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RSF s’inquiète de la perquisition d’une rédaction en Arménie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Reporters sans frontières (RSF) dénonce la perquisition menée le 17 septembre dans les locaux du site d’information arménien Yerevan.Today, qui viole la protection des sources journalistiques. (...) Les autorités affirment qu’elle était nécessaire à leur enquête sur la récente diffusion dans les médias d’extraits de conversations téléphoniques entre deux responsables de haut rang, alors qu’ils discutaient des poursuites lancées contre l’ancien président de la République Robert Kotcharian et l’ancien ministre de la Défense pour la répression sanglante de manifestations en 2008." Nota CVAN : La conversation - enregistrée frauduleusement via un système sophistiqué - concernait également le Secrétaire général de l'OTSC, Yuri Khachatourov, proche de Poutine. Sachant que cet enregistrement a d'abord été mis en ligne sur le réseau social russe Vkontakte, il est légitime de se demander si la Russie n'est pas derrière cette tentative de déstabiliser le nouveau pouvoir arménien. En tout état de cause, il est vraisemblable - pour le moins - que les anciens dirigeants arméniens et les oligarques poursuivis pour corruption, cherchent à piéger Nikol Pachinian. Ce dernier se heurte là aux premières vraies difficultés depuis sa prise de pouvoir le 8 mai 2018 : comment contrôler les coups bas de l'ancien régime sans violer les règles de droit, que ce soit envers la presse ou celles de la séparation des pouvoirs ? L'enregistrement illégal est en ligne depuis le 5 septembre sur YouTube, avec des sous-titres en anglais. Le Collectif VAN diffuse ici le communiqué de Reporters sans Frontières, suivi de la Revue de Presse des articles concernant cette affaire dans les médias arméniens, publiée par l'Ambassade de France en Arménie et reprise par le Collectif VAN.



Communiqué de Reporters sans Frontières

18 septembre 2018

RSF s’inquiète de la perquisition d’une rédaction en Arménie | RSF

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la perquisition menée le 17 septembre dans les locaux du site d’information arménien Yerevan.Today, qui viole la protection des sources journalistiques.
Sept heures de perquisition : les policiers ont temporairement paralysé l’activité de Yerevan.Today, le 17 septembre 2018 dans la capitale arménienne, avant d’emporter une partie de son équipement informatique. Le rédacteur en chef du site d’information, Sevak Akopian, a fait état d’une autre perquisition à son domicile.

Assurant que l’opération n’avait “rien à voir avec les activités journalistiques” de Yerevan.Today, les autorités affirment qu’elle était nécessaire à leur enquête sur la récente diffusion dans les médias d’extraits de conversations téléphoniques entre deux responsables de haut rang. Le directeur du Service de la sécurité nationale, Artur Vanetsian, et le chef du Service d’enquête spécial, Sassoun Khatchatrian, ont été enregistrés à leur insu alors qu’ils discutaient des poursuites lancées contre l’ancien président de la République Robert Kotcharian et l’ancien ministre de la Défense pour la répression sanglante de manifestations en 2008. Les extraits diffusés laissent entendre qu’ils auraient cherché et obtenu l’aval du Premier ministre actuel pour procéder à l’arrestation des anciens dirigeants. Les deux responsables ont reconnu l’authenticité de cette conversation, tout en affirmant qu’elle était mal interprétée.

Mis en ligne sur YouTube, l’enregistrement a été largement relayé dans la presse arménienne le 11 septembre dernier. Les autorités accusent Yerevan.Today d’avoir brièvement publié la conversation deux jours plus tôt, avant de l’effacer. Ce que nie la rédaction, qui dénonce une campagne de calomnie fondée sur une erreur d’appréciation technique. Erreur jugée probable par des experts en sécurité informatique.

“La perquisition des locaux de Yerevan.Today et la saisie de son équipement constituent de graves violations du principe de la protection des sources journalistiques, garanti par la législation arménienne comme par la Cour européenne des droits de l’homme, déclare le responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF, Johann Bihr. Nous regrettons que les forces de l’ordre n’aient pas cherché un moyen moins intrusif et mieux proportionné de parvenir à leur but légitime.”

Un vaste mouvement de protestation pacifique en avril 2018 a abouti au départ du premier ministre Serge Sargsian, remplacé par le principal leader des manifestations, l’ancien journaliste Nikol Pachinian. Le nouveau pouvoir a promis de lutter contre la corruption et de respecter l’Etat de droit. L’Arménie occupe la 80e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018, établi par RSF.

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Revue de la presse arménienne du 12 septembre 2018

Le chef du Service de la sécurité nationale Artur Vanetsian et le chef du Service d'enquête spéciale Sassoun Khachatrian ont été mis sur écoute

