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«La coexistence entre les minorités est menacée au Moyen-Orient»
Publié le : 28-09-2015

Le Temps

samedi 26 septembre 2015

Luis Lema

Le chef spirituel des Arméniens Aram Ier, était de passage à Genève. Etabli au Liban, il craint qu’un «nouveau génocide» ne soit perpétré par les djihadistes

Le catholicos de Cilicie, Aram Ier, chef spirituel des Arméniens, est de passage en Suisse dans le cadre de commémorations liées au centenaire du génocide. Il pointe du doigt la Turquie et somme la Suisse, avec l’ensemble de la communauté internationale, de mettre en avant «les valeurs avant les intérêts» pour prévenir ce qui, selon lui, est en train de prendre la forme d’un «nouveau génocide» au Moyen-Orient.

Le Temps: Vous vivez au Liban, où est établi le siège de votre catholicosat, et non en Turquie. Quelles sont vos relations avec ce pays?

Aram Ier:
La reconnaissance du génocide des Arméniens par la Turquie reste une condition sine qua non pour un rapprochement et une éventuelle réconciliation. En tant que chef spirituel suprême, je ne considère pas la Turquie comme un ennemi. Mais le génocide a été perpétré par les parents et les grands-parents des Turcs actuels contre mes parents et mes grands-parents. C’est une vérité historique. La Turquie elle-même doit se réconcilier avec son propre passé.

Cela vous paraît réaliste? Ces derniers temps, la politique turque ne donne pas beaucoup de preuves de souplesse…

– Probablement. Mais ce qui se passe actuellement dans la région est une nouvelle forme de génocide. Or, d’où viennent les extrémistes [de l’Etat islamique] qui combattent en Syrie et en Irak? Du ciel? La Turquie joue un rôle destructeur en encourageant et en soutenant ces extrémistes. Faute de s’être penchée sur son passé, elle n’a pas retenu les leçons de l’histoire.

– Les chrétiens d’Orient vous semblent menacés par un génocide?

– Je ne parle pas uniquement des chrétiens, mais de toutes les minorités, sunnites modérés, chiites, etc. Une coexistence a régné ici pendant des siècles. Ce n’est pas seulement la présence des chrétiens qui est en jeu, mais c’est aussi cette coexistence même. Tout le monde y perdrait.

– Quelle solution prônez-vous?

– La montée de l’extrémisme n’est pas seulement notre problème à nous, c’est celui de l’humanité tout entière. On ne peut pas déraciner le terrorisme par des seuls moyens militaires. Il faut empoigner le problème dans une perspective globale.

– La diplomatie s’y attelle sans succès depuis quatre ans…

– Chaque pays doit prendre sa place. Mais malheureusement, certains pays donnent la priorité à leurs stricts intérêts géopolitiques. Or, c’est sur des valeurs, et non sur des intérêts, que doivent être basées les sociétés et les nations. La géopolitique est provisoire. C’est l’humanité qui est essentielle.

– Concrètement, cela veut-il dire que vous soutenez le plan de la Russie qui consiste, en gros, à proclamer «tous contre l’Etat islamique»?

– Si l’initiative vient de Russie, les Etats-Unis y seront opposés… Mais au moins, le but affiché est clair: venir à bout du terrorisme. Notez bien qu’il ne s’agit pas de mener le combat avec l’esprit des Croisades. Au fond, beaucoup de facteurs expliquent ce qui se passe aujourd’hui dans la région. Le conflit entre chiites et sunnites ne peut pas être ignoré. Mais s’ajoute aussi la présence de régimes totalitaires, la pauvreté, les injustices. J’ajouterais aussi l’irruption de la laïcité dans des environnements religieux traditionnels. Tout cela a un rôle. Mais encore une fois, l’Occident doit prendre ces problèmes très sérieusement, faute de quoi les conséquences seront très lourdes.

– Les chrétiens d’Orient, en tant que minorité souhaitant être protégée, ne se sont-ils pas montrés trop accommodants envers ces régimes totalitaires dont vous parlez?

– Nous sommes devant un choix. D’un côté, la protection des minorités, de l’autre, le terrorisme et le chaos. Pour nous, la protection physique est fondamentale, mais cela doit naturellement s’accompagner de régimes démocratiques qui permettent la participation de chacun à la vie politique. En réalité, les chrétiens étaient bien souvent marginalisés par ces régimes dictatoriaux.




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Source/Lien : Le Temps



   
 
   
 
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