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Va-t-on vers la fin de la chape de plomb qui pèse sur la Turquie ?
Publié le :

Humanité.fr

MARDI, 16 JUIN, 2015

Après les rĂ©sultats des Ă©lections lĂ©gislatives du 7 juin dernierÂ… par Hatice çoban Maire BDP (Parti de la paix et de la dĂ©mocratie) de la ville de Van Pinar Selek Sociologue, Ă©crivaine et Lydia Samarbakhsh Responsable 
du secteur international au PCF.

Obtenir la paix et investir la politique par Hatice çoban Maire BDP (Parti de la paix et de la démocratie) de la ville de Van

Les rĂ©sultats des Ă©lections en Turquie ont surpris tous les partis politiques. Nous Ă©tions prĂŞts Ă  passer le barrage des 10 %. Nous savons que notre potentiel est de 15 % dans le pays et quÂ’il en aurait Ă©tĂ© ainsi en temps dĂ©mocratique. Mais avec lÂ’AKP (Parti pour la justice et le dĂ©veloppement), nous avons dĂ» affronter les attaques contre nos locaux dans plus de 60 villes, jusquÂ’Ă  lÂ’attentat de Diyarbakir durant le meeting de Demirtas, qui a fait 5 morts et plus de 200 blessĂ©s très graves, dont certains ont dĂ» subir des amputations. Notre peuple continue Ă  payer de son sang chacune de ses avancĂ©es. JusquÂ’au bout nous avons appelĂ© notre peuple Ă  garder son sang-froid et Ă  rester mobilisĂ© pour surveiller les urnes. Nous obtenons donc 13 % en moyenne gĂ©nĂ©rale sur le pays. CÂ’est la première surprise pour beaucoup dÂ’observateurs. Il y en a eu une autre : personne nÂ’avait prĂ©vu la chute de plus de 10 % en un an de Recep Tayyip Erdogan, Ă  commencer par lui-mĂŞme. LÂ’AKP nÂ’a rien Ă©coutĂ©, rien compris et avait un seul plan A, Ă  savoir garder la majoritĂ© absolue pour modifier la Constitution, ce qui lui aurait assurĂ© ses pleins pouvoirs. Il a cru que la force, comme par le passĂ©, paralyserait et diviserait le peuple. Mais pour les populations dans leur diversitĂ© et les jeunes, la peur nÂ’est plus oppressante, ils sÂ’en sont libĂ©rĂ©s.

Un gouvernement de coalition doit ĂŞtre constituĂ©. Si cette coalition devait comprendre les ultranationalistes de droite du MHP (Parti du mouvement nationaliste), cÂ’en serait fini du processus de nĂ©gociations engagĂ© avec Abdullah Ocalan. Nous ne souhaitons pas participer Ă  une coalition avec lÂ’AKP. Nous en avions discutĂ© avec tous les partis politiques et les associations qui composent le HDP (Parti dĂ©mocratique des peuples) et nous sommes tous dÂ’accord lĂ -dessus. Si une coalition AKP-CHP devait se constituer, le HDP deviendra la force dÂ’opposition rĂ©fĂ©rente qui continuera dÂ’agir pour lÂ’aboutissement du processus de paix. Notre combat pour la paix nÂ’est pas tactique, mais stratĂ©gique. Il ne peut pas y avoir de dĂ©mocratie en Turquie sans la paix. Nous avons choisi dÂ’affronter le barrage des 10 % pour entrer au Parlement comme une force nationale reconnue par les Ă©lecteurs de toute la Turquie et ainsi pouvoir, forts de ce nouveau statut, nĂ©gocier la paix. Celles et ceux qui ont votĂ© pour nous lÂ’ont compris. Nous passons de 3 600 000 voix Ă  la prĂ©sidentielle en aoĂ»t 2014, oĂą nous faisions 9,8 %, Ă  plus de 6 800 000 voix. Nous faisons 70 % dans la rĂ©gion est du pays, ce qui signifie quÂ’au-delĂ  des Kurdes beaucoup de gens ont votĂ© pour nous.

Ils nÂ’ont pas acceptĂ© le soutien dÂ’Erdogan Ă  Daesh. Ă€ lÂ’Ouest, Istanbul est le miroir de la Turquie et nous y obtenons 12,3 %. Contrairement Ă  ce que lÂ’on pouvait penser, ce ne sont pas les quartiers pĂ©riphĂ©riques très populaires oĂą les Kurdes sont nombreux qui ont le plus votĂ© pour le HDP, la progression vient surtout des quartiers des centres-villes, une population dÂ’intellectuels, dÂ’artistes, dÂ’Ă©tudiants. LÂ’esprit de la place Taksim, notre volontĂ© et notre pratique de rassemblement, notre engagement pour les libertĂ©s de tous et de chacun, lÂ’Ă©galitĂ© des droits pour toutes et tous, lÂ’Ă©cologie et la paix ont Ă©tĂ© les raisons de notre succès. Le taux de chĂ´mage et les problèmes Ă©conomiques sont importants mais nous ne dĂ©cidons pas des urgences des gens. Ils veulent dÂ’abord ĂŞtre respectĂ©s, ĂŞtre libres et vivre en paix.

