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Difficultés de se débarrasser d’Erdogan, par Erol Özkoray
Publié le : 17-09-2015

NAM

Les élections législatives de 7 juin dernier ont confirmé la perte de la majorité absolue du parti islamique AKP du Président Recep Tayyip Erdogan, mais ce dernier a empêché la formation d’un gouvernement de coalition, afin de provoquer des élections anticipées prévues pour le 1er novembre, dans le but de rester définitivement au pouvoir. Ainsi, en violant la constitution il a confisqué le pouvoir. Cela s’appelle en sciences politiques un “coup d’État civil“. Le régime issu du coup d’État militaire de 12 septembre 1980, mérite par ailleurs l’appellation de “coup d’État permanent“ (le Putsch permanent) du fait de l’omniprésence des militaires dans le système politique siégeant au Conseil national de sécurité -une invention de la constitution de 1982- avec le gouvernement civil. Concernant les mœurs politiques du pays, il y a donc continuité. Mais cette fois-ci, le danger est politiquement mortel, car Erdogan veut instaurer un régime islamique sunnite, mettant ainsi fin à la société séculière en abolissant le régime laïc. Dans son jargon, cela s’appelle la “Nouvelle Turquie“ qui n’est autre qu’une dictature verte aux couleurs de l’islam. Le pays encourt donc un grave danger.

Tous les moyens sont bons pour rester au pouvoir et réaliser le dessin machiavélique : créer une guerre civile entre les Kurdes et les Turcs, entrer en Syrie pour faire la guerre, truquer les élections, passer à un régime d’État d’urgence pour suspendre le parlement. La mise-en-scène byzantine prévoit en définitif rester coûte que coûte au pouvoir, quels que soient les résultats des futures élections. Le non-dit est qu’il peut ne pas y avoir d’élections du tout !

Ainsi, Selahattin Demirtas, le leader du parti d’origine pro-kurde HDP (le Parti démocratique des peuples) qui est devenu lors des dernières élections un parti national en obtenant 13%, soit 6 millions de voix, et empêchant ainsi le projet du Président, accuse Erdogan et son Premier ministre Davutoglu comme étant les principaux responsables ayant pris la décision de déclencher une guerre civile. Après les élections, le pouvoir islamique a enterré les pourparlers de paix avec le PKK (la guérilla kurde), a provoqué la guerre contre cette organisation et a attaqué le HDP pour l’éliminer politiquement. La fermeture de ce parti est aussi dans leur ordre du jour. Le but d’Erdogan est d’instaurer son régime anachronique qui n’est qu’une copie de celui des Frères Musulmans, sans qu’il y ait une opposition kurde, ni de résistance ; car les Kurdes sont la force politique la mieux organisée du pays. Dans ce contexte, les forces paramilitaires SA (Sturmabteilung) à la sauce islamique sont descendues dans la rue les 7 et 8 septembre pour attaquer et incendier 400 locaux du HDP dans toute la Turquie en procédant au lynchage des Kurdes sous la protection des forces de l’ordre. C’était la Nuit de Cristal (Kristallnacht) de la Turquie.

Cette répétition de guerre civile orchestrée par les instances de l’État a un but à court terme : réduire les voix du HDP, mais aussi canaliser vers l’AKP les électeurs nationalistes qui votent d’habitude pour le parti d’extrême-droite, le MHP. À moyen terme, le chaos planifié du pouvoir vise à décréter l’état d’urgence, afin de passer à une forme de “régime d’exception“ basée sur l’article 120 de la Constitution qui donne les pleins pouvoirs au Président si le pays est en danger. C’est le passage “légal“ à la dictature d’une seule personne. Erdogan rêve donc de diriger la Turquie avec cet article, dans une forme de fascisme déguisé, une dictature constitutionnelle.

Mais il attendra à contre-coeur les résultats lors des élections du 1er novembre. S’il obtient un minimum de 400 sièges (fort peu probable) sur un total de 550, il aura les mains libres pour faire une nouvelle constitution afin de passer à un régime présidentiel. S’il ne l’obtient pas il va recourir à l’article 120 et dirigera le pays avec des pouvoirs exceptionnels, ce qui revient au même. Ainsi, il décrétera de facto son régime présidentiel, qui ne sera qu’une dictature islamique. S’il voit qu’il perdra les élections, le passage à l’article 120 se fera avant le 1er novembre et il annulera les élections en prétendant préserver l’integrité territoriale du pays. En arrière-plan, il existe une grande peur d’être jugé pour sa corruption géante, mais aussi pour avoir trahi la patrie.

Dans ce cas spécifique, les nouvelles élections ne changeront rien au tableau actuel. Le peuple est devant un politicard qui a violé son serment de protéger la république laïque en voulant instaurer un État basé sur la charia. Ainsi, il a défait le “contrat social“ et il a perdu toute légitimité politique. Il s’agit d’un accaparement de l’État par un putsch.

Dans ce genre de contexte, il existe une indépendance relative de l’État qui, par le biais de certaines institutions, peut se défendre et protéger ses acquis : comme la Cour Constitutionnelle, par exemple. Mais toutes les institutions sont noyautées par Erdogan, donc par les islamistes. L’État se confond désormais avec le parti islamiste. C’est la raison pour laquelle on appelle le régime actuel un “totalitarisme sournois“. L’indépendance des médias n’éxiste point à cause de la censure qui sévit. Alors, comment déjouer la politique maléfique d’une seule personne qui est aussi un danger réel pour la sécurité de l’Occident ? Si la Turquie bascule définitivement dans l’islamisme ce serait pire que la perte de l’Iran par l’Occident en 1979 après la révolution islamique.

Primo, les électeurs joueront jusqu’au bout le jeu électoral. Mais cela ne suffira pas. Secundo, viennent alors d’autres moyens pour préserver les libertés, la république et la laïcité qui seront les bases d’une démocratie future, type de régime que ce pays n’a jamais connu depuis sa création en 1923. Alors, tout est légal pour résister, lutter, s’il le faut pour se révolter contre le fascisme d’une seule personne. Les peuples de Turquie ont le droit de mettre sur pied leur auto-défense s’ils sont attaqués par des hordes de la populace. La loi aussi le permet. Le peuple est donc assez mûr pour se défendre. Il l’a déjà prouvé en 2013 lors de la révolte de Gezi, mais aussi lors des dernières élections.

jeudi 17 septembre 2015,
Ara ©armenews.com




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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