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“Cash investigation” revient : Elise Lucet, même pas peur !
Publié le : 09-09-2015

Télérama.fr

Entretien

Emilie Gavoille Publié le 06/09/2015. Mis à jour le 07/09/2015 à 19h39.

Amendements, directives, pressions économiques, armada de communicants autour des dirigeants : l'étau se resserre sur la liberté d'informer. Traquer les mensonges, les secrets du pouvoir, c'est plus que jamais la raison d'être de “Cash investigation”, affirme Elise Lucet.

Acrobaties fiscales, secrets industriels sulfureux, emprise des lobbys... Voici trois ans et demi que Cash investi­gation s'attache à dissiper l'opacité entourant « le monde merveilleux des affaires ». Et son équipe de journalis­tes entend bien continuer sur sa lancée. En témoigne Mon président est en voyage d'affaires, qui inaugure la quatrième saison du magazine. Signé Laurent Richard, le reportage dévoile les coulisses pas politiquement correctes des voyages présidentiels et dessine les contours d'une diplomatie essentiellement guidée par des intérêts sonnants et trébuchants.

Une enquête à laquelle Elise Lucet prête une nouvelle fois sa notoriété et sa pugnacité. Après avoir présenté le premier journal de 13 heures de la présidence Delphine Ernotte, la journaliste nous reçoit dans son petit bureau, au quatrième étage de France Télévisions. Pour évoquer la rentrée de Cash investigation, mais aussi parler des menaces qui pèsent sur l'indépendance de la presse et de son combat contre la directive européenne sur le secret des affaires.

Les risques du métier

« La démarche de Cash investigation consiste à gratter le vernis pour voir ce qui se cache derrière ; en cela, les voyages présidentiels étaient un sujet en or. Les journalistes y sont très cantonnés : ils arrivent et repartent dans l'avion du Président, disposent d'une liberté de mouvement réduite qui leur permet rarement de sortir du cadre officiel. Quand Laurent Richard s'est rendu en Azerbaïdjan dans le sillage de François Hollande, au printemps 2014, il s'est affranchi du programme préétabli par le protocole pour aller enquêter sur le musellement de la presse et de l'opposition politique. Il a rencontré plusieurs journalistes et militants des droits de l'homme, ce qui lui a valu d'être expulsé du pays. Plusieurs de ses interlocuteurs ont depuis été arrêtés. Leyla Yunus vient d'écoper de huit ans et demi de prison, son mari d'une peine de dix ans, et le procureur a requis neuf ans pour Khadija Ismayilova... C'est cette réalité tenue sous silence que nous voulions faire exister. »

L'emprise de la communication

« De 2000 à 2011, j'ai présenté le magazine d'investigation Pièces à conviction, sur France 3. Et au milieu des années 2000, autour de chaque homme politique, de chaque responsable économique d'envergure, j'ai vu les attachés de presse, les chargés de communication, les assistants parlementaires se multiplier, jusqu'à former de véritables remparts humains pour contenir le journalisme. Cash investigation est née en réaction à cette évolution. »

Le secret des affaires

« C'est Edouard Perrin — l'un des reporters de Cash investigation, mis en examen pour complicité de vol dans le cadre de l'affaire LuxLeaks, qu'il a révélée — qui a attiré mon attention sur un amendement contenu dans la loi Macron. Il prévoyait de transformer en délit le fait d'avoir accès à des documents confidentiels. Avec l'équipe de Premières Lignes (1) , nous avons jugé que la menace pesant sur la liberté d'informer était suffisamment grande pour sensibiliser nos confrères. Très vite, la mobilisation a pris autour du collectif "Informer n'est pas un délit". Et nous avons obtenu d'Emmanuel Macron le retrait de cet amendement, en janvier 2015. Quand nous avons appris qu'une directive européenne sur le secret des affaires se préparait, nous sommes remontés au créneau, via une pétition sur Change.org que j'ai accepté de parrainer. Dès le premier week-end, nous avons enregistré 110 000 signatures, et il y en a plus de 450 000 aujourd'hui. Pas mal pour un sujet qu'on disait trop complexe et éloigné du quotidien des gens, non ? Mais le combat n'est pas gagné. Le texte n'a pas été retiré, il doit être réexaminé à Bruxelles, en novembre. J'ai préfacé un livre, qui doit paraître le 1er octobre (2) , dans lequel vingt-cinq jour­nalistes d'investigation racontent les pressions politiques et économiques qu'ils ont subies, la surveillance, les ordinateurs volés, les portables mis sur écoute... Cette directive, c'est une tentative de tuer l'investigation en utilisant la menace de procès, et donc la menace économique, contre les groupes de presse. Si elle était en vigueur aujourd'hui, nous n'aurions pas pu sortir de révélations sur Sanofi ou Philip Morris. Leurs avocats auraient pu faire interdire les émissions avant diffusion et nous attaquer. »

Service public et indépendance

« Je fais des émissions d'investigation depuis quinze ans sur le service public et je n'ai jamais été censurée. Même si je reconnais qu'il y a eu des moments un peu chauds. Nous avons été l'objet de menaces, dont certaines ont été mi­ses à exécution. En 2012, après la diffusion d'une enquête de Cash investi­ga­tion sur le greenwashing, le Crédit Agricole avait retiré une campagne de publicité — il est revenu depuis. Aujourd'hui, les pressions économiques sont devenues beaucoup plus fortes que les pressions politiques, parce qu'un élu n'achète pas d'écrans publicitaires, à la différence d'une grande entreprise. Face à ce genre d'intimidation, la direction de France Télévisions a toujours tenu bon. Et la présidente Delphine Ernotte nous a assuré qu'elle défendrait l'émission et notre liberté d'enquêter sur tous les dossiers qui nous paraissent importants. »

(1) L'agence de presse qui produit l'émission.

(2) Informer n'est pas un délit. Ensemble contre les nouvelles censures, éd. Calmann-Lévy.




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Source/Lien : Télérama.fr



   
 
   
 
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