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Le Collectif VAN revient sur lÂ’interview de Mirvari Fataliyeva
Publié le :

« Le peuple français doit découvrir le vrai visage de la diaspora arménienne »

L’interview du 22 janvier 2013 de Mirvari Fataliyeva, Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan à Paris, lors de l’émission Politika sur la radio négationniste franco-turque MIT, a retenu toute notre attention. L’association La Maison de l’Azerbaïdjan a été réactivée fort opportunément en septembre 2012 : le Président azéri Ilham Aliyev venait de gracier et de recevoir en héros à Bakou, Ramil Safarov qui avait décapité dans son sommeil un collègue arménien de l’OTAN lors d'un stage en Hongrie. Ce faisant, Aliyev avait généré une vague de protestation mondiale : il était urgent d’inverser la tendance afin de redorer l’image de la dictature azérie.

De l’interview de Melle Fataliyeva, on retiendra surtout la volonté turco-azérie de contrer, en France, les « mensonges » de la diaspora arménienne: « Les Arméniens appliquent la politique dite de la victime dans le monde entier alors que c’est nous qui avons subi les conséquences de différents massacres ».

Le pseudo « génocide de Khodjaly » y est qualifié d' « horreur sans nom » par l'animateur qui, rappelons-le, réfute l'existence du génocide arménien de 1915. Il ne croit pas si bien dire car tous les témoignages - y compris celui du Président azerbaïdjanais de l’époque - concordent pour dire que les habitants azéris de Khojaly ont été fauchés par les soldats (réguliers ou non) de leur propre Etat.

Khodjaly, régulièrement désigné sur les sites négationnistes « turciques » comme l’œuvre des « barbares arméniens » est, depuis quelques années, instrumentalisé pour masquer les pogroms commis par l’Azerbaïdjan contre les Arméniens de Soumgaït, Kirovabad, Bakou et Maragha ainsi que l'emprisonnement du journaliste azéri Eynulla Fatullayev, qui avait osé dire la vérité sur Khodjaly.

Mirvari Fataliyeva appelle clairement à « la Solidarité entre Turciques », à savoir « la synergie et l’entraide entre les organisations turques et turciques (azerbaïdjanaises, chypriotes-turques, turques d’Asie centrale) d’Europe occidentale ».

Ce qui se dessine ressemble à s’y méprendre à un nouveau Panturquisme ou Pantouranisme, estampillé XXIe siècle et adapté à la sauce européenne, mais toujours dirigé contre l’entité minoritaire dérangeante : ces fameux Arméniens coupables de tous les maux, et prétendument « majoritaires » en France. Ils faisaient déjà obstacle au rêve d’une Grande Turquie en restant accrochés (pauvres fous !) à leurs territoires millénaires et on les retrouve désormais dans tous les pays où la politique génocidaire de Talaat Pacha, le ‘Hitler’ turc, les a dispersés il y a près d’un siècle.

La « stratégie » annoncée laisse supposer que les pétrodollars azéris, couplés à la force de frappe de l’Etat turc, vont être employés à soutenir énergiquement des événements « culturels », qui seront en réalité destinés à imposer insidieusement dans l’espace citoyen de la République française, le double-négationnisme de la Turquie et de l’Azerbaïdjan. Tout est fait pour inverser l’Histoire, présenter l’Arménie et les Arméniens comme des agresseurs, et faire des Turcs et des Azéris les victimes réelles de guerres et de massacres pluriels.

C’est le sens des commémorations qui ont lieu ces jours-ci un peu partout dans le monde, et à Paris en particulier. La mémoire des innocentes victimes de Khojaly, tombées pour satisfaire les desseins de leurs politiciens, mériterait de recevoir un autre hommage que l’entreprise de mystification mise en place par Bakou et Ankara.

Rappelons que l’écrivain azerbaïdjanais Akram Aylisli est actuellement menacé de mort dans son propre pays pour avoir publié un roman décrivant les massacres perpétrés par les Turcs et les Azéris (Tatars) contre les Arméniens. Un député, Melahet Ibrahimqizi, a déclaré : "Il a non seulement insulté les Azerbaïdjanais, mais également toute la nation turque". « Tous les Turciques » comme dirait sans doute Mirvari Fataliyeva, Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan à Paris.


