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Revue de Presse - Le Collectif VAN à la Une de Parev
Publié le : 18-02-2008

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Parev, le magazine trimestriel du Conseil Communautaire Arménien de la Côte d'Azur, consacre 3 pages au Collectif VAN.Illustrée par de nombreuses photos (essentiellement de la dernière action d'envergure d'avril 2007 "1915 mains pour le Darfour" sur le Parvis de Notre-Dame), l'interview de la présidente du Collectif VAN décrit l'action de l'association contre le négationnisme du génocide arménien orchestré par l'Etat turc. Un grand merci à l'équipe de Parev, qui par ce "coup de projecteur", contribue à encourager les militants du Collectif VAN dans leur combat de tous les jours.



Interview de Séta Papazian,
Présidente du Collectif VAN
[Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]


Parev : Séta Papazian, pourriez-vous nous exposer les conditions dans lesquelles est né le Collectif VAN ?

Séta Papazian: Il y a quatre ans, le 6 janvier 2004, Arte a diffusé comme « cadeau » de Noël arménien, un long Théma consacré à la Turquie. Alexandre Adler y a présenté l’histoire de la fin de l’Empire ottoman et celle de la fondation de la République turque de 1923, en passant totalement sous silence le génocide arménien de 1915 ainsi que bien sûr les massacres qui l’avaient précédé (1895/96 et 1909). Cette émission a constitué pour moi le déclic : à quelques mois du Conseil européen de décembre 2004 devant statuer sur l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie avec l’Union européenne, j’ai pris conscience de ce que nous allions subir comme désinformation savamment orchestrée dans les medias. J’ai contacté André Santini, Député-Maire d’Issy-les-Moulineaux, qui a saisi Jérôme Clément, le Président de la chaîne franco-allemande dont les locaux sont situés sur sa commune.

Ara Toranian, président du CCAF nouvellement élu, venait de prendre la décision d’ouvrir les réunions du Conseil d’Administration du CCAF à tous, adhérents d’associations ou non, désireux de s’impliquer contre le négationnisme turc exporté en Europe. J’ai donc intégré ce cadre en y entraînant mon entourage. Nous y avons retrouvé Denis Donikian de Yevrobatsi et Micha Meroujan d’Agla : ils ont contribué à porter avec nous le Collectif VAN sur les fonds baptismaux avant de suivre leur propre chemin.

Au sein du CCAF, la première action fut le piquet de protestation devant Arte le 28 février 2004. La chaîne, par l’intermédiaire de son Directeur Général, s’est engagée ce jour-là à réparer le tort causé par son Théma de trois heures. Cet accord a débouché sur la réalisation et la diffusion en prime-time, le 13 avril 2005, d’un documentaire de 52 mn "le Génocide Arménien" de Laurence Jourdan" (disponible également en DVD) dans le cadre des Mercredi de l’Histoire. Même si ce n’est pas une action estampillée « Collectif Van » (ce dernier s’étant créé quatre mois après), elle est l’œuvre des militants qui par la suite fonderont le Collectif VAN et nous sommes heureux d’avoir contribué à la diffusion du premier documentaire (même imparfait) du génocide arménien à la télévision française.

Dès les premières réunions, nous avons organisé nos forces militantes en deux pôles : le Pôle Vigilance Médiatique (avec notamment la Veille-Media) et le Pôle Evènementiel. Ce dernier pôle a été mis à contribution pour chaque piquet et bien sûr pour le 24 avril 2004: nous avons, toujours pour le CCAF, « habillé » la manifestation parisienne en enterrant l’Europe dans un cercueil de 20 mètres de long. Notre principe était déjà à l’époque, d’utiliser nos compétences internes en graphisme et évènementiel, pour produire une communication visuelle moderne et quelquefois légèrement iconoclaste...

Pour en terminer avec le processus de création du Collectif VAN, une fois le 24 avril 2004 passé, certains au CCAF nous ont gentiment fait comprendre que les électrons libres que nous étions étaient désormais non grata. Nous nous sommes donc constitués en association nommée Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme], pour pouvoir adhérer au CCAF et y siéger (du moins à l’Assemblée Générale…). Le Collectif VAN s’est créé le 8 mai 2004, jour symbolique de la victoire sur le Nazisme, et a été déclaré en préfecture le 24 septembre 2004. Il est basé à Issy-les-Moulineaux (92) en région parisienne. Je précise que l’association n’est affiliée à aucun parti politique et qu’elle n’a pas de membres permanents en France.


P. : Le titre même de votre organisation indique que votre mission première est de lutter contre le fléau négationniste. Avez-vous observé un accroissement du relais de ces thèses mensongères par les médias français ?

