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Discours du Collectif VAN pour l'enseignement de la Shoah
Publié le :

- Intervention de Séta Papazian, Présidente du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] au rassemblement de soutien à Catherine Pederzoli, le dimanche 10/10/2010, aux abords du ministère de l'Education nationale à Paris.



Légende photo : Séta Papazian, Présidente du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]. Au premier rang à ses côtés, Marceline Loridan-Ivens, née Marceline Rosenberg, ancienne déportée.

Chers amis,

Je suis ici à vos côtés au nom du Collectif VAN, Vigilance Arménienne contre le Négationnisme. Nous, petits-enfants des rescapés du génocide arménien perpétré dans l'Empire ottoman en 1915 par le gouvernement Jeune-Turc, nous vous apportons notre soutien pour la défense de l'enseignement, en France, de la Shoah et de tous les génocides. Nous saluons les déportés juifs ici présents, ces rescapés des camps de l'horreur, qui continuent, malgré les années, à témoigner de l'inhumanité de l'homme pour l'homme.

Notre association Collectif VAN a vocation à lutter contre le négationnisme de quelque nature qu'il soit et quelle que soit sa cible.

Et à ce titre, les tentatives de bloquer et de contrecarrer, dans l'Education nationale, les projets pédagogiques autour de la Shoah, nous semblent particulièrement préoccupantes.

Malgré les rumeurs, malgré les coups bas, nous sommes ici pour soutenir Catherine Pederzoli dans le travail de mémoire qu'elle mène auprès des jeunes générations à Nancy, travail qui lui a valu une suspension professionnelle.

On nous a dit : « Catherine Pederzoli utilise 14 fois le terme hébreu 'Shoah' et seulement 2 fois le mot 'génocide' plus neutre et juridiquement fondé ».

C'est un procès d'intention : Madame Pederzoli ne fait qu'appliquer les directives de son administration. Dans la brochure officielle de l'Education Nationale, intitulée « Mémoire et Histoire de la Shoah à l'école », nous avons dénombré 50 occurrences du terme Shoah pour seulement 8 occurrences du mot génocide.

Vous le savez. On le sait tous : la Shoah correspond à un génocide bien particulier. Ce génocide, c'est l'extermination industrielle de 6 millions de juifs, organisée au cœur de l'Europe dite civilisée, par l'Allemagne nazie, et avec - malheureusement - la complicité du gouvernement de Vichy.

Si nous sommes ici aujourd'hui, avec vous, c'est que la Shoah n'est pas que l'affaire des juifs. Elle appartient à la douloureuse Histoire de l'Humanité.

C'est par l'éducation et par la sensibilisation aux génocides, au négationnisme, à l'antisémitisme, à la discrimination et au racisme, que les jeunes d'aujourd'hui peuvent se préserver des tentations totalitaires auxquelles ils pourraient être confrontés demain.

A l'instar de Catherine Pederzoli qui a abordé vendredi matin, sur les ondes de Judaïques FM, le problème de l'enseignement du génocide arménien en France, permettez-moi de faire état ici des grandes difficultés auxquelles nous sommes également confrontés.

Savez-vous que l'étude du génocide arménien n'est apparue dans les textes officiels de l'Education nationale que suite à l'adoption de la loi de janvier 2001 par laquelle « la France reconnaît publiquement le génocide arménien » ?
Malheureusement, par méconnaissance ou par manque d'intérêt, ce chapitre de l'histoire est rarement abordé - ou même simplement cité - dans le cadre de l'enseignement de la première guerre mondiale.

Mais il y a plus préoccupant encore : les rares enseignants qui traitent du génocide arménien sont souvent confrontés à des réactions très violentes de la part de jeunes, qui au sein de leur communauté issue de Turquie, reçoivent une éducation nationaliste et négationniste, et qui répercutent ces idées en classe.

En novembre 2009, un jeune collégien de Pont-à-Mousson a écrit dans un devoir d'Histoire, que « le génocide arménien n'a pas existé, mais que s'il avait existé, il aurait été mérité ». Cet élève a été fêté en héros à la Une de Hurriyet, le plus grand quotidien de Turquie. La sanction pédagogique que son professeur désirait lui appliquer et qui consistait à préparer un exposé sur le génocide arménien, a été levée suite à des pressions d'une association franco-turque.

Les deux IG qui ont rédigé un rapport à charge contre Catherine Pederzoli se sont-ils penchés sur ce cas d'apologie de crime contre l'humanité à 50 kms de Nancy ?

Plus récemment, en février 2010, le consul général de Turquie en France, Ugur Ariner, a été reçu dans un lycée des environs de Rennes par le proviseur et le professeur de lettres, à l'occasion de la Saison turque en France. Un étudiant a posé la question du génocide arménien, question à laquelle le consul de Turquie a répondu : « Il s'agit d'un massacre, pas d'un génocide. »

Ainsi donc, en France, le soin « d'instruire » les élèves a été confié, dans un lycée de la République, au représentant d'une puissance étrangère négationniste.
Inviterait-on aujourd'hui, dans les établissements scolaires français, le Président soudanais Omar El Béchir pour traiter du génocide en cours au Darfour ?

Pour toutes ces raisons, nous exprimons notre vive inquiétude de constater, à travers le cas de Catherine Pederzoli et celui de la vingtaine de cas recensés à ce jour, que l'enseignement de la Shoah commence également à devenir gênant en France. Car jusqu'à ce jour cet enseignement était exemplaire. Et il doit absolument continuer à le rester.

Le Collectif VAN demande la réintégration de Catherine Pederzoli et l'aide des pouvoirs publics face à toutes les formes de négationnisme.

Soyons vigilants et solidaires.
Je vous remercie de votre attention.


Séta Papazian
Présidente
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]

BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boite vocale : 09 50 72 33 46
Email: contact@collectifvan.org
www.collectifvan.org


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Voir les photos dans notre photothèque:

Catherine Pederzoli : « L'enseignement de la Shoah est en danger » (1ère partie)

Catherine Pederzoli : « L'enseignement de la Shoah est en danger »(2ème partie)




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BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
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