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Trabzon, aux portes de l'Orient. Portrait Nazan Bekiroglu, le voyage et la mémoire
Publié le : 28-08-2015

La Croix

La romancière puise son inspiration dans l'histoire mouvementée de la région.

17/8/15 - 00 H 00

Trabzon

De notre envoyé spécial

Le vent souffle dans le ciel chargé de nuages au-dessus de la mer. Nazan Bekiroglu aime regarder le mouvement des vagues et la migration des oiseaux. Parfois, elle passe des nuits blanches à écrire, en regardant les étoiles. Des histoires d'amour et de deuil, d'enfance et de voyage. La romancière cultive un certain mystère, ne fréquente pas les clubs ou les réceptions officielles. Elle enseigne et elle écrit. Une chronique hebdomadaire dans le quotidien Zaman. Des articles dans les revues scientifiques, des nouvelles, des essais et des romans. En tout, une bonne douzaine d'ouvrages, publiés entre 1997 et 2013. Professeur de littérature à la Karadeniz Technical University (KTU), première université publique turque à venir s'ajouter, en 1955, à celles d'Istanbul et d'Ankara, Nazan Bekiroglu fait partager à ses étudiants son amour des grands auteurs, de Tolstoï à Dostoïevski en passant par Tchekhov, Stendhal et Shakespeare.

En partie autobiographique, un de ses derniers livres, Nar Agaci (Le Grenadier), publié en 2013, s'inspire de la vie de son grand-père, originaire de Tabriz en Iran, arrivé à Trabzon en 1917. « J'avais 12 ans à sa mort. Son histoire m'a toujours fascinée et je n'en connaissais que des bribes, à travers les témoignages de mes proches. Pour en savoir plus, je me suis rendu à Bakou et à Tabriz, à la recherche de membres de la famille et j'ai inventé ce que je n'ai pas pu trouver auprès d'eux, trois histoires d'amour pendant les guerres balkaniques, la révolution bolchevique et la Première Guerre mondiale, entre l'Iran, la Géorgie et la Turquie. »

Le livre évoque le passé de Trabzon, point de départ de l'antique route vers la Perse, avec ses jardins, ses rues pavées, ses fourneaux en céramique verte, ses piscines de marbre, les femmes du sultan et les « effendis », ces gens de loi, fonctionnaires, savants et lettrés qui formaient l'élite ottomane. « Ce roman m'a rendu très heureuse en raison de l'empathie très forte que j'ai développée avec mon héros », explique l'auteur. « Passé un certain point, il a cessé d'être mon grand-père pour devenir le protagoniste d'une fiction qui dépasse la réalité. Les portes de l'Orient se sont ouvertes, un Orient pour moi source d'aphorisme, ma géographie mentale autant que physique. J'ai retrouvé la mémoire de Trabzon, ma ville natale, une cité cosmopolite, convoitée par les empires russe et britannique dans le “Grand Jeu” pour la domination de l'Asie centrale. »

Exils, déportations, massacres, échanges de populations: à la fin de l'Empire ottoman, l'avènement des nationalismes et la montée en puissance de la Russie ont tout fait basculer. En quelques jours, le poison de la purification ethnique et le fantasme de l'unité nationale ont mis fin à des siècles de coexistence entre les différentes communautés. « Dans ces circonstances tragiques, des exemples de fraternité et d'amitié ont existé », affirme Nazan Bekiroglu. « Certains ont suivi leur conscience alors que la pression sociale aurait pu les empêcher de choisir librement leur conduite. Nous ne corrigerons pas le passé mais il est important pour le futur de garder ces exemples en mémoire et de les faire connaître. Si quelqu'un a pu le faire, tout le monde le pouvait. »

Fille d'un propriétaire de journal, Nazan Bekiroglu, 57 ans, s'est intéressée très tôt à la littérature populaire de l'Asie centrale, son sujet d'études à l'université d'Erzurum. Au cours de ses pérégrinations, en Géorgie, Azerbaïdjan, Syrie, Jordanie, Égypte et Iran, elle a aiguisé son sens de l'observation. « En voyageant, dit-elle, j'ai compris que tous les hommes venaient de la même source. Les nations, les familles, les tribus ne sont que des branches de l'arbre de l'humanité. »

Musulmane, croyante et pratiquante, Nazan Bekiroglu trouve une harmonie dans la nature: l'ouverture tardive d'un géranium, l'odeur du chèvrefeuille ou la pluie qui tombe… « J'y vois un reflet de l'existence. Chaque créature, humaine, animale ou végétale, a sa valeur et cette vie est sacrée », explique cette femme de lettres, grande admiratrice de Halide Edip Adivar, romancière et féministe turque, à qui elle a consacré sa thèse de doctorat. « Le plus beau dans l'amour, lâche-t-elle, c'est l'expérience du paradis dans ce monde imparfait, tout ce qui permet à l'être humain de ne plus avoir peur de la mort. »

D'ALANCON François
17/8/15 - 00 H 00


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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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