S. P.: Il y a une réelle évolution de cette véritable plaie qu’est le négationnisme. Au début de notre action, il s’agissait pour l’essentiel de négationnisme par omission, à l’instar d’Alexandre Adler qui avait fait avec maestria, un grand écart pour sauter de la situation avant la guerre de 1914, à la République de Mustapha Kemal en 1923, sans parler du sort réservé en 1915 aux Arméniens et autres minorités de l’Empire ottoman. Lorsque nous avons démarré la Veille-Media en janvier 2004, le terme génocide arménien n’apparaissait d’ailleurs que rarement dans les articles. Les débats autour de l’entrée de la Turquie en Europe, ont eu, entres autres, pour effet de braquer les projecteurs sur la problématique du génocide arménien. Et nous avons relevé une pléthore d’articles concernant ce thème. Malheureusement cette augmentation a été également accompagnée d’un négationnisme plus offensif et souvent très pervers. Il y a d’évidence une réécriture de l’histoire dans certains guides ou articles édités en France et la vigilance de tous est nécessaire pour persuader - avec intelligence - les responsables de changer leur ligne éditoriale…

Les medias français ne sont pas nécessairement mal intentionnés : les journalistes sont peu informés (!) et ne font souvent que relayer les dépêches de l’AFP. Des dépêches qui sont rédigées par les correspondants turcs de l’AFP à Istanbul ou Ankara… Il appartient donc aux autorités françaises de demander à l’Agence France-Presse, de respecter la loi concernant la reconnaissance du génocide arménien.

Mis à part ce problème particulier, le négationnisme le plus virulent se propage sur internet : mais sans la ratification de la loi pénalisant la négation du génocide arménien, il est impossible de poursuivre les sites négationnistes ou d’obliger leurs hébergeurs à l’étranger de cesser leur diffusion. Des milliers de sites racistes ont été recensés aux Etats-Unis, en Allemagne, en Turquie... La situation de la Turquie est vraiment particulière puisque c'est l'Etat lui-même qui orchestre, avec des moyens considérables, le négationnisme du génocide arménien. Le Collectif VAN traque, avec ses modestes moyens, ce mensonge d'Etat sur le web : malheureusement, ce fléau s’étend sur la planète et constitue une véritable menace pour la démocratie.

P. : Le champ d’action de votre organisation est-il limité aux seuls Français d’origine arménienne ?

S.P. : Absolument pas, je dirais même que c’est l’inverse. Que ce soit avec la Veille-Media (à laquelle sont abonnés de nombreux hommes politiques, journalistes, historiens, etc) ou par ses actions évènementielles qui attirent l’attention des medias et du public, le Collectif VAN mène un travail d’information essentiellement à destination des non-Arméniens.

Mais par contre il est vrai que nous menons également un travail de sensibilisation dirigé vers les Européens d’origine arménienne : le Collectif VAN étend en effet son action à la lutte contre tous les génocides et tous les négationnismes (Shoah, Rwanda, Darfour…) : il nous semble important que les descendants des rescapés du génocide de 1915 s’investissent dans la prévention d’autres génocides. Comment ne pas se sentir concerné lorsque l’on apprend que l’année 2008 démarre au Kenya avec le massacre d’une cinquantaine de personnes de l'ethnie kikuyu, brûlées vives dans une église ?
Nous oeuvrons au sein du Collectif Urgence Darfour et le Collectif VAN est membre du Conseil d’Administration de cette structure rassemblant des associations telles que SOS Racisme, Vigilance Soudan, la Licra, etc.


P. : Hormis la désormais indispensable revue de presse quotidienne que vous diffusez sur Internet, quelles sont les autres activités du Collectif ?

S.P.: Comme je l’ai dit le Collectif VAN œuvre suivant deux axes : le Pôle Vigilance Media & le Pôle Evénementiel. Outre la revue de presse quotidienne et internationale - baptisée Veille-Media – en ligne sur notre site et envoyée gratuitement par mail à nos abonnés, le Pôle Vigilance Média s’efforce de signaler tout programme négationniste (TV, radio, presse écrite, internet, édition, etc.) et de préparer ou de susciter la mise en place de ripostes, par exemple de la part du CCAF.

Le Pôle Evénementiel a lui pour charge de préparer les actions sur le terrain : en moins de quatre années d’existence, le Collectif VAN a initié ou participé à 35 actions. La dernière action d’envergure était celle menée sur le Parvis de Notre-Dame de Paris les 21 et 22 avril 2007 intitulée "D’un génocide à l’autre : 1915 mains pour le Darfour". Grâce à un généreux mécène, cette action a été annoncée en pleine page dans le quotidien Libération du 20 avril 2007 et a drainé plus de 4.000 visiteurs de tous horizons. Elle a permis de récolter plus d’un millier de signatures pour l’Europétition d’Urgence Darfour.