Collectif VAN
[Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]

BP 20083 - 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 (0)1 77 62 70 77
Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org


Voici les propos de cette dernière dans les extraits d’une transcription non officielle de l’émission Politika du 22/01/13 de la Radio Made in Turkey (domiciliée en région lyonnaise), faite « à la volée » par le Collectif VAN. Nous vous invitons à écouter le podcast de l’émission pour prendre connaissance de l’exacte teneur des propos qui y ont été tenus.


Pour accompagner cette lecture, il est bon de visionner un reportage sous-titré en anglais qui donne la parole aux acteurs présents sur le terrain du conflit du Haut-Karabagh en février 1992 (journalistes, hommes politiques, combattants). La vidéo, récemment postée sur YouTube, retrace avec précision la prise de Khodjaly par les combattants arméniens et montre la responsabilité du Front Populaire d’Azerbaïdjan dans le massacre prémédité de la population civile azérie.

Between hunger and fire: power at the expense of lives (Nagorno Karabagh)


D’autres vidéos sont disponibles sur :

Genocide1990Baku


R E T R A N S C R I P T I O N


Mardi 22 janvier 2013 : Emission Politika de la Radio Made in Turkey [Villeurbanne]

Invitée : Mirvari Fataliyeva, Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan

MIT : « Cette émission est consacrée à la synergie, à la solidarité entre Turcs et Turciques. Vous êtes citoyenne azerbaïdjanaise. Les Azerbaïdjanais brillent en France par leur dynamisme exemplaire. Nous parlerons de vous, de la Maison de l’Azerbaïdjan à Paris que vous présidez, des relations entre les associations franco-turques et franco-azerbaïdjanaises. Nous tâcherons aussi de parler du conflit du Haut-Karabagh sous invasion arménienne depuis 23 ans et de l’horreur vécue à Khodjaly, une horreur sans nom, effroyable, et des différentes commémorations que vous organisez à votre honneur.
Vous êtes née à Koubadli (pour nos auditeurs, c’est une région d’Azerbaïdjan adjacente au Karabagh qui est sous occupation arménienne depuis 1990). Mais depuis 10 ans maintenant vous vivez en France et êtes citoyenne de la République française.
En 2002, vous venez en France pour faire des études supérieures. Vous êtes solidement diplômée et vous décrochez une Maîtrise en traduction à l’Université de Bakou. Puis en France, vous décrochez une maîtrise de français langue étrangère et un master en Etudes européennes et Relations internationales, deux brillants diplômes que vous obtenez à Paris, rappelons-le. Comment est né votre amour de la France ? Qu’est-ce que vous aimez le plus en France et chez les citoyens français ? »

Mirvari Fataliyeva : « D’aussi longtemps que je me souvienne, nous lisions déjà les grands auteurs français comme Victor Hugo, Honoré de Balzac, Stendhal, Sartre. Cet amour pour la France vient de là, sous l’impulsion de mon père qui est un amoureux de la France. Il lisait toujours la littérature et l’histoire françaises en russe ou en azerbaïdjanais. »

MIT : « Est-ce qu’en Azerbaïdjan, il y a un rayonnement culturel français comme c’est le cas par exemple en France ou dans d’autres pays, la Bulgarie, la Roumanie, on retrouve aussi cette sympathie naturelle vers la France et le peuple français ? »

Mirvari Fataliyeva : « Exactement, c’est le cas en Azerbaïdjan. Ce qui m’a le plus impressionnée et attirée en France, restent l’ouverture d’esprit et la soif de culture vis-à-vis de notre peuple. La France demeure le Pays des droits de l’homme et un formidable carrefour de culture et d’histoire en Europe. De plus nous sommes attachés à la France qui a été le premier pays à reconnaître l’indépendance de l’Azerbaïdjan en 1992. »

MIT : « Vous avez parlé aussi de la France comme le pays des Droits de l’Homme. Malheureusement, parfois la France est égratignée par des activités communautaristes et nous sommes heureux et fiers en tant que Franco-Turcs et Franco-Azéris de défendre les valeurs fondamentales qui fondent la République française comme notamment la liberté et la liberté d’expression. Vous êtes une jeune femme très dynamique. Entre 2004 et 2008, vous avez dirigé l’AFAJ : Association Franco-Azerbaïdjanaise de la Jeunesse. Actuellement vous présidez depuis 4 mois la Maison de l’Azerbaïdjan à Paris. »

