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L'Antenne d'Erevan du Collectif VAN organise une conférence sur le Djavakhk
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La conférence-débat organisée par l'Antenne d'Erevan du Collectif VAN en collaboration avec le centre culturel Espaces et intitulée « Si loin, si près : le Djavakhk » a eu lieu le 7 février 2009 à Erevan, au centre culturel Espaces. Le Djavakhk (ou Samtske-Javakhétie) est une province de la Géorgie voisine de l’Arménie, majoritairement peuplée d’Arméniens. Les Arméniens du Djavakhk représentent une population composée pour une part d'Arméniens habitants le Djavakhk depuis toujours mais pour une autre part et aujourd'hui une majorité d'entre eux, ils sont de la région de Garin ayant quitté l'Arménie occidentale dans les années 1830. Ils représentent donc une population arménienne autochtone. La Géorgie mène, depuis son indépendance, une politique s’apparentant à de la « purification ethnique » pour amener à la diminution, voire à la disparition de la composante arménienne qui maintient une présence séculaire sur son sol. Elle favorise l’installation dans la région arménienne du Djavakhk, de Turcs Meskhets chassés par Staline (les Meskhets constituent un groupe ethnique, de religion musulmane sunnite et qui parle un dialecte turc anatolien). Ainsi ce véritable musée ethnographique à ciel ouvert qu’est le Djavakhk, qui isolé de tout et de tous, perpétue les traditions millénaires de la nation arménienne, est menacé de disparition. La Géorgie mène également des actions visant à s’approprier les biens religieux arméniens (églises, cimetières, etc) présents sur son territoire. Sur le site officiel du Tourisme géorgien, aucune mention n’est faite du caractère arménien de la région du Djavakhk, et de sa richesse culturelle.* Selon la FIDH, en Géorgie, « l’échec d’un système de protection des minorités mènerait à l’isolement du groupe minoritaire et, par conséquent, à son exclusion sociale, ou inversement, mènerait à l’assimilation et à sa disparition. »


La conférence « Si loin, si près : le Djavakhk » a débuté par la projection du film-essai d’Aram Chahbazian « Le Djavakhk : patrie éternelle », tiré de la série « Pays arménien ». Après la projection du film, l’analyste du Centre analytique « Mitq » (« Pensée ») Vahé Sargissian a pris la parole. Il s’est surtout penché sur des questions générales qui concernent tout le monde. Parmi ces questions se trouvent le problème administratif et territorial ainsi que la question d’intégration du Djavakhk, ce qui inclut l’ignorance de la langue géorgienne par les « Djavakhktsi » (habitants arméniens du Djavakhk). Selon M. Sargissian, nombreux sont ceux (parmi les habitants arméniens de la région) qui ne connaissent rien au Djavakhk et ne savent même pas qu’il se trouve en dehors des frontières de la République d’Arménie. Vahé Sargissian a également exprimé son mécontentement concernant la présence, dans tous les films sur Djavakhk, de la nostalgie des terres ainsi que l’absence d’une force positive permettant d'aller de l'avant.

Le Djavakhk inclut Akhalkhalak, Akhaltskha et Tsalka, qui forment la partie du nord de la région historique du Gougark. Le Djavakhk est mentionné pour la première fois dans l’épitaphe de Van où le roi Arguichti (Nota CVAN : roi d'Ourartou de -786 à -764, les Ourartéens sont les ancêtres des Arméniens) parle du pays Zabakha-Djavakha-Djavakhk.

L’histoire témoigne de l’appartenance du Djavakhk à Gouchak, qui était de la même époque que Hayk Nahapet (Nota CVAN: Haik est le patriarche légendaire et le fondateur de la première nation arménienne)... Au temps de la reine Tamar (Nota CVAN: Tamar ou Thamar est une reine de Géorgie de la dynastie des Bagratides, ayant régné de 1184 à 1213), le nord de l’Arménie était sous le pouvoir des princes arméniens du royaume géorgien. Le 2 septembre 1829 selon le Traité d’Andrinople, le Djavakhk est passé sous l’autorité de l’Empire russe. Depuis le 16 juillet 1921, le Djavakhk se trouve sur le territoire de l’Etat géorgien. Après la chute de l’Union soviétique, le président géorgien, Zviad Gamsakhourdia, a fait adopter trois lois selon lesquelles la Géorgie refusait l’héritage soviétique. Elle aurait dû par conséquent, également refuser le Djavakhk, mais curieusement il n’en a pas été question... Le Djavakhk inclut un territoire de 6400km² environ.

La deuxième question a traité de l’ignorance de la langue géorgienne parmi la population arménienne du Djavakhk. Les raisons sont multiples :

1. Les Arméniens sont dans leur patrie historique et l’influence géorgienne leur est étrangère.

2. Tbilissi n’est pas perçue en tant que capitale puisque les djavakhktsi ont, dans le passé, davantage été rattachés à Alexandrople (actuellement Gumri) situé en Arménie et à Erévan qu'à Tbilissi (ancienne Tiflis).