Depuis 2004, le Collectif VAN, avec le soutien des CCAF locaux de Paris et Marseille, a initié un nouveau mode de communication en signant des visuels monumentaux déployés au fronton de nombreux édifices publics : Hôtel de Ville de Paris, Conseil Régional d’Île de France, Mairie d’Issy-les-Moulineaux, d’Arnouville, Mairie de Marseille, Conseil Général des Bouches du Rhône…

Nous avons également fait quelques sorties remarquées dans les rues de Paris (ou à Bruxelles en 2004) avec 6 « pendus » porteurs de messages forts. Ceci nous a valu de passer au journal de 20heures de TF1, France 2, sur LCI, iTélé, etc…
Le « pendu » du Collectif VAN a été également l’objet d’une annonce pleine page dans Libération à l’occasion du premier vote de la loi de pénalisation en mai 2006.

Nous sommes heureux aussi d’avoir une antenne en Arménie : notre permanente sur place, Lilith Stépanian est très active et a organisé un colloque sur le thème du « dialogue » arméno-turc qui a suscité l’intérêt d’une trentaine de jeunes Arméniens à Erevan. C’est pour nous une réelle satisfaction.

Mais il est impossible de lister ici toutes nos actions : je conseille aux plus curieux de visiter la rubrique Actions Van de notre site ou de télécharger notre dossier de presse sur : http://www.collectifvan.org/article.php?r=1&id=43


P. : De quels moyens financiers et humains disposez-vous pour mener à bien votre mission ?

S.P.: Jusqu’à présent, nous n’avons disposé que de nos propres moyens : à savoir, les cotisations des membres et surtout les dons des sympathisants. Je dois dire que le Collectif VAN bénéficie d’un capital précieux : la confiance que tous nous témoignent et qui nous touche beaucoup.
Nous avons déposé des demandes de subventions dans le cadre des dédommagements AXA en présentant des dossiers indispensables pour faire avancer la lutte contre le négationnisme de l’Etat turc. Malheureusement il semblerait que nous ne fassions pas partie des « élus »… Nous attendons également une réponse à la demande de subvention déposée auprès de la Mairie d’Issy-les-Moulineaux.

Nous avons par ailleurs des ressources internes en communication et graphisme. Ce qui nous permet d’apporter une véritable valeur ajoutée à ce que nous créons. Nous sommes sensibles à l’apport artistique quelque fois alternatif (si l’on s’en réfère par exemple aux collages des « Zépure » de l’Artiste Anonyme) des actions que nous mettons en place ou que nous relayons.
En France, nos membres sont tous des bénévoles et nous nous heurtons bien sûr au problème des disponibilités des uns et des autres. Chance ou malchance, le Collectif VAN a attiré des militants ayant de hautes responsabilités dans leur vie professionnelle, mais jusqu’à présent, grâce à la motivation du plus grand nombre, nous avons toujours fait face aux échéances !

P. : Nos lecteurs peuvent-ils soutenir d’une manière ou d’une autre l’action du Collectif VAN ?

S.P.: La vigilance que nous exerçons ne peut être pleinement efficace sans les multiples « veilleurs » qui contribuent à faire remonter l’information jusqu’à nous.
Outre ces « veilleurs » anonymes et autonomes, nous avons un grand besoin de bons traducteurs (anglais/français, allemand/français et turc/français essentiellement). En effet, nous traduisons et mettons en ligne quotidiennement des articles de la presse turque anglophone et turcophone, et ne pouvons traiter la masse d’informations faute de ressources adaptées. Ceci est un appel à tous nos retraité(e)s ou sans emploi qui maîtrisent internet et les outils bureautiques standard et qui peuvent se consacrer à une activité non rémunérée ! Les graphistes et les rédacteurs sont également les bienvenus : l’un des avantages d’internet est d’abolir les distances. Nous pouvons donc travailler en synergie sans être nécessairement sur un même lieu géographique.

Le Collectif VAN a par ailleurs et bien entendu, besoin d’une aide financière pour assurer la pérennité de son action (sachant que des Cerfa sont délivrés pour les dons).
Nous mettons actuellement en place un Observatoire du Négationnisme : cet outil est destiné à établir des statistiques sur le modèle des veilles épidémiologiques afin d’alerter les pouvoirs publics sur la propagation du négationnisme turc exporté en Europe. La violence des mots d’ordre divulgués (on l’a vu en octobre à Bruxelles et à Berlin où des groupes de 200 à 300 jeunes Turcs armés de machettes ont traqué des Kurdes, des Arméniens et des Assyriens dans les rues), montre qu’il y a urgence. Le danger est réel. Pour mettre en place cet Observatoire du Négationnisme, le Collectif VAN va devoir financer des équipes de développeurs informatiques : les contacts sont d’ores et déjà pris en Arménie afin que ce travail - nécessaire pour la diaspora - puisse également contribuer à assurer un avenir aux jeunes informaticiens arméniens.
Je tiens à remercier le magazine Parèv de contribuer à faire ainsi connaître nos actions et nos projets : Bonne Année à toute l’équipe et aux lecteurs en PACA, et rendez-vous sur le site du Collectif VAN !

Séta Papazian
Présidente
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boite vocale : 0 870 72 33 46 - Email: contact@collectifvan.org
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