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Discours du Collectif VAN au meeting du 15 novembre 2009
Publié le :

Le dimanche 15 novembre 2009, le Collectif VAN a participé, pour la première fois, à un événement organisé par deux des trois partis historiques arméniens, la FRA Dachnaktsoutioun et l’ADL Ramgavar. Ce meeting qui se tenait à l’Espace Cardin (Paris 8ème) autour des protocoles arméno-turcs a permis à quelques responsables associatifs, hors de la sphère FRA, de prendre la parole et d’exprimer leur position concernant les protocoles signés le 10 octobre dernier entre la Turquie et l’Arménie.


















15 novembre 2009 - Espace Cardin - Paris 8e -

Discours de Séta Papazian, présidente du Collectif VAN

Bonjour,

Tout d’abord, c’est au nom du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme], que je veux remercier Mourad Papazian, Co-Président de la FRA Dachnaktsoutioun Europe occidentale. Oui, merci de nous avoir invités à prendre la parole aujourd’hui et ce d’autant plus que le Collectif VAN est une association indépendante de toute attache politique.

En effet, notre Collectif agit essentiellement hors de la sphère arméno-arménienne, et lutte contre le négationnisme de tous les génocides, qu’il s’agisse du génocide arménien, de la Shoah, du génocide des Tutsi au Rwanda, ou du génocide en cours au Darfour.

« Alors, ces protocoles, vous les prendrez avec ou sans sucre ? ».

La diaspora arménienne se réveille aujourd’hui avec la gueule de bois.

Après la charge policière contre les Français d’origine arménienne réunis devant le Mémorial parisien du génocide arménien à l’occasion de la venue du président Serge Sarkissian le 2 octobre dernier ; après la signature des protocoles arméno-turcs le 10 octobre à Zurich ; après la diabolisation dont elle est l’objet dans les médias du monde entier, oui, la diaspora a mal à la tête et elle a mal au cœur.

Le monde que l’on nous dépeint aujourd’hui est noir ou blanc : ainsi donc il y aurait d’un côté les gentils, réalistes et pragmatiques, qui oeuvrent pour la paix entre la Turquie et l’Arménie et de l’autre, les méchants, les idéalistes qui persistent à réclamer justice pour un génocide nié depuis près de 95 ans et qui deviennent, selon la grille de lecture imposée par les médias et surtout par l’Etat turc, des nationalistes extrémistes, ardents partisans d’une guerre de 100 ans.

Peu importe vos convictions humanistes, peu importe que vous soyez un militant des droits de l’homme, peu importe que vous soyez satisfaits que les deux pays établissent des relations diplomatiques.

Si vous réclamez justice, vous allez trop loin : on vous tend le miroir où vous êtes censés reconnaître votre portrait à côté des ultranationalistes Turcs. Cela vous blesse et vous trouvez le procédé injuste ? Le message est clair pourtant : arrêtez de lutter contre le négationnisme de l’Etat turc. Oui, surtout « Touche pas à mon négationnisme ».

Pour la première fois dans l’histoire, l’étude d’un génocide va être confiée à un Etat négationniste, qui plus est héritier de celui qui a perpétré le crime. Et cela avec, entre autres, la bénédiction d’une Union Européenne, pourtant fondée à l’origine, pour éloigner à jamais les horreurs de la guerre et du nazisme. Le monde aurait-il applaudi ce 10 octobre, si l’étude de la Shoah avait été confiée au président iranien Ahmadinejad ?

Et où sont-ils donc, les historiens de la pétition Liberté pour l’Histoire, ceux-là même qui étaient partis en guerre contre les lois dites mémorielles et surtout contre la loi de pénalisation de la négation du génocide arménien ? Ils nous disent depuis trois ans, que ce n’est pas aux politiques de faire l’Histoire. Pourquoi sont-ils donc muets lorsque des Etats mettent en place des commissions d’historiens ?

Alors, que faire ? Nous savons tous que la cause que nous défendons est juste, qu’elle fait appel à des valeurs d’éthique et de justice, qu’elle concerne, au-delà des Arméniens, l’humanité tout entière.

Mais face à nous, la diplomatie néo-ottomane a mis en place depuis quelques années, un plan de communication terriblement efficace pour court-circuiter les revendications légitimes des Arméniens. Un plan de com d’autant plus efficace qu’il est relayé par des Arméniens de diaspora également.

Plutôt que de se lamenter, n’est-ce pas au fond l’occasion de remettre en question le mode de communication de la diaspora ? Pour échapper à cette marginalisation et à cette diabolisation, nous devons impérativement adapter notre discours de manière à ce qu'il soit audible par les médias, par l’opinion publique, par les hommes politiques. Savoir que nos revendications sont justes ne suffit pas. Il faut le faire savoir. Et surtout, il faut convaincre. Avec d’autres mots.

Oui, avec d’autres mots, investissons le terrain médiatique. Le champ des possibles est vaste : radio, télé, presse quotidienne, presse magazine, sites internet, forums, blogosphère, réseaux sociaux, chacun d’entre nous peut être un ambassadeur au service de la vérité historique. Mais un ambassadeur use, par essence, d’un langage diplomatique. Il importe de rester dans le cadre d’un débat d’idées basé sur les faits et uniquement sur les faits, et, quelles que soient nos émotions, de tenir un discours en tous points inattaquable.

Valorisons et encourageons le dialogue arméno-turc en développant les liens avec les intellectuels turcs et kurdes sincères, qui ne bénéficient pas, eux, de la médiatisation offerte aux intellectuels turcs adoubés par Ankara.

Le Collectif VAN est honoré d’avoir obtenu, pour sa dernière action d’avril 2009, sur le Parvis de Notre-Dame de Paris, le soutien de deux associations turques : l’une de Turquie, l’IHD, Association des Droits de l’Homme de Turquie, l’autre d’Allemagne, celle des « Opposants au génocide » d’Ali Ertem. Ces démocrates courageux risquent leur vie pour payer la dette de l’Etat turc. Ils méritent tout notre respect et nous devons relayer leur combat auprès des médias.

Investissons également le champ du juridique : à l’instar des Chypriotes grecs, des Assyro-chadéens-syriaques, des Fondations chrétiennes de Turquie, la diaspora ne peut-elle se donner les moyens de monter des dossiers devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour la récupération des biens spoliés par la Turquie ?

Ne nous excluons pas de la société civile française : que chacun suivant ses affinités, s’engage en politique ou dans le monde associatif. Qu’il soit visible comme agitateur d'idées, dans les mouvements intellectuels, artistiques, économiques, qu’il soit force de proposition et d'impulsion.

Les protocoles sont signés mais pas encore ratifiés. N’attendons pas qu’ils le soient pour nous poser les bonnes questions et agir.

Pour clore mon intervention, je vous invite à être présent le vendredi 27 novembre au Yan’s Club, 5 avenue Reille, Paris XIVe à 20h30 : à l’occasion des 5 ans du Collectif VAN, nous diffusons un film documentaire d’Arto Pehlivanian, Vendredi Noir sur la venue du Président arménien à Paris. Nous proposons ensuite à la société civile de débattre et de s’exprimer sur les protocoles et les perspectives d’avenir de la diaspora, autour d’un pot de l’amitié.

Je vous remercie de votre attention.

Séta Papazian
Présidente du Collectif VAN
Le 15 novembre 2009
www.collectifvan.org




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