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La réponse de l’Unesco au Collectif VAN
Publié le : 27-06-2011

La langue de bois, art immatériel préservé par l’Unesco

La réponse que l’Unesco consent à donner au Collectif VAN est aussi muette que l’exposition-photo des khatchkars arméniens (croix de pierre ciselées) dont nous avions dénoncé la censure. Pour mémoire, rappelons que toutes les étiquettes mentionnant l’emplacement géographique des monuments exposés ont dû être retirées afin que ne soient pas cités des lieux situés en Turquie, en Azerbaïdjan, et même en Arménie. [1]

Contrairement à ce qu’affirme ci-dessous Sue Williams, Chef de la Section des relations avec les médias, Division de l'information du public, l’intervention visant à dénaturer l’exposition que l’Unesco abrite en son siège parisien, n’est pas le fait d’un simple vice de procédure dont l’Institution impute la faute à l’Arménie, mais bien de pressions émanant de certaines délégations.

Déjà deux jours avant l’exposition, il avait été expressément demandé aux représentants arméniens de modifier le texte de présentation et les deux photos du cimetière de Djougha/Djoulfa [Nakhitchevan-Azerbaïdjan], cimetière médiéval arménien où se dressaient à l’origine 12 000 croix de pierre arméniennes : un patrimoine culturel millénaire qui, en 2005/2006, fut définitivement rasé et réaménagé en camp de tir pour l’armée azérie [2]. Un saccage qui fait désordre lorsque l’on sait que l’Azerbaïdjan a été nommé parmi les Membres du Comité intergouvernemental de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel pour la période 2010 – 2014. Ceci explique sans doute le chemin de croix qui est imposé à l’exposition des khatchkars arméniens…

D’ailleurs, depuis l’inauguration, tous les jours, à l’Unesco, il est nécessaire de retirer un petit papier blanc mystérieusement collé sur le mot « Djoulfa » qui figure sur le panneau explicatif de l’exposition à l’entrée principale. Un petit bout de papier blanc recollé toutes les heures, décollé par la guide arménienne de l’exposition, puis recollé en catimini par un ou des censeurs anonymes, puis re-décollé à nouveau...

La réponse que nous recevons de l’Unesco est aussi aberrante que ce pauvre « cache-texte ».

On apprend ici que « L'Arménie s'est engagée à mettre en valeur un patrimoine et des savoir-faire qui sont partagés par différentes cultures et différents pays (…). » et que « Lorsqu’une activité prévue au siège de l'UNESCO peut concerner plusieurs pays, comme c’était le cas ici, il est d’usage de les consulter au préalable ».

Ainsi donc, l’Art religieux chrétien des khatchkars arméniens serait partagé par la Turquie et l’Azerbaïdjan qui s’acharnent à effacer toute trace du peuple arménien dans leur pays respectif ? Deux Etats qui, il n’est pas anodin de le souligner, n’existaient pas à l’époque où l’Art de ces khatchkars s’est développé...

La pauvreté de l’argumentation prêterait à sourire si le sujet n’était pas aussi grave.

Mme Sue Williams est probablement débordée, nous pouvons peut être l’aider quant à la définition de certains mots. « Rapprochement », « échange », « compréhension », « dialogue », appartiennent aux champs lexicaux de l’entente et de la relation. Par conséquent, ils ont pour antonymes, mutisme, monologue, mauvaise foi, atteinte à la liberté d’expression.

Nous pouvons peut-être également l’éclairer quant au rapport entre Art et Politique. Parler de « politisation inutile d'une activité culturelle » flirte dangereusement avec l’antithèse. On nous apprend que la sphère culturelle n’aurait en fait rien à voir avec le Politique. C’est étrange, nous avons pourtant l’impression que le Culturel a ici été piétiné par le Politique.
Puisque « certains éléments étaient susceptibles de nuire à l'esprit de compréhension et de coopération qui sous-tend tout le travail de l'UNESCO », l’occultation serait donc la solution ? Le déni devrait-il être érigé en morale d’un organisme culturel mondial ?

La prétendue volonté d’éviter la « politisation » des activités de ce département de l’Unesco est battue en brèche par la présence à sa tête, en 2008, de S.Exc. M. Faruk Loğoğlu, en tant que Président du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ce dernier, Ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis de 2001 à 2005, actuellement Président adjoint de la Commission nationale turque pour l’UNESCO, membre du Conseil du Centre d’études stratégiques du Ministère des affaires étrangères turc, n’est pas franchement connu – et c’est un euphémisme - pour ses positions en faveur de la reconnaissance du génocide arménien… [3].

Autre exemple du lien entre Art et Politique ? La troisième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du 4 novembre 2008 a été présidée par Ertuğrul Günay, Ministre de la Culture et du Tourisme de Turquie. Le site internet de son Ministère héberge, en 8 langues, des centaines de pages visant à nier la réalité du génocide arménien, sous l’intitulé : « ASSERTIONS ARMENIENNES ET VÉRITES » [4].

Les images de l’exposition « L’art des khachkars - croix de pierre arménienne » ont été muselées, mais l’absurdité de cette situation les rend, de fait, très bavardes. Malheureusement, cette non-réponse en dit long : le culot du plus fort est toujours le meilleur.

