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«Hiroshima», l’effet d’une bombe
Publié le : 07-08-2015

Libération

Arnaud VAULERIN 30 avril 2011 à 00:00

CRITIQUE

John Hersey est parti à la rencontre des survivants de l’explosion atomique, en 1945 et quarante ans plus tard.

On les appelle les hibakusha. Ceux qui, littéralement, ont été «affectés par l’explosion» de la première bombe atomique. C’était à Hiroshima, le 6 août 1945, à 8 h 15.

Quelques mois après le bombardement, John Hersey s’est rendu dans la cité anéantie du sud de l’archipel nippon. Il est l’un des premiers journalistes étrangers à rencontrer des survivants de la catastrophe nucléaire. Son saisissant reportage, qui devait être publié en quatre épisodes par la grande revue américaine The New Yorker, fait finalement l’objet d’un numéro spécial le 31 août 1946.

Ce long article connaît un véritable retentissement au sein de la population américaine, peu informée de l’horreur vécue par les Japonais. «Aux Etats-Unis, les lois de sécurité interdisaient toujours qu’on en parlât», écrit John Hersey en notant les «efforts déployés» par les Américains de l’administration MacArthur pour «garder le secret de la fission nucléaire». En vain. L’édition spéciale est vite épuisée et fait l’objet de réimpressions avant d’être publiée sous la forme d’un livre.

En 1985, le reporter du New Yorker est retourné à Hiroshima. Il décrit les effets pernicieux des radiations, renoue avec les survivants dans un chapitre scandé par des rappels historiques sur les essais nucléaires français, indiens, britanniques et américains. C’est cet ensemble de textes qui est aujourd’hui publié pour la première fois en France.

D’autres œuvres, comme le manga Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa ou le film Pluie noire (1989) de Shohei Imamura, ont également sondé la catastrophe japonaise à partir de témoignages. Mais Hiroshima reste l’un des rares reportages à évoquer à la fois les quelques minutes qui précèdent la «fulgurante lueur qui déchira le ciel» et, quarante ans plus tard, les pires conséquences des explosions nucléaires.

Hersey a construit son récit autour de deux femmes et quatre hommes, dont un jésuite allemand. Au-delà du carnage humain et matériel, rappelé ici avec une sobriété factuelle tout anglo-saxonne, l’intérêt de Hiroshima est précisément dans ces rencontres au long cours avec les hibakusha. Qui tanguent pour éviter l’anéantissement personnel et, quand plus rien ne subsiste, se relèvent peu à peu. «Ces six personnes, qui comptaient parmi les plus chanceuses d’Hiroshima, note John Hersey, […] semblaient avoir en commun une sorte de curieux enthousiasme collectif, ressemblant un peu à l’état d’esprit des Londoniens après le Blitz : sentiment d’orgueil, né de la façon dont eux-mêmes et les autres survivants avaient résisté à cette épreuve épouvantable.»

Le journaliste montre l’état d’abandon des populations civiles délaissées par les autorités japonaises et américaines. Bientôt, elles deviendront presque des bêtes de laboratoire. Son sobre récit pédagogique emprunte des détours spirituels. Mais - parce qu’il est lui-même américain ? - il évacue trop vite la haine antiaméricaine qui s’est pourtant manifestée chez les Japonais après la bombe.

Quarante ans après son premier reportage dans la ville, il s’arrête sur la situation de l’un des survivants : «Sa mémoire, comme celle du monde, commençait à s’effilocher.» Un constat en forme de regret.

Arnaud VAULERIN

Hiroshima de John Hersey Traduit de l’américain par Georges Belmont et Pascale Haas. Editions Tallandier, 204 pp., 8 €.




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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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