Cette situation fait grandir nos responsabilitĂ©s. LÂ’heure nÂ’est pas Ă  prendre la grosse tĂŞte ! Les 80 dĂ©putĂ©-es, dont 30 femmes, vont suivre des formations pour assumer au mieux leurs nouvelles fonctions. Ils ont dĂ©jĂ  reçu les premières consignes : rester humble, le portable ouvert jour et nuit, en dĂ©bat au Parlement dans la semaine, sur le terrain avec les gens le week-end. Les Ă©lus doivent ĂŞtre les premiers interlocuteurs de leurs populations, sans autre intermĂ©diaire. Nous allons poursuivre le travail engagĂ© avec notre peuple, avec les jeunes, qui doivent continuer Ă  investir la politique, cÂ’est cela lÂ’avenir de la dĂ©mocratie en Turquie ».

Extrait de lÂ’entretien avec lÂ’association France-Kurdistan, observatrice des Ă©lections lĂ©gislatives du 7 juin 2015 en Turquie.


Pourquoi parlons-nous dÂ’un tournant ? par Pinar Selek Sociologue, Ă©crivaine

305644 Image 0Les Ă©lections du 7 juin ont constituĂ© un tournant dans lÂ’histoire politique en Turquie. Pour quelles raisons ? Afin de dĂ©velopper une rĂ©flexion juste sur ce contexte complexe, nous avons besoin au prĂ©alable de cesser de nous focaliser sur la personnalitĂ© dÂ’Erdogan, qui nÂ’est quÂ’une des figures de la politique turque, nationaliste, militariste et autoritaire depuis la crĂ©ation de l’État « moderne ».

Le champ politique propre Ă  la Turquie dÂ’aujourdÂ’hui rĂ©sulte dÂ’Ă©quations sociopolitiques trop complexes pour ĂŞtre traitĂ©es de manière exhaustive. L’État, fondĂ© sur le gĂ©nocide des ArmĂ©niens et les massacres des Kurdes, en sÂ’imposant comme la figure centrale de la dĂ©mocratie, a donnĂ© au rĂ©gime une dimension autoritaire. Le Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP) nÂ’est ni plus dĂ©mocratique ni moins autoritaire que les anciens gouvernements. NÂ’oublions pas quÂ’avant lÂ’AKP, sous les gouvernements prĂ©cĂ©dents, le nombre de prisonniers politiques Ă©tait de 20 000 Ă  30 000. DĂ©jĂ  entre 1992 et 1993, environ 2 000 intellectuel(le)s et militant(e)s ont Ă©tĂ© tuĂ©s. LÂ’AKP, nĂ©oconservateur-nĂ©olibĂ©ral dans le costume islamique, est venu au pouvoir avec la promesse de la dĂ©mocratie et avec le soutien du capitalisme occidental. Les premières annĂ©es, des changements de façade se sont produits, mais rapidement, de nouvelles mĂ©thodes de rĂ©pression se sont mises en place, marquĂ©es par un libĂ©ralisme Ă©conomique, un conservatisme social et un pragmatisme politique. La spĂ©cificitĂ© de lÂ’AKP vient de ses fantaisies nĂ©o-ottomanes, il sÂ’est intĂ©grĂ© Ă  la structure Ă©tatique tout en Ă©liminant les anciens cadres mais pas leurs modes arbitraires.

En sortant des Ă©lections, il est affaibli (258 Ă©lus) et ne peut plus agir comme le parti unique. Pourtant, malgrĂ© la rĂ©ussite du Parti dĂ©mocratique des peuples (HDP, avec 80 Ă©lus), on ne peut tout de mĂŞme pas parler dÂ’une vĂ©ritable reprĂ©sentation politique de lÂ’opposition. Les deux autres partis politiques, le Parti rĂ©publicain du peuple (CHP-kĂ©maliste, nationaliste, militariste, avec 132 Ă©lus) et le Parti dÂ’action nationaliste (MHP, fasciste, avec 80 Ă©lus), ne sont pas plus progressistes et ne pourront rĂ©pondre aux nombreux conflits sociaux qui actuellement gagnent tout le pays. LÂ’AKP, le MHP et le CHP ne sont pas de simples partis Ă©lectoraux : ils font partie de la structure Ă©tatique, donc aucun dÂ’eux nÂ’a pour objectif de changer le système politique, par contre, ils ont tous lÂ’ambition de se lÂ’approprier. La dĂ©faite relative pour le gouvernement est liĂ©e aussi Ă  la faillite des politiques nĂ©o-ottomanes dans le Proche-Orient. Dans cette rĂ©gion, les affrontements sont interdĂ©pendants avec les conflits internes de la Turquie et ils continueront Ă  sÂ’approfondir. Il ne faut rien attendre de ces luttes dÂ’intĂ©rĂŞts entre ces partis, islamistes ou non.

