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La multiplication des actions de Boko Haram inquiète les chrétiens du Nord Cameroun
Publié le : 07-08-2015

La Croix

Attentats-suicides, raid sanguinaire, le groupe islamiste nigérian multiple, depuis la mi-juillet, ses attaques meurtrières chez son voisin camerounais.

6/8/15 - 17 H 48

Le P. Grégoire Cador, prêtre français du diocèse du Mans en mission Fidei donum à Maroua, livre à La Croix son témoignage sur la situation dans le nord du pays.

L’attaque a été rapide et spectaculaire. Dans la nuit du 3 au 4 août, un commando a investi le village de Tchakamari, dans l’extrême nord du Cameroun, tuant huit personnes et enlevant une centaine de femmes et d’enfants. Le raid n’a pas été revendiqué mais tout le monde pense à « l’État islamique en Afrique de l’Ouest », le nouveau nom que s’est donné le groupe islamique nigérian Boko Haram.

« Musulmans, animistes, chrétiens… l’État islamique en Afrique de l’Ouest s’attaque à tous », affirme le P. Grégoire Cador, l’un des derniers prêtres occidentaux présents dans le nord du Cameroun. « Je dirai même, poursuit-il, qu’il vise en priorité les musulmans qui ne partagent pas sa vision de l’islam. À ses yeux, ils sont des traîtres tandis que les chrétiens sont perçus plutôt comme de “mauvais croyants”. »

2000 soldats en renfort

Depuis la mi-juillet, le nord du Cameroun est à nouveau la cible de Boko Haram, après une période d’accalmie d’environ trois mois. Le 12 juillet, ce sont deux femmes kamikazes qui se sont fait exploser à Fotokol, ville frontière avec le Nigeria, tuant au moins douze personnes.

Les 22 et 25 juillet, c’est au tour de la ville de Maroua d’être frappée par des kamikazes, faisant 34 morts et 117 blessés. « La population a été prise de court par ces attentats-suicides, souligne le P. Cador. Nous savions qu’ils avaient cours au Nigeria et au Moyen-Orient. Maintenant, c’est aussi chez nous. » Et le prêtre de s’attendre à des attentats à Yaoundé et Douala, les principales villes du Cameroun.

Face à cette recrudescence des violences, les forces de sécurité camerounaises ne sont pas restées inactives. Elles ont arrêté plusieurs suspects, dont deux jeunes filles âgées de 19 et 21 ans qui portaient des engins explosifs dans leurs sacs à main. En réaction à l’attaque de Tchakamari, Yaoundé a décidé d’envoyer 2 000 soldats en renfort dans le nord du pays.

La population vit dans l’angoisse

En revanche, la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), force internationale formée par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin, qui devait se déployer au 30 juillet, brille par son absence. « Cela ne rassure pas la population », déplore le P. Cador.

En attendant ce déploiement, la peur gagne tous les esprits. « À Maroua, la population vit dans l’angoisse, témoigne le prêtre français. Là où je suis, à Tokombéré, au nord de Maroua, nous vivons plutôt dans l’anxiété. Nous n’avons pas été attaqués mais nous pensons à cette éventualité sans qu’elle nous empêche de poursuivre nos activités. »

61 religieux ont dû quitter la région

Sur les 191 prêtres, diacres, religieux et religieux que comptait le diocèse de Maroua-Mokolo avant les attaques de Boko Haram, 61 ont quitté la région. Le P. Cador précise : « Ceux qui partent sont majoritairement des expatriés. Ils le font à contrecœur mais dans un esprit d’obéissance à leurs supérieurs qui ont peur pour eux. »

Désormais, ils ne sont plus qu’une poignée dans le diocèse : quelques prêtres et religieux africains, européens et un Canadien. « En revanche, précise-t-il, le clergé autochtone est resté. Il fait preuve d’un grand courage. Malgré la peur, les nuits sans sommeil et avec l’aide de nombreux catéchistes, il assure une présence là où c’est encore possible auprès des populations. »

Dans ces conditions, pourquoi rester ? « Contre vents et marées, répond avec force le P. Cador, un pasteur n’abandonne pas son troupeau. Nous avons donné notre vie pour cela, depuis notre ordination. »

LAURENT LARCHER

6/8/15 - 17 H 48




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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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