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L’Azerbaïdjan crée sa diaspora pour contrer la diaspora arménienne
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Pendant des décennies, le gouvernement turc a eu une image exagérée de la diaspora arménienne, la décrivant comme une force mondiale géante. Ces dernières années, l’Azerbaïdjan a été contaminé par cette même peur d’une diaspora arménienne planétaire. Ilham Aliyev a décrit le « lobby arménien » comme étant le plus grand ennemi de l’Azerbaïdjan. Par conséquent, les dirigeants azéris se sont mis à investir des ressources massives pour former leur diaspora dans plusieurs pays afin de contrebalancer le ‘puissant lobby arménien.’ (…) L’objectif principal de cette diaspora est de contrer les Arméniens dans le conflit du Haut-Karabagh (Artsakh). Nota CVAN : Il est assez amusant de constater à quel point la diaspora arménienne gêne l’Azerbaïdjan, alors que les Arméniens n’ont pas le poids financier de l’Etat azéri, riche de son pétrole et de son gaz ; pas plus qu’ils n’ont les méthodes de lobbying de Bakou, basées sur la corruption des individus et des institutions, au niveau européen ou international. La France n’est pas épargnée par ce projet d’Aliyev de s’en prendre à la diaspora arménienne dans l’hexagone. Voir en fin d’article notre article sur l’intervention radiophonique de Mirvari Fataliyeva, Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan à Paris, en date du 22 janvier 2013. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 26 juillet 2018.


L’Azerbaïdjan organise sa propre diaspora pour concurrencer la diaspora arménienne


De Harut Sassounian
The California Courier
www.TheCaliforniaCourier.com
Éditorial du 26 juillet 2018

Pendant des décennies, le gouvernement turc a eu une image exagérée de la diaspora arménienne, la décrivant comme une force mondiale géante. Ces dernières années, l’Azerbaïdjan a été contaminé par cette même peur d’une diaspora arménienne planétaire. Ilham Aliyev a décrit le « lobby arménien » comme étant le plus grand ennemi de l’Azerbaïdjan. Par conséquent, les dirigeants azéris se sont mis à investir des ressources massives pour former leur diaspora dans plusieurs pays afin de contrebalancer le « puissant lobby arménien. »

Paradoxalement, alors que le gouvernement arménien planifie le rapatriement des Arméniens vivant à l’étranger, l’Azerbaïdjan tente de faire exactement le contraire, en encourageant les Azéris à déménager dans des pays de l’ex-bloc soviétique, en Europe et aux États-Unis, pour augmenter sa diaspora.

Nazim Ibrahimov, président du Comité d’État de travail avec la diaspora, a récemment annoncé que « l’établissement de centres de coordination pour les Azéris dans le monde se poursuit et que cette affaire est l’une des priorités du président Ilham Aliyev… L’État azéri a créé des conditions financières gigantesques dans ce but. Sur ordre du président, nous apportons notre soutien aux organisations de la diaspora dans le monde. Du fait de ses activités, la diaspora azérie répond correctement au lobby arménien, et elle le domine aussi parfois. »

L’année dernière, Sergei Rumantsev, diplômé de l’université de Bakou, a écrit un article sur le site OpenDemocracy.net, intitulé : Vive la diaspora azérie, affirmant que Bakou déploie de grands efforts pour mobiliser ou même pour créer une diaspora azérie internationale. L’objectif principal de cette diaspora est de contrer les Arméniens dans le conflit du Haut-Karabagh (Artsakh). Les dirigeants azéris voient la diaspora arménienne « comme extrêmement influente et fortement solidaire ». C’est pourquoi, « pour le régime Aliyev au pouvoir en Azerbaïdjan, une diaspora est synonyme de lobby politique à l’étranger. »
Les Azéris ont une vision tellement exagérée de la diaspora arménienne, que lorsque la Cour suprême russe a décidé d’annuler l’immatriculation du All-Russian Azerbaijani Congress l’an dernier, « de nombreux commentateurs [azéris] en ont hâtivement tiré des conclusions d’intrigues et de complots arméniens », a écrit Rumantsev. La vérité étant que l’organisation azérie avait violé les lois russes. Les Arméniens n’avaient rien à voir avec sa suppression.