Mirvari Fataliyeva : « Quand nous avons créé l’AFAJ en 2003, il n’y avait aucune association azerbaïdjanaise à Paris et nous n’étions que peu nombreux. Il existait une vraie volonté, avec peu de moyens : je rappelle que nous étions tous étudiants à l’époque. Nous avons réalisé beaucoup de projets culturels. Même si les Franco-Turcs ne possèdent pas de Maison de la Turquie, ils ont par contre beaucoup d’associations actives, très dynamiques avec lesquelles nous collaborons. La Maison de l’Azerbaïdjan, créée en février 1992, est l’une des 1ères associations azéries qui a vu le jour en France. Nous avons repris l’activité de cette association en septembre dernier, donc depuis 4 mois. Ensemble avec nos amis français, nous avons réorganisé cette association dans le but de développer et de renforcer les liens d’amitié et de partager entre la communauté française et azerbaïdjanaise, ceci par le biais d’échanges culturels et scientifiques.

Notre objectif est de promouvoir la culture azerbaïdjanaise, de faire connaître la richesse du patrimoine historique par tous les moyens de communication, par tous types de manifestations, en impliquant tous les Azerbaïdjanais de France (concerts, expositions, cours de langues, cuisine, rencontres sportives).
L’une de nos principales missions est aussi de réunir tous les Azerbaïdjanais de France autour de cette maison en installant des représentants locaux dans les grandes villes comme Lyon, Nantes, Nice, pour mieux relayer les informations. Je ne parle pas de Strasbourg puisque la communauté azerbaïdjanaise strasbourgeoise est déjà très active. »

MIT : « La Maison de l’Azerbaïdjan a le statut d’association, c’est bien ça ? Elle est donc active dans le domaine culturel et sportif. J’avais lu qu’un jumelage est prévu pour mai 2013 entre Naftalan et la ville de L’Aigle qui est dans l’Orne et dont la sénatrice est Nathalie Goulet, nous l’avons interviewée ».

Mirvari Fataliyeva : « En tant que Maison de l’Azerbaïdjan, la promotion de la culture de notre pays est essentielle. L’Azerbaïdjan est un pays mal connu en France et cette méconnaissance génère trop de préjugés négatifs à notre égard. Dès lors, nous sommes heureux et fiers de toutes les activités qui visent une meilleure connaissance de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et des Turciques. La culture est un moyen exceptionnel d’enrayer les préjugés et de renouer le dialogue. Les autorités d’Azerbaïdjan ont entrepris des projets pour créer des liens officiels entre nos deux pays, comme des jumelages. Mais là, à mon niveau associatif, je n’en sais pas plus. L’ambassade d’Azerbaïdjan serait plus à même de vous répondre. De notre côté, nous soutenons vivement toute action qui ambitionne le dialogue, la connaissance mutuelle, et la paix. »

MIT: « Et cela vous honore Madame. »

[Nota CVAN : la suite de l’interview démontrera ce que signifient pour Melle Fataliyeva « le dialogue, la connaissance mutuelle, et la paix ».]

MIT : « Les relations entre l’Azerbaïdjan et la France s’intensifient de jour en jour avec des accords économiques et culturels qui foisonnent avec notamment avec les communes françaises suivantes : Reims, Châlons en Champagne, Niort, Cognac. Cette stratégie qui vise à mieux faire connaître la culture azerbaïdjanaise est une excellente stratégie. Est-ce que le but de tout ce dynamisme, c’est pas aussi d’enrayer les préjugés dont les Turciques souffrent en France puisque tout à l’heure vous nous avez parlé de préjugés concernant les Turciques, est-ce qu’à travers la promotion de la culture, on ne met pas un coup d’arrêt à cette méconnaissance ? »

[Nota CVAN : Carton rouge pour l’animateur. Il n’a pas dû suivre les questions dans l’ordre car la réponse de Mirvari Fataliyeva - ci-dessous - ne correspond pas à la question posée].

