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Communiqué du Collectif VAN/Khojalu : 20 ans de mensonge d’Etat
Publié le : 24-02-2012

Khojalu, Khojaly, Khojalou, Khodjalu, Hocali, Xocali : les orthographes varient selon les langues utilisées mais il s’agit toujours du même lieu. Ce nom rappelle, depuis les 25 et 26 février 1992, le lieu d’une tragédie survenue durant le conflit opposant la petite République arménienne du Haut-Karabakh (RHK), à son puissant voisin azerbaïdjanais. Malgré les précautions prises par les forces armées de la RHK pour épargner les civils du camp adverse avec la mise en place d’un corridor humanitaire, certains habitants turcs azéris se sont retrouvés piégés au milieu des combats, hélas sacrifiés par des manœuvres politiciennes de leur propre bord, comme le confirment des témoignages azerbaïdjanais, et particulièrement, celui du président de l’époque, Ayaz Mutalibov. Destinées à l’origine à déstabiliser le pouvoir en place à Bakou, ces intrigues internes au pouvoir azéri laissent entrevoir – la description des faits en témoigne - de sordides calculs. Depuis 20 ans, le but poursuivi par l’Azerbaïdjan est devenu clair : accuser les Arméniens de génocide à Khojalu et obtenir leur condamnation sur la scène internationale.

Aliev n'a visiblement pas de mal à trouver des alliés, y compris chez les parlementaires français, telle la sénatrice Mme Nathalie Goulet, qui ne manque jamais une occasion d'afficher un parti pris inquiétant. Elle a ainsi déclaré le jeudi 23 février 2012, lors des Questions d'actualité : "La France occupe un poste de coprésident du Groupe de Minsk, chargé du règlement du conflit armé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan qui a fait à ce jour plus de 30 000 victimes plus d'un million de déplacés. Nous célébrons cette année la commémoration du vingtième anniversaire du massacre de Khodjali, ville martyre, sorte d'Oradour-sur-Glane où les Arméniens ont assassiné des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Ce conflit perdure malgré des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte sur le génocide arménien a inquiété à Bakou. Pouvez-vous confirmer que la position de la France n'a pas varié sur le sujet ?"...*

Pourquoi Mme Goulet se gênerait-elle ? Plus la ficelle est grosse, et mieux ça marche.

Décidément, les effets « bénéfiques » de ce "génocide-miroir" sont multiples : en finir avec l’accusation du Turc « éternel » génocidaire, faire sombrer dans l’oubli les victimes arméniennes des terribles pogroms de Soumgaït (1988), Kirovabad (1989), Bakou (1990) et Maragha (1992) qui ont jeté sur les routes de l’exil 500 000 Arméniens de la République Socialiste Soviétique d’Azerbaïdjan ("détails" que Mme Goulet se garde bien de mentionner), venir en aide au grand frère turc qui, près de 100 ans après le génocide arménien de 1915, n’a toujours pas réussi à effacer la « question arménienne » de son agenda, discréditer les revendications légitimes de la population arménienne du Haut-Karabagh et de manière plus générale, les revendications arméniennes concernant le génocide de 1915.

La propagande mise en place par le clan Aliev au pouvoir est chaque année un peu plus virulente. Et c’est ainsi que Khojalu, petit village situé sur le territoire du Haut-Karabakh - et dont le nombre d’habitants a été artificiellement gonflé par les autorités de la RSS d’Azerbaïdjan en 1988-1990 avec le transfert de Turcs Meskhets venus de la vallée de Ferghana en Ouzbékistan -, est devenu le symbole d’un génocide fabriqué de toutes pièces.

Ce qui est bien réel en revanche, c’est la haine que ces manipulations indignes distillent dans le cœur de la jeunesse turque et azérie.

Bakou, Ankara ou Paris, les slogans de gamins embrigadés désignent les « Arméniens » comme cibles de la haine. Les époques changent, mais les méthodes restent les mêmes : pour justifier l’extermination de la population arménienne de Turquie en 1915, les autorités de l’époque faisaient état de prétendus massacres perpétrés par des « milices » arméniennes.

La complaisance des nations, lorsqu’elle s’accouple à la realpolitik, n’enfante que des monstres. Quelles sont les horreurs à venir que compte justifier le faux génocide de Khojalu ?