Tout le pays est en attente. Plusieurs scĂ©narios sont vivement discutĂ©s. LÂ’AKP, pour former une coalition avec un de ces trois partis politiques, joue sur Abdullah GĂĽl, lÂ’ancien prĂ©sident, connu pour son ton modĂ©rĂ© et pour son opposition Ă  Erdogan dans le parti. Une coalition AKP-MHP est probable. Une des conditions que met le MHP est lÂ’arrĂŞt des nĂ©gociations avec le mouvement kurde. Par ailleurs, le CHP a fait un appel pour une coalition de MHP-CHP-HDP. Les objectifs de cette coalition seraient de faire baisser le seuil Ă©lectoral de 10 % et dÂ’aller vers un nouveau scrutin. Pour ma part, je ne pense pas que le HDP puisse accepter un tel accord. Cependant, si une coalition ne se rĂ©alise pas dans le dĂ©lai constitutionnel de 45 jours, des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es seront « inĂ©vitables ».

Et alors, pourquoi les Ă©lections du 7 juin ont constituĂ© un tournant important dans lÂ’histoire politique en Turquie ? Parce que six millions de citoyens de Turquie se sont sentis sujets politiques avant et après les Ă©lections. Parce que le HDP, dans un climat très tendu, a rĂ©ussi Ă  franchir le seuil, malgrĂ© les conditions inĂ©gales, les nombreuses attaques, les bombes, les violences, les morts. Parce que le HDP nÂ’est pas, lui non plus, uniquement un parti Ă©lectoral. Si les autres font partie de la structure Ă©tatique, le HDP reprĂ©sente un pays qui rĂ©siste. Cette rĂ©sistance ne va pas ĂŞtre structurĂ©e en fonction des nĂ©gociations gouvernementales. Elle se construit de façon autonome, et malgrĂ© la rĂ©pression. Nous lÂ’avons vu dans les funĂ©railles de Hrant Dink, journaliste et militant armĂ©nien assassinĂ© en 2007. Nous lÂ’avons vu dans les manifestations sur la place Taksim. Et comme la grande partie de cette rĂ©sistance nÂ’est pas mĂ©diatisĂ©e au niveau international, nous ne voyons pas les multiples formes dÂ’actions revendicatives autour de plusieurs questions comme les dernières grèves du mois dernier qui ont abouti Ă  des gains importants pour les salariĂ©s.

Dans lÂ’espace militant, en Turquie, la convergence de mouvements contestataires depuis 30 ans a une influence sociale qui entraĂ®ne des consĂ©quences : apprentissage des luttes communes, diffusion des concepts, enchevĂŞtrement des rĂ©pertoires. Comme disait Angela Davis : « Les murs renversĂ©s deviennent des ponts. » En Turquie, grâce Ă  ces ponts, la contestation continue de renverser dÂ’autres murs. Les failles apparaissent. Sous lÂ’extrĂŞme violence qui anĂ©antit la possibilitĂ© mĂŞme de lÂ’action collective, lÂ’espace militant en Turquie rĂ©ussit Ă  crĂ©er des « rĂ©voltes Ă©tonnantes ». La prĂ©sence importante du HDP Ă  lÂ’AssemblĂ©e nationale va nourrir et rendre plus visibles ces rĂ©voltes. Mais ce nÂ’est pas facile : la solidaritĂ© internationale est nĂ©cessaire pour aller plus loin.


Le paysage politique bousculé par une véritable alternative de gauche par Lydia Samarbakhsh Responsable 
du secteur international au PCF

305644 Image 2L’une des principales raisons du revers cinglant que le parti du président Erdogan, l’AKP, vient de subir est le rejet de l’autoritarisme croissant du pouvoir et son ambition d’une présidentialisation accrue du régime.

Depuis 2002, l’AKP a entrepris une modification de la législation renforçant son emprise sur la société par le contrôle de l’appareil judiciaire et policier et une loi sur le renseignement. Le projet sur la sécurité intérieure entend constituer une étape supplémentaire donnant l’opportunité d’utiliser toute forme de violence en contournant la justice. Progressivement, l’État joue le rôle qui était celui de l’armée autrefois. À suivre Erdogan, on se dirige vers un État policier.