Mirvari Fataliyeva : « Puisque vous avez parlé de relations économiques et culturelles, l’Azerbaïdjan est le pays de la zone Caucase avec lequel la France a le plus développé ses relations économiques. Les échanges commerciaux entre les deux pays approchent les 2 milliards de dollars par an, les entreprises françaises souhaitent amplifier leurs échanges et accompagner la diversification de l’économie azerbaïdjanaise qui jouit d’un dynamisme remarquable et dispose d’importantes ressources financières pour ces investissements ».

[Nota CVAN : s’en suit tout un laïus « promotionnel », récité avec application, démontrant à quel point la France investit en Azerbaïdjan.]

Elle poursuit : « L’Azerbaïdjan a des grandes ambitions dans ces plans de développement sans parler des besoins de reconstruction que l’on peut prévoir après la libération de nos territoires occupés par l’Arménie soit près de 1/5e de notre territoire national. Le constat de ces évolutions encourageant permet d’imaginer l’avenir de l’Azerbaïdjan avec un grand optimisme et un développement de plus en plus poussé des relations économiques bilatérales en espérant que ces liens favorisent l’intégration de la culture turque-azerbaïdjanaise en France. »

MIT : « Venons-en à la population azerbaïdjanaise de France ».

Mirvari Fataliyeva : « Le nombre de la population azerbaïdjanaise s’élève à peu près en France entre 4 à 6000 individus. Certes, nous ne sommes pas nombreux en France, mais c’est notre dynamisme, notre volonté d’agir, qui comptent. Il n’y a pas beaucoup d’associations azerbaïdjanaises comparées aux associations arméniennes ou turques. Nous essayons de les rassembler autour de nous pour mieux les structurer. »

MIT : « Le 20 janvier, vous avez commémoré dignement les mémoires des victimes massacrées par l’Armée soviétique à Bakou en 1990, soit un an avant la proclamation de l’indépendance de l’Azerbaïdjan en août 1991. Bien évidemment, nous nous joignons à vous, nous partageons votre douleur, d’ailleurs, des Franco-Turcs étaient présents à vos côtés. »

[Nota CVAN : à partir d’ici, nous ne pouvons surligner en gras tout ce qui est « énorme » en matière de désinformation car tout serait à surligner. Seules certaines phrases sont donc mises en bold].

Mirvari Fataliyeva : « En 2012, il y a eu 2 grandes mobilisations de populations azerbaïdjanaises en France, une au mois de septembre, contre les manifestations des Arméniens devant nos ambassades dans plusieurs pays. Nous avons perdu nos territoires, nous déplorons 30 000 morts dans cette guerre, nous avons subi le massacre de Khodjaly, que nous allons parler sûrement, mais ce sont eux qui manifestent contre nous, pour couronner le tout, ce sont eux qui manifestent contre nous. »

[Nota CVAN : elle s’aperçoit qu’elle a déjà lu ce passage et paraît désarçonnée un court instant].

Elle se reprend : « C’est un vrai monde à l’envers, devant cette hypocrisie, nous avons décidé de manifester devant l’Ambassade de l’Arménie pour faire entendre nos voix. C’était en septembre dernier. L’autre grande mobilisation qui a eu lieu courant le mois de novembre dernier contre la visite officielle du président Serge Sarkissian. Sarkissian, c’est l’assassin du peuple azerbaïdjanais, c’est lui-même qui a été instigateur du massacre du 26 février 1992 sur la population civile azérie de la ville de Khodjaly. »

[Nota CVAN : de mémoire, il nous semble qu’à l’époque du président arménien Robert Kotcharian, c’était ce dernier qui était désigné comme assassin du peuple azéri… Les présidents arméniens changent mais pas la présidence de l’Azerbaïdjan (aux mains du clan Aliyev), ni les discours diffusés par les représentants officiels ou officieux de Bakou].