Collectif VAN


* Réponse de M. Henri de Raincourt, ministre auprès du ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, chargé de la coopération, à Madame Nathalie Goulet :
- Depuis 1997, la France copréside le Groupe de Minsk ; nous nous efforçons, avec les États-Unis et la Russie, à favoriser le retour de la paix dans le Haut-Karabakh. Les principes de l'accord de 2007 à Madrid ont été réaffirmés avec force par MM. Obama, Medvedev et Sarkozy en 2011 : retour sous contrôle azerbaïdjanais des territoires du Karabakh, corridor, statut juridique final, retour des populations déplacées. M. Sarkozy a été clair lors du G8 de Deauville de mars 2011. Et le président de la République a rappelé tout ceci aux dirigeants de la région lors de son voyage à Erevan et Bakou en octobre 2011.

Malgré cela, les difficultés persistent. La France, qui veut jouer un rôle actif dans la résolution du conflit, maintient strictement la position qui a toujours été la sienne, une stricte neutralité ! Nous ferons tout pour le retour de la paix, avec la Russie et les États-Unis.
(Applaudissements sur les bancs UMP)

Compte-rendu des débats au Sénat


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Le Collectif VAN vous rappelle le programme des manifestations parisiennes à la mémoire des victimes des pogroms anti-arméniens de Soumgaït et vous propose plus bas la traduction d’une documentation préparée par le Département d’information du Ministère des Affaires étrangères de la République du Karabagh.

Voir également en téléchargement à la fin de l'article, le pdf de l'affiche collée dans les rames et les stations du métro d'Istanbul en ce mois de février 2012 : "Ne vous laissez pas tromper par les mensonges arméniens". Le texte accuse les Arméniens d'avoir commis un génocide à Hocali et annonce une manifestation le 26 février à 14:00 à Taksim (Istanbul - Turquie)...


26 février, à 10h30 - messe en la Cathédrale apostolique arménienne Saint-Jean-Baptiste - Adresse : 15, rue Jean-Goujon - 75008 Paris

26 février, à 13h30 - dépôt de gerbe au monument de Komitas
Place du Canada (Jardin d'Erevan), Cours Albert 1er - 75008 Paris (Pont des Invalides, Rive droite).

27 février, à 20h00 - Meeting à la Mairie du 9ème arrondissement de Paris, en présence de Mme Nariné Aghabalyan, ministre de la Culture de la République du Haut-Karabagh - Adresse : 6, rue Drouot – 75009 Paris

29 février, à 19h00 - Rencontre-Débat « Vérité et falsifications »
à l’Assemblée nationale dans le cadre des manifestations Paix au Karabagh
Adresse : 128, rue de l’Université - 75007 Paris (carton d’invitation obligatoire)
Contact : Téléphone : 01 53 75 17 40
Courriel : contrexenophobieetviolence@gmail.com


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« Khojalu » est un capital politique spéculatif pour Bakou

Nor Khosq

L'Azerbaïdjan a commencé sa campagne anti-arménienne traditionnelle liée aux événements de 1992 survenus sur le site de Khojalu - un village situé sur le territoire du Haut-Karabakh, et qui en 1988-1990 a été fortement peuplé par les autorités de la RSS d’Azerbaïdjan, surtout de Turcs Meskhets de la vallée de Ferghana, Ouzbékistan, afin de lui donner un statut de ville. La propagande officielle ne recule devant aucun moyen pour rendre la partie arménienne coupable de la tragédie et injecter une nouvelle dose de haine envers les Arméniens dans la conscience de l’opinion internationale et la pensée de son propre peuple.

Les 25 et 26 février 1992, les autorités de la République du Haut-Karabakh ont organisé une opération militaire pour lever le blocus de l'aéroport situé près du site de Khojalu et pour neutraliser les tirs de l'ennemi dans Khojalu, où, depuis le printemps 1991, les implantations du RKH étaient périodiquement attaquées par des groupes de l’OMON azerbaïdjanais (Détachements de la milice à vocation particulière - Ndt : nom générique pour désigner les forces spéciales du ministère de l’intérieur russe) et systématiquement bombardées par des roquettes Alazan, Cristal et Grad. Pendant cette période et jusqu'à la neutralisation des tirs sur Khojalu, plus de 20 civils arméniens ont été tués et des centaines kidnappés : des milliers de têtes de bétail ont été chassées des fermes collectives et privées voisines.

