la France. Et vraiment, avec la Révolution française, nous nous lançâmes noblement dans la haute aventure. Que faisons-nous aujourd’hui ? » En 1896, la préface aux Massacres d’Arménie a fait mentir celle de La Mêlée Sociale de 1895 qui énonçait « à travers le temps et l’espace, le spectacle éternel de la violence et de l’iniquité. Mais la violence qui s’atténue, l’iniquité qui décroît. » Et pourtant, leur auteur était le même…


Sylvie Brodziak, « De la Commune aux massacres d’Arménie », Études arméniennes contemporaines, 8 | 2016, 7-24.

----------------

Livre complet en pdf et en accès libre sur le site de la BnF :

Les Massacres d'Arménie, témoignages des victimes. Préface de G. Clemenceau (Éd.1896) |
Les_massacres_d'Arménie___témoignages_[...]_bpt6k5807248m.pdf


Version payante :
Les Massacres d'Arménie, témoignages des victimes.
Préface de G. Clemenceau (Éd.1896) | Hachette BNF

https://www.hachettebnf.fr/les-massacres-darmenie-temoignages-des-victimes-preface-de-g-clemenceau-ed1896-9782012696136

https://medias.hachette-livre.fr/media/contenuNumerique/600/1959775850.pdf


À noter : Clemenceau a fait partie avec Jean Jaurès et Anatole France, du Comité de Rédaction du journal Pro Armenia, journal français fondé en 1900 par Pierre Quillard (1864-1912), publié jusqu'en 1914 et fer de lance du mouvement arménophile en France, mouvement dont l'artisan principal était le poète et intellectuel arménien Archag Tchobanian.


- L'Homme enchaîné (journal quotidien du matin / rédacteur en chef, Georges Clemenceau) :

219 résultats sur le mot "Arménie" sur le site Gallica de la BnF pour les années 1915/1917


Exemple de résultat :
Titre
: L'Homme enchaîné : journal quotidien du matin / rédacteur en chef, Georges Clemenceau

Editeurs :

[s.n.] (Paris)
Date d'Ă©dition : 1915-08-29

Extrait 1 : "Les massacres d'Arméniens Pétrograd, 28 août. — Le Novoié Vremia écrit que les Turcs, voyant la progression irrésistible des Russes sur le théâtre ottoman et comprenant que l' Arménie turque passera inévitablement au pouvoir des Russes, ont décidé de dépeupler ce pays. L' Arménie turque n'existe plus, presque toute la population a été massacrée".


/

Nota CVAN :

PrĂ©cisons Ă  toutes fins utiles que l'ouvrage Les massacres d'ArmĂ©nie que Georges Clemenceau a prĂ©facĂ© en 1896 n'a aucun rapport avec un livre du mĂŞme nom signĂ© en 1918 par l'exĂ©crable Pierre Loti (promu de facto par l'actuel gouvernement français qui a inscrit la rĂ©novation de sa maison ottomane de Rochefort dans la liste prioritaire du Loto du Patrimoine Ă©laborĂ©e par StĂ©phane Bern). "Éprouvant le besoin de justifier son admiration pour la Turquie, alors ennemie de la France, lÂ’Ă©crivain Pierre Loti - connu pour ses Ă©crits racistes envers les ArmĂ©niens, et antisĂ©mites - rĂ©pondit dans Les massacres dÂ’ArmĂ©nie Ă  ceux qui lÂ’accusaient dÂ’en faire lÂ’apologie. Ses prises de position lui ont valu de nombreuses critiques. Pierre Loti dĂ©fend la Turquie face au gĂ©nocide armĂ©nien, une posture qu'il adopte de nouveau dans La Mort de notre chère France en Orient, en 1920 : « En ce qui me concerne, je suis mal tombĂ© peut-ĂŞtre, mais je puis attester quÂ’Ă  de rares exceptions près, je nÂ’ai rencontrĂ© chez eux [les ArmĂ©niens] que lâchetĂ© morale, lâchage, vilains procĂ©dĂ©s et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicitĂ© et leur astuce rĂ©pugnent aux Turcs, qui sont en affaires la droiture mĂŞme ! Leurs pires ennemis sont les premiers Ă  le reconnaĂ®tre. JÂ’oserais presque dire que les ArmĂ©niens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant Ă  eux tout lÂ’or, par nÂ’importe quel moyen, par lÂ’usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie »".
https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/restaurer-la-maison-de-pierre-loti-malgre-sa-haine-des-juifs-et-des-armeniens/89197

http://www.bnulibrary.org/index.php/fr/v-les-massacres-d-armenie-vus-de-paris


///

Exposition Clemenceau
du 15 septembre au 13 octobre 2018


À noter : n'ayant pas visité l'exposition, nous ignorons si les écrits de Clemenceau en faveur des Arméniens y sont divulgués.

Assemblée nationale
Exposition gratuite, inscription obligatoire sur le site de l’Assemblée.

Accès et Horaires d’ouverture
L’entrée de l’exposition se situe au 33 Quai d’Orsay, Paris 7ème.
L’entrée est gratuite, se munir d’une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d'identité, passeport ou carte de séjour).
Inscription préalable obligatoire trois jours ouvrés avant la visite.
Les visites sont ouvertes:
- du lundi au vendredi de 9h30 Ă  18h
- samedi de 9h30 Ă  17h30
Cliquez ici pour réserver votre visite.








Retour Ă  la rubrique


Source/Lien : DOI : 10.4000/eac.1139



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org