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Guerre contre Daech : encore des mots, toujours des mots...
Publié le :

Le Figaro

Par Hadrien Desuin

Publié le 01/07/2015 à 12:47

«Il y a comme un parfum de drôle de guerre contre Daech ; l'ennemi est connu, localisé, nos troupes sont prêtes mais on attend, on regarde, on discourt», déplore Hadrien Desuin.

Ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

Ces derniers jours, la France, la Grande-Bretagne, la Tunisie et le Koweït ont été durement frappés par le terrorisme islamiste. A Paris, l'émotion est à son comble. Chacun rivalise pour témoigner de son dégoût: «horreur» «barbarie» «massacre». Mais pendant que l'opinion se mobilise, les hommes politiques se disputent pour savoir s'il s'agit d'une guerre de civilisation, d'une guerre civile ou bien d'une guerre mondiale. La manie française de conceptualiser sans cesse et de définir les termes est intéressante, mais elle nous empêche d'agir. Le Parti socialiste annonce réunir un groupe de travail pour réfléchir à une position sur Daech et le terrorisme. Julien Dray et Alain Juppé prennent leurs distances avec le Premier ministre, parce que se battre pour la civilisation, c'est quand même un peu fort, on pourrait faire des amalgames. Mais que de mots, de palabres et si peu de mesures!

La France est en synode pendant le siège de Byzance, à discuter du sexe des anges pendant que les murailles de la ville s'affaissent. Quant à ceux qui hier étaient si prompts à appeler aux armes, à exiger une intervention humanitaire armée pour défendre Sarajevo, Benghazi ou Donetsk, où sont-ils? Où sont les Kouchner, les BHL, les Glucksmann pour défendre Hassaké et Alep ? Ont-ils perdu leurs chroniques et leurs tribunes partout dans la presse? Non, ils se taisent ; ils sont aussi inquiets pour les kurdes que pour la défense de Palmyre. Alors le Quai d'Orsay ne voit pas l'intérêt de changer de stratégie.

Les appels de François Fillon et des chrétiens d'Orient font moins de bruit après tout. La France peut se tenir prudemment à distance du conflit syrien. Elle estime que combattre Daech est nécessaire en Irak mais qu'en Syrie, vous comprenez, c'est plus compliqué, ce n'est pas la même chose. Elle fait comme si la frontière entre la Syrie et l'Irak existait toujours. Comme si Daech ne profitait pas de ses bases syriennes pour se battre en Irak.

Hassaké, la capitale du Kurdistan syrien, est le chef-lieu d'une région syrienne autrement plus stratégique que celle de Kobané. Depuis plus d'un an, et dans l'indifférence générale, les milices kurdes (YPG) alliées à l'armée syrienne mènent une bataille terrible contre les assauts de Daech sans parvenir à l'emporter. Mais cette ville n'est pas visible du balcon turc et donc les assauts de Daech ont moins de publicité qu'à Kobané. La résistance kurde y est pourtant tout aussi héroïque. De sorte que la capitale de l'EI, Raqqa, est menacée par eux, contraignant Daech à retarder son offensive sur Damas. Et surtout, le YPG à Hassaké a le grand tort de se battre aux côtés des dernières forces loyales à Bachar el-Assad contre Daech. La coalition a préféré sacrifier Palmyre plutôt que d'aider l'armée syrienne à lutter contre l'Etat islamique, alors il est bien difficile à la France d'appuyer par des frappes ces kurdes pas assez rebelles à Bachar el-Assad.

La France se déclare en guerre, elle entonne ses chants les plus martiaux, elle est prête à marcher contre Daech. La riposte la plus évidente serait de frapper immédiatement en plein centre de ce pseudo califat islamique : dans sa capitale de Raqqa.

La politique étrangère de François Hollande ne voit pas le rapport entre le sort du Kurdistan syrien et la menace que l'Etat islamique fait peser sur nos têtes. Donc Laurent Fabius préfère voter des sanctions contre la Russie et menacer l'Iran de représailles. Ces puissances soutiennent Bachar contre Daech en Syrie tandis que nos alliés turcs et arabes continuent de soutenir les djihadistes syriens. Recep Tayyip Erdogan menace d'intervenir à sa frontière syrienne, parce qu'à choisir entre l'Etat islamique et les kurdes syriens, il préfère encore Daech. Mais on ne lui dit rien. Pompier pyromane depuis quatre ans, le sultan d'Ankara veut éteindre l'incendie kurde avec l'aide des djihadistes de tout poil. Mais personne ne songe à des sanctions ; on fait mine de s'inquiéter de ces centaines de français qui partent les rejoindre.

La France se déclare en guerre, elle entonne ses chants les plus martiaux, elle est prête à marcher contre Daech. La riposte la plus évidente serait de frapper immédiatement en plein centre de ce pseudo califat islamique: dans sa capitale de Raqqa. Sauver Hassaké et le Kurdistan syrien de la tenaille turco-djihadiste serait déjà un premier geste. On ne peut pas chanter la Marseillaise à tue-tête dans l'hémicycle et regarder les avancées djihadistes en Syrie sur une carte. Il y a comme un parfum de drôle de guerre contre Daech ; l'ennemi est connu, localisé, nos troupes sont prêtes mais on attend, on regarde, on discourt. Ehoud Barak, ancien général de l'armée israélienne et ancien Premier ministre travailliste, estimait il y a peu que la coalition, si elle s'en donnait les moyens, pourrait écraser Daech sous les bombes en deux jours. On peut réunir autant de Conseils de défense que l'on veut, surveiller les sites SEVESO de Rhône-Alpes et protéger toutes les synagogues parisiennes, la France ne remportera sa guerre contre la barbarie islamiste qu'en la frappant au cœur: en Syrie.




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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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