Elle conclut : « Plus de 700 personnes, nos amis français, nos frères turcs et beaucoup d’Azerbaïdjanais de toute l’Europe ont participé à cette mobilisation. »

MIT : « Qui a été un vrai succès, je vous félicite. Vous avez évoqué le Haut-Karabagh et Khodjaly. D’autant plus que cette souffrance, vous la vivez au quotidien puisque les territoires azerbaïdjanais, 1/5 du territoire total, c’est quand même énorme, est sous occupation arménienne. Il y a eu cette horreur sans nom qui a été vécue à Khodjaly, donc qui a été rayé tout simplement de la carte en une nuit, une horreur sans nom, terrible. Vous êtes née à Koubadli, qui est une région adjacente au Haut-Karabagh, en zone occupée. Vous faites partie du million de réfugiés azerbaïdjanais. Vous avez été témoin de cette guerre terrible déclarée par l’Arménie, que pouvez-vous nous en dire ? »

Mirvari Fataliyeva : « Vous savez toute mon enfance est entachée par cette guerre. Aujourd’hui je peux vous parler librement en tant que témoin de ce terrible conflit. Quand l’Arménie nous a déclaré la guerre, j’avais 8/9 ans, je n’étais encore qu’une petite fille innocente, pleine de rêves, comme les autres petites filles du monde, mais hélas cette innocence, ces rêves ont été brisés par cette guerre, une enfance gâchée, bouleversée par ce conflit. J’ai vu des gens mourir devant mes propres yeux. J’ai perdu mes proches, mes voisins, mes amis, et beaucoup de compatriotes. Je me rappellerai toujours le jour où nous avons quitté notre ville sous les bombardements de l’armée arménienne. Une image effroyable que je n’arrive toujours pas à oublier. Suite à cette occupation arménienne, 1 million d’Azerbaïdjanais ont été obligés de quitter leur terre natale, je tiens à rappeler que cette invasion a engendré 30 000 morts. Il faut aussi dire que la République autonome du Nakhitchevan qui appartient à l’Azerbaïdjan est sous le blocus de l’Arménie. Les territoires qui lient le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan sont occupés. »

[Nota CVAN : Cette jeune femme montre sa méconnaissance la plus élémentaire de la Transcaucasie. Les territoires qui séparent le Nakhitchevan de l’Azerbaïdjan ne sont pas « occupés » par l’Arménie: ils font partie de la République arménienne actuelle comme c’était déjà le cas à l’époque soviétique. Le Nakhitchevan est un îlot séparé physiquement de l’Azerbaïdjan auquel il a été rattaché de manière arbitraire par Staline alors qu’il est situé entre la Turquie et l’Arménie. Ce n’est donc pas un blocus, c’est de la géographie. Il suffit de regarder une carte.
Il est évident qu’au vu de la dégradation des relations arméno-azéries, Erevan ne laisse sans doute pas transiter sur son territoire des marchandises destinées au Nakhitchevan. Par contre, la Turquie et l’Azerbaïdjan étouffent réellement l’Arménie et le Haut-Karabagh - deux territoires déjà naturellement enclavés - dans un double blocus révélateur de leur animosité à l’encontre des Arméniens.

On s’interroge : si le but de Mirvari Fataliyeva est de noircir le tableau, jusqu’où est-elle prête à aller ? Cette accusation spécieuse - ainsi que l’ensemble de sa description du conflit du Haut-Karabagh qui fait abstraction de tout le contexte géo-politique (les nombreux pogroms anti-arméniens, le refus de l’indépendance votée démocratiquement par la population du Haut-Karabagh via un Referendum, les bombardements incessants de la capitale arménienne du Haut-Karabagh, etc.) - nous interpelle.

Mirvari Fataliyeva, en accumulant les « éléments de langage » semblant émaner des fascicules de propagande de la dynastie Aliyev, risque de jeter le doute sur son propre témoignage de réfugiée. Les populations civiles souffrent en temps de guerre, personne ne songe à le nier, inutile d’ajouter des arguments mensongers.

Dans la dernière phrase « Les territoires qui lient le Nakhitchevan à l’Azerbaïdjan sont occupés », Mirvari Fataliyeva fait donc référence à l’Arménie. Cette phrase relève soit d’une ignorance étonnante, soit d’une rhétorique où plane la volonté - régulièrement affichée par l’Azerbaïdjan et son président Ilham Aliyev, ainsi que par certains partis turcs - d’envahir l’Arménie et de la nettoyer de sa population en « finissant le travail ». C’est également le sens des commentaires postés ce dimanche 17 février 2013 sur Facebook].


