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L’ouverture de l’UE à la Turquie
Publié le : 01-07-2015

L'Orient Le Jour

Javier Solana | 01/07/2015

Les élections législatives turques du mois de juin ont fait passer un message fort : la démocratie turque reste intacte. En effet, alors qu'il y avait quelques réclamations au sujet de la transparence au cours de la campagne, la démocratie a régné, avec un surprenant taux de participation de 86 % : un taux rarement vu en Europe. Le reste du monde, l'Union européenne (UE) en particulier, peut en prendre bonne note.

Par leur vote, les citoyens de la Turquie ont refusé au Parti de la justice et du développement (AKP) en place, la majorité absolue qui lui était nécessaire pour modifier la Constitution. En outre, en donnant au Parti populaire démocratique (HDP) plus de 10 % des voix, cela a permis au parti de faire entrer pour la première fois au Parlement la minorité kurde marginalisée depuis longtemps et d'autres groupes du pays, avec une représentation dans l'ensemble du pays et non plus seulement dans les zones à majorité kurde. Pour renforcer ce triomphe du pluralisme, les groupes minoritaires alévis et chrétiens ont remporté la plus grande représentation parlementaire et les yazidis et les Roms seront représentés pour la première fois.

La nouvelle configuration parlementaire risque d'avoir un impact important sur la politique étrangère de la Turquie, qui a fait face à de sérieux défis ces dernières années. En effet, alors que les conflits régionaux se sont intensifiés, l'objectif principal de politique étrangère du pays d'assurer « zéro problème » avec ses voisins est devenu inaccessible. Et les politiques menées par la Turquie, notamment en Syrie et en Égypte, n'ont satisfait ni les pays à majorité sunnite de la région ni l'Occident. Fait peut-être encore plus important, la politique étrangère du gouvernement de l'AKP a fait face à de nombreuses critiques de la part des forces nationales, qui ont maintenant davantage de pouvoir pour conduire le changement : un résultat qui va se produire indépendamment du fait que l'AKP constitue en fin de compte une coalition ou un gouvernement minoritaire. L'orientation de ce changement devra tenir compte des approches privilégiées par les différents partis. Le Parti du peuple, un parti laïc républicain de centre-gauche, par exemple, s'oppose à l'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays, en préconisant à la place que la Turquie rétablisse de bonnes relations avec les pays de la région, notamment avec la Syrie. En revanche, le HDP a protesté contre le précédent échec du gouvernement de l'AKP à intervenir l'année dernière, quand l'État islamique (EI) a assiégé la ville syrienne de Kobané.

Le Parti nationaliste du mouvement, de droite, critique quant à lui la décision du gouvernement de l'AKP de dénoncer le gouvernement égyptien actuel, en faisant valoir que le mouvement a presque éliminé l'influence de la Turquie dans le pays. Ce parti affirme à présent que la Turquie doit s'employer à défendre l'intégrité territoriale de ses voisins dans la région.

Dans un tel climat d'incertitude, une chose est certaine : la Turquie ne peut pas se tourner vers l'intérieur. En effet, en tant que puissance régionale, elle a la responsabilité de s'employer à apaiser les tensions et à promouvoir la résolution des conflits. Elle a également un intérêt national à long terme à une stabilité régionale accrue, non seulement parce que cela va aider à refouler la marée de réfugiés (qui compte déjà deux millions de personnes), qui se dirige vers le pays, tout en offrant davantage d'opportunités commerciales à proximité.

Le renouveau démocratique de la Turquie représente une occasion idéale pour l'UE de remettre en place ses relations avec le pays. L'UE est le premier partenaire commercial de la Turquie, l'un de ses plus importants investisseurs, et a longtemps considéré la Turquie comme un allié stable dans une région instable. L'escalade de la guerre et de la violence sectaire, qui sont en train de devenir chroniques, mettent en danger la Turquie et l'Europe.

Dans ce contexte, des relations renouvelées peuvent servir des intérêts bilatéraux. L'UE pourrait par exemple fournir un soutien diplomatique dans les relations de la Turquie avec ses voisins et de l'aide humanitaire aux réfugiés. Étant donné qu'un Moyen-Orient plus stable enverrait moins de réfugiés et de terroristes à travers ses frontières, l'Europe a une excellente raison de fournir une telle aide.

L'urgence de la situation exige que la relation bilatérale dépasse les discussions étroites de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Après tout, étant donné une large résistance à tout nouvel élargissement de l'UE à l'heure actuelle, le processus d'adhésion va sans aucun doute évoluer très lentement. L'objectif doit donc consister à trouver de nouveaux modes de coopération plus efficaces, pour éviter les problèmes et les conflits qui ont entravé les négociations d'adhésion.

Cela ne veut pas dire qu'il faut abandonner le processus d'adhésion. Au contraire, d'autres moyens de coopération plus efficaces doivent être ouverts en parallèle. Une bonne manière de commencer serait une réunion de membres des Parlements européens et turc. Les dirigeants européens doivent aussi surveiller attentivement une éventuelle révision de la politique étrangère turque et saisir les opportunités d'une relance du dialogue bilatéral sur les questions d'intérêt commun. Cela va demander des réunions ultérieures de haut niveau à intervalles réguliers, afin de produire un accord sur les actions conjointes relatives aux défis urgents.

Cette période d'opportunités pour les relations entre l'UE et la Turquie ne doit pas être manquée. Atteindre l'objectif du renforcement de la stabilité au Moyen-Orient implique la collaboration des deux parties prenantes. L'Europe ne doit pas laisser passer une telle occasion.

© Project Syndicate, 2015.




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Source/Lien : L'Orient Le Jour



   
 
   
 
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