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Turquie : Culture de la peur, de la haine et du déni = Santoro, Dink, Malatya
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article pessimiste et sans espoir paru dans le Turkish Daily News. Son auteur, Orhan Kemal Cengiz dénonce le "sérieux danger que représentent en Turquie le nationalisme exacerbé (des Turcs et des Kurdes), le racisme, l’intolérance, la xénophobie, la haine des autres religions", et il conclut par ces mots "vous savez ce qu’il se passe quand ils se liguent tous".


Photo : le journaliste arménien Hrant Dink assassiné devant le siège de son journal Agos le 19 janvier 2007 à Istanbul



TURKISH DAILY NEWS

Vendredi, 11 mai 2007

Orhan Kemal Cengiz

Je serai direct dès le début. Je crains (j’espère de tout coeur me tromper) qu’il soit très possible que ces meurtres se poursuivent. Les meurtres peuvent emprunter différentes voies, selon les différentes personnes ciblées, appartenant à différents cercles, mais, malheureusement, il semblerait qu’ils vont continuer. C’est très douloureux de dire une chose de ce genre. Cela blesse de faire cette spéculation gênante. Mais malheureusement, trois fortes sonneries d’alarme n’ont pas été suffisantes pour que la société turque et le gouvernement s’inquiètent et réfléchissent à ce qu’il se déroule en Turquie.

Si nous étudions l’anatomie de ces meurtres (Santaro, Dink et les massacres de Malatya) nous voyons les dénominateurs communs suivants :
Ils ont été commis par de très jeunes gens; dans deux des cas les meurtriers avaient moins de 18 ans. Les auteurs sont des ultranationalistes et ils pensent avoir fait ce qu’ils ont fait pour sauver le pays. Ils agissent en gangs. Dans les trois cas, les forces de sécurité avaient eu connaissance au préalable des plans des meurtriers et elles les connaissaient, mais, étrangement, elles n’ont pas donné suite aux signaux d’alarmes et aux avertissements. Avant chaque incident, il y a eu des campagnes acharnées contre les victimes dans tous les médias locaux et nationaux. Aucune inculpation n’a été lancée ni contre les campagnes de discours haineux ni contre ceux qui ont mené ces campagnes. Dans les trois cas, ces jeunes gens ont des frères ainés ? qui ont d’autres relations ?

Ma théorie est très simple. Nous sommes confrontés en Turquie à un nouveau phénomène. Nous avons des gangs dans tout le pays, qui sont organisés selon un genre de modèle Al Quaida, ce qui signifie qu’ils ont une unité idéologique (raciste, ultranationalisme) mais ils ne sont pas directement connectés à un centre. Ils sont ouverts à la manipulation et ils sont manipulés par des cercles qui ont des liens avec les groupes paramilitaires illégaux.

Ces gangs opèrent de l’intérieur et alimentent le sentiment de peur, de haine et de déni. Pour comprendre ce qu’il se passe exactement en Turquie, il nous faut examiner les différents niveaux qui sont liés et qui se renforcent les uns les autres.

Tout d’abord, nous avons une atmosphère générale de peur, générée par de nombreux cercles différents politiques et bureaucratiques et parfois par les médias :
La Turquie sera fragmentée. Nous sommes cernés par des ennemis externes et internes. L’Union européenne sera la cause de la désintégration de la Turquie. La Turquie est envahie d’étrangers. Les missionnaires occupent la Turquie.

S’opposer aux réformes et être contre l’adhésion à l’UE est devenu un facteur dominant utilisé pour créer cette peur.
Nous avons également une atmosphère générale de déni, de non confrontation :
Ces meurtres ont été planifiés et commandités par les services secrets. Certaines sources extérieures provoquent ces jeunes afin de déstabiliser la Turquie. Nous n’avons pas de problème kurde; l’unique problème c’est le terrorisme. Il n’y a pas eu de génocide arménien; il nous est imposé par les puissances occidentales. Les ennemis extérieurs… etc.

Des campagnes de haine acharnées sont reproduites chaque jour en Turquie. De nombreuses informations, des commentaires et des notes sur les victimes ont circulées avant qu’elles ne soient tuées. La presse locale joue un rôle spécial dans ces campagnes publiques d’information.
Est-ce que quelque chose a changé en Turquie depuis que ces meurtres ont été commis ? En vérité, rien.

Nous avons le même ministre de l’Intérieur, qui est intouchable. Nous avons les mêmes hommes d’Etat qui ont déclaré que celui qui ne dit pas combien il est heureux d’être Turc est un ennemi de la Turquie. Les campagnes haineuses émanant de la presse, des médias et d’innombrables sites Web, perdurent.

Ces sites Web continuent de cibler les intellectuels et les chercheurs, sur une base quotidienne, et ils ne sont pas inculpés. Aucun membre des gangs n’a été arrêté.

Je terminerai cet article pessimiste et sans espoir sur un commentaire grisâtre. S’il existe un sérieux danger en Turquie à présent, ce n’est pas l’Islam ou la Charia, mais le nationalisme exacerbé (des Turcs et des Kurdes), le racisme, l’intolérance, la xénophobie, la haine des autres religions, et vous savez ce qu’il se passe quand ils se liguent tous.
Une citation de la Cour Suprême du Canada : "L’holocauste n’a pas commencé dans les chambres à gaz. Il a débuté avec des mots. Ce sont les faits glaçants de l’histoire - les effets catastrophiques du racisme."

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007 - www.collectifvan.org






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Source/Lien : Turkish Daily News



   
 
   
 
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