Mirvari Fataliyeva poursuit sa « démonstration » : « Le massacre de Khodjaly. Alors, le massacre de Khodjaly est l’une des pages les plus sombres et les plus sanglantes de notre Histoire ainsi que l’Histoire de toute l’Humanité je dirai. Ce génocide impitoyable et cruel compte parmi les exécutions de masse les plus atroces. »

[Nota CVAN : le site Xocali démonte en plusieurs langues les assertions turco-azéries. Une vidéo récemment postée sur YouTube, retrace avec précision la prise de Khodjaly par les combattants arméniens et montre la responsabilité du Front Populaire d’Azerbaïdjan dans le massacre prémédité de la population civile azérie. Nous vous invitons à visionner ce documentaire (sous-titres en anglais)].

Mirvari Fataliyeva : « On compte 613 personnes sauvagement assassinées, parmi lesquelles des femmes, des enfants, sans armes, des gens civils, des personnes âgées, le pire c’est qu’on ignore le sort de 150, 1000, 275 ( ? - chiffre incompréhensible) pris en otage. A la suite de ce massacre, la ville de Khodjaly a été complètement rasée de la carte en une nuit. C’est vraiment terrible de penser à cette période de mon enfance que je me rappelle vraiment très, très bien. Malheureusement, depuis longtemps, les Arméniens appliquent la politique dite de la victime dans le monde entier alors que c’est nous qui avons subi les conséquences de différents massacres.

Nous devons unir toutes nos forces pour changer l’opinion publique dans le monde entier en particulier en France. Le peuple français doit découvrir enfin le vrai visage de la diaspora arménienne qui n’arrête pas de diffuser des fausses informations
sur ce conflit et influence négativement le gouvernement arménien, ce qui ne permet pas la résolution du conflit.

Nous sommes peu nombreux dans ce pays et ainsi faire entendre notre voix sur la question du Haut-Karabagh et le génocide de Khodjaly dans un pays où la communauté arménienne est majoritaire, reste vraiment très, très difficile. La désinformation règne en Europe, notamment en France, malheureusement le terrain était vide jusqu’alors, les Arméniens pouvaient dire ce qu’ils voulaient sans qu’il n’y ait aucune opposition active. »

MIT : « Il n’y avait aucune contradiction et donc effectivement ils faisaient valoir leur point de vue unique, unilatéral.
D’ailleurs, c’est troublant, c’est vous qui êtes victimes, une atrocité sans nom à Khodjaly, et c’est eux qui viennent manifester. Effectivement, on ne sait plus quoi penser, il est impérieux que cette terrible injustice cesse au plus vite et que l’Azerbaïdjan récupère ses terres. Comment récupérer les territoires occupés par l’Arménie ? Pourtant, il y a déjà eu quatre résolutions de l’ONU, du Conseil de l’Europe, du Parlement européen, et face à ça, il y a le Groupe de Minsk qui ne bouge pas d’un iota. Alors, là, on ne comprend pas. A quoi sert le Groupe de Minsk ? Est-ce que vous en tant qu’Azerbaïdjanais vous comprenez, parce que moi je ne sais pas?»

Mirvari Fataliyeva : « Le conflit comme vous dites n’est toujours pas résolu même si des médiateurs internationaux se penchent sur ce problème épineux depuis des années. On ne parle pas beaucoup de cette occupation qui dure plus de vingt ans. 20% des territoires azerbaïdjanais sont occupés en dépit comme vous dites de quatre résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de la résolution du Conseil de l’Europe, du Groupe de Minsk et d’autres instances européennes qui demandent le retrait immédiat de la force armée arménienne.