La presse rend compte de l'émotion suscitée par la publication de l'enregistrement de la conversation téléphonique entre le chef du Service de sécurité nationale Artur Vanetsian et le chef du Service d'enquête spéciale Sassoun Khachatrian. Dans cet enregistrement datant probablement de fin juillet 2018, les deux chefs de Services discutent de l'affaire du 1er mars 2008, notamment de la mise en détention du deuxième Président Robert Kocharian et du Secrétaire général de l'OTSC Yuri Khachatourov (cf. revue du 27 juillet 2018, revue du 31 juillet 2018, revue du 18 au 20 août 2018) ainsi que de la possibilité d'impliquer dans l'enquête l'ancien Ministre de la Défense Seyran Ohaninan. Dans l'enregistrement Artur Vanetsian annonce à Sassoun Khachatrian qu'il a eu un contact avec le juge en charge de l'affaire de R. Kocharian. Selon Vanetsian, le juge, inquiet, l'aurait contacté et Vanetsian l'aurait rassuré en indiquant que « que tu le veuilles ou pas, tu signeras la décision de détention ». A. Vanetsian indique également qu'il ne conseillait pas de mettre en détention Y. Khachaturov, car il aurait « à peine restauré les relations avec les russes », mais il l'a rappelé plus tard en inquant que le Premier ministre a dit « d'enfermer Y. Khachaturov ». La presse qualifie l'incident de « jamais vu » et « scandaleux ». Le Premier ministre Nikol Pachinian a qualifié l'incident de « complot contre l'Etat arménien » et de « chantage ». Alors que beaucoup soupçonnaient l'enregistrement d'être un montage, le chef du Service de la sécurité nationale Artur Vanetsian et le chef du Service d'enquête spéciale Sassoun Khachatrian ont donné une conférence de presse et affirmé que l'enregistrement n'était pas fabriqué et qu'il s'agissait bien de leur conversation téléphonique. Pour les quotidiens Hraparak et Hayots Achkhar, l'enregistrement démentirait les déclarations des nouvelles autorités, notamment les déclarations sur « l'excellent niveau des relations arméno-russes » (car A. Vanetsian indique avoir « à peine restauré les relations avec les russes ») et la promesse de Nikol Pachinian de ne pas intervenir dans les procédures judiciaires. Tous les médias se demandent qui pourrait être derrière cet enregistrement. Selon Nikol Pachinian il pourrait s'agir d'un acte de certains oligarques. Le quotidien Haykakan Jamanak indique qu'un tel enregistrement nécessite un équipement technique assez couteux. Seules quelques institutions étatiques en auraient les moyens, mais le quotidien trouve peu probable que l'enregistrement soit fait par quelqu'un « de l'intérieur ». Haykakan Jamanak suggère que l'ancien ministre de l'économie et l'ancien Président du Comité de recettes d'Etat Gagik Khachatrian posséderait un tel équipement. La presse n'exclut pas que des « forces extérieures » soient derrière l'enregistrement. Les médias indiquent qu'une enquête pénale est lancée pour découvrir les responsables. L'expert des médias Samvel Martirossian indique que les tentatives de mise en ligne de l'enregistrement auraient commencé début septembre, d'abord sur le réseau social russe Vkontakte, puis le 5 septembre la vidéo a été publiée sur YouTube. Selon les médias, les services spéciaux russes pourraient être responsables de cet enregistrement, pour preuve - le fait qu'on a tenté d'abord de le diffuser sur un réseau social russe et que les sous-titres en anglais semblent être rédigés par un russophone (les noms propres sont à la russe - Grach au lieu de Hrach, Arutunyan au lieu de Harutyunyan…). La presse n'exclut pas qu'au moment de l'enregistrement A. Vanetsian se soit trouvé sur le territoire de la Russie et son téléphone ait été mis sur écoute. Le cabinet du deuxième Président Robert Kocharian a déclaré que l'enregistrement prouverait l'acharnement politique contre Robert Koacharian coordonné par Nikol Pachinian lui-même. Les avocats de R. Kocharian ont déclaré qu'après cet incident, les deux chefs de Services devraient démissionner. A. Vanetsian et S. Khachatian ont indiqué qu'ils démissionneront quand « le peuple le demanderait ». Pour le Président du Comité des relations extérieures de l'Assemblée nationale, le député républicain Armen Achotian, l'enregistrement prouverait que « Nikol Pachinian coordonnerait les enquêtes pénales et que ces dernières auraient été lancées sur une base politique ». Les médias indiquent que malgré le passage de l'enregistrement dans lequel A. Vanetsian indique avoir parlé au juge de R. Kocharian, le juge et A. Vanetsian nient cette information et déclarent même ne pas se connaitre. Sassoun Khachatrian a qualifié l'incident de « tentative de freiner l'affaire du 1er mars 2018 » et a déclaré que le premier et le troisième Présidents de l'Arménie M. Levon Ter-Petrossian et M. Serge Sarkissian devraient être interrogés dans le cadre de l'affaire. Selon Sassoun Khachatrian son Service aurait des preuves de l'implication de l'armée dans les évènements du 1er mars et des preuves de l'assassinat d'un manifestant par les unités spéciales. Le chef du Service de sécurité national Arthur Vanetsian a déclaré qu'une seconde procédure pénale contre Robert Koacharian serait bientôt initiée pour les soupçons de blanchiment d'argent (dans la première procédure R. Kocharian est mis en accusation pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel). La presse qualifie ces déclarations de vaine tentative de détourner l'attention de l'incident gravissime qui est la mise en écoute des deux chefs de Service chargés de sécurité du pays et leurs propos sur l'affaire du 1er mars.

Rédaction : Lena Gyulkhasyan

Attachée de presse et de communication

Ambassade de France en Arménie


Lire aussi :

Revue de la presse arménienne du 13 septembre 2018 - Nouvelles d'Arménie en Ligne

YouTube :
L'enregistrement illégal de la conversation téléphonique entre le chef du Service de sécurité nationale d'Arménie, Artur Vanetsian, et le chef du Service d'enquête spéciale, Sassoun Khachatrian, est en ligne depuis le 5 septembre sur YouTube, sous le titre "How Armenian Justice Works", avec des sous-titres en anglais :

How Armenian Justice Works

https://youtu.be/AZOc3HxZLLA



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Source/Lien : Reporters sans frontières (RSF)



   
 
   
 
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