En raison du blocus persistant, du grand nombre de réfugiés, du manque de carburant, de l’arrêt forcé des entreprises, du siège des routes interrégionales et des autres routes, la situation dans la RHK, et particulièrement dans sa capitale Stepanakert, a empiré au fil du temps. Les produits alimentaires, les médicaments et le carburant manquaient. Par conséquent, lever le blocus de l'aéroport et neutraliser les tirs ennemis dans Khojalu était devenu une étape extrêmement importante pour la survie physique de la population du Karabakh, que l'Azerbaïdjan tentait de soumettre à la mort.

La nécessité de neutraliser la base militaire de Khojalu a été décidée en raison de la concentration de soldats et d’armes stationnés là. Les autorités azerbaïdjanaises ont déployé de nombreuses unités OMON dans Khojalu ; de plus, les combattants du Front populaire azerbaïdjanais s’étaient installés dans Khojalu. Le commandement du Karabagh devait empêcher l'opération prévue par les forces armées azéries, visant l’attaque de la région arménienne d'Askeran et ensuite de Stepanakert.

L’opération militaire pour libérer Khojalu et l'aéroport a commencé le 25 février 1992, à 23h30 et s’est terminée le 26 février à 3h00. Les unités des forces d'autodéfense de la RHK avaient mis en place un couloir humanitaire pour que les civils puissent quitter sans risque la zone d'opération militaire, et elles en avaient informé à l’avance le côté azerbaïdjanais. Le couloir s’étendait de la banlieue est de Khojalu au nord-est, le long de la rivière Karkar, et de la banlieue nord de l'implantation vers le nord-est. Or, les autorités azerbaïdjanaises n'ont fait rien pour faire partir la population civile de la zone d’opération militaire.

Lors de l'opération militaire dans Khojalu, les forces d'autodéfense du Karabagh ont libéré 13 otages arméniens, y compris un enfant et six femmes, ils ont pris comme trophées deux roquettes Grad MM-21, quatre Alazan, un obusier de 100 millimètres et trois unités d'équipement de blindé. Le service de secours du Karabagh a découvert 11 corps de civils dans Khojalu et sa banlieue. Le territoire, où les photos avec les nombreux corps de civils tués ont été prises plus tard, est situé à trois kilomètres de la ville d'Aghdam et à 11 kilomètres de Khojalu. Ce territoire est resté sous le contrôle permanent des unités azerbaïdjanaises jusqu'à la chute d'Aghdam pendant l’été 1993, ce qui exclut tout accès à ce territoire aux unités de l'Armée du Karabakh.

Les autorités du Karabagh avaient informé le côté azerbaïdjanais de l'opération prévue de neutralisation des tirs sur Khojalu deux mois avant son début, ce qui a été confirmé à plusieurs reprises par les officiels azerbaïdjanais, particulièrement, par le président de l’époque, Ayaz Mutalibov. Mais, la colonne des civils, comme il a été dit ci-dessus, a été prise pour cible aux abords de la région d’Aghdam, ce qui a été confirmé ultérieurement par Mutalibov, qui a interprété cet acte criminel comme une tentative de l'opposition pour le démettre de son poste, en le rendant responsable de ce tout ce qu’il s’était passé.

Plus tard, les photos faites par le cameraman azerbaïdjanais Chingiz Mustafaev, qui a eu l’autorisation d’accéder à l'endroit du lieu d’échange des corps des Arméniens et des Azerbaïdjanais décédés, ont été divulguées. On sait que Mustafaev a fait le film en deux fois, avec une pause de deux jours entre les deux.

Le film témoigne du fait que certains cadavres avaient été défigurés lorsque le deuxième tournage a eu lieu. Pendant la seconde visite dans la zone des massacres, le 2 mars 1992, les journalistes ont noté que la position des corps sur le terrain et le degré des blessures avaient changé de façon saisissante. Et cela se passait sur un territoire entièrement contrôlé par le Front populaire azerbaïdjanais jusqu'à l'été 1993. Ce fait est complètement occulté par les propagandistes azerbaïdjanais. Il est tout à fait évident que la position des corps a été changée afin d’attribuer toute la responsabilité des événements aux Arméniens, et pour faire croire que ce sont les Arméniens qui ont tiré sur les habitants de Khojalu.

