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L'Antenne d'Erevan du Collectif VAN rend hommage à Dink
Publié le : 11-02-2008

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L’Antenne d’Erévan du Collectif VAN a tenu à marquer le premier anniversaire de l’assassinat du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink, abattu à Istanbul le 19 janvier 2007 devant le siège de son journal Agos. Au-delà des idéaux de Hrant Dink – que nous ne partagions pas tous nécessairement – il nous paraît avant tout essentiel de souligner que Hrant Dink est mort parce qu’Arménien, dans une Turquie qui pensait en avoir fini avec la question arménienne il y a 93 ans. L’Etat turc a été capable de faire liquider un humaniste, ardent défenseur de l’Entrée de la Turquie dans l’Union européenne, malgré sa profession de foi en une possible réconciliation arméno-turque. Quel sort la Turquie est-elle donc capable de réserver à tous les autres Arméniens, moins enclins à écouter les sirènes du Bosphore ? Nous vous invitons à découvrir le compte-rendu de l’action menée à Erévan par nos sympathisants d’Arménie et à écouter l’interview que notre représentante Lilith Stépanian a accordé à la Radio Max Liberty.







Il y a un an, la nouvelle de l’assassinat de Hrant Dink avait bouleversé tous les Arméniens et les avait confrontés à un constat amer : 92 ans après le génocide arménien de 1915, rien n’avait donc changé en Turquie. Etre Arménien sur les terres historiques ancestrales, signifiait toujours prendre un passeport pour la mort.

En 2008, alors que des manifestations et des soirées de commémoration à la mémoire de Hrant Dink étaient prévues dans le monde entier, les jeunes d’Arménie ont tenu à se joindre à l’hommage général.

Malgré la température avoisinant les – 14° à Erévan, des sympathisants de l’Antenne locale du Collectif VAN se sont réunis dimanche 20 janvier au matin devant les marches du complexe Hamalir pour faire une marche jusqu'au mémorial du génocide arménien (Dzidzernagaperd), en mémoire du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink, assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul. Les panneaux, brandis en silence, affichaient : « 1 500 000 Arméniens + 1 ».

A 16h, le groupe de jeunes s’est ensuite réuni dans la salle du Centre Espaces, pour une après-midi d’échanges et de discussions intenses autour de la personnalité de Hrant Dink : l’occasion de débattre, condamner, espérer, le tout en présence d’une journaliste de Radio Max Liberty. Les interviews des principaux intervenants Lilith Stépanian, représentante du Collectif VAN en Arménie et Diran Loghmagiosian, représentant d’Agos en Arménie, ont été diffusés le lendemain à la radio.

La réunion a donné l’occasion d’aborder la personnalité de Hrant Dink sous plusieurs aspects : Hrant père/grand-père - Hrant frère/ami – Hrant/rédacteur en chef d'Agos – Hrant/citoyen de Turquie, et ce par le biais de lectures et de témoignages.

Son ami Diran Loghmagiosian, représentant d’Agos en Arménie, a dévoilé avec émotion des pans entiers de la vie de Hrant : il en a dressé un portrait plein d’ardeur, de fantaisie, d’humour, de rébellion, de sagesse et de bonté. Il a parlé de Hrant enfant, jouant dans les rues poussiéreuses de Malatya, de Hrant jeune, déjà sensible aux injustices, ayant subi lui-même tant de privations, de Hrant humaniste, du frère, du père, du grand-père, du compatriote et du patron.

Voici quelques extraits des propos de Diran :

« Hrant Dink avait trois enfants, deux filles et un fils, et une petite-fille. La deuxième fille de son fils est née un mois après sa mort. Il y avait une petite dispute entre Hrant et son fils: Ararat, le fils de Dink, disait qu'il voulait appeler sa fille Garouna, mais Dink voulait qu'on l'appelle Naré. Et il expliquait pourquoi: il voulait danser et chanter avec sa petite-fille la chanson arménienne « Hey, Naré, Naré... » Hrant a gagné: sa deuxième petite-fille s'appelle Naré, mais Hrant n'a ni dansé, ni chanté avec elle. Hélas, il n'a pas pu réaliser ce petit rêve...

« Hrant a connu des malentendus avec les Turcs surtout après la publication de ses deux articles. Le premier était une interview avec l'une des parentes de la fille adoptive d'Ataturk, (première dame turque pilote de l’air, orpheline arménienne) qui habitait en Arménie. Hurriyet a republié entièrement cette interview, après quoi les Turcs se sont soulevés contre Hrant Dink. Ils se sentaient offensés. Ils pensaient que c'était une idée absurde: comment la fille d'Ataturk, qui était le symbole de la femme turque, pouvait-elle être d'origine arménienne ?

