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Turquie: «Erdogan ne pouvait pas supporter la montée en puissance des Kurdes»
Publié le : 13-08-2015

20minutes

Propos recueillis par Victor Point

Publié le 12.08.2015 à 16:38
Mis à jour le 12.08.2015 à 16:38

Depuis près de trois semaines, la Turquie est en « guerre contre le terrorisme ». Si l’on a pu penser que le pays cédait aux pressions internationales en prêtant enfin main-forte dans la lutte contre l’organisation de l’Etat islamique, il semblerait que ses motivations soient davantage dictées par des considérations de politique intérieure. Il faut en effet comparer les trois bombardements comptabilisés pour le moment contre les islamistes aux dizaines dirigés contre le PKK en Turquie et les combattants kurdes en Syrie. Des pourparlers de paix étaient pourtant engagés depuis 2013 avec la guérilla kurde, permettant même, dans ce climat apaisé, l’élection en juin au parlement turc de 80 députés kurdes issus d’un parti progressiste, le HDP. Pourquoi avoir relancé les hostilités ? Décryptage avec Dorothée Schmid, chercheuse à l’Ifri qui a notamment dirigé La Turquie au Moyen-Orient, le retour d’une puissance régionale ? (CNRS éditions, 2011).

Pourquoi la Turquie semble-t-elle soudain si inquiète d’un groupe, le PKK, qui avait pourtant déclaré un cessez-le-feu unilatéral en 2013 ?

Le PKK est une organisation marxiste-léniniste indépendantiste qui a déclaré la guerre à l’état turc dans les années 1980. En trente ans, le conflit aurait fait environ 45 000 morts. En 2012, avant le début des pourparlers, les affrontements étaient encore nombreux et ont fait des centaines de victimes. Le processus de paix en lui-même a très peu avancé depuis trois ans, nous étions donc dans une forme de statut quo.

Deux choses ont changé en un an. D’une part, l’irruption dans le paysage politique du HDP, un parti pro-kurde progressiste, qui a engrangé, à la surprise générale, 13 % des voix aux dernières élections législatives. Ce parti a permis de légitimer définitivement la présence des Kurdes dans le paysage politique turc, tout en fédérant l’électorat protestataire (celui issu notamment des manifestations du parc Gezi). Il a fait perdre à l’AKP la majorité absolue… D’autre part, depuis l’offensive de l’organisation de l’Etat islamique au printemps 2014, le PKK s’est beaucoup renforcé militairement à l’échelle régionale, via notamment sa déclinaison syrienne, le PYD, et en combattant aux côtés des peshmergas kurdes irakiens.

Bref, les Kurdes prenaient de plus en plus d’importance tout en échappant au contrôle d’Erdogan, ce qu’il ne pouvait pas supporter.

Pourquoi maintenant ?

Disons que les plus grandes inquiétudes – plutôt légitimes, lorsque l’on rappelle que le PKK est au départ une organisation séparatiste – sont nées en Turquie quand ils se sont rendu compte que les Kurdes étaient sur le point de prendre le contrôle de toute la frontière turco-syrienne. Les Turcs se sont sentis assiégés. L’attentat de Suruç (qui a déclenché les bombardements turcs contre les « terroristes ») n’était qu’un prétexte.

Erdogan désire le pouvoir sans opposition et sans entraves. Son projet est de maintenir son emprise sur la Turquie, en devenant un président tout-puissant, ce à quoi les Kurdes sont opposés. Et il est prêt pour ça à relancer son pays dans la guerre.

Le pari semble très risqué…

Au contraire, je pense que c’est un coup de maître d’Erdogan. Il utilise une vieille méthode turque, à savoir de considérer les Kurdes comme une variable d’ajustement. Ces derniers prennent leur indépendance électorale ? Il les discrédite et reconquiert l’électorat traditionnel turc, en jouant sur le nationalisme. En tout cas c’est son plan. Et pour bien le comprendre, il faut se rappeler que la Turquie est un pays habitué à la violence politique depuis les années 1960. La relative stabilité qu’il a connue est très récente.

Erdogan s’est assuré l’aval de l’Otan avant de lancer sa « guerre contre le terrorisme ». Sa stratégie jusqu’au-boutiste ne risque-t-elle pas de se retourner contre lui ?

L’Otan s’est contenté d’enregistrer un deal turco-américain, dont les termes ne sont pas encore clairs. On sait qu’il portait sur l’utilisation des bases aériennes turques mais les Américains démentent pour le moment le projet d’une zone tampon en Syrie. On est donc encore dans le flou concernant la stratégie de lutte contre l’EI et de stabilisation de la Syrie.




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Source/Lien : 20minutes



   
 
   
 
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