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Antenne d'Erevan du Collectif VAN: Conférence " Juifs & Arméniens, destins croisés "
Publié le :

L'Antenne d'Erevan du Collectif VAN dirigée par Lilith Stépanian, en collaboration avec le centre de formation Espaces, ont organisé mardi 18 novembre 2008 au centre Espaces (Erevan), une conférence sur le thème « Juifs et Arméniens : destins croisés ». La conférence était animée par Madame Rima Varjapétian, représentante de la récente communauté juive d'Arménie. Cette dernière a incité les jeunes Arméniens présents « à parler partout dans le monde du génocide arménien pour arriver à sa reconnaissance ». Parmi les intervenants figuraient aussi Monsieur Tigran Matossian, membre du centre du développement culturel et politico-éducationnel, ainsi que deux membres de la communauté juive en Arménie. Une trentaine de jeunes, étudiants pour la plupart, avaient répondu à l'appel du Collectif VAN et ont assisté avec d'autant plus d'intérêt à cette réunion publique que le centre Espaces accueillait durant la même période, l'exposition du Collectif VAN : « Les génocides vous regardent - Arméniens, Juifs, Tutsi, Darfouris : un mur contre le déni ». Nos remerciements au Centre Espaces et à Elise Darbinian, jeune francophone d'Arménie, membre du Conseil des Jeunes Sympathisants du Collectif VAN en Arménie, pour ce fidèle compte-rendu.



« Est-ce qu'on a jamais violé votre femme sous vos regards? Est-ce qu'on a jamais poignardé le torse de votre mari sous vos yeux? Est-ce qu'on vous a jamais enlevé et emmené en vous traînant au milieu de la nuit, alors que vous étiez en train de dîner avec votre famille, uniquement parce que vous êtes Turc? » (Ahmet Altan; Taraf; 06/09/2008)

Quelle importance peut avoir la race? Juifs et Arméniens: points communs du destin.

Madame Rima Varjapétian, représentante de la communauté juive en Arménie a animé la conférence intitulée « Juifs et Arméniens : destins croisés » organisée par l'Antenne d'Erevan du Collectif VAN, mardi 18 novembre 2008 au centre Espaces (Erevan).

Madame Varjapétian a d'abord exprimé sa gratitude pour le choix du thème de la conférence. Elle a souligné que les relations judéo-arméniennes remontent à l'époque de Tigran Le Grand. Une ancienne habitation juive a été découverte dans le village d’Egheguiss près de Eghegnadzor. Des traces d'ancienne habitation juive ont été détectées à Garni également. Deux synagogues existant sur le territoire d'Arménie ont été détruites.

Au cours de l'histoire, des mariages ont toujours eu lieu, entre les Arméniens et les Juifs.

En 1988 lorsque le terrible tremblement de terre a frappé l'Arménie, les premiers médecins qui sont venus à l'aide, étaient des Israéliens.

En revanche, la communauté juive a été créée en 1991 seulement. Elle a actuellement une école où les enfants juifs peuvent apprendre la langue, l'hébreu, les traditions, il y a même des cours de cuisine, un club. La commune aide gratuitement tous les Juifs qui voudraient rentrer en Israël. Les Juifs d'Arménie sont principalement venus d'Ukraine, de Syrie, de Bakou, de Géorgie (surtout après la guerre d'Ossétie du Sud) et d'Estonie.

Madame Varjapétian a annoncé avec fierté qu'aux moments les plus durs, les Juifs sont restés avec les Arméniens pour partager leurs misères, leurs douleurs, leurs difficultés et leurs chagrins (pendant les années 1990).

Elle a assuré que l'ambiance en Arménie est bon enfant et que les Juifs sont bien acceptés par les Arméniens. Leurs droits sont respectés en Arménie et il n'y a pas d'antisémitisme.

En parlant des principaux traits de caractère des Juifs, Madame Varjapétian a dit que les Juifs sont de grands patriotes: ils respectent leur langue, leur patrie, leur drapeau. Elle a appelé tous les Arméniens à suivre leur exemple, en ajoutant que le nombre augmentant des divorces en Arménie prouve que les Arméniens sont en train de perdre beaucoup d'éléments de leurs traditions et qu'ils s'éloignent de plus en plus de leurs moeurs. Elle nous a rappelé qu'il faut garder les traditions, nos us et coutumes, les respecter et les valoriser.

L'Arménie et Israël ont eu des voisins similaires c'est pourquoi ni l'un, ni l'autre n'ont pu garder leur Etat. Madame Varjapétian estime que si la Shoah a été reconnue, c'est uniquement dû au fait que l'Allemagne est un pays civilisé. Mais, d'autre part, les Juifs ont fait beaucoup d'efforts aussitôt après la Shoah. Elle nous a conseillé d'enseigner l'histoire arménienne non seulement aux Arméniens, mais d'en parler aux étrangers. Et là, le rôle de l'Etat arménien est important. « Il faut que les étrangers apprennent d'abord l'histoire et ensuite ils la reconnaîtront »,- a ajouté Madame Varjapétian,- « Il faut avoir une politique nationale, il faut en parler partout dans le monde pour arriver à votre but ». Elle a dit que les Arméniens devront faire plus d'efforts pour que le Génocide soit reconnu.

A la question « pourquoi Israël ne reconnaît-il pas le Génocide [arménien] ? », Madame Varjapétian a répondu qu'en cas de reconnaissance, Israël aurait eu beaucoup de problèmes économiques incontournables. Elle a ajouté que la question était assez épineuse mais qu’il fallait néanmoins faire une distinction entre la politique menée par un pays et l'approche individuelle de ses habitants. » En politique, il ne faut pas chercher la morale…

Selon elle, chaque peuple ayant survécu à un génocide considère sa peine comme étant plus douloureuse, plus horrible, plus traumatisante que le génocide d'autrui qu'il considère comme une tragédie seulement. Mais Madame Varjapétian rappelle que « la douleur de la mère darfourie qui pleure son enfant massacré n'est pas différente de celle ressentie par une mère arménienne, lors du génocide arménien ».

Pour conclure, citons les paroles d'Ahmet Altan: « Imaginez qu'on arrache votre femme de vos bras et qu'on l'emmène derrière un rocher. Imaginez qu'on arrache votre mari de votre poitrine et qu'on le colle à un mur... Cela ne vous attriste vraiment pas, parce qu'ils étaient Arméniens. Mettez-vous à leur place un instant, un tout petit instant. Imaginez cet instant, ce désespoir. Sollicitez la profondeur de votre âme pour comprendre ce que cela peut vouloir dire l'assassinat de votre bien-aimé. Vous allez ignorer les souffrances de ces personnes parce que vous êtes Turc. (Ahmet Altan/Taraf/06 septembre 2008).

Il nous reste à être plus fermes dans nos démarches, à aller plus loin et à être optimistes pour la reconnaissance du génocide par la Turquie, en espérant voir naître demain une Turquie civilisée.

Compte-rendu préparé par Elise Darbinian
membre du Conseil des Jeunes Sympathisants du Collectif VAN en Arménie

© Collectif VAN - 27 novembre 2008 - 13:00 - http://www.collectifvan.org


Voir les photos:

Erevan : Juifs & Arméniens, destins croisés (1ère partie)

Erevan : Juifs & Arméniens, destins croisés (2ème partie)





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