Finissons cette introduction par une bonne nouvelle : nous apprenons avec plaisir sur le site internet de l’Unesco, que l’on peut intégrer dans la liste des Domaines du patrimoine immatériel « des ‘sous-domaines’ déjà en usage dans des pays où le patrimoine culturel immatériel est reconnu, comme les ‘lieux de mémoire’. » [5] A la bonne heure.

Mais, à propos, ces « lieux de mémoire » seront-ils « localisés » ? Vaste question. Ne pas localiser un lieu : peut-être un nouveau concept que l’Unesco pourrait développer ? Pour en avoir le cœur net, l’Arménie devrait demander l’inscription du Mémorial de Dzidzernagaperd à Erevan, monument et musée dédiés à la mémoire des 1 500 000 victimes du génocide arménien perpétré dans l’Empire ottoman.

L’Empire ottoman n’existant plus, il sera inutile de lui demander son avis. Sauf à penser que le gouvernement turc actuel se reconnaisse héritier du gouvernement Jeune-Turc de 1915.

De nouveaux développements en perspective ?



Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : 09 50 72 33 46
Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org


Lire après ces liens la réponse de l’Unesco au Collectif VAN :



[1] Que se passe-t-il à l’UNESCO ?
Nota CVAN : le lien que nous citions dans notre Lettre ouverte « En Suède, la Directrice générale promeut la liberté d'expression et salue l'inscription de la « Bible d'Argent » au Registre de la Mémoire du monde » a non seulement disparu du site de l’Unesco mais également du cache sur Google web. Le lien http://www.unesco.org/new/fr/unesco/about-us/who-we-are/director-general/ mène désormais à une autre information… Que doit-on en déduire ?

[2] L'Azerbaïdjan élimine un patrimoine culturel datant de 12 siècles

[3] http://www.eraren.org/index.php?Lisan=tr&Page=GBultenDetay&BultenNo=15800

http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=what-now-in-turkish-armenian-relations-2009-10-13

[4] http://www.tourism.gov.tr/FR/belge/4-60/eski2yeni.html

http://www.tourism.gov.tr/FR/belge/4-888/articles.html

www.unesco.org/culture/ich/doc/src/00548-FR.doc

[5] http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=FR&pg=00052


La réponse de l’Unesco au Collectif VAN

Envoyé
: lundi 20 juin 2011 16:44
À : contact@collectifvan.org
Objet : Expo l'art des Khachkars - la reponse de l'UNESCO


Madame, Monsieur,

Suite à l’article publié sur votre site et consacré à l'exposition «L'art des Khachkars – croix de pierre arméniennes », organisée par la Délégation permanente de l'Arménie auprès de l'UNESCO au Siège de l’Organisation du 15 au 24 Juin, l’UNESCO souhaite opposer un démenti formel aux accusations de censure portées à son encontre.

Lorsque l’Arménie a ratifié la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, en 2006, elle a reconnu « le rôle inestimable du patrimoine culturel immatériel comme facteur de rapprochement, d’échange et de compréhension entre les êtres humains».

En proposant d’inscrire le symbolisme et le savoir-faire des Khachkars sur la Liste représentative du Patrimoine immatériel, l'Arménie s'est par ailleurs engagée à mettre en valeur un patrimoine et des savoir-faire qui sont partagés par différentes cultures et différents pays. Elle a également affirmé que cette inscription contribuerait « à assurer la visibilité et la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel immatériel et à favoriser le dialogue. »

C’est dans cet esprit que l’UNESCO a salué l'initiative de la Délégation permanente de l'Arménie de présenter une exposition consacrée au symbolisme et au savoir-faire de ces expressions culturelles importantes.

Lorsqu’une activité prévue au siège de l'UNESCO peut concerner plusieurs pays, comme c’était le cas ici, il est d’usage de les consulter au préalable. Cette condition essentielle n’a malheureusement pas été remplie dans le cas de l'exposition arménienne.

Après examen des matériaux de l'exposition proposée, il est apparu que certains éléments étaient susceptibles de nuire à l'esprit de compréhension et de coopération qui sous-tend tout le travail de l'UNESCO, ou dépassaient le cadre strict du mandat de l’Organisation.

La délégation permanente de l'Arménie a donc accepté de retirer ces éléments de l'exposition. L’UNESCO elle-même n'a, en aucune manière, censuré des informations, ou nié des faits historiques. Elle a cherché à travailler en étroite collaboration avec les autorités arméniennes pour éviter une politisation inutile d'une activité culturelle.

Tout au long de la phase préparatoire de l'exposition, le Secrétariat de l'UNESCO a suivi les procédures applicables à tous les États membres, sans ménager aucun effort pour assurer le succès de l’événement.

Nous regrettons que vous ayez été victime d’une désinformation, et nous espérons que ces éclaircissements seront de nature à vous rassurer sur la détermination inébranlable de l'UNESCO à promouvoir la compréhension internationale et le dialogue interculturel.

Sue Williams
Chef, Section des relations avec les medias
Division de l'information du public
UNESCO


Lire aussi:

Que se passe-t-il à l’UNESCO ?


Voir les photos de l'exposition:

Chemin de croix à l'Unesco - L’art des khatchkars


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