Mustafaev a trouvé ce fait si choquant, qu'il l'a rapporté au président Mutalibov, qui avait alors évidemment deviné les raisons de la tragédie. Mutalibov a répondu par des mots vraiment prophétiques : « Chingiz, ne parlez à personne de ce que vous avez remarqué. Ou vous serez tué ». N’étant pas sûr que les Arméniens avaient commis cela, Mustafaev a commencé sa propre enquête indépendante. Mais, après que ses informations ont été publiées dans l'agence de presse de Moscou, DR-Press, sur la participation possible de la partie azerbaïdjanaise dans les crimes contre les habitants de Khojalu, le journaliste a été tué non loin d'Aghdam, dans des circonstances peu claires.

À ce propos, le commandant sur le terrain, Ala Yakub, a subi le même sort. Il avait négligemment déclaré que : « ... Il pourrait faire toute la lumière sur le massacre commis près de Nakhijevanik (un village arménien près de Khojalu), ainsi que donner des détails suffisants sur la chute récente de l'hélicoptère sur le Karabagh, avec à son bord des personnages d'État ». À cause de ces propos, le Front populaire azerbaïdjanais, en arrivant au pouvoir l’été 1992, l'a arrêté et l’a tué en prison...

La journaliste tchèque, Yana Mazalova, qui, en raison d’une erreur des Azerbaïdjanais, avait été incluse dans les deux groupes de représentants des médias, à qui on a montré « les corps défigurés par les Arméniens », a remarqué une différence considérable dans la condition des corps. S’étant rendue sur place immédiatement après les événements, Mazalova n’avait pas vu de traces de barbarie sur les corps. Et deux jours plus tard, on montrait à la journaliste les corps défigurés déjà « préparés » pour le tournage.

Certains détails de l'opération militaire sur la neutralisation des tirs ennemis dans Khojalu sont toujours vagues, ce dont Bakou profite activement pour atteindre ses buts politiques. Le sujet de 'Khojalu' est toujours l’une des pierres angulaires des informations intérieures et étrangères azéries, ou plutôt, sa politique de désinformation dans le contexte de la question du Karabagh. Cependant, les déclarations et les estimations concernant les événements de Khojalu faites par certains officiels azéris de haut rang, des militants des droits de l'homme, des journalistes et les habitants de Khojalu, réfutent complètement les fausses thèses de Bakou.

Ainsi, le militant des droits de l'homme azerbaïdjanais, Arif Yunusov, écrit : « La ville et ses citoyens ont été délibérément sacrifiés dans un but politique. » (Zercalo, journal azerbaïdjanais, juillet 1992).

Ci-après, le témoignage de Tamerlan Karaev, à l’époque président du Soviet Suprême de la République d’Azerbaïdjan : « La tragédie a été commise par les autorités azerbaïdjanaises, spécifiquement par un haut fonctionnaire. » (Mukhalifat journal azerbaïdjanais, 28 avril 1992).

Même Heydar Aliev a admis que « L'ancien commandement de l'Azerbaïdjan est également coupable » des événements de Khojalu. Selon l'agence Bilik-Dunyasi, en avril 1992, il avait cependant exprimé une idée extrêmement cynique, « Le carnage nous sera bénéfique. Nous ne devrions pas interférer dans le cours des événements ».

Plus tard, quand les représentants du Front populaire sont arrivés au pouvoir, l'ancien ministre azerbaïdjanais de la sécurité nationale, Vagif Guseynov, a brièvement déclaré avant son arrestation que « Les événements de janvier 1990 à Bakou et les événements de Khojalu sont le fait des mêmes personnes », en faisant allusion à certains personnages politiques du Front populaire azerbaïdjanais.

Les faits mentionnés ci-dessus témoignent sans aucune ambigüité que le côté azerbaïdjanais est coupable de la mort des civils de Khojalu, ayant commis un crime monstrueux contre son propre peuple pour des intrigues politiques et une lutte de pouvoir.

Il faut noter ici que le nombre de victimes annoncé par l’Azerbaïdjan augmente d'année en année. Quelques jours après la neutralisation des tirs dans Khojalu, le nombre de pertes humaines annoncé par les officiels azerbaïdjanais était de 100, augmentant en une semaine à 1234 ; selon "la précision" de la commission parlementaire, le nombre est de 450 et dans le décret de Heydar Aliev « sur le génocide azerbaïdjanais », les pertes humaines ont été évaluées à des milliers.