Dans le mĂŞme registre, lÂ’AKP poursuit ses pressions sur les mĂ©dias et les journalistes. En lien avec le conflit qui lÂ’oppose Ă  lÂ’intellectuel Fethullah GĂĽlen, des vagues dÂ’arrestations se sont produites dans les journaux dÂ’opposition (Zaman) accusĂ©s de « terrorisme ». Erdogan a bloquĂ© les rĂ©seaux Twitter et Facebook pour empĂŞcher la propagation dÂ’accusation de corruption visant son entourage. Tous les mĂ©dias ont Ă©tĂ© menacĂ©s de poursuites sÂ’ils rendaient publique la livraison dÂ’armes par le gouvernement turc Ă  Daesh.

Le retour aux valeurs dites traditionnelles de lÂ’islam afin de remodeler la sociĂ©tĂ© interfère dans la vie privĂ©e, en imposant la domination sur les corps et en multipliant les injonctions moralisatrices. Le pouvoir mène une guerre contre les femmes : rejet de leur Ă©galitĂ©, exclusion de lÂ’espace public, apologie de la maternitĂ©, tentative de remise en cause de la contraceptionÂ… tandis que les violences Ă  leur Ă©gard augmentent, non sans rĂ©action dans la sociĂ©tĂ©. Erdogan porte ainsi des coups Ă  certains aspects de lÂ’hĂ©ritage kĂ©maliste. La religion est de plus en plus prĂ©sente dans lÂ’espace public. Ces Ă©volutions sont vĂ©cues douloureusement par une partie de la sociĂ©tĂ© et exacerbent les tensions.

Les atteintes à la démocratie ont trouvé aussi un terrain de prédilection dans le champ social où l’accélération des privatisations et les déréglementations se traduisent par des remises en cause des droits des travailleurs, l’interdiction du droit de grève, la dégradation des conditions de travail.

JusquÂ’il y a peu, il semblait quÂ’aucune voix ne saurait porter de note discordante.

Pourtant, la rĂ©sistance du peuple kurde a su faire jonction avec le vent de libertĂ© qui sÂ’est exprimĂ© lors des Ă©vĂ©nements de la place Taksim et avec le mouvement social pour crĂ©er le HDP, Parti dĂ©mocratique du peuple, qui sÂ’est efforcĂ© Ă  contre-courant de la « fiction dÂ’homogĂ©nĂ©itĂ© » de la Turquie contemporaine de rassembler toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© turque attaquĂ©es par lÂ’AKP. Le HDP, qui remporte une victoire Ă©clatante au scrutin lĂ©gislatif du 7 juin, porte un coup Ă  lÂ’autocratisme dÂ’Erdogan tout en ouvrant une perspective de dĂ©mocratisation sans prĂ©cĂ©dent.

Au cours de sa campagne, prĂ©sidentielle en 2014 et lĂ©gislatives en 2015, le HDP a fait revivre le dĂ©bat dĂ©mocratique dans les villages, les quartiers ; il a littĂ©ralement rouvert le dĂ©bat dĂ©mocratique en Turquie, non en Ă©tant un parti « pro-kurde » comme on le dit trop facilement mais en portant lÂ’aspiration de la reconnaissance des droits politiques et culturels de toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© turque, en portant lÂ’exigence de progrès et justice sociale, de paix, de dĂ©mocratie, dÂ’Ă©galitĂ©.

Le projet du HDP est un projet de transformation sociale qui sÂ’appuie sur les trois leviers que sont lÂ’Ă©galitĂ© entre femmes et hommes, la dĂ©mocratie et lÂ’Ă©cologie. Le HDP, vĂ©ritable alternative de gauche turque, a bousculĂ© le paysage politique du pays construit autour de grands pĂ´les islamo-conservateurs, sociaux-dĂ©mocrates et nationalistes : il offre ainsi une perspective progressiste Ă  la Turquie, qui en Ă©tait privĂ©e depuis longtemps.


***

Certes, Erdogan a remportĂ© cette Ă©lection sans vĂ©ritablement craindre pour sa victoire mais le score nÂ’a rien Ă  voir avec ce quÂ’il attendait. Le prĂ©sident turc visait les deux tiers des sièges pour ces Ă©lections lĂ©gislatives. Cela signifiait Ă©videmment la majoritĂ© absolue mais surtout la majoritĂ© nĂ©cessaire pour modifier la Constitution Ă  son avantage. Las, le peuple ne lui a donnĂ© « que » 40 % des suffrages, obligeant le chef d’État Ă  une humiliante coalition, chose qui nÂ’Ă©tait pas arrivĂ©e depuis 2002. Son parti, lÂ’AKP sÂ’empare ainsi de 258 fauteuils avec 40,7 % des voix devant le Parti rĂ©publicain du peuple (social-dĂ©mocrate) et le Parti de lÂ’action nationaliste (droite) qui ont obtenu respectivement 25,1 % et 16,4 % des voix.




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Source/Lien : Humanité.fr



   
 
   
 
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