3. Le peuple ne peut pas servir deux "maîtres", dans ce cas c’est le sang qui parle.

Le milieu géorgien ne donne pas de possibilité d’intégration puisqu’il n’est lui-même pas homogène : la Géorgie est constituée d'une mosaïque de peuples [Nota CVAN : certains ont obtenu leur autonomie, voire leur indépendance, par les armes : l'Abkhasie, l'Adjarie (Géorgiens islamisés), l'Ossétie du Sud. Les Géorgiens sont le plus important de ces groupes, car ils représentent 70 % de la population. Il sont suivis des Arméniens (8,1%), des Russes (6,3 %), des Azéris (5,7 %), des Ossètes (3 %), des Abkhazes (1,8 %) et plusieurs autres (env. 5 %), dont des Grecs, des Ukrainiens, des Allemands, des Polonais, des Kurdes, des Biélorusses, des Azerbaïdjanais, des Tchétchènes, des Turcs, des Assyriens, des Inghilois, des Imérétiens, des Gouriens, des Khevsours, des Pchavs, des Mingréliens, des Lazes (ou Adjars), des Svanes, des Ouroums, des Tsiganes, etc. Le géorgien connaît également, selon les régions, des variantes dialectales: l'imérétien, le racha-lechkhoum, le gourien, l'adjhar (ou acharien), l'imérkhev kartlien, le kakhétien, l'ingilo, le touch, le khevsour (kheysour), le mokhev, le pchav, le mtioul, le ferejdien et le meskhour-javakhouri.]

Presque tous les problèmes du Djavakhk seront résolus si le statut de la langue se précise, c’est-à-dire lorsque l’Arménien pourra utiliser sa langue maternelle dans tous les actes officiels de la vie courante.

M. Sargissian a également parlé de la décision émanant du ministère géorgien de l'Education : toute personne qui veut occuper des postes importants dans l’Education nationale, doit impérativement maîtriser le géorgien. Cette directive concernant également l’élection des directeurs des écoles arméniennes de Géorgie, Sargissian a exprimé son inquiétude. En effet, parmi les écoles fonctionnant actuellement au Djavakhk, seules deux écoles ont des directeurs arméniens, les autres candidats n’ayant pas pu réussir l’examen de géorgien obligatoire pour accéder à ce poste.

Le second conférencier, le sociologue Edouard Lévanian, s'est s’appuyé sur ses recherches sociologiques, pour parler de l’identité ethnique des Arméniens du Djavakhk (comment les Arméniens du Djavakhk comprennent-ils leur identité ethnique et comment perçoivent-ils les Géorgiens). Il a présenté un état des lieux actuel sur l'étonnant maintien, par les Arméniens du Djavakhk, des traditions nationales, de la religion et de la langue maternelle. Edouard Lévanian s'est également fait l'écho des démarches entreprises afin de pouvoir garder ce précieux héritage culturel.

M. Lévanian a relaté des faits qui témoignent d’une politique menée par la Géorgie et qui vise à entraîner la diminution du nombre d'Arméniens vivant au Djavakhk. Il trouve personnellement qu’un conflit entre la République d’Arménie et celle de Géorgie n’est pas nécessaire et qu'il faut tout simplement arriver à un accord mutuel..

En marge de ses propos, Edouard Lévanian s'est appuyé sur son propre exemple pour illustrer l’ignorance du géorgien par les Arméniens du Djavakhk : «J’avais pris des cours de géorgien pendant six mois, je le connaissais très bien et parlais couramment le géorgien. Mais au terme de cinq années passées en Arménie, je l’ai très rapidement oublié : je ne comprends plus le géorgien. Cela se passe probablement d’une manière inconsciente: tu refuses une chose dont tu n’as plus besoin.»

Le troisième et dernier conférencier, Armen Aghayan, a parlé de la politique extérieure de l’Arménie et de la Géorgie. Il a analysé les relations diplomatiques qui existent entre ces deux pays et a fait des prévisions pour l’avenir. Il a également parlé de toutes les décisions et solutions possibles que les autorités arméniennes pourraient et pourront prendre pour résoudre la question du Djavakhk.

Un vif débat a eu lieu entre les conférenciers et le public composé d'une vingtaine de jeunes d'Arménie, tous intéressés par la question du Djavakhk et par la vie des Djavakhtsi, tous motivés par une résolution rapide et définitive de la question.

Compte-Rendu Arminé Kareyan, Traduction Hasmig Hakobian, Antenne Erevan du Collectif VAN - 26 février 2009 - 14:00 - http://collectifvan.org/


Sources externes :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Asie/georgie-terr-autonomes.htm

http://www.fidh.org/spip.php?article2457

http://www.tourism.gov.ge/geo/samtskhejavakheti.php

http://caucase.courriers.info/article0090.html





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