A la fin de l’année dernière, les présidents de la république française, des Etats-Unis et de la Fédération de Russie, pays exerçant la co-présidence du Groupe de Minsk se sont réunis pour faire encore appel à l’Arménie et à l’Azerbaïdjan pour trouver une résolution pacifique au conflit du Haut-Karabagh. Mais il y a une énorme différence entre ce qui est dit, ce qui est écrit et ce qui est fait. Sur le terrain rien ne change, la situation est toujours la même. Les violations du cessez-le-feu sont quotidiennes avec pour conséquence bien entendu des morts et des blessés. Aujourd’hui ce n’est pas difficile de comprendre que l’Arménie ne souhaite pas répondre aux appels faits par les différentes instances citées, je crois que cette situation arrange le gouvernement actuel arménien, d’ailleurs c’est leur clé pour leur maintien au pouvoir. Dans tous les cas, nous espérons une résolution pacifique au conflit, mais il faut que les négociations s’intensifient, nous avons le droit de notre côté. Tôt ou tard, nous voulons libérer les territoires de nos ancêtres. J’en suis certaine. »

[Nota CVAN : l’archéologie montre que le Haut-Karabakh et le Nakhitchevan sont depuis des millénaires les terres ancestrales des Arméniens, les populations turcophones étant arrivées d’Asie centrale bien après. Sans doute, est-ce pour cela que le pouvoir en place à Bakou s’efforce d’effacer toute trace d’une présence arménienne, en détruisant méthodiquement des joyeux de l’Art médiéval arménien, dont la nécropole de Djoulfa (Jugha) avec ses milliers de khatchkars, pierre-croix sculptées].

MIT : « Bien évidemment, bien évidemment. On vous le souhaite en tous cas. Effectivement, votre témoignage en tant qu’enfant ayant été témoin de cette guerre atroce nous a tous émus. Il y a quand même des évolutions positives dans d’autres domaines qui convergent aussi vers des solutions pour contrer la désinformation.
Parmi ces solutions, il y a la solidarité naturelle et logique qui s’est spontanément instaurée entre les associations turques et azerbaïdjanaises de France, nous l’avons constatée, nous l’avons appréciée lors de différentes commémorations, manifestations, je pensais à Janvier Noir dont vous avez parlé tout à l’heure, et aussi aux manifestations que vous avez faites lors du déplacement du président arménien, et puis réciproquement en janvier 2012, nous étions vraiment heureux et fiers de voir des drapeaux azerbaïdjanais flotter sur la manifestation contre le projet de loi de Valérie Boyer.

Donc, ces gestes de solidarité, votre participation, nous a mis du baume au cœur. Je tiens à vous en remercier en tant que radio franco-turque. Et vous-même, êtes-vous satisfaite de cette entraide ? Quelle est votre opinion ?»

Mirvari Fataliyeva : « Bien évidemment, je suis très satisfaite. Comme je vous l’ai déjà dit, cela ne fait pas très longtemps que nous avons repris l’activité associative. Et nous sommes en train de travailler sur des projets qui peuvent être intéressants de développer avec des associations turques de France. Les Turcs sont présents depuis longtemps dans ce pays et ont beaucoup d’expérience dans le domaine associatif. Nous avons donc beaucoup à apprendre de cette riche expérience. Bien entendu nous sommes ravis de cette entraide et la solidarité entre ces deux peuples frères ; l’an dernier, nous avons soutenu cette manifestation, non seulement parce que nous sommes des peuples frères mais parce que c’était une proposition de loi complètement insensée dans un pays des droits de l’homme. Nous devons tisser des liens forts je pense et améliorer cette synergie turque pour une plus grande efficacité. Vous pouvez compter bien évidemment sur notre solidarité à tout moment. »

MIT : « Avez-vous des projets pour renforcer la solidarité entre Turciques ? »

Mirvari Fataliyeva : « Oui, nous avons beaucoup de projets que je ne souhaite pas dévoiler aujourd’hui car ils sont en cours. Les associations franco-turques contactées sont très réceptives et souvent très heureuses de travailler avec nous. Nos intérêts convergent. Nous souffrons tous des mêmes problèmes. Dès lors, nous faisons le maximum pour faire la solidarité entre Turciques. »

MIT
: « Excellent. Aux Etats-Unis, il y a un exemple qui marche, les Turciques d’Amérique se sont regroupés sous la même bannière pour défendre leurs intérêts: il s’agit du Pax Turcica Institute, qui est composée de Turcs, d’Azerbaïdjanais, de Chypriotes turcs et aussi de Turciques d’Asie centrale. Est-ce que la véritable solution pour combattre la turcophobie dont nous souffrons tous, la véritable solution n’est pas de créer en Europe occidentale une organisation similaire à Pax Turcica ? »