Cependant, au début de l'opération militaire dans Khojalu, le site ne comprenait pas un tel nombre de civils, ce qui est d’ailleurs confirmé aussi par les sources officielles azerbaïdjanaises. La majorité des quelque 2000-2500 habitants de Khojalu, ou ceux qui vivaient réellement là et qui n’avaient pas été simplement recensés lors de sa construction intensive visant à lui donner un statut de ville, avait déjà quitté le village.

Ainsi, fin avril 1993, à la conférence de l’OSCE à Prague, le Ministère des Affaires étrangères de la République d’Azerbaïdjan a divulgué le document 249 intitulé : « La liste des villages mixtes et peuplés d’Azerbaïdjanais occupés par les forces armées arméniennes ». Dans ce document, le chiffre 855 a été apposé dans la colonne 'population' en face du nom de 'Khojalu'.

Début mars 1992, les journalistes azerbaïdjanais Ilya Balakhanov et Vugar Khalilov avaient apporté au bureau du centre Mémorial des droits de l'homme, une vidéocassette avec l’enregistrement de l'endroit des tueries des habitants de Khojalu, faite par des journalistes de la TV de Bakou, à bord d'un hélicoptère militaire sur place.

De fait, tous les participants ont admis que le nombre de victimes n’excédait pas plus de 50 à 60 personnes.

Il devrait être aussi noté que le Ministère des Affaires étrangères du Karabagh a montré la fausse photo postée sur quelques sites Internet azéris, y compris la page Internet de l’honorable Fonds Heydar Aliev, qui témoigne prétendument des massacres d'Azerbaïdjanais dans Khojalu. En fait, la photo a une relation directe avec les événements du Kosovo. La propagande azerbaïdjanaise utilise aussi d'autres faux documents, particulièrement les photos des victimes des pogroms kurdes en Turquie, pour induire en erreur ceux qui ne sont pas informés.

Un mois après sa démission, Mutalibov a donné une interview à la journaliste tchèque Dana Mazalova, qui a été publiée dans Nezavisimaya Gazeta. En parlant de Khojalu, Mutalibov a expliqué : « Selon les habitants de Khojalu qui se sont échappés, tout cela a été organisé pour me faire démettre de mes fonctions. Certaines forces ont agi pour discréditer le Président. Je ne pense pas que les Arméniens, gérant strictement et professionnellement des situations semblables, pourraient laisser les Azerbaïdjanais obtenir tout document les montrant en train de commettre des actes fascistes... L’analyse générale des faits est qu'un couloir, pour que les gens puissent s'échapper, a vraiment été créé par les Arméniens. Pourquoi alors auraient-ils tiré ? En particulier dans la zone près d'Aghdam, où des forces suffisantes étaient disponibles pour aider les gens ».

Environ 10 ans plus tard, l'ex-président de l’Azerbaïdjan a confirmé son idée dans l’interview au magazine Novoye Vremya, « Le massacre des habitants de Khojalu a été évidemment organisé par quelqu'un pour faire du tort au pouvoir en Azerbaïdjan ».

En février 2005, le journaliste azerbaïdjanais Eynulla Fatullaev du magazine indépendant Monitoring a passé dix jours au Karabagh, et il a décrit sa visite dans ses articles et interviews.

Il a aussi osé douter de la véracité de la version officielle de Bakou sur le décès de certains habitants de Khojalu « ...Un jour, il y a dix ans, j'ai rencontré les réfugiés de Khojalu vivant temporairement à Naftalan, et ils m'ont franchement dit... que quelques jours avant l'attaque, les Arméniens, à l'aide de haut-parleurs, n’ont pas cessé d’avertir la population de l'opération prévue, suggérant aux civils de quitter le site et de fuir l'encerclement via un couloir humanitaire, le long de la rivière Karkar.
Et selon les habitants de Khojalu, ils ont profité de ce couloir et les soldats arméniens de l'autre côté du couloir ne leur ont pas tiré dessus. Connaissant la zone géographique, je peux dire avec assurance que les inventions sur l’absence d'un couloir arménien n'ont aucun fondement. Le couloir a vraiment existé ; autrement, les gens de Khojalu, entièrement encerclés et isolés du monde extérieur, n’auraient pas pu s’échapper de l'encerclement. Mais, dans la zone de la rivière Karkar, les réfugiés se sont divisés en groupes et, pour une raison inconnue, une partie d'entre eux est partie vers Nakhijevanik. Apparemment, les bataillons APF cherchaient à faire couler plus de sang pour démettre Mutalibov et non à libérer les habitants de Khojalu ».