Dans son deuxième article, Dink demandait aux Arméniens de ne pas empoisonner leur esprit et leurs veines par le poison de la haine envers les Turcs et de se concentrer sur la question du développement de l'Arménie. Les Turcs n'ont pas bien compris ses propos. Après cela, il a connu des difficultés et a été jugé en vertu de l’article 301 du Code pénal turc. Il ne pouvait plus vivre en Turquie, mais Hrant, l’Arménien, était devenu le défenseur des droits de l'homme en Turquie. Ses amis lui ont demandé de ne pas quitter ce pays, de ne pas les laisser seuls dans leur combat. Dink a cédé, il est resté en Turquie.

Mais où étaient donc tous ses amis lorsque Dink recevait des menaces, pourquoi n'étaient- ils pas à côté de lui pour le protéger? ».


L’émotion palpable et contagieuse des participants a donné une empreinte particulière à cette matinée très intéressante.

Des lectures, tirées du Numéro spécial d’Agos de Février 2007, ont accompagné ces tranches de vie émouvantes révélées par Tiran Loghmagiosian : des lettres d’amis de Hrant qui toutes, ont raconté ces vies humaines liées à celle de Hrant Dink.

« Le rêve de Hrant » Ahmet Turk - Dirigeant politique kurde

« Le nom de Hrant rappelle d'abord l'entente, le dialogue. Hrant, un homme qui essayait de résoudre les différends entre les peuples d'une façon extrêmement sensible. C'est un fait très important qu'en tant qu'homme lui-même opprimé, il ait appelé à la fraternité avec un peuple opprimé, et ce allant jusqu'à faire un trait sur le passé. Hrant avait une sensibilité, une méticulosité posées. Si nous pouvions tous être aussi sensibles que lui... »


« Mon patron » Anna Mayrig - Responsable Cuisine

« Tu étais le patron le plus valeureux pour moi, je t'aimais beaucoup. Ce jour-là, je t'ai préparé ton dernier petit-déjeuner. A midi, tu m'as demandé ce que j'avais préparé à déjeuner, je t'ai dit: « Je peux t'apporter un plat de pommes de terre, tu veux? » Tu m'as dit: « D'accord Anna, je veux bien. » Et pour la dernière fois, tu as mangé ce que j'avais préparé... (...) La nuit du 23 janvier, j’ai rêvé de toi, tu me criais après mais c'était juste en rêve, maintenant, tu me manques beaucoup. »

« Qu'allons-nous faire ? » Arat Dink

(...)
Maintenant, nombreux sont ceux qui crient « vengeance ».
Il est difficile, mes amis, de rester un homme là où l'on crie « vengeance ».
Ce que notre père faisait, n'était-ce pas cela? N'a-t-il pas su rester un homme dans les arènes où retentissaient des cris de vengeance? N'est-ce pas pour cela que tout le monde l'accompagne dans son dernier voyage?
Bien sûr, le jour viendra où tous, mineurs ou majeurs, ils seront jugés. Pourtant, mes amis, jamais je ne souhaiterai qu'ils connaissent le même sort que mon père.

Ceux qui font exécuter leurs actes crapuleux par des apprentis aux ordres, ces lâches qui ne peuvent pas se montrer eux-mêmes sur la voie qu'ils trouvent juste et dire, nous voilà, ceux-là, mes amis, ne meurent pas dans la rue.
Eux, ils meurent dans leur lit, protégés par des chiens de garde, en se tordant et en gémissant de souffrance. Que Dieu leur vienne en aide en ce moment-là. »


La matinée s’est terminée par la projection d'un film sur Hrant Dink, tourné quelques jours après son assassinat, par la chaîne de télévision arménienne Yerkir Media. Ce film a résonné comme un point final à cette expression de solidarité et de compassion. Un point final non dénué d’optimisme. Car il ouvre de nouvelles perspectives, suivant le message de Hrant : « Il faut rester et continuer à lutter »…

Nous allons rester et nous allons continuer à lutter.


Compte-rendu en français rédigé par l’Antenne du Collectif VAN/Erevan

© Collectif VAN - 25 janvier 2008 - 13:45 - www.collectifvan.org


Ecouter l'interview de Lilith Stépanian, représentante du Collectif VAN à Erevan, sur Radio Max Liberty par Tatévik Lasarian, ainsi que celle de Diran Loghmagiosian, représentant de Agos à Erévan

Interview diffusée le lundi 21 janvier 2008 à 16h et à 20h.

Télécharger l'archive sonore :

http://www.collectifvan.org/media/Dink-21.mp3


Voir les photos:

Hommage à la 1 500 001ème victime du génocide (Ière partie)

Hommage à la 1 500 001ème victime du génocide (IIème partie)




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