Les autorités azéries ont été tellement impressionnées par le poids politique de la diaspora arménienne, que, depuis les années 2000, elles « ont investi dans ce projet de grands capitaux financiers et symboliques. Elles ont tenté de faire naître aussi vite que possible une diaspora à leur goût. »

Tout a commencé lorsque Heydar Aliyev, le père de l’actuel président, était le dirigeant de l’Azerbaïdjan soviétique dans les années 70-80. Il a pris des dispositions pour que de nombreux jeunes azéris partent étudier dans des universités de toute l’Union soviétique et a encouragé l’installation d’Azéris dans diverses républiques soviétiques !

Avant le Second congrès mondial des Azerbaïdjanais, qui a eu lieu le 16 mars 2016, « le Comité d’État de travail avec les Azerbaïdjanais de l’étranger a produit un film documentaire au titre très révélateur : Nous sommes une nation de 50 millions », a écrit Rumantsev. Le comité a déclaré que 10 millions d’Azéris vivaient dans environ 70 pays.

Rumantsev a affirmé que les Azéris vivant à l’étranger ne forment pas un groupe cohérent ; il y a des différences considérables parmi les immigrants azéris : « l’activisme de la diaspora azérie se limite généralement à un petit groupe d’hommes d’affaires azéris et aux membres de leur famille. »

Rumantsev a décrit l’origine des efforts d’organisation des Azéris à l’étranger : « En novembre 2001, le premier Congrès mondial des Azerbaïdjanais a eu lieu à Bakou, à l’initiative d’Aliyev. L’année suivante a vu la fondation du Comité d’État de travail avec les Azerbaïdjanais de l’étranger – Nazim Ibrahimov en a été nommé le dirigeant permanent. La première convention du Comité a mené à la création d’un autre organe, le Conseil de coordination des Azerbaïdjanais du monde, bien sûr dirigé par le président pan-azéri Heydar Aliyev. Le succès de la construction de la diaspora se mesurait à l’aune du nombre d’organisations existantes, et à la façon de les unifier en une structure unique. »

Le Congrès mondial des Azerbaïdjanais est constitué de corps régionaux ou locaux, puis d’organisations azéries dans divers pays, et enfin par le Congrès mondial qui prend ses ordres directement auprès du gouvernement azéri.

Le président Ilham Aliyev a fièrement annoncé aux participants d’une conférence récente du Congrès mondial des Azerbaïdjanais : « Nous avions 336 organisations il y a cinq ans, nous en avons désormais 416. » Lors du quatrième Congrès mondial de 2015, « les délégués ont déclaré qu’il y a désormais 462 organisations. »

Les rares activités auxquelles les Azéris participent dans le monde sont présentées de manière très exagérée dans les médias officiels de l’Azerbaïdjan, comme si de nombreux Azéris en Europe ou aux États-Unis étaient impliqués dans des activités pro-Azerbaïdjan en soutien au président Aliyev. Par exemple, lorsque le président arménien Serge Sarkissian s’est rendu à Berlin en 2016, un petit nombre d’Azéris a organisé une manifestation et envoyé le message suivant au président Aliyev : « Monsieur le Président, vous avez le soutien des Azerbaïdjanais à travers le monde ! »

Rumantsev a conclu son article en affirmant que la diaspora azérie ne peut pas être comparée aux diasporas classiques, arménienne, juive ou grecque. La plupart des organisations azéries à l’étranger « n’existent que sur le papier. »


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 26 juillet 2018 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

« Le peuple français doit découvrir le vrai visage de la diaspora arménienne »

Azerbaïdjan : Culte de la personnalité et corruption à la mode Aliyev





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Source/Lien : The California Courier



   
 
   
 
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