Quelques jours après la publication du premier article d'Eynulla Fatullaev du Karabagh, dans le Monitor, l'éditeur du magazine, Elmar Guseynov, a été tué par un étranger le 2 mars 2005, dans l'entrée dans sa maison à Bakou. Et Eynulla Fatullaev a été reconnu coupable d'une série d'accusations, y compris de haute trahison...

L’ex-ministre de la Défense de la République d’Azerbaïdjan, Ragim Gaziev, a également confirmé que : « Un piège a été préparé pour Mutalibov à Khojalu ».
De cette façon, les organisateurs du massacre des habitants de Khojalu ont atteint rapidement deux objectifs : écarter Mutalibov du pouvoir, devenu inutile après la chute de l’URSS, et avoir une raison de commencer une campagne bruyante en accusant les Arméniens de méthodes de guerre inhumaines.

Le fait que depuis le 13 février, l'armée azerbaïdjanaise avait systématiquement détruit la ville de Stepanakert [55 000 habitants], et d'autres implantations arméniennes proches de l’installation des Grad, est relégué au second plan.

Une femme de Khojalu a dit dans son interview au journal Helsinki Watch le 28 avril 1992 : « Les Arméniens ont lancé un ultimatum… que c'était préférable pour les habitants de Khojalu de quitter la ville avec un drapeau blanc. Alif Gajiev (le leader de la défense de Khojalu) nous en a informés le 15 février (10 jours avant l'attaque), mais ceci ne m’a pas effrayé ni les autres. Nous n'avons pas du tout cru qu'ils pourraient prendre Khojalu ».

Cependant, suite à ces avertissements, la majorité de la population civile de Khojalu, étant informée de l'opération prévue, s’est déplacée dans un lieu sûr avant l’opération. La migration massive de la population de Khojalu a été largement couverte par la télé et la radio azerbaïdjanaise. Les médias azéris ont délibérément créé une attitude négative envers ceux qui quittaient Khojalu et ils les ont constamment discrédités.

Notons ici que ceux qui ont d’abord quitté Khojalu, ce site qui a été transformé en ville, étaient les gens qui avaient été déplacés ici de force, principalement des Turcs Meskhets, bien qu’on les ait constamment empêché de le faire. De plus, l'administration municipale de Khojalu, qui avait été avertie par le côté arménien, a demandé de l'aide pour l'évacuation de la population, mais en vain.

Le maire de Khojalu a déclaré dans son interview au journal de Moscou Megapolis-Express que « Après avoir obtenu des informations sur l'opération prévue de la prise de la ville, j'ai demandé à Aghdam d'envoyer des hélicoptères pour l'évacuation des vieillards, des femmes et des enfants. Nous avons été assurés qu'une opération de déblocage avait été préparée. Mais, aucune aide ne nous a été fournie ». Et le membre du conseil du Front populaire azerbaidjanais, de la branche d’Aghdam, R. Gajuev a expliqué : « Nous pouvions aider les gens de Khojalu, ayant les forces correspondantes et les capacités. Mais, les leaders républicains ont voulu démontrer aux gens qu'ils n'avaient aucune force, et souhaitaient faire appel à l'Armée de la CEI pour les aider à supprimer l'opposition aussi grâce à son soutien ».

Comme nous le voyons, on a tout simplement laissé tomber les habitants de Khojalu ; de plus, ils étaient destinés à devenir les victimes d'une lutte de pouvoir. Cependant, au début de l'opération militaire, une partie de la population civile de Khojalu avait quitté le site et fin février 1992, selon des sources différentes, environ 1000 à 2500 personnes étaient restées là, la majorité d'entre elles devenant soldats pour les forces armées azerbaïdjanaises. En examinant les destructions dans Khojalu, les observateurs de Centre Memorial des droits de l'homme ont confirmé le fait qu’il y avait eu des bombardements d'artillerie et non des combats de rue persistants, qui auraient pu faire de nombreuses victimes. Il faut aussi souligner que l’ordre, réglementant le comportement des forces d'autodéfense du Karabagh, interdisait strictement l’usage de la violence sur les civils de l'ennemi.

Tous les civils qui étaient restés à Khojalu ont été déplacés à Stepanakert et quelques jours plus tard, selon leur souhait et sans aucune condition, on les a fait passer du côté azerbaïdjanais. Après une enquête minutieuse, le fait du transfert volontaire des citoyens de Khojalu en Azerbaïdjan a été confirmé dans la conclusion du Centre des droits de l'homme de Moscou, et attesté aussi dans le film documentaire de la journaliste de Petersburg, Svetlana Kulchitskaya.

Après l'opération, les équipes du Service républicain de secours de l’Artsakh, en plus des membres des détachements armés vêtus d’uniformes militaires, ont trouvé les corps de 11 civils, y compris un enfant et quatre femmes, dans Khojalu et sa banlieue. Ainsi, l'allégation du côté azerbaïdjanais de massacre présumé des civils azerbaïdjanais dans Khojalu est exposée. Ceci est également confirmé par les interceptions des messages radios des militaires azerbaïdjanais à Aghdam, publiés plus tard même dans les médias azerbaïdjanais.

Il est noté dans le rapport du Centre des droits de l'homme de Moscou, qu'un examen gouvernemental médico-légal de 181 corps (130 hommes et 51 femmes, y compris 13 enfants) a été effectué à Aghdam, où tous les réfugiés étaient venus. La conclusion des experts montre que pour 151 personnes le décès a été causé par des blessures par balle, pour 20 par des blessures de missile, et pour 10 par un coup avec un objet contondant. Les institutions officielles du Karabagh ont informé les observateurs qu'ils avaient transféré à Aghdam environ 130 corps (ceux tués dans Khojalu et près de Nakhijevanik), et 96 d’entre eux ont été enterrés à Aghdam. Les corps restant ont été récupérés par les familles.

La comparaison des informations émanant de sources différentes, y compris azerbaïdjanaises, démontre de façon convaincante que les forces d'autodéfense de la RHK n'ont pas planifié et surtout n'ont pas engagé des actions pour massacrer des civils sur le site de Khojalu. Il faut aussi noter que le 26 février, 47 Arméniens ont été pris comme otages à Khojalu, mais seuls 13 ont été laissés sur place après l'opération (incluant 6 femmes et un enfant) ; les autres, soit 34 otages, ont emmenés par les Azerbaïdjanais dans une direction inconnue et nous n'avons aucune information confirmant leur emprisonnement en Azerbaïdjan.

Pour récapituler l’exposé ci-dessus, nous pouvons déclarer que les habitants de Khojalu sont devenus les otages des jeux malhonnêtes des autorités de Bakou, qui ont transformé plus tard cette tragédie en capital politique spéculatif. Bakou essaye de présenter la trahison des autorités azerbaïdjanaises vis-à-vis des habitants de Khojalu comme la vengeance des Arméniens pour le carnage sanglant dans Sumgaït. La propagande dans sa totalité est réalisée avec des insinuations expressives et aggrave l'intolérance ethnique et la haine envers les Arméniens

En relançant régulièrement la question de 'Khojalu', Bakou essaie de détourner l'attention de la communauté internationale des massacres des Arméniens commis à Sumgaït, Bakou, Kirovabad, Khanlar et d'autres sites d'Azerbaïdjan. En réalité, sur tout le territoire, une extermination ouverte des Arméniens a été commise ; elle a aussi eu lieu dans des endroits situés sur la ligne de démarcation du Karabagh, particulièrement à Maragha, le village où en avril 1992, des sous-unités d’invasion de l'armée régulière azerbaïdjanaise ont sauvagement tué environ 100 civils.

Malheureusement, les crimes commis par l'Azerbaïdjan ne sont pas évalués à leur juste valeur par la communauté internationale.

Département d’information du Ministère des Affaires étrangères de la République du Karabagh.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 24 février 2012 – 07:20 - www.collectifvan.org

Vous pouvez trouver d‘autres informations à propos de ces événements sur le site web www.xocali.net

Lire aussi :

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TÉLÉCHARGER :
 Février 2012 : Affiche collée dans le Métro d'Istanbul



Source/Lien : Nor Khosq



   
 
   
 
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