Mirvari Fataliyeva
: « Effectivement, c’est une très bonne initiative, la mobilisation des forces pour défendre nos intérêts peut-être l’une des meilleures solutions, mais aujourd’hui je crois qu’il y a beaucoup de choses à faire avant d’aboutir à une telle structure aussi professionnelle et aussi efficace. A long terme, il me paraît évident que nous devons tous nous orienter pour créer une structure similaire capable de nous défendre. L’Union fait la force et une structure comme Pax Turcica symbolise parfaitement ce proverbe ».

MIT : « En tous cas, on connaît la direction, on connaît où il faut aller. Il y a un autre aspect sur cette synergie, c’est le volet géorgien : avez-vous des relations avec les associations géorgiennes ? La Géorgie a de bons rapports avec la Turquie et l’Azerbaïdjan et à l’inverse ses liens avec l’Arménie sont assez mauvais. Peut-être que les Géorgiens qui souffrent également de la même injustice que les Turcs et les Azéris pourraient se joindre à la solidarité turco-azérie ? »

[Nota CVAN : Allons bon, après les Turcs et les Azéris qui souffriraient d’une injustice (provoquée par les Arméniens ? Un génocide par exemple ?), voici donc les Géorgiens invités à se plaindre des mêmes méfaits.]

Mirvari Fataliyeva : « Avec la Géorgie, c’est vrai que nous avons de très bonnes relations culturelles, économiques, scientifiques. Dans le cadre de l’AFAJ, l’année dernière, nous avons réalisé des projets communs avec les associations géorgiennes. Pour le moment, dans le cadre de la Maison de l’Azerbaïdjan, nous n’avons pas de relations. Nous comptons très prochainement les rencontrer pour pouvoir défendre nos causes communes ».

MIT : « Excellent. En tant qu’acteur associatif franco-turc, je vous réitère toute notre solidarité, c’est pas MA solidarité, mais toute NOTRE solidarité parce que je pense parler au nom de tous ceux qui se reconnaissent dans ce que je dis et dans la ligne politique officielle de notre radio qui promeut l’amitié franco-turque et la solidarité entre Turciques pour combattre notamment la mauvaise foi et la malveillance. Je vous réitère toute notre solidarité. N’hésitez pas à faire appel à notre radio pour la promotion de vos activités. Si celle-ci peut servir de catalyseur ou de courroie afin de consolider ou de renforcer des liens, nous le ferons avec beaucoup de plaisir et surtout beaucoup de fierté. »

Lire aussi :
Esther Benbassa contre les "propos négationnistes"

Sur le site de MIT, le podcast de l’interview de la parlementaire ne figure plus sous son nom dans la liste des invités. Bizarre, vous avez dit bizarre ? On pouvait au moins l’écouter sur le site du Collectif VAN mais la vidéo ayant été également très récemment retirée de YouTube, nous ne pouvons désormais que vous proposer la transcription des échanges. C’est déjà très 'parlant'.


Liste des Invités de la Radio MIT

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Amnesty : le gouvernement d'AzerbaĂŻdjan attise les violences ethniques

Affaire Safarov: confession d'un meurtrier raciste

Indignation face à la remise en liberté du meurtrier azéri

AzerbaĂŻdjan : le tueur Ă  la hache

Affaire Safarov : le Président de l’APCE exprime son inquiétude

L'Azerbaïdjan menace la paix régionale en glorifiant un crime raciste

Azerbaidjan : grâce octroyée à M. Safarov

Grâce de l’assassin Ramil Safarov : Obama préoccupé

AzerbaĂŻdjan : le pogrom de SoumgaĂŻt

Le procès des crimes de Soumgaït (Février 1988)

Les 20 ans du pogrom anti-arménien de Soumgaït

Maragha : Avril, le mois des génocides…

Maragha : Caroline Cox parle du Golgotha contemporain

Des pirates informatiques qui ont des assassins pour héros

Xocali.net : le site qui dénonce la contrefaçon azérie

AzerbaĂŻdjan : appel au piratage informatique

Janvier 1990, les pogroms anti-Arméniens de Bakou

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