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Revue de Presse - France-Arménie : Interview du Collectif VAN
Publié le :

Le magazine France-Arménie a consacré une double-page de son numéro 352 du 16 au 31 décembre 2009 aux 5 ans du Collectif VAN. Qu'il en soit ici remercié. Voici la retranscription de l'interview du Collectif VAN. Voir la totalité de l'article dans le pdf en téléchargement ci-dessous.


Le Collectif VAN, une veille nécessaire


En cinq années d’existence, il a comblé un vide et imposé sa marque tant dans le monde arménien que dans l’espace public en général. Le Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme), qui mène une action sans relâche contre le déni et au service de la vérité historique, a inventé un mode de communication et un type d’actions qui font son originalité. Sa présidente, Séta Papazian, a dressé «son» état des lieux pour France-Arménie.


France-Arménie : Votre association vient de célébrer son cinquième anniversaire. Pourquoi l’avoir créée et quel est votre bilan de cinq années d’activités ?

Séta Papazian :
En 2004, la question de la candidature de la Turquie à l'Union européenne (UE) est devenue une question d'actualité en France. Elle a été accompagnée d’une communication basée sur une désinformation visant en priorité le Génocide arménien. Que l’on soit pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’UE, il était difficile de rester passifs devant ce négationnisme protéiforme qui s’exportait officiellement en Europe.

Le fait que nous ne nous reconnaissions pas dans les associations et partis traditionnels de la diaspora a joué dans notre volonté de créer «autre chose». Nous voulions notamment nous démarquer d’un mode de communication et d’un type d’actions essentiellement orientés vers la sphère arméno-arménienne et qui nous semblaient obsolètes.

Le 8 mai 2004, jour de la victoire sur le nazisme, le Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme) a annoncé sa création. C’est un symbole et nous y tenons. Car le Collectif VAN étend son action à la lutte contre tous les génocides et leur négation, contre l'antisémitisme et toutes les discriminations. Le Collectif VAN est membre du conseil d’administration du Collectif Urgence Darfour avec SOS Racisme, la Licra, etc.

Nos activités sont scindées en deux pôles : chaque jour, le pôle média diffuse gratuitement par mail, à des milliers d’abonnés, une revue de presse (Veille Média) relayant les articles pertinents des médias nationaux et internationaux ainsi que nos traductions de la presse turcophone et anglophone. Le site www.collectifvan.org est très bien référencé sur Google actualités : il connaît des pics de 100 000 visites mensuelles. Nous relayons nos infos sur le net : nos traductions sont postées sur de nombreux blogs citoyens, et depuis octobre, nous renforçons notre présence dans les réseaux sociaux avec Facebook. Nous intervenons publiquement ou en privé, à chaque fois que nous le pouvons, pour riposter ou signaler des faits ou des propos négationnistes. Nous développons aussi un outil informatique complexe, l’Observatoire du négationnisme, destiné à faire remonter vers les pouvoirs publics, à l'instar d'une veille sanitaire, les informations récoltées.

Le Pôle événementiel a développé plus de 50 actions en 5 ans. Nous avons innové avec des visuels forts - tels les «pendus» - ou une communication sur des supports inédits pour la diaspora de France : lors du 90ème anniversaire du Génocide, nous avons initié et réalisé, pour le CCAF, les banderoles gigantesques aux frontons des édifices publics de Paris, avec l’accroche “Génocide arménien, Paris se souvient”. Une opération déclinée à Issy-les-Moulineaux, Arnouville, Aix et Marseille (et reconduite pour la cité phocéenne jusqu'en 2007).

Toujours dans le souci d'inscrire nos actions dans l'espace public, nous avons lancé, depuis avril 2005, des journées annuelles de sensibilisation aux génocides et à leur déni, sur le parvis de Notre-Dame de Paris : ces opérations médiatisées ont attiré plusieurs milliers de visiteurs de tous horizons (y compris turcs). Neuf stèles de trois mètres de haut et des cubes de deux mètres servent de support éducatif et participatif pour le public. Les œuvres d'artistes peintres de l'APAF (Association des Plasticiens Arméniens de France), ou l’art urbain d’une artiste anonyme, apportent à nos actions une valeur ajoutée artistique. La culture arménienne est vivante et elle peut s’inscrire dans une revendication militante..

Notre opération d’avril 2009, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, a été soutenue par quinze associations des droits de l’Homme dont SOS Racisme, L’Arche [le mensuel du judaïsme français], Mémorial 98, Ibuka France, le Collectif Urgence Darfour, l’IACS (Institut Assyro-Chaldéen Syriaque) et pour la première fois, l’IHD (Association des droits de l’Homme de Turquie). Un vrai motif de satisfaction, tout comme le fait qu’une antenne du Collectif VAN ait été créée à Erévan, en mars 2006.

F.A. : Comment votre action est-elle perçue dans le monde arménien et à l’extérieur ?

S.P. : Nous avons fait bouger les lignes et bousculé les codes au sein du «microcosme». Notre indépendance est mal vécue par certains. Mais notre positionnement suscite la confiance de nos sympathisants : par deux fois, ils ont financé nos messages sur une pleine page du quotidien Libération. Au-delà du soutien financier, d’autres nous proposent leur aide précieuse, notamment pour les traductions. En-dehors du monde arménien, lorsqu'un média aussi respectable que L’Arche relaye les préoccupations du Collectif VAN, dans son éditorial du n° 613 de juin 2009, on se dit qu'on est sur la bonne voie. Nous sommes les interlocuteurs de plusieurs associations et médias, intéressés par notre ouverture sur les autres génocides.

F.A. : L’actualité arménienne est dominée par les protocoles arméno-turcs signés à Zürich. Vous les avez vigoureusement critiqués. Pour quelles raisons ?

S.P. : S'il est souhaitable que des pays voisins entretiennent des relations pacifiées, un génocide ne peut être ramené à une simple question bilatérale entre Etats. Pour la première fois dans l’histoire, l’étude d’un génocide va être confiée à un Etat négationniste, qui plus est, héritier de celui qui a perpétré le crime. Où sont les historiens de la pétition «Liberté pour l’Histoire», qui nous disent depuis trois ans que ce n’est pas aux politiques de faire l’Histoire ? Pourquoi donc sont-ils muets lorsque des Etats mettent en place des commissions d’historiens ?

F.A. : Quels sont vos projets d’avenir, et quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre afin que les Arméniens de France ne soient pas stigmatisés sommairement comme des ultranationalistes ?

S.P. : Pour échapper à cette diabolisation, la diaspora doit adapter son discours de manière à ce qu'il soit audible par les médias, l’opinion publique et les hommes politiques. Savoir que nos revendications sont justes ne suffit pas. Il faut le faire savoir. Et surtout, il faut convaincre. Le champ des possibles est vaste : radio, télé, presse, sites Internet, forums, réseaux sociaux, chacun d’entre nous peut être un ambassadeur au service de la vérité historique. Mais un ambassadeur use, par essence, d’un langage diplomatique. Il importe de rester dans le cadre d’un débat d’idées basé sur les faits et uniquement sur les faits et, quelles que soient nos émotions, de tenir un discours en tous points inattaquable.

Nous avons en projet de clôturer la Saison de la Turquie en France, comme nous l’avions lancée, par notre Journée annuelle de sensibilisation aux génocides et à leur déni, le dimanche 25 avril 2010 sur le parvis de Notre-Dame de Paris.

Les cinq années que nous avons traversées sont historiques, tout comme le seront sans doute les cinq prochaines : le Collectif VAN essayera, à son modeste niveau, d’être à la hauteur des enjeux qui s’annoncent.

Propos recueillis par

Ara Babanian et Varoujan Mardikian


Zoom sur le Collectif VAN
Collectif VAN (Vigilance Arménienne

contre le Négationnisme)

BP 20083 - 92133 Issy-les-Moulineaux - France

Boîte vocale : 09 50 72 33 46

E-mail: contact@collectifvan.org

www.collectifvan.org



Dates clés :

• 02/2004 : piquet devant Arte, organisé par les futurs membres du Collectif VAN, avec le CCAF. Résultat : diffusion le 13/04/2005, du documentaire, Le Génocide arménien, de Laurence Jourdan.

• 8/05/2004 : naissance du Collectif VAN.

• 21-24/04/2005 : «Génocide arménien, Paris se souvient» (Notre-Dame de Paris).

• 16-18/05/2005 : «Le négationnisme est un crime. Pour le punir, il faut une loi» (Publicité du Collectif VAN dans Libération. Egalement affichée sur une caraVAN de 4 camions).

• Mars 2006 : lancement du site web et création de l’antenne d’Erévan.

• 21 et 22/04/2007 : «1915 mains pour le Darfour» (Notre-Dame de Paris et publicité du Collectif VAN dans Libération).

• 27/04/2008 : «Les génocides vous regardent» (Notre-Dame de Paris).

• 26/04/2009 : «Le négationnisme ne connaît pas la crise» (Notre-Dame de Paris).




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TÉLÉCHARGER :
 Interview du